ࡱ>  :<123456789I pbjbj m|]tx x x 4 h t *M PXnnpJJJJ;JLM4N(PMx dddMI6 nIIId&,x x J 6 6 x x dJI2IJx x JLlȲ IJ COMMUNAUTE ISRAELITE DE LAUSANNE 1848 - 1948 LA CHRONIQUE DE CENT ANS DE VIE COMMUNAUTAIRE A mes enfants Constance, Analle, Arnaud-David et Delphine-Aurore, A mon mari Bertrand, qui ont support mes absences durant la rdaction de ce rcit, Aux miens, Falck, Lvy, Lob, Weill, Cohen-Choulal qui ont vcu dans cette communaut depuis 1913, A mes grands-parents et arrires grands-parents maternels Cerf et Lvy, arrts par la Gestapo le 3 mars 1944, dports Auschwitz le 1er mai 1944 et qui n'en sont jamais revenus, A tous ceux de ma famille paternelle et maternelle, rsistants et dports de France, A ma cousine Lucie Aubrac en tmoignage confraternelle dune rcente soire o les personnes voques autour de la table taient magiques, A mon cousin Maurice David, qui comme Lucie Aubrac, a compris que l'ennemi nazi n'tait pas invulnrable. La ralisation de ceci a sauv bien des vies. A tous ceux qui ont fait de la CIL ce quelle est, notamment ceux qui se sont dvous pour sauver les Juifs pourchasss par les Nazis. A Monsieur le Grand-Rabbin Vadna qui a toujours reprsent pour moi un modle dintelligence, de comprhension, dhumanisme et de charisme, A Monsieur Zoltan Berkovits qui russit faire entrer un peu d'hbreu et de religion dans l'esprit de mon poux et dans le mien, Avertissement au lecteur Ce rcit est issu de recherches effectues dans les archives de la Communaut isralite de Lausanne, ainsi que dans divers documents, ouvrages et bibliothques. Il est le fruit dune lecture personnelle et nengage donc personne dautre que son auteur. Celle-ci prie ceux et celles quelle aurait oubli de citer de bien vouloir len excuser. Le but de cette modeste contribution l'histoire de la CIL vise rappeler que le futur et le prsent sont tributaires du pass. Si je devais tirer une leon de cette histoire et de bien d'autres, je dirais simplement que les qualits essentielles de l'homme ou de la femme d'o qu'il viennent et qui qu'ils soient sont l'introspection, le courage d'tre soi-mme et la tolrance face autrui. Ceci n'est pas un prche. C'est mon avis la seule mthode qui permette d'avancer et d'viter les erreurs graves. Celles qui ne se rparent jamais. La Shoah reprsente le paroxysme de l'horreur. La vie de nos communauts, celle d'Isral dmontrent que nous avons su nous relever, mme dans la douleur. J'ai tenu faire figurer la liste des personnes qui ont pass Lausanne de 1933 jusqu'aprs la fin de la guerre. Cette longue liste de noms constitue un hommage tous ceux qui ont pri dans la Shoah tout comme ceux qui par leurs qualits de coeur ont su prserver nos coreligionnaires de la botte nazie en les acceptant et en les soutenant dans ce pays. Privs ou fonctionnaires, Juifs et non Juifs. Il fallait du courage. Ils l'ont eu. Merci.  TM \o "1-3"  Avant-propos  BOUTONATTEINDRE _Toc417572912  RENVOIPAGE _Toc417572912 6 La communaut juive en Suisse et dans le canton de Vaud  BOUTONATTEINDRE _Toc417572913  RENVOIPAGE _Toc417572913 8 Historique de la Communaut juive de Lausanne (CIL)  BOUTONATTEINDRE _Toc417572914  RENVOIPAGE _Toc417572914 10 La vie religieuse  BOUTONATTEINDRE _Toc417572915  RENVOIPAGE _Toc417572915 48 Les fonctionnaires de la communaut  BOUTONATTEINDRE _Toc417572916  RENVOIPAGE _Toc417572916 48 La synagogue  BOUTONATTEINDRE _Toc417572917  RENVOIPAGE _Toc417572917 57 Le cimetire  BOUTONATTEINDRE _Toc417572918  RENVOIPAGE _Toc417572918 72 La vie sociale intracommunautaire  BOUTONATTEINDRE _Toc417572919  RENVOIPAGE _Toc417572919 74 Les prsidents de la CIL  BOUTONATTEINDRE _Toc417572920  RENVOIPAGE _Toc417572920 75 Les comits  BOUTONATTEINDRE _Toc417572921  RENVOIPAGE _Toc417572921 75 Les structures sociales de la CIL  BOUTONATTEINDRE _Toc417572922  RENVOIPAGE _Toc417572922 77 Lorgane fatier : Le Gemeindebund ou Fdration des communauts juives de Suisse  BOUTONATTEINDRE _Toc417572923  RENVOIPAGE _Toc417572923 79 UN MOUVEMENT SIONISTE EXEMPLAIRE A LAUSANNE : LA DELIVRANCE  BOUTONATTEINDRE _Toc417572924  RENVOIPAGE _Toc417572924 80 LES REFUGIES  BOUTONATTEINDRE _Toc417572925  RENVOIPAGE _Toc417572925 83 LE DROIT SUISSE ET LES DISCRIMINATIONS DES JUIFS  BOUTONATTEINDRE _Toc417572926  RENVOIPAGE _Toc417572926 90 La Constitution fdrale de 1848  BOUTONATTEINDRE _Toc417572927  RENVOIPAGE _Toc417572927 90 Linterdiction de labattage rituel  BOUTONATTEINDRE _Toc417572928  RENVOIPAGE _Toc417572928 93 Les naturalisations  BOUTONATTEINDRE _Toc417572929  RENVOIPAGE _Toc417572929 96 Les migrants, rfugis, passants et tudiants trangers Lausanne de 1933 1946  BOUTONATTEINDRE _Toc417572930  RENVOIPAGE _Toc417572930 98  Avant-propos 1998 nest de loin pas une anne anodine. Certes, nous ftons le 150me anniversaire de la Communaut isralite de Lausanne. Le fait dy consacrer une centaine de pages dmontre notre intrt pour son histoire. Mais ce nest pas tout, 1998 est aussi lanne anniversaire dautres vnements importants. Reprenons les dans lordre chronologique. Il faut bien oprer un choix. Comparons-les aux autres vnements qui font lobjet dun jubil. Commenons par le 200me anniversaire de la libration du Pays de Vaud de Leurs Excellences de Berne. Cest en effet le 24 janvier 1798, que les Vaudois voient artir ceux qui occupaient le canton depuis lan 1536. Il faut aussi rappeler la tentative du Major Jean-Daniel Davel, qui sacrifia sa vie la libration du Pays de Vaud en 1723 dans lindiffrence gnrale de ses compatriotes. On constate quil nest pas facile dtre compris et que lon fte la libration de ceux qui nous oppriment. Voici le premier des matre-mots du message que nous entendons passer : Libration Passons ensuite au 150me anniversaire de la Constitution fdrale. Elle a le mme ge que la CIL. Elle ne rserva pas au dpart des droits galitaires aux Juifs et aux Chrtiens, discriminant les premiers sur le plan de la libert dtablissement, de confession et des droits politiques. Ce nest, nous le verrons que sur la pression de ltranger que la situation sest modifie en 1866. La plus ancienne constitution crite dEurope toujours en vigueur est trangement celle qui a accord lgalit de droits aux Juifs le plus tard et sur pression de ltranger (France, Hollande et Etats-Unis dAmrique). Voici le second matre-mot DEMOCRATIE. Cest encore le 100me anniversaire de Jaccuse, le clbre cri du coeur pouss par Emile Zola dans le quotidien parisien LAurore du 13 janvier 1898, pour venir en aide au capitaine Alfred Dreyfus injustement condamn pour trahison. Cette affaire a divis la France en deux camps : les Dreyfusards et les anti-Dreyfusards. Ces derniers taient furieusement antismites. Ils ont heureusement perdu la bataille devant lesprit rpublicain. A ce propos, nous pensons utile de rappeler quEmile Zola tait totalement indiffrent ce qui touchait les Juifs et le judasme avant de prendre conscience de la gravit et de linjustice de lAffaire Dreyfus. Le romancier humaniste quil est ne peut en effet supporter dentendre des violences antismites qui vont jusqu rclamer un wagonnet dexportation pour y mettre tous les youpins, youpines et youpinets de la localit dans les immenses fours cristallerie de la ville de Baccarat. Ces antismites l taient les prcurseurs dautres, qui mirent plus tard un projet du mme ordre excution dans les camps de la mort. Emile Zola prend donc fait et cause contre lantismitisme ds 1896 en publiant son plaidoyer intitul Pour les Juifs. Lui ne lest pas, contrairement Bernard Lazare, qui se profile la mme poque comme le porte-parole dune rsistance trop longtemps diffre.. Voil ainsi deux autres matre-mots du judasme RESISTANCE et HUMANISME. En outre, cest aussi en 1898, entre le 24 et le 25 fvrier, que Ludovic Tarieux fonde la Ligue des droits de lhomme. 1998, cest aussi le 50me anniversaire des Droits de lHomme. Aprs la Shoah, les hommes ont voulu montrer leur dtermination que le plus grave des crimes contre lhumanit ne se reproduise jamais plus. Belle dclaration dintention, qui malheureusement a subi bien des entorses. Combien de morts ...... Enfin, 1998, cest aussi le 50me anniversaire de la cration de lEtat dIsral. La concrtisation de la ncessit justifie des ides que Thodore Herzl a couch sur le papier dans son ouvrage intitul LEtat des Juifs. Cet anniversaire nous tient particulirement coeur, parce quil est la victoire de la vie sur la mort. Les Juifs ont retrouv leur foyer ancestral. Il y ont difi un Etat moderne dont la prennit ne devrait plus jamais tre mise en doute dans son principe. Combien de Juifs sont morts pour quIsral puisse continuer dexister. Certains dentre eux taient des rescaps de la Shoah. Beaucoup dautres sont des descendants de ces victimes. Souhaitons que les Juifs puissent vivre en paix sur la Terre de leurs pres. Ils lont de loin bien mrit. Voil donc les deux derniers matre-mots VIE et TRADITIONS. La communaut juive en Suisse et dans le canton de Vaud Il est dmontr que les Juifs taient dj nombreux dans certaines localits du canton au Moyen-Age voire bien avant. Sur le plan professionnel, les Juifs de Suisse Romande exercent les mtiers qu'ils sont autoriss pratiquer, soit notamment ceux de mdecins et chirurgiens auprs de la Maison de Savoie (12 entre 1272 et 1473), de marchands de bestiaux, de commerants en produits alimentaires (dans la rgion de Lausanne), de colporteurs, changeurs, prteurs, receveurs de payage, cambistes, scribes, etc. .. Lorsque le commerce des chevaux a commenc pricliter, les Juifs vaudois ont quitt la campagne pour la ville. C'est ainsi que des communauts comme Avenches ont quasiment disparu aujourd'hui. Il faut ajouter que le canton de Vaud n'a jamais tabli de loi d'exception l'encontre des Juifs et qu'il s'est toujours montr libral leur encontre. Les Juifs ny connaissent donc aucune restriction dans le choix et lexercice de leur profession, ce qui est fort rare lpoque. Dans le pays de Vaud, contrairement d'autres cantons suisses, les Juifs n'ont reu ni lettres de franchise ni lettres de protection. Ils sont soumis un impt spcial qui, de personnel, deviendra collectif vers 1310. Au 15e sicle, ils sont serfs d'Empire et dpendent de l'Evque de Lausanne. En 1410, ils sont contraints de porter un signe distinctif conformment ce qu'a impos le IVme Concile de Latran. Il s'agit d'une rouelle d'toffe rouge et blanche. Il n'y a jamais eu de ghetto proprement dit dans le canton de Vaud. Toutefois, s'il n'y avait pas de restrictions d'habitation les concernant, Lausanne et Orbe eurent leur rue aux Juifs. Les premiers Juifs installs dans le canton de Vaud taient en majorit d'origine alsacienne. D'autres coreligionnaires d'origine ashknaze et sfarade, vinrent augmenter leurs rangs. Noublions pas, dans le nombre des Juifs vaudois, ceux qui forment une communaut informelle Morges depuis le dbut de ce sicle. Nous avons jusquici expliqu o vivaient les Juifs vaudois et quelle tait leur situation. Ceci vaut pour la priode allant du Moyen-Age au dbut du 19me sicle. Ds cette poque, les Juifs vont sorganiser et se structurer en communauts. La plus ancienne est celle dAvenches, la plus rcente celle issue de la fusion des communauts de Vevey et de Montreux en 1954. Penchons-nous donc sur la cration et le sort de ces communauts et de ces membres. Sans vouloir minimiser limportances des autres communauts, nous arrterons plus longuement notre regard sur les communauts juives dAvenches et de Lausanne. Pourquoi ? Parce que ce sont les deux communauts les plus importantes du canton de Vaud. La premire, qui est la plus ancienne est une commune rurale. La seconde est citadine. Elle va constituer le centre de notre tude, conformment au titre de la prsente brochure. La communaut d'Avenches, a t une poque trs importante. Elle date de 1826. Ses membre sont, pour la plupart, dorigine alsacienne. Ils arrivent essentiellement de Uffheim, de Habsheim, de Niederhagental et de Hegenheim. Cest dailleurs le rabbin Nordmann de cette dernire communaut qui faisait office de chef spirituel de la communaut isralite dAvenches. Cest aussi Hegenheim que les Juifs avenchois enterraient leurs morts, car le Conseil dEtat leur refuse ds 1828, et plusieurs reprises, de donner la communaut juive la possibilit dacqurir un terrain destin cette fin. A cette poque, il nexiste dailleurs aucun cimetire juif officiel dans le canton et en Suisse en gnral, hormis Lengnau et Endingen. Le premier dentre eux premier est situ Prilly, le second Montoie Lausanne o la communaut acquiert une parcelle de terrain en 1868, le troisme Prilly. En 1849, dans un ouvrage sur le canton de Vaud, Louis Vuilliemin crit Dans ces derniers temps, la population dAvenches sest accrue de toute une colonie de Juifs alsaciens, au nombre denviron deux cents. Ces nouveaux venus nont pas tard faire passer entre leurs mains la majeure partie du commerce de la contre; ils sont parvenus laisance. Ils prlvent sur les marchs les meilleurs fruits, et cependant ils ont su se faire aimer. Autant ils se montrent actifs, autant leurs femmes, qui ont conserv le caractre oriental, ainsi que le type isralite sont restes attaches au repos du foyer. Il ressort de la Revue historique vaudoise du mois de mars 1956 que la population juive dAvenches jouissait dune grande popularit dans les milieux non juifs, notamment en raison de leurs qualits de travail et de caractre, lexemple de la bonne entente qui rgnait entre eux, leur gnrosit aussi (...) Hormis les villages alsaciens mentionns ci-dessus, on trouve dautres lieux dorigine aux Juifs avenchois arrivs dans cette cit entre 1826 et 1898. Il sagit de Blesheim, Bollwiller, Buschwiler, Durmenach, Endingen, Luxeuil, Oberhagenthal, Pontarlier, Romanswiller, Wettolsheim, Ils ont pour noms Bernard, Bernheim, Bloch, Blum, Brunschwig, Dreyfuss, Ducas, Frank, Geissmann, Gradnohl, Grumbach, Gntzburger, Haas, Hirsch, Kahn, Lvy, Lichtenstein, Lb, May, Marx, Nordmann, Picard, Weil, Weyl, Meyer, Schiffer, Schwab, Schwob, Seligmann, Sommer, Steinmann, Uhlmann, Vogel, Wertheimer, Wiznach, Wormser. Professionnellement les Juifs rsidant Avenches sont marchands de chevaux, courtiers en chevaux et en btail, marchands dtoffes, de nouveauts et de rubans. Certains ont suivi une formation rabbinique sans forcment lexercer sur place. Il sagit de MM. Flix May dHabsheim arriv 1836, Abraham Schiffer, dUllanow, en 1836, David Lvy de Bollwiller en 1846, Emmanuel Elie Bernheim, de Endingen en 1857, Jaques Gradnohl, de Romanswiller, en 1870, Aron Wiznach, dAlsace, en 1880, Marx, en 1886, Scheiss Grumbach, de Hartmannswiller, en 1887, Bernard, en 1897 et Felix Stowiezky, de Kolno. Dautres sont ministres-officiants : soit Pierre Dreyfuss, de Sierentz en 1861, et Jacques Geissmann arriv de Bollwiller, en 1865. Cest en 1870 que la communaut juive dAvenches atteint son apoge. Elle compte 262 personnes. Il nen restera plus que 32 en 1920. De nombreuses communes de la rgion avenchoises admettent des Juifs la bourgeoisie. Tel est le cas de Donatyre, o on laccorde des Bloch, Lvy, Lb et Gany; dOleyres, o on naturalise des Bloch, des Ducas et des Schwob; de Vaugondry o lon octroie la nationalit suisse des Gany, de Villars-le-Grand, des Bloch et des Lb; de Chevroux, des Burschwig, du Vully vaudois, o figurent dans les registres des Bloch et des Weil, qui sont bourgeois de Vallamand; des Bloch, des Brunschwig, des Loeb, des Seligmann de Chabrey; des Bloch de Champmartin, enfin des Bloch, Lob, Loeb, Seligmann de Villars-le-Grand. Par contre, la commune dAvenches noctroie plus sa bourgeoisie aux Juifs de 1865 1900 environ. Quant la premire naturalisation d'un Juif Lausanne, elle ninterviendra quen 1891. Les Juifs naturaliss au 20me sicle dans le canton de Vaud sont gnralement mdecins, avocats, industriels et commerants. La CIL a t fonde en 1848 par quatre chefs de famille. Si nous navons trouv aucun document officiel qui latteste, cette date est reprise par de nombreuses personnes, dont Achille Nordmann dans son histoire des Juifs dans le canton de Vaud de 1278 1875 et Louis Polla, dans ouvrage sur Lausanne. Ce dernier relve que La communaut isralite a t fonde en 1848, les premiers offices ont t tenus dans un appartement dun des membres, puis dans un local situ la Rue du Petit-St-Jean (...).. Cest donc la deuxime communaut historique de Suisse romande. La communaut isralite d'Yverdon (comprenant environ 6 familles) a t fonde aux environ de 1856, celle de Vevey en 1904 et celle de Montreux en 1917. Nous lavons dj soulign, ces dernires ont fusionn en 1954. Historique de la Communaut juive de Lausanne (CIL) Il y a des Juifs Lausanne depuis le 11me ou le 12me sicle. En 1248, on y relve la prsence de deux Juifs dnomms respectivement Astruc et Samuel qui jouaient dj un rle important dans la vie publique lausannoise. Leur nombre a fluctu selon les priodes, notamment en fonction de la situation politique et conomique. Deux documents signs par lofficial de Lausanne ou son substitut les 8 avril 1408 et 3 mai 1408 nous apprennent que neuf, puis six familles juives habitent Lausanne. Celles-ci sont astreintes au paiement dun impt annuel variant de sept quinze sols, en change de quoi elles sont libres de toute autre prestation et bnficient de la libre circulation, du libre commerce et du droit dabattre leur btail rituellement. Depuis 1409, les versements effectus par des Juifs sont ports dans les registres des prieurs de la ville infrieure de Lausanne. Le 1er dcembre 1419, une charte est signe au nom de Guillaume de Challant, vque de Lausanne. Celle-ci accorde dix-neuf Juifs lausannois, pour la plupart de langue franaise, ainsi qu quelques Juifs vivant lextrieur de la ville, diffrents privilges. Ceux-ci peuvent notamment circuler librement, rgler leur succession conformment la lgislation juive, pratiquer labattage rituel, accepter des gages et tre soumis la juridiction lausannoise. Ils sont donc mis sous la protection de lvque. En contre-partie, ils doivent sengager ne pas pratiquer lusure et payer des droits de sjour. Comme partout ailleurs, les Juifs lausannois avaient leur quartier. Il tait situ dans la ruelle en contrebas de lactuel chemin de lUniversit. Ds 1234, ce lieu est appel Chemin Boverat, Chemin Parabot et Rue aux Juifs. Il prend le nom de Chemin Neuf en 1785, au moment o il fut largi pour permettre au bailli bernois de monter au Chteau, car la Rue de la Mercerie se rvle trop pentue. Le 24 janvier 1798, les Vaudois sont librs de loccupation bernoise. La Suisse est alors rgie par la constitution librale de 1798. Calque sur la constitution de la Rpublique franaise, elle donne lgalit de droits aux Juifs Ils la reperdront pendant un certain temps par la suite, comme nous allons lexposer. Ceci tant, lors des dbats au parlement confdral, au moment de lHelvtique, les reprsentants vaudois, J.-L. Secrtan et H. Carrard (au Grand Conseil) et J. Muret (au Snat) se prononcent pour lgalit des droits des Juifs et des Chrtiens. Nous lavons dj mentionn, les Juifs lausannois ont de tout temps pris part aux activits de la cit. Certains sont colporteurs. Dautres ont de petites industries. Un nombre important dentre eux sontt marchands. Ils se rendent donc sur les lieux de foire. Leur mode de vie est identique celui de tous les Juifs dEurope occidentale, en particulier dAlsace-Lorraine. Cest la fin du 19me sicle que les Juifs originaires des pays de lEst commencent venir en Suisse, notamment la suite des gigantesques pogroms dont ils taient victimes tant en Russie quen Galicie. Certains arrivent Lausanne pour y sjourner temporairement. Il sagit souvent dtudiants bloqus par le numerus clausus qui frappait les jeunes Juifs en Europe de lEst. D'autres se rfugient chez nous sans savoir de quoi le lendemain sera fait. Vers 1865, la CIL compte une quinzaine de membres provenant quasi exclusivement d'Alsace-Lorraine et du Surbtal argovien (Lengnau et Endigen). Mais qui sont donc ces Juifs du Surbtal. Il sagit de vieux juifs suisses. Ils sont venus s'installer dans cette rgion au 17me et au 18me sicle. Le premier document officiel rvlant la prsence d'un Juif Lengnau, date de 1622. En outre, la prsence de Juifs Oerendingen, est atteste, selon les documents dont nous disposons, de 1678. Do arrivaient-ils ? Durant le dernier tiers du 17me sicle, on constate que des Juifs en provenance des rgions de Gailigen et de Wangen ber den Rhein, ainsi que de l'ensemble de la Valle du Rhin viennent s'installer dans le Surbtal. D'autres, telles que les familles Guggenheim proviennent d'Alsace. Il existe en outre plusieurs explications sur la provenance des familles portant le nom de Dreifuss, orthographi Trivus au 17me sicle aussi bien que Triefues, puis Dreyfus durant la premire moiti du 19me sicle. Leur origine serait Troyes ou Trves suivant les versions. Quant aux familles Bollag, Pollag et Bollak, elles sont trs certainement arrives l'poque de Pologne la suite du "Dluge", massacre d aux Cosaques de Schmielnicki. Le dialecte parl par les Juifs de Lengnau et Endingen est appel le "Westyiddish", o le "judo-allemand". Il correspond en fait au dialecte rhno-palatin En 1848, la Constitution fdrale cre un indignat suisse et la loi argovienne sur le "heimatlosat" incorpore les Juifs apatrides aux deux communauts de Lengnau et Endingen. La mme anne, la communaut de Lengnau fait construire une nouvelle synagogue. Ceci na rien dtonnant, quant on sait quen 1856, la moiti des 3000 Juifs vivant en Suisse, rsident Langnau et Endingen. Lautre groupe qui forme la CIL dorigne provient des rgions voisines de la Suisse. Ils arrivent donc d'Alsace et de Lorraine, plus prcisment de Hagenthal, Buschwiller et Hegenhem (Haut-Rhin) d'autres proviennent du sud de Baden, notamment de Gailingen, Randegg, Worblingen et Wangen. Enfin, certains membres de la CIL viennent de Hohenem dans le Vorardberg. Le troisime groupe, qui arrive Lausanne ds la fin du 19me sicle est constitu par les Juifs originaires des pays de lEst. Fuyant les pogroms, certains vont sjourner temporairement ou dfinitivement Lausanne. On citera pour lexemple le clbre crivain yiddischiste Schalom Aleichem, dont le vritable nom est en fait Schalom Rabinovitch, qui a vcu dans notre ville de 1905 1906. Paralllement arrive un groupe de Juifs saloniciens et turcs. Nous l'avons expos en tte de cet aperu communautaire, la CIL est fonde informellement en 1848 par quatre chefs de famille : les frres Weiller et MM. Frdric Maas et Lvy-Picard. Elle se structure entre 1865 et 1870. Elle commence par louer un local de prires, acqurir un cimetire, et former un comit de trois membres. Les premires pices comptables dont on dispose remontent 1870. La CIL se dote rapidement dune premire socit de bienfaisance. Il sagit de la Socit de Bienfaisance des Femmes Isralites de Lausanne fonde en 1882. Madame Maas en est la premire prsidente. Noublions pas que 1904 est une anne trs importante pour le judasme en Suisse. Cest cette anne-l que la Fdration Suisse des Communauts isralites (F.S.C.I., en allemand S.I.G ou plus communment le "Gemeindebund". Organe fatier, regroupant les communauts de toute la Suisse, il va jouer un grand rle par la suite, en particulier de 1933 1945. Limportance de ce sujet nous amnera dailleurs le traiter plus en dtail dans un chapitre ultrieur. Mais revenons notre CIL. En 1906, constatant que le local de prires de la Maison Mercier au Grand-Chne devient moins adquate, elle accepte, dans son principe, lide dacqurir un terrain et dy faire construire une vraie synagogue. En bonne logique, on se met ds cet instant daccord sur le fait que les travaux entreprendre devront tre confis des entrepreneurs de la place. outre, les membres de la communaut choisissent, en bonne logique des entrepreneurs de la place. Ce projet va se raliser rapidement, puisque notre synagogue, situe langle des Avenues Florimont et Juste-Olivier, sera inaugure le 7 novembre 1910. Mais son histoire est suffisamment riche en anecdotes pour occuper un chapitre elle seule dans notre rcit. Nous allons, dailleurs, faire de mme pour le cimetire Le prsident Louis Lob, qui tient les rnes de la CIL depuis 1904 demande tre remplacer. une assemble gnrale extraordinaire de la CIL a donc lieu le 10 avril 1911. Le choix des 42 membres prsents se porte sur M. Charles Lvy-Schwob. Cinq autres candidats obtiennent des voix. Il sagit de MM. Leval, Brunschwig, Lazare, I. Dreyfuss et L. Lob. Cest durant lassemble ordinaire du 2 mars 1913, que les vrificateurs de comptes, par la voix de Michel Lazare propose que le comit de la CIL fasse les dmarches ncessaires pour que celle-ci soit exonre dimpts. Au mois de juillet 1913, le comit constate que lEtat ne parat pas enclin accepter une telle exonration. Ce refus est concrtis par une lettre du dpartement des Finances datant du 16 septembre 1913. Il est fond sur le fait quaucune disposition lgale nautorise une telle libration pour les difices cultuels nappartenant pas au canton ou la commune, qui sont, de ce fait astreints payer limpt foncier. Le dbut de la la Grande Guerre est proche. La CIL est menace dun autre danger ... les cbles de la lustrerie de la synagogues menacent dangereusement de lcher. Un crdit de 400 francs est vot par lassemble gnrale extraordinaire du 15 mars 1914 pour pouvoir les faire rparer par larchitecte Oulevey. Cette mme assemble accorde un subside de 300 francs pour le choeur de la synagogue. Le 7 janvier 1915, au vu des impratifs dicts par la guerre, une socit de bienfaisance demande la CIL une aide financire en faveur d'une cuisine pour les tudiants juifs qui se trouvent sans ressources. Dans un premier temps, une subvention de fr. 50.-- est vote par le comit pour une priode de trois mois. Durant la guerre, la CIL verse aussi des subsides non seulement aux cuisines juives, mais galement aux Aveugles de guerre, la Goutte de lait, la Lessive de guerre, l'Oeuvre du Soleil, aux prisonniers juifs, ainsi qu' la Palestine (par le biais de l'Alliance Isralite de Paris). Ces dons vont gnralement de fr. 100.-- fr. 300.--. En outre, la CIL met sur pied un Comit de secours a t mis sur pied linitiative de M. Gunstling. Ce dernier et les membres de son comit en formation, savoir sont MM. Salomon Leval, Pierre Lilienfeld, Michel Lazare et Charles Rhein se prsentent devant le comit de la communaut le 11 mars 1917. M. Gunstling expose les buts quil sassigne et demande lappui moral et financier de la CIL. Celle-ci accorde son soutien et dlgue MM. Salomon Leval, Charles Lvy-Schwob et Michel Lazare. Le premier subside accord se monte 500 francs. La Premire Guerre Mondiale se termine le 11 novembre 1918. H oui, le cent-cinquantenaire de la CIL correspond aussi au 80me anniversaire de la fin de la Grande Guerre. Quatre annes de mort viennent de se terminer. Le monde a assist la plus grande boucherie arme de tous les temps., les membres de la communaut vont tenter dapporter un soutien aux victimes du conflit, et notamment aux gueules casses, ces mutils de guerre qui ont eu le visage arrach, ravag par les clats dobus. Nous avons laiss momentanment de ct la problmatique des pogroms en Europe de lEst. Or, il faut savoir que, ds 1891, le conseiller fdral Louis Ruchonnet proteste contre les pogroms qui svissent en Russie. Les professeurs Spirel, Henri Nabel, Louis Emery et Auguste Forel feront de mme. En 1916, de nombreuses personnalits signent le Manifeste Pro Cause Judaca. Celui-ci vise faire obtenir l'galit des droits aux Juifs polonais, roumains et russes dans leur pays dorigine. Parmi les signataire de ce document, on trouve le pasteur Franz Burnand de Saint-Loup, le juge d'instruction cantonal Lon Blanchod, le professeur Emile Dind et l'avocat Charles Secrtan. En sus des morts dus la guerre, il y a les victimes des pogroms antismites dans en Europe de lEst. Un office sera clbr la communaut la mmoire des Juifs massacrs durant le Pogrom de Kischinew. Cest en 1917 quest fonde la socit Pro Israel. Elle est forme de personnalits non juives qui entendent prendre la dfense des Juifs. Elle protestera notamment contre les pogroms qui ont eu lieu en Pologne et en Galicie. Cest ainsi que se cre un Comit de Protestation contre les Pogroms en Pologne et en Galicie. Il est prsid par le Pasteur Gustave Neymann et compte parmi ses membres Pierre Lilienfeld et le Dr Maurice Bronsky et Nahum Bonstein. Ce dernier a t le fondateur de nombreuses associations lausannoises, dont La Dlivrance, dont nous allons parler en dtail en pp. . Le 11 dcembre 1918, deux de ses membres, Henri Lilienfeld, reprsentant en papeterie, de Lausanne et le Dr Maurice Bronsky, demandent au prsident de la communaut dorganiser un service religieux pour honorer la mmoire des Juifs assassins durant les pogroms qui ont eu lieu dans ces rgions. Comme les pogroms sintensifient, de nombreux Juifs russes et polonais arrivent en Suisse. Il faut rappeler quavant la guerre, il nexistait pas de contrle aux frontires. La police des trangers ne natra, ipso facto, quen 1914 et ipso jure, en 1917. Celle-ci, linstar, de beaucoup de personnes et dautorits en Suisse et ailleurs, va faire montre dun antismitisme important leur gard, ds 1910. Il est certain que larrive, depuis la fin du 19me sicle, des Juifs de lEst, amne une richesse et une diversit dhabitudes et de formes de pratiques religieuses, Lausanne comme ailleurs. Ceux-ci sont traditionalistes, ceux-l vivent souvent un judasme proche du sionisme, de lidentit propre et de la pratique stricte du judasme. Il en ressort bien videmment quelques heurts. Cest ainsi quen 1918, Henri Lilienfeld, papetier tabli Lausanne, ragit trs vivement des propos tenus lors dune assemble gnrale extraordinaire. Henri Lilienfeld demande ce que la lettre - dont la teneur est la suivante - soit lue lors de la prochaine assemble gnrale : Monsieur le Prsident, Jai eu lhonneur dassister la clbration de la Paix en notre synagogue. Le discours que vous avez prononc a t inspir de sentiments nobles, humanitaires, de tolrance et de justice. Jaurais applaudi des deux mains ces belles paroles, si vous aviez mis en pratique ce que vous prchiez. Vous implorez le droit, la tolrance, la justice et la libert. Vous condamnez la haine des races : comment se fait-il que dans lAssemble extraordinaire du 3 courant vous ayez tolr des paroles blessantes : expression de la haine des races, adresses une partie formant la minorit de notre Communaut? Comment se fait-il que vous nayez pas eu le courage de rappeler les speekers lordre et des expressions plus dignes ! Vous demandez la tolrance ceux qui sont plus forts que vous, et vous la refusez des plus faibles. Cest triste, profondment triste ! Le monde entier luttait pour dfendre le droit de la minorit, vous usez de ce droit votre gard et le violez envers les autres, les faibles. Vous qui deviez planer au-dessus des partis, au-dessus des mesquineries, au-dessus des opinions, vus avez tolr un langage ignoble envers des membres de la Communaut. Sommes-nous des membres honoraires, cest--dire non payants ? Ne sommes-nous pas autant citoyens et membres actifs que les autres ? Vous vous arrogez le droit le plus fort, mais cette arrogation ne repose pas sur le droit. Je suis indign, je suis outr de la manire de certains individus qui se sont permis des expressions, des allgations aussi dplaces. Encore plus grande est mon indignation et ma colre dans cette affaire envers vous, Comit ! O est-elle votre tolrance, o est-elle votre justice, o est-il votre droit que vous avez prch hier ? Ouvrons nos statuts; Chapitre premier, but de la Socit a) De resserrer entre ses membres les liens de fraternit et de solidarit. b) Dassurer la clbration du culte et le maintien des usages religieux, ainsi que linstruction religieuse des enfants. Larticle premier explique le but de notre Socit, larticle cinq nous oblige den faire partie; nulle part il ne sy trouve une remarque de restriction pour telle ou telle partie : tout membre doit jouir du mme droit, soit-il de derrire la Volga, de derrire la Sarine ou de derrire le Rhin. Une fois membre, auquel incombent des devoirs, il doit aussi avoir des droits. Cest le principe mme de la dmocratie, lgalit頔. Donc, nous sommes tous gaux, et nous avons le droit dexiger. Quavons-nous demand ? Nous avons demand une amlioration dans lenseignement religieux, car nous avons trouv que lenseignement, tel quil est donn nos enfants, nest ni assez pdagogique, ni assez moderne, nous ne voulons pas quon bourre le crne de nos enfants par une mthode dducation suranne : nous voulons et nous exigeons que lenseignement soit donn dune faon rationnelle comme il senseigne dans nos coles dEtat, par une mthode pdagogique. Voil le principe de notre demande. Que les professeurs soient Franais, Italiens, Allemands ou Chinois, cela nous est gal, pourvu quils remplissent bien leurs fonctions. Une question matrielle peut tre carte ou accepte par un vote; une question de conscience religieuse ne peut se trancher que par une dclaration rabbinique compose de trois membres indpendants de la communaut, selon nos rites habituels. (...) Je nai nullement constat que les membres ou une partie de la communaut ait t attaqus grossirement, ce qui mexplique mal les attaques effrnes de la part dun certain speeker qui mle la politique dans un dbat purement religieux. Sil plat Monsieur le speeker de se faire entourer de fils barbels, grand bien lui fasse : il est sr et certain que nous ne nous servirons pas de tanks pour nous approcher de lui. Mais ce qui est encore plus sr, cest que nous ne permettrons pas quelquun, fut-il aussi fort que Goliath, de nous enlever des droits politiques ou religieux qui ne sont pas de son got. Il scria : Vous nous empestez avec vos ides ! Expression trs peu diplomate, mais trs grossire. Et bien ! Je lui rponds que je suis trs heureux de lavoir effleur avec nos ides; je suis mme enchant de lavoir mis un peu hors de lui, et je vous avoue que, malgr le srieux des dbats, malgr les gros mots employs, je ne lui en veux pas. Je le connais : il glisse avec le vent et suis le courant. L o il y a des applaudissements cueillir, il se sent fort. Mais ne se retire-t-il pas derrire les fils barbels ds quune force gale simpose la sienne ? Nest-il pas venu avec lide ferme de prendre la parole pendant la confrence de Monsieur le Dr Oberson lHtel de la Paix, ne sest-il pas fait fort au Caf Lumen la veille de la confrence, ne sest-il pas entran avec loquence dans le mme cercle, o il est venu comme un lion, plein de rage et de courage, et en partie bredouille et calme comme un mouton. A cette assemble du 3 galement, il a parl comme un Dieu, les applaudissements lont gris et il sest senti emport par le triomphe. Il a t fort, trs fort, et na trouv aucun contradicteur; il a jou au roitelet : cest son rle, cest son habitude. Que lui importe daccuser des gens quil ne connat pas, quil na jamais vu, et auxquels il na jamais caus, de porter atteinte lhonneur dun parfait honnte homme, incapable de se dfendre parce qutant absent ! Il accuse Monsieur Cabac de bolcheviste ! De quel droit laccuse-t-il ? Le connat-il seulement, lui a-t-il jamais parl ? Que lui importe dtre injuste, pourvu que les moyens lamnent au but, la vieille cole jsuitique. Il prtend quelque chose quil ne peut pas prouver; il le prtend quand mme parce quil a besoin de calomnier pour se faire porter en triomphe. Pour tre la mode il lui faut un sujet facile, en se donnant lair de dfenseur de la socit menace. Attention ! Naccusons pas la lgre; rflchissons bien avant de donner notre consentement des accusations fausses et des calomnies. La calomnie ressemble ce petit courant deau qui se gonfle lapproche dun orage, dpasse les bords, entrane tout avec lui, et ne sarrte que lorsque lorage sapaise. la calomnie est la mme : elle glisse doucement sinfiltre partout. Elle est dapparence innocente, mais lapproche dun orage politique, elle devient si puissante quelle entrane non seulement la calomnie, mais aussi le calomniateur. Lhistoire nous apprend, et surtout la ntre, que nos calomniateurs et faux dnonciateurs ont fait grand tort notre bonne rputation, et ont caus la ruine de notre race. Vous savez fort bien que nos concitoyens font rarement distinction quand il sagit dune mauvaise action; sitt quun individu de notre race commet un faute, toute la collectivit est en cause. Il y a, cest incontestable, quelques descendants des Juifs impliqus dans cette triste socit bolcheviste, mais de l vouloir prtendre que tous les Juifs sont des bolcheviks, cest une calomnie sans pareille, et nous la repoussons avec toute notre force et toute notre nergie. Monsieur Cabac est un homme dune trs haute culture, un homme de science, un idaliste. Il est sioniste, et par ce fait adversaire du bolchevisme, car remarquez que le bolchevisme a dans son programme de linternationalisation; le sionisme est juste le contraire : il poursuit lide du nationalisme. Le sionisme est-il donc si abhorrable ? Ne voyons-nous pas lapproche de sa ralisation ? Ne voyons-nous pas des hommes minents tels que des ministres anglais, franais, italiens et amricains, enfin toute la bonne classe des hauts sentiments humanitaires rparer cette injustice sculaire ! Sil y avait du mal, soccuperaient-ils de cette question ? Que cela dplaise quelques-uns qui se croient omnipotents, qui ont la mmoire courte, qui oublient quil y a peine un demi-sicle eux aussi ont t perscuts, queux aussi ne jouissaient pas de leurs droits comme les Juifs slaves et les Juifs de lOrient daujourdhui, ce programme a t quand mme adopt par les Puissances civilises. Ny aurait-il pas un vrai bienfait pour des millions dtres si cette ide se ralisait ? Ne serait-il pas prfrable pour nous, privilgis, citoyens dun pays libre, de savoir que nos frres sans abri, sans protection, sans aide, exposs aux Pogroms et aux injustices, aux intolrances, labaissement moral et matriel, sont enfin chez eux, devenus de bons agriculteurs, de bon artisans, vivant leur vie ethnique selon leurs exigences et leurs besoins, au lieu dtre disperss dans le monde entier, pratiquant le mercantilisme! Que prfrez-vous ? Des frres pauvres et pourchasss, la charge de leurs frres riches, au lieu davoir des frres bien, jouissant de lestime gnrale, quils ne peuvent obtenir que quand ils auront la libert, le droit de vivre leur vie, le droit de travailler et leur intelligence au bien-tre de lhumanit en gnral. Eh bien ! Voil les ides de Monsieur Cabac. A-t-il mrit cet affront, est-il venu demander quelque chose chez vous ? Vous prtendez que vous ne le connaissez pas; mais, puisque sans le connatre vous lattaquez, vous loffensez. Pas tout sont des Schnorer (= mendiants), et je vous assure quil y a des gens excessivement bien parmi ses coreligionnaires. (...) Nous aussi, nous tions trangers au pays, nous aussi nous avons acquis par le mme droit lgal, lindignat, mais nous ntions pas Franais, nous tions des sujets des pays barbares, des sujets des pays non cultivs, o lon nous immolait, o lon nous massacrait, des sujets avec des lois exceptionnelles. Nous avons le droit, mme le devoir dentrer dans une Communaut dmocratique, but suprme de nos aspirations. Nous aussi nous aimons la Suisse; nous ne partageons pas cet amour entre notre ancienne patrie et la Suisse. Nous laimons par ses bienfaits, par ses lois justes, et malgr cela, les bons bourgeois que nous sommes sauront chaque moment et chaque instant dfendre la patrie adoptive avec tout leur sang, toute leur fortune. Pendant que ce bon Franais faisait sa manille chaque aprs-midi, 600000 Juifs Polonais et Russes luttaient pour lui et se sont fait tuer, pour quil puisse porter le drapeau et dire que son coeur est franais. Il sen est glorifi sans avoir contribu en rien cela. Pendant que des Juifs Polonais et Russes, et des millions dhommes et de femmes mouraient de faim, enferms dans des cachots sous le rgime tzariste, sous le rgime Grand Duc Nicolas, notre grand concitoyen a trouv que ces souffrances ntaient pas assez. Heureuse France ! Que beaucoup de tes enfants ne ressemblent pas ce Franais ! Si ce Monsieur chanteur de gloire et de victoire avait pass par toutes les souffrances quont endures les Juifs Polonais et Russes dans cette guerre terrible, il lverait son chapeau bas, trs bas et dirait mea culpa. Pendant que Monsieur Maurice Barrs glorifie et chante deux sionistes; Hertz et Goldstein, lui, antismite notoire mais me noble, il avoue que ces deux jeunes tudiants Juifs dcors de hautes distinctions sur le champ de bataille, ont fait changer son opinion. Mais notre speeker de la Communaut ne changera pas, parce quil ntait pas au champ de bataille. Si votre speeker veut, il na qu se renseigner auprs des gnraux franais, anglais, italiens et amricains. Il apprendra que les premiers volontaires amricains taient composs de Juifs amricains originaires de la Russie et de la Pologne : 80000 environ. Ils sont alls au feu avec lespoir que leur belle tenue ferait changer les opinions calomnieuses et dgradantes envers nous, frres moins privilgis queux. Pendant, que tout ce monde luttait, souffrait, notre contemporain franais jouissait et se couvrait de gloire, chez lui. Quand lAffaire Dreyfuss battait son plein, vous avez la mmoire courte mes amis ! nous Juifs de Pologne, Russie, Turquie, nous sommes entrs en lutte pour vous avec quel acharnement ! Nous ne nous sommes pas dsintresss de vous, ni cris : ces gens-l nous empestent, quils se dbrouillent; et rien ne nous honorera plus au monde que notre belle solidarit. Tous nos concitoyens, les bons, les braves, except la canaille, jugent notre solidarit comme une grande vertu. Il ny a que les mes petites et mesquines, les mes peureuses qui se cachent dans des fourmilires sitt quun orage sannonce. Nous par contre, nous sommes endurcis, nous connaissons la lutte, la lutte libre, franche, homme contre homme, les muscles tendus, sans calomnies et faux acharnements. Nous avons lutt, et la lutte cest notre vie. Vous avez vous, Monsieur le grand patriotard et speeker, quand il sagissait dentrer en lutte ouverte contre les Pogroms en Pologne; nous y sommes entrs courageusement, sans crainte de diffamation, parce que nous avons senti que le droit est avec nous, et vous savez que le droit a toujours vaincu. Avez-vous lu le dernier communiqu du grand Congrs de la paix, Paris ? Malgr les diffamations de certains Juifs, de certaines gens qui ont peur quon les appelle Juifs et qui ont cherch se dsolidariser de la cause en gnral, combien, mon Dieu, sont-ils ridicules aujourdhui; ceux-l je recommande la fourmilire. Je vous ai dit plus haut que la lutte serait pre : elle sera dure, soyez-en certains. (...) Merci vous Bloch, merci vous Leval : vos sentiments sont nobles; le grand bavardeur ne vous a pas emports et jets en bas. A vous deux je serre la main fraternellement. Rappelez-vous qu chaque instant et chaque moment vous pouvez disposer de moi quand vous vous trouverez dans la lutte. Plusieurs ont eu lide de dmissionner : je les retiens, car je crois que quelques rparations de justice nous seront accordes. (...).. La vie quotidienne de la CIL reprend son cours sans problme spcifique. Le 12 juillet 1927, lassemble gnrale donne mandat au comit de la communaut de se mettre la recherche dun rabbin. Elle nomme une commission cet effet. Celle-ci est composes de quatre membres du comit, ainsi que de MM. Michel Lazare, Isidore Brunschwig, Gustave Dreyfuss, Henri Weil, Lon Grumbach, Lazare Rhein et du Dr Ren Guggenheim. Cette commission va rapidement conclure que lengagement Lausanne, dun rabbin, en sus de celle dun ministre-officiant, simpose. Elle va entreprendre toutes les recherches et dmarches utiles cet effet. Cest ainsi que le 11 dcembre 1927, lassemble gnrale extraordinaire runie la suite de la visite du candidat-rabbin Ptaschek, venu officier Lausanne le 2 dcembre, entrine le principe de lengagement de ce dernier comme rabbin de la communaut et celui dun ministre-officant. Larrive du rabbin Ptaschek est imminente. M. Marcel Meyer est dsign pour faire partie de la Commission dinstruction religieuse. Par ailleurs, le comit dcide de convoquer M. Gradwohl le 15 avril pour discuter avec lui de ce programme. Lassemble gnrale de la CIL suivante porte sur plusieurs objets. Lun dentre eux vise porter de 5 7 le nombre des membres de son comit (rvision de larticle 27). En outre, la modification suivante de larticle 15, 2me alina est soumise au vote : Les membres externes (ndrl : qui habitent hors de Lausanne) assistent aux assembles gnrales et ont droit de vote.. La premire proposition est refuse par 54 voix contre 18. La seconde est adopte. Par ailleurs, le comit donne ensuite lecture dune lettre adresse par le Grand Rabbin Wolff de la Chaux-de-Fonds lassemble gnrale. Dans ce courrier, celui-ci remercie le comit pour la bienveillance quil lui a toujours manifest et forme ses meilleurs voeux au sujet de la nomination du rabbin Ptaschek la tte de la CIL. Il ajoute tre bien volontiers la disposition de Monsieur Ptaschek pour les conseils dont celui-ci pourrait avoir besoin. Les membres de la CIL ont coeur de se rappeler les minents services que le Grand Rabbin Wolff leur a toujours rendus. Il est donc nomm lunanimit Grand Rabbin honoraire et de lui allou la moiti de son traitement actuel pour lavenir. Un autre point est discut durant cette mme assemble gnrale. Il concerne cration dune nouvelle Garkisch (ndrl : il sagit dune pension kasher) soutenue financirement par la CIL, Lausanne. Il faut, en effet, pouvoir rpondre aux besoins des personnes qui suivent les prceptes religieux, et ceux de la karshrout, en particulier. Le terme de kashroute signifie prescriptions alimentaires. Le 15 avril 1928, le comit dcide de rtablir le Segen, la demande de plusieurs membres de la communaut. Pendant les ftes, le Segen appartiendra un des membres du Comit. Le 4 juillet 1928, le comit prend connaissance dune requte manant du Pasteur Subilia. Transmise par Mr Julien Picard, elle tend allouer une modeste allocation pour financer les transformations des Asiles de Lavigny. Il est dcid daccorder une somme de 100 francs cet effet tant donn limportance de loeuvre. Mais noublions pas les Juifs palestiniens. Le 26 novembre 1928, le comit rapporte que Eretz Israel institution philanthropique en Palestine demande CIL de les soutenir. Cette demande vise collaborer la cration dune cole dagriculture suisse. Il sagit de trouver une somme de 65000 francs suisses. Le comit estime avec regrets quil ne peut apporter son soutien cette entreprise, car la communaut doit dj assumer lentretien de bon nombre de personnes. Lassemble gnrale de la CIL du 10 mars 1929 se voit prsenter le principe des engagements de MM. Ptaschek et Gradwohl, ainsi que les questions relatives aux demandes de subventions de lORT/OSE, du soutien financier aux personnes pauvres de passage Lausanne, de modifications statutaires et du moyen de trouver de nouvelles sources de revenus. Sagissant des mauvais payeurs, mandat est confi au comit pour dcider des mesures prendre leur encontre (rappels, expulsion, etc.). Enfin, on se penche sur la question de la mise sur pied de Pro Leysin. Cette association va soccuper en priorit des Juifs suisses tuberculeux, soigns dans la localit du mme nom. Ses fondatrices sont Mmes Rivka Botschko de Montreux et Rivka Ascher de Bex. Elle sera prside par la suite par dautres personnalits du judasme romand, notamment par M. Isaac Braunschwig de 1930 1938. Cette association existe toujours. M. Isaac Braunschweig expose les buts poursuivis par cette dernire institutions, ensuite de quoi lassemble estime lunanimit que la CIL a le devoir de collaborer et de soutenir cette oeuvre. Elle charge le comit de convoquer les communauts de toute la Suisse ainsi que les diffrentes oeuvres de bienfaisance, afin de constituer un comit spcial, qui devra prendre les mesures de mise sur pied et de structures de cette oeuvre intressante. Dans sa sance du 24 septembre 1929, le comit dcide dallouer 500 francs suisses Pro Leysin, qui vient de se constituer en association. Sagissant de lORT/OSE, lassemble dcide lunanimit de faire circuler une liste de souscription parmi les membres de la CIL. Par contre, elle dcide de refuser la subvention demande par la Yeschiva de Montreux est refuse lunanimit. Quant aux schnorrers, pauvres Juifs de passage, lassemble estime quil conviendrait de passer un accord avec les autres communauts juives de Suisse, afin de rpartir les le mieux possible les dons et les charges. Le comit lit lassemble une lettre du Grand Rabbin Bauer de Paris. Par ces lignes, le rabbin Ptaschek est autoris officier Lausanne en tant que rabbin. Il est prcis quil doit encore se prsenter des examens finals le 20 mars 1930. Par ailleurs, le comit prcise que M. Ptaschek a obtenu sa nationalit franaise. Ce fait est dimportance, car il aurait - dj cette poque - eu grand peine obtenir une autorisation de sjour avant de devenir franais. Ds lors, lunanimit moins trois voix, lassemble habilite le comit signer un contrat de travail dune anne renouvelable par tacite reconduction danne en anne, sauf dnonciation donne de part et dautre trois mois avant lchance avec le rabbin Ptaschek. Le comit est galement autoris lui faire installer le tlphone...... Ainsi, il pouvait tre drang toute heure et sans dplacement de son interlocuteur ..... Un autre objet soumis lassemble concerne des modifications statutaires. Le premier vise porter le comit de 5 7 membres (rvision de larticle 27). En outre, lassemble accepte de modifier larticle 15, deuxime alina comme il suit Les membres externes (ndrl : les hommes qui habitent hors de Lausanne) assistent aux assembles gnrales et on le droit de vote. La premire proposition est refuse par 54 voix contre 18. La seconde est accept. Dautres propositions sont soumises au vote de lassemble. Elles portent sur les points suivants : - prvoir une modification statutaire concernant le comit, afin dassurer une continuit au bureau de la communaut, - que la Chevrah et la communaut fusionnent, - que le prix de certaines places de choix la synagogue soit augment, - que lon remplace lappel nominal de membres lors de lassemble gnrale par une liste de prsence (ndrl : fort probablement pour viter une numration fastidieuse au vu de laugmentation du nombre de ces membres), - que lon fasse un don au profit des gueules casses. Lassemble dcide de reporter lexamen de ces points la prochaine assemble, avec lauteur de ces propositions. On avance un autre point. Celui de crer une nouvelle pension casher (Garkisch). Le 1er mai 1929, le comit dcide dallouer un subside de 50 francs suisses au Bureau central dAssistance, qui est subventionn par plusieurs Eglises, ce qui ntait pas le cas auparavant. Toujours proccups de la prise en charge communautaire des enfants juifs lausannois, le comit dcide dallouer une somme de 50 francs suisses pour lorganisation dune excursion. Celle-ci est fix, lors de la sance de comit du 22 mai 1929, au dimanche suivant, soit au 26 mai. Les examens de Heder (ndrl : dinstruction religieuse) sont fixes au 9 juin 1929. En outre, soucieuse du confort des lves, le comit dcide de faire confectionner trois bancs supplmentaires destins aux cours de Heder. A la requte de lUnion juive, il est accept que des confrences aient lieu la synagogue, la condition que les sujets soient de nature juifs et pralablement soumis au comit pour accord. On dbat nouveau de la question des schnorrers. Le comit se demande sil ne convient pas de sadresser aux chemins de fer pour obtenir pour eux des bons de transport tarif rduit comme cela se fait pour dautres socits de bienfaisance. Cette requte sera abandonne. Enfin, le comit dcide que, dornavant, il incombera au rabbin Ptaschek de soccuper de tout ce qui touche aux dcs de juifs Lausanne. Le 24 septembre 1929, le comit accorde au rabbin Ptaschek les fonds pour avoir une robe blanche pour les ftes. Le 22 mai 1929, le comit prend acte dune demande de subvention manant de la socit JSIL, soit lUnion des tudiants juifs de Lausanne, en change de quoi, cette association, fonde en 1918, mettra ses locaux la disposition de la CIL. Cette proposition est rejete par le comit, qui met une contre proposition. Il propose de financer une part du loyer des locaux que la CIL serait amene occuper par la suite. Le comit suivant se runit le 6 juin 1929. Il traite dun objet lordre du jour de la sance du Gemeindebund du 16 juin 1929 : la nomination dun membre la Jewish Agency. Il gre galement la problmatique de lorgue la synagogue. A ce propos, il estime quil faudra passer un contrat annuel avec lorganiste. Son traitement devrait tre de 750 francs par an. Le 24 septembre 1929, le comit dcide de louer un orgue chez Foetisch Musique pour les ftes. En outre, la suite de la dmission de M. Meyer, il est dcid de proposer la nomination de M. Nathan Wallach en tant que secrtaire de la CIL lors de la prochaine assemble gnrale. Durant cette mme sance, le comit dcide dengager un employ de la socit de scurit Securitas pour surveiller la synagogue durant les ftes de Rosch-Haschana et de Yom Kippour (ndrl : Nouvel An juif et Fte du Grand Pardon, soit deux parmi les ftes les plus importantes dans le judasme, o la plupart des Juifs se rendent la synagogue). Le 9 avril 1930, le comit se penche sur une lettre du Keren Kayemet. Elle recommande la CIL daccueillir M. Halpern, de Paris, pour une confrence sur la Palestine. Il est dcid dorganiser cette confrence le 17 mai 1930. Il avait t prvu initialement que M. Halpern soit accompagn de M. William Martin, cependant M. I. de la Harpe, Professeur lUniversit de Neuchtel et beau-frre de M. Halpern, fait savoir que M. Martin ne pourra pas participer cette sance, car il est indisponible ce moment-l. De fait, cette confrence sera donne par M. Halpern le 10 novembre 1930, lUniversit de Lausanne. Elle sera suivie dune rception familiale au Lausanne-Palace. Le 25 aot 1930, le comit prend connaissance des remerciements de la Bibliothque cantonale pour le subside que la CIL lui a accord. JSIL demande au comit daccepter que sa soire dansante se fasse sous les auspices de la communaut. Le comit accde cette requte le 12 dcembre 1930. Durant cette mme sance, il est dcid, la demande de plusieurs membres de la des membres de la communaut, de dire une prire spciale le jour du Jene fdral et dinviter cette occasion quelques membres des autorits. Le premier de ces offices, qui sera suivi de beaucoup dautres, a lieu le 20 septembre 1930, 10 heures Un autre sujet est mis sur le tapis par M. Max Marx et dautres membres de la communaut. Ils demandent ce que les places la synagogue ne soient plus tires au sort, mais attribues selon le rang danciennet. Le comit est prt se rallier cette proposition, la condition quune assemble gnrale extraordinaire se penche sur la question et donne son accord. En effet, une telle requte ncessite la modification de larticle 47 des statuts de la CIL. Cette proposition sera admise par lassemble gnrale extraordinaire du 8 septembre 1930 aprs une discussion trs nourrie par 24 voix contre 18. Il est stipul que le comit est charg de rgler cette question et que les membres externes devenus membres actifs seront soumis cette mme disposition statutaire. En outre, les places seront attribues pour une priode de trois ans. Lassemble gnrale de la CIL suivante a lieu le 29 mars 1931. Son ordre du jour porte notamment sur la nomination du comit qui oeuvrera de 1931 1933, la construction dune chaire la synagogue, la rparation des faades de cet difice, laugmentation de salaire du rabbin Ptaschek et du Schames Gradwohl, sur les questions relatives au cimetire de Prilly, en particulier sur lachat et lchange dune parcelle de terrain. Il est tout dabord pass llection du comit. M. Marcel Meyer est nomm prsident par 69 voix. Il propose de nommer M. Isaac Braunschweig comme vice-prsident. M. Salomon Leval propose un autre candidat, en la personne de M. Isidore Dreyfus. Ce dernier est lu par 40 voix, contre 32 M. Isaac Braunschweig. M. Sam Lob est lu secrtaire par 68 voix. M. Georges Bigar est lu au poste de caissier par 70 voix. 2 candidats sont proposs au poste de membres adjoints. Il sagit de MM. Salomon Leval et Lon Picard-Bloch. Chacun dentre eux obtient le mme nombre de voix. Ds lors, un second tour savre ncessaire. M. Salomon Leval obtenant 36 voix est nomm. Les dpenses prvues pour la rfection des faades de la synagogues sont acceptes. Laugmentation du salaire du rabbin de 3000 francs par an et de 50 francs par mois M. Wallach aussi. Dans sa sance du 21 mai 1931, le comit prend connaissance dune lettre du Gemeindebund qui prcise que les militaires juifs auront cong pour les ftes. En outre, il est donn lecture dune lettre du Grand Rabbin prsentant ses condolances la suite du dcs de M. Seligmann. Le 26 janvier 1932, le Prsident informe le comit quil a crit une lettre de condolances la suite du dcs du Grand Rabbin Bauer, Chef de lEcole rabbinique de Paris. Durant sa sance du 2 fvrier 1932, le comit relve quune runion des comits des communauts juives de Suisse romande sest tenue Berne sur convocation des socits de bienfaisance de Zurich. Une nouvelle runion de ce type est prvue Lausanne le 14 fvrier 1932. Il est demand aux communauts de Suisse romande de saffilier aux socits de bienfaisance de Suisse almanique, afin de contribuer aux frais de rapatriement de nos coreligionnaires et, plus particulirement de ceux qui sont refouls depuis la France depuis le dbut de la crise de chmage qui a atteint ce pays (p.-v. CIL 1927-1943, p. 129). Ceci amne le comit proposer la prochaine assemble gnrale de crer une catgorie de cotisations hors classe pour augmenter les revenus de la CIL. Le 24 fvrier 1932, le comit se penche sur la convocation reue du vtrinaire cantonal au sujet de linterdiction dimporter la partie arrire du btail. Il dcide de dlguer M. Lon Bloch-Picard pour rgler cette question. Le 17 mai 1932, M. Marcel Meyer fait deux communications. La premire concerne ladhsion des communauts de Suisse romande aux socits de bienfaisance de Suisse almanique. La seconde concerne sa participation la prochaine assemble gnrale du Gemeindebund fixe au 22 mai 1932 Berne. En outre, il est dcid dallouer une subvention annuelle de 100 francs lorphelinat de Ble. Par contre, une subvention lAsile de Hegenheim est refuse. Enfin, M. Leval informe le comit quun courant dair dsagrable incommode les membres qui sont de service sur lAlmemor (= lestrade o se trouve la chaire et les Thorot dans la synagogue). Il est dcid dexaminer comment on peut remdier ce problme. Le 26 octobre 1932, le Comit prend connaissance dune lettre manant de M. Josu Yehouda qui propose la CIL de faire donner une confrence par M. Andr Spire Cest ainsi que, voyageant dans le temps, nous arrivons la sombre anne 1933, qui voit Hitler accder au pouvoir et ce pour 12 longues annes. De 1933 1945, les Juifs vivant sous la botte nazie vont tre tour tour discrimins, perscuts et massacrs. Ds 1933 et jusquen 1953, les Juifs de Suisse, aids par leurs coreligionnaires qui le pouvaient encore, cest--dire, essentiellement par le Joint Distribution Committee amricain, vont devoir trouver des solutions forts complexes et des sommes faramineuses pour tenter de sauver leurs coreligionnaires. Nous reviendrons sur cette cette terrible priode dans le chapitre consacr aux rfugis. Lassemble gnrale ordinaire de 1933 a lieu le 12 mars. Sil nest est pas fait allusion lavnement dHitler, survenu le 30 janvier 1933, il ressort du procs-verbal de la sance du comit du 1er mai 1933 que le Gemeindebund a convoqu une assemble, qui a lieu Ble, pour dbattre des problmes lis lantismitisme. Une assemble gnrale extraordinaire est convoque pour le 21 juin 1933. Elle a pour objet de nommer un nouveau membre au comit ensuite de la dmission de M. Salomon Leval. M. Lon Picard est lu sa place par 21 voix. En outre, le Dr Guggenheim dveloppe sa proposition individuelle, savoir quil soit procd la nomination des dlgus auprs du Gemeindebund au sein de la CIL. Il est dcid den dbattre une autre assemble gnrale extraordinaire fixe au 5 juillet 1933. Celle-ci dsigne MM. les Docteurs Guggenheim et Ren Brunschwig, comme dlgus, et MM. Michel Lazare et Gaston Leval titre de supplants. Le 29 juin 1933, le comit dcide de ne pas donner de suite positives aux sollicitations financires manant dEretz Isral et du Keren Hayezdot, estimant que les circonstances du moment ne le permettent pas. Il en va de mme pour Etania, car la CIL concentre ses efforts financiers sur Pro Leysin. Le 8 dcembre 1933, le comit relve quil a crit lOffice des chmeurs, pour lui faire part du fait, que le rabbin Ptaschek a prononc un sermon demandant ses ouailles dapporter une aide financire la Semaine du Kilo. De mme le comit fait tat dune lettre de remerciement quil a adress au Prfet de Lausanne, qui la demande du rabbin de la CIL, a accept doctroyer des bons C.F.F. tarif rduit pour tout le territoire suisse pour les Juifs indigents. Lassemble gnrale suivante a lieu le 28 janvier 1934. A son ordre du jour figure notamment la nomination du comit pour la priode 1934-1936, celle dun membre honoraire, et lchange dune parcelle avec la Commune de Prilly. A la suite dune question pose au comit sur laugmentation des subventions la caisse des pauvres, le Prsident Marcel Meyer rpond que la CIL et ses membres ont un devoir de tsedaka vident remplir durant la priode difficile que traverse lEurope. Il rappelle qu la demande du Gemeindebund, il a t convenu que les communauts de Suisse seraient imposes en faveur du Fonds des Rfugis raison de 30 % des cotisations des membres. Toutefois, le Prsident a prfr faire une collecte qui a rapport la belle somme de Fr. 10710.-, dpassant de beaucoup notre cotisation de 30 %. Cette rcolte dargent a motiv des remerciements crits circonstancis du Gemeindebund (p.-v. de lassemble gnrale de la CIL du 28 janvier 1934, pp. 155-156) M. Marcel Meyer est rlu prsident par 53 voix (58 membres de la CIL sont prsents lassemble gnrale); M. Isidore Dreyfus vice-prsident par le mme nombre de voix; M. Georges Bigar caissier, par 56 voix; M. Isaac Brunschwig secrtaire, par 37 voix et M. Charles Rhein adjoint, par 54 voix. Certains estiment aussi que les statuts de la CIL, dont la part la plus importante remontent 1922 datent un peu. En consquence, les membres de la communaut se runissent le 21 fvrier 1934 pour tudier la question et dcider des changements apporter. En voici le rsultat : - La qualit des membres est modifie. Elle comprend quatre catgories de membres diffrents : les membres actifs, externes, honoraires et libres. Seuls les hommes, quils soient membres actifs ou externes, ont le droit de vote (!). Seuls les membres qui ont rendu de grands services la CIL peuvent tre membres honoraires. Comme les membres actifs et externes, ils ont le droit de vote. En outre, peuvent avoir la qualit de membres libres, tous les Isralites habitant Lausanne et faisant partie dun autre culte (...rite sfarade). Ils nont ni le droit de vote ni celui dobtenir automatiquement une place la synagogue. Ce nouvel article 2 est accept sans difficult. Larticle 3 nouvelle mouture prvoit que tout Isralite de sexe masculin peut demander son admission au sein de la CIL dans lanne qui suit celle o il a atteint lge de 25 ans ou dans lanne qui suit son arrive Lausanne pour ceux qui ny habitaient pas prcdemment. Aprs une longue discussion, le comit est charg de proposer au Gemeindebund dadmettre gratuitement les membres dune autre communaut qui, ayant chang de domicile, voudraient entrer dans une autre communaut de Suisse. En outre, il est admis que les jeunes gens qui demandent leur adhsion 25 ans obtiennent la facult de pouvoir acquitter leur finance dentre en 5 ans raison de 1/5me par anne. De plus, leur cotisation tant rduite de moiti jusqu ce quils se marient. - Larticle 11 est modifi en ce sens que la CIL est dsormais engage par la signature du prsident et du secrtaire ou du prsident et du caissier. Il est aussi vot quune assemble gnrale doit tre mise sur pied ds linstant o 25 membres actifs le demandent. Il est aussi dcid que la Commission de bienfaisance sera prside par lun des membres du comit et que les cotisations des membres seront augmentes de 10 %. Ceci reprsentera 25 % au lieu de 15 %, ceci afin de rquilibrer le budget, alors dficitaire. Sagissant des places la synagogue, le systme dattribution des meilleures places par rang danciennet est adopt. De surcrot, il est prcis que les veufs pourront dnoncer la place de leur pouse, sans avoir la payer. Les fils de membres gs de 13 25 ans paieront fr. 20.- en 1re classe, fr. 15.- en 2me classe, fr. 10.- en 3me classe et fr. 5.- en 4me classe. Quant au rglement intrieur de la synagogue, on dcide que le samedi matin, le membre de la communaut qui a la charge du Segen pourra tre amen remplacer un membre du comit. Comme on ne saurait clore une discussion sans parler du cimetire, il est dcid quen matire de concessions, les droits au cimetire confrs aux membres en vertu des statuts (article 1, lettre c) sont valables pour le chef de famille, pour son pouse, ainsi que pour ses enfants, lexception des fils gs de plus de 25 ans. Quant aux tombes, elles doivent porter en franais le nom du dfunt et la date de son dcs. Les cls du cimetire seront dposes chez le jardinier o elles seront ramenes aprs que lon ait quitt le cimetire. En cas de dissolution de la CIL, les droits de spulture au cimetire restent rservs aux membres de lancienne communaut et de leurs familles. Le 3 octobre 1934, le comit relve que lors de la crmonie qui sest droule la synagogue loccasion du Jene fdral. La qute qui a t mise sur pied en faveur dune oeuvre de la Commune de Lausanne a rapport fr. 200.-. Cette somme a t verse la Municipalit de la capitale vaudoise. Le mme jour, le comit fait part dune proposition manant dun membre de la CIL concernant la cration dune porte de secours la synagogue. Il la prvoit l o elle existe aujourdhui, en fonction de la sortie sur le jardin pour les enfants et laccs la Souccah. En outre, M. Isidore Brunschwig demande ce que lon pose un banc en bas des escaliers de la synagogue. Il offre dailleurs le banc. Cette proposition est accepte. Il y en a dailleurs toujours un cet endroit. Le 6 mars 1935, le comit se penche sur un nouveau problme. Un membre de la communaut a cru bon dadresser un appel ouvert tous les Juifs lausannois pour les inciter participer une runion caractre patriotique sans en rfrer qui que ce soit au pralable. Cette affaire a beaucoup proccup le comit, car il estime quun tel acte peut mettre la communaut dans une situation dlicate sans mme quelle en soit informe. Il convient donc de ragir. Aprs mres rflexions, le comit estime quil faut en outre, une adjonction aux statuts de la Communaut pour tre arm contre ceux qui ne voudraient pas sy soumettre. Il dcide donc de convoquer une assemble gnrale extraordinaire lors de laquelle il serait proposer de radier linscription de la CIL au Registre du Commerce. Le comit invite les prsidents des socits juives lausannoises assister sa sance du 24 fvrier 1935 pour traiter de cet objet. Elles sont reprsentes par leur prsident respectif, savoir : le Dr Guggenheim pour lUnion Juive, M. Porter pour le Groupe Sioniste, M. Lilienfeld fils pour les Etudiants Juifs et M. Ren Brunschwig pour JSIL. Le prsident Marcel Meyer rappelle les faits et constate que lauteur de cet appel a enfreint les conseils de prudence avoir durant la priode trouble en cours, en en prenant part une manifestation publique et politique malgr les mises en garde du comit. Il est relev que lintress a dailleurs fait amende honorable, en admettant avoir ainsi mal agi lgard de la CIL, mais en maintenant son point de vue politique Toutes les personnes prsentes prennent part une discussion longue et nourrie ce sujet. Elles arrivent lunanimit mme solution : lappel ouvert une manifestation patriotique a t de mauvais aloi. Ds lors, il est dcid que le comit adressera une lettre toutes les socits juives lausannoises pour les mettre en garde contre les consquences de tels comportements. Aucune invitation une prestation publique, une confrence, la rdaction dun article paratre dans la presse relatifs la politique, etc. ne doit tre faite sans laval pralable des instances communautaires. Les personnes prsentes estiment que ces comportements pourraient compromettre lensemble des coreligionnaires. Un Conseil spcifique sera mis sur pied pour dterminer si une telle action peut ou non tre entreprise. La consultation du procs-verbal de cette sance rve que la socit JSIL, par lettre au comit de la Communaut propose de former un Conseil compos du comit de la Communaut et des prsidents de chaque socit suisse de Lausanne. Ce Conseil aurait pour mission dexaminer et de juger chaque cas.. Lassemble gnrale extraordinaire du 20 mars 1935 entrine la dcision de radier la CIL au Registre du commerce est accepte lunanimit. A ce propos, le procs-verbal suivant, dont copie est remise audit registre, est adopt : Lassemble gnrale extraordinaire du 20 mars 1935, vu la lettre du 21 fvrier 1935 du Dpartement de Justice et Police du Canton de Vaud nous exposant que notre communaut est une association constitue en conformit de larticle 60 du Code civil suisse, que nous avons exprim dans nos statuts, la volont dtre organiss comparativement, ce qui suffit nous faire acqurir la personnalit morale et quen consquence le dcret du 1er septembre 1892 na plus aucune raison dtre, dcide de renoncer la personnalit morale telle quelle lui avait t confre par le dcret cantonal du 1er septembre 1892, notre communaut ayant la personnalit morale au sens des articles 52 al. 2 et 60 du Code civil suisse, et de rpondre affirmativement la lettre du Dpartement de Justice et Police du 21 fvrier 1935, par les mmes motifs et constatant que notre communaut na pas lobligation de se faire inscrire au Registre du commerce, dcide de renoncer son inscription au Registre du commerce, la socit continuant exister forme des articles 60 et suivants du Code civil suisse. La radiation sera requise par les soins du comit qui est compos de MM. Marcel Meyer, Prsident, Isidore Dreyfus, vice-prsident, Georges Bigar, caissier, Isaac Brunschwig, secrtaire, Charles Rhein, adjoint Aprs que cet extrait de procs-verbal ait t dict, le prsident, M. Marcel Meyer nonce que la CIL doit vivre dans lordre et non dans le dsordre. Il revient sur la confrence patriotique lorigine de toute cette affaire et explique aux membres prsents le droulement chronologique qui sy rapporte. Un autre membre du comit rappelle que la communaut vit des temps spciaux qui ncessitent la prise de mesures spciales, savoir qui ne compromettent pas la CIL en tant que telle. Il estime que les Juifs doivent faire profil bas, se faire discrets pour ne pas porter le flanc une critique facile. Il propose alors lassemble dadopter le texte suivant : Nul ne peut de son propre chef prendre linitiative dorganiser ou de patronner une runion publique, confrence, manifestation, etc, engageant moralement ou matriellement la communaut sans lautorisation du comit. Une violation de cet article pouvant entraner les sanctions prvues larticle 8, lettres a) et b). Il sagit l dintroduire un nouvel article 49 bis, qui sera dailleurs adopt par lassemble gnrale lunanimit moins une voix. Il est galement prcis que le fait davoir fait paratre dans la presse un encart annonant une confrence de la socit sioniste de Lausanne avait eu pour rsultat une intrusion dun groupe de frontistes dans la salle, vnement qui a failli prendre une tournure grave. Un autre membre du comit, reprenant un langage fort en vogue lpoque, rappelle que le critre de judacit nest que dordre religieux et non racial. Il taie son raisonnement en citant le fait quil existe des Juifs noirs et chinois, qui nappartiennent manifestement pas la mme race. On constate qu cette poque, tout le monde tait imprgn des thories raciales ubuesques mises par certains scientifiques, essayistes, crivains, etc. de lpoque. Il ajoute ceci En notre qualit de Juifs, nous devons rester discrets, ne pas trop nous montrer nous ne devons surtout pas manifester en matire politique, ceci tant exclusivement lapanage des partis existants cet effet et auxquels nous sommes rattachs comme citoyens suisses et non comme juifs. On termine la sance en nommant M. Cerf-Weill de Cossonay membre honoraire de la CIL en remerciement des minents services quil a rendu la communaut. Une nouvelle assemble gnrale extraordinaire a lieu le 8 mai 1935. Le Prsident rend hommage M. Isaac Brunschwig, secrtaire du comit de la CIL, qui vient de mourir. M. Marcel Meyer propose que le Dr Ren Brunschwig reprenne la place de son pre au comit. Celui-ci est lu par 33 voix sur 45 bulletin rentrs. En outre, lassemble nomme M. Clment Ducas membre honoraire lunanimit. Avant que la sance ne soit clture, il est donn lecture des dclarations de lexpert Loosli au procs de Berne sur Les Protocoles des Sages de Sion, ainsi que du compte-rendu dune runion en faveur de la S.D.N. qui a eu lieu Berthoud Lassemble gnrale ordinaire de la CIL pour 1935 a lieu le 27 janvier. Le caissier, M. Georges Bigar, commente le budget, en particulier le dficit prsum denviron fr. 3000.- pour la CIL et de fr. 1400.- pour la Caisse de Secours. Au vu de la situation, le comit a pressenti les fonctionnaires communautaires pour quils acceptent une rduction de 10 % de leur salaire. Cette dernire est vote par lassemble gnrale. En outre, une proposition manant de M. Wertenschlag visant ce que ces fonctionnaires soient mis au bnfice dune caisse de retraite est refuse par lassemble gnrale. Par ailleurs, toujours pour des raisons de ncessit conomique, il est dcid de diminuer la subvention annuelle Pro-Leysin de fr 1000.- fr. 500.- pour lanne en cours au vu de la situation financire proccupante de la CIL. Par contre, la proposition de supprimer lorgue la synagogue par mesure dconomies est refuse. Une autre mesure dconomie est propose par le prsident Marcel Meyer et approuve par lassemble gnrale. Elle consiste renoncer imprimer le rapport annuel de la CIL. Il est procd au vote relatif aux dlgus lassemble du Gemeindebund. M. Ren Brunschwig obtient 43 voix (sur 46 bulletins rentrs), MM. Robert Guggenheim et Sam Lob 40. Ce dernier se dsiste au profit de M. Robert Guggenheim. Enfin, M. Max Marx obtient 37 voix. En consquence, MM. R. Brunschwig et R. Guggenheim sont nomm dlgus, MM. S. Lob et M. Marx, sont dsigns comme supplants. Un membre pose la question suivante la suite dun incident survenu la synagogue: qui dirige loffice la synagogue : le comit ou le rabbin. Le prsident Marcel Meyer lui rpond comme il suit : de fait, la direction de loffice appartient au comit. Cependant, il faut considrer quune fois que le service religieux est commenc, cest le rabbin qui doit en avoir la direction. Il ajoute que si un membre de la CIL a une observation faire au rabbin, il doit la faire transmettre par le comit. Il termine en prcisant quil est, dans tous les cas, exclu que le service soit interrompu par des discussion. M. Isidore Dreyfus prend la parole, pour prciser que, selon lui, la direction du culte appartient au comit, respectivement au membre qui le reprsente durant loffice. Cette discussion continue par une autre intervention visant prtendre que si le service tait mieux rgl, de tels incidents seraient vits ou ne se rpteraient pas. M. Georges Bigar confirme que pour lui, cest le comit qui prend les dispositions relatives loffice et non le rabbin. Toutefois, il est aussi davis quun diffrend ne doit pas venir interrompre le service qui se droule. Il ajoute que son raisonnement est tay par le contenu de larticle 57 des statuts de la CIL, en vertu duquel il est dit que le membre de la communaut qui a le Segen peut tre appel remplacer un membre du comit un service religieux et que, partant, il ne lui appartiendrait pas de trancher sur linstant une question dimportance sans que le comit nait t inform du problme. M. Sam Lob, qui partage lavis du prcdent intervenant, ajoute quil nest pas admissible que le rabbin reoive des observations pendant quil officie. Lors de sa sance de comit du 1er aot 1935, le comit dcide que dsormais, les Minianim auront lieu la petite synagogue. La crmonie pour le Jene fdral est fixe au 15 septembre. Le 8 novembre 1935, la communaut clbre le 25me anniversaire de linauguration officielle de la synagogue de Lausanne. Par ailleurs, cest dans le courant de ce mme mois de novembre que la Socit de Bienfaisance des Dames Isralites cre un vestiaire o les pauvres passants peuvent trouver des vtements, etc. Ce vestiaire est situ dans la synagogue. Enfin, M. Brun, directeur du cinma Capitole, convie les membres de la CIL visionner un film parl en hbreu moderne sur le dveloppement de la Palestine durant ces dernires dcennies. Lassemble gnrale ordinaire pour 1936 a lieu le 22 janvier, en prsence de 67 membres. M. Georges Bigar, caissier, informe lassemble que le dficit pour lexercice 1935 se monte environ fr. 2000.-. Les personnes suivantes sont lus comme dlgus au Gemeindebund : MM le Dr Ren Brunschwig et Adout. Les supplants sont MM. Ivan Bloch et le Dr Ren Guggenheim. Lassemble gnrale ordinaire pour lanne 1937 a lieu le 21 janvier en prsence de 51 membres. Il est procd llection du comit pour la priode 1937-1939. Le comit est reconduit dans son entier, ses membres conservant les mmes fonctions que par le pass. Les dlgus au Gemeindebund sont lus. Il sagit des Dr Ren Guggenheim et Albert Rhein. Les supplants sont MM. Sam Lob et Ivan Bloch. Il est rappel que chaque membre doit verser une contribution extraordinaire de fr. 50.- au Gemeindebund, dont lassemble des dlgus est fixe au 6 mai. En outre, larrive du rabbin Schulmann est annonce pour la fin du mois de mars, pour Pessach. A son arrive, il est prsent la Commission synodale du canton de Vaud, M. Perret, Chef du Dpartement de lInstruction et des Cultes du canton de Vaud, M. Menoud, Syndic de Lausanne et au consul de France. Chacune des personnes qui il est prsent laccueille de manire chaleureuse. Le culte pour le Jene fdral est fix au 19 septembre 1937. Une somme de fr. 143,05 y est rcolt pour les oeuvres vaudoises. Lassemble gnrale ordinaire de la CIL pour 1938 a lieu le 17 janvier. Le caissier, M. Georges Bigar, prvoit que lexercice 1938 sera dficitaire. Une modification du montant des classe provoque des modifications statutaires. Le nouveau tarif pour les 1res classes est fix fr. 100.- pour la classe A, fr. 200.- pour la B, fr. 300.- pour la C, fr. 400.- pour la D et fr. 500.- pour la E. Les montants pour les 2me 4me classe sont ports respectivement fr. 70.-, fr. 50.- et fr. 40.-. Les membres de la 1re classe ont le droit de choisir la catgorie A E. En outre, les 5 premires places la synagogue sont rserves aux membres du comit en place. Lassemble dcide de nommer 4 dlgus au Gemeindebund. A ce propos, le Dr Ren Guggenheim met des craintes sur lextrme difficult qui va incomber celui-ci. Il juge que seuls les Juifs suisses devraient y tre dlgus et prcise quil ne veut plus tre lu ce poste. Il maintiendra cette position, malgr les nombreuses sollicitations du prsident Marcel Meyer. On passe donc llection des dlgus. Ce sont le rabbin Schulmann, M. Sam Lob, le Dr Albert Rhein et M. Adout qui sont nomms. Dans sa sance du 16 novembre 1938, le comit prend connaissance de la lettre manant du dput valaisan Paul Rivaz, qui marque sa sympathie lgard des Juifs allemands perscuts et cherche obtenir des autorits que leur sjour dans notre pays soit facilit. Il est dcid denvoyer une copie de cette lettre au Gemeindebund. Ceci amne M. Georges Bigar renseigner le comit de manire plus prcise sur les conditions fixes pour limmigration de ces personnes et le rgime qui leur est fix par la police des trangers. En outre, le comit dcide quun office spcial de commisration envers les Juifs allemands perscuts sera clbr le 20 novembre 1938 la synagogue. Le rabbin Schulmann est charg de mettre cette crmonie sur pied. En outre, lassociation des rabbins de Suisse a dcid de dcrter un jour de jene pour marquer sa solidarit avec les Juifs perscuts par les Nazis. Ce jene est fix au 21 novembre. Ces vnements extraordinaires seront annoncs aux membres de la CIL loffice du matin. Le 23 mars 1939, le comit donne lecture dune lettre de Mgr Besson, en rponse aux condolances que la CIL a adresses loccasion du dcs du Pape Pie XI. La sance suivante est convoque la suite de la mort de M. Gradwohl. Cest cette mme poque, en ralit probablement depuis 1936-1937, que sorganise La Dlivrance, organisme sioniste, qui ditera un journal du mme nom. Cette association est fonde par le Dr Nahum Bonstein et le pasteur Thophile Grin, qui a tant aid les Juifs pendant la guerre. Ce dernier, plus son successeur, le Dr Lvy-du-Pan seront notamment les rdacteur du journal La Dlivrance, un hebdomadaire qui paratra de 1939 1940. Lassemble gnrale de la CIL pour 1939 est fixe au 24 janvier. Les dlgus au Gemeindebund ne changent pas. Lassemble des dlgus du Gemeindebund a t fixe au 26 mars. MM Georges Bigar, le Dr Ren Brunschwig, Sam Lob et Gustave Dreyfus y reprsenteront la CIL. Le 22 mai 1939, une assemble gnrale extraordinaire a lieu. Son objet est unique: traiter de la situation des Juifs perscuts rfugis en Suisse. Le prsident, M. Marcel Meyer, met tout dabord les membres de la CIL au courant de la situation de ces rfugis et demande que ces personnes soient soutenues avec la solidarit et la chaleur humaine qui simposent en la circonstance. A cet gard, il dclare notamment Tant quil y aura pour nous un bout de pain manger, il faudra que nous le partagions avec ceux qui ont faim. M. Marcel Meyer est vivement applaudi. Il passe ensuite la parole M. Gustave Dreyfuss, qui fait un expos substantiel de la confrence donne au Gemeindebund, Berne, par le Dr Heinrich Rothmund, chef de la division de police, dont la police fdrale des trangers dpend. Il fait tat des assurance que Heinrich Rothmund a donn aux Juifs suisses sur la possibilit de les accueillir (ndrl : en transit seulement), mais que le gouvernement compte sur lesprit de sacrifice de la communaut juive de Suisse pour subvenir aux besoins de ces personnes. De fait, celle-l est oblige de subvenir aux besoins des Juifs allemands depuis 1933. Cette obligation exclusive dentretien durera jusquen 1942 au moins. Le rabbin Schulmann appuie lintervention faite par M. Gustave Dreyfuss, en insistant sur la mission de solidarit des Juifs suisses envers leurs coreligionnaires perscuts par les Nazis. M. Adout prend alors le relais pour prciser la CIL quelle doit maintenant assumer ses responsabilits et ses devoirs, quant bien mme leffort financier consentir est extrmement lourd. Les Juifs suisses nont pas le choix. Ils doivent assumer lentretien des Juifs pourchasss et tout faire pour quun maximum dentre eux puissent entrer en Suisse. A dfaut, la police fdrale des trangers ne les autorisera plus entrer sur notre territoire, mme pour y transiter. M. Georges Bigar, plaidant dans le mme sens ajoute ceci Donner de son superflu nest pas donner. Cest seulement en se privant dune chose presque ncessaire quon donne de bon coeur.. Le 2 novembre 1939, le comit se penche sur le voeu mis par la Dlivrance de crer une cuisine populaire pour les rfugis, les tudiants, etc. sous les auspices de la communaut. Ce patronage est refus, tant entendu que les rfugis sont la charge de la CIL et les tudiants le plus souvent aussi. En outre, le comit constate que la collecte effectue loccasion du Jene fdral a rapport fr. 207, 65. Cette somme a t attribue aux Suisses rentrs de ltranger. Il est pris acte avec remerciement du don de deux Sefer Thorot offerts par M. Isidore Dreyfus peu avant sa mort. Par ailleurs, on dcide de rtribuer le rabbin Schulmann, mobilis en France depuis la fin du mois daot 1939, 100 %. Le 30 novembre 1939, au vu des circonstances, le comit dcide de renoncer organiser une fte communautaire pour Hanouka et dorganiser une soire au Cercle isralite, afin de rcolter des fonds pour les pauvres (Caisse des pauvres et socit des Dames). Lassemble gnral de la CIL pour 1940, a lieu le 22 fvrier. Le caissier, M.Georges Bigar, expose les raisons qui motivent le dficit de lanne 1939 et explique le budget prvu pour 1940. La CIL tient une assemble gnrale extraordinaire le 5 juillet 1940 la suite de lassemble gnrale extraordinaire des dlgus du Gemeindebund qui sest tenue le 23 juin 1940, Berne. Le procs-verbal de cette assemble relate notamment ce qui suit : Revenant sur les trs srieuses dclarations faites par le Prsident central, M. Saly Mayer, et concernant lentrevue que ce dernier eut avec le Dr Rothmund, chef de la Pol. fd. des Etrangers, notre Prsident insiste sur le fait que, si les Comits locaux narrivaient pas trouver cette anne les sommes ncessaires lentretien des rfugis austro-allemands, la Confdration, selon le Dr Rothmund, se verrait force de prendre sa charge ces malheureux, mais quil en rsulterait des consquences fcheuses sur lopinion publique et sur la situation gnrale des Isralites de Suisse (mise en faillite des Communauts Suisses, annonces par Radio-Presse, etc.). M. Meyer fait un appel vibrant en faveur de la collecte qui doit commencer, et aprs avoir recommand chacun la bonne tenue et la modestie, particulirement en ces semaines si menaantes pour le Judasme suisse, il passe ensuite la parole M. Pierre Bigar, de Genve, membre de notre Communaut. Ce dernier, se rfrant aux graves vnements politiques qui se sont produits depuis le mois de mai, et ayant examin leurs rpercussions en Suisse,, a fait des constatations plus rassurantes. Il a remarqu que, si certains de nos coreligionnaires ont migr vers des pays quils croyaient plus surs, ils ne lont fait qu titre personnel et individuel et leurs risques et prils. M. Pierre Bigar ajoute que la communaut juive de Suisse ne courre aucun autre risque que la collectivit suisse en gnral et que notre sort se confondait avec celui de notre Patrie suisse, vis--vis de laquelle nous faisons tout notre devoir et que nous tions prts tout sacrifier pour elle. M. Adout prend alors la parole et dclare que malgr la rptition des contributions demandes en faveur des rfugis, nous ne pouvons nous drober au devoir de secourir ces malheureux, et quau ct humanitaire de cette action sajoutait maintenant un caractre politique. Si nos coreligionnaires infortuns taient abandonns par nous, il y aurait plus quun manquement notre devoir de solidarit juive, ce serait porter atteinte notre propre scurit, quen vrit, il valait mieux consentir ce sacrifice relativement lger, plutt que de sexposer tout perdre. Lassemble gnrale de la CIL pour 1941 a lieu le 27 mars. Le prsident, M. Marcel Meyer lit une courte dclaration incitant les membres donner un maximum dargent lors de la collecte pour les rfugis. A ce propos, M. Adout annonce quil convient daider les Juifs polonais, car le comit qui les soutenaient prcdemment nexiste plus. Lors de sa sance du 7 mai 1941, le comit prend connaissance dune demande de subside de La Dlivrance pour la Hahschara, son cole dagriculture, Bex. Il est dcid de soumettre cette requte au Gemeindebund pour avis, avant dy rpondre. Comme nous le verrons par la suite, la rponse du Gemeindebund provoquera la colre des responsables de La Dlivrance. Lassemble des dlgus du Gemeindebund est agende au 22 mai, Zurich. Une assemble gnrale extraordinaire de la CIL est convoque le 27 juin 1941. Le prsident, M. Marcel Meyer ouvre la sance en saluant tout particulirement M. Saly Mayer, Prsident du Gemeindebund. A titre de prambule, M. Pierre Bigar fait un rapport circonstanci sur lactivit du Comit Central au sujet des rfugis, de leur entretien, et des relations avec la police fdrale des trangers. Lassemble apprend ainsi que les dpenses mensuelles pour les rfugis, qui sont entirement la charge des communauts juives se montaient fr. 185000.- au dbut de 1940. En outre, il savre que si 1840 personnes ont pu migrer en 1939 (les frais dmigration, visa et transport tant la charge des communauts juives comme le reste de lentretien des rfugis), seuls 380 Juifs ont pu quitter notre pays en 1940. En outre, il savre que sur 2296 assists, 570 sont au service du travail. M. Pierre Bigar conclut son intervention par un credo : il est absolument ncessaire que les communauts juives trouve un million de francs pour lentretien des rfugis en 1941. M. Saly Mayer sexprimant en allemand voque toutes les raisons qui motivent cette collecte. Le rabbin Schulman, rentr Lausanne, corrobore les propos Lassemble gnrale pour lanne 1942 a lieu le 26 fvrier. On y voque le fait que la CIL a collabor au 650me anniversaire de la Confdration et que le cot de lentretien des rfugis pour lanne 1941 sest mont 1,8 millions de francs. Les dlgus au Gemeindebund sont lus en la personne de MM. Ivan Bloch, Pierre Lilienfeld. Quant aux supplants, il sagit du Dr Albert Rhein et de M. Isidore Dreyfus. La prochaine assemble du Gemeindebund est fixe au 12 avril 1942 Genve. Une lection au comit est soumise au vote de lassemble. M. G. Bigar ayant mis le voeu de quitter celui-ci, il est remplac par M. Gustave Dreyfuss, lu par 43 voix. Une augmentation du traitement des fonctionnaires de 10 % est accepte par les membres de la CIL. Le comit de la CIL convoque une assemble gnrale extraordinaire le 20 mai 1942. La prsidence en est assume par M. Gustave Dreyfuss, vice-prsident, qui remplace M. Marcel Meyer retenu chez lui par sa convalescence. Me Pierre Lilienfeld rend rapport sur ce qui a t discut lassemble des dlgus du Gemeindebund Zurich. Il parle de la JUNA, qui est lagence de presse juive du Gemeindebund, qui peut rendre de prcieux services en cas de besoin. Sagissant du secours aux rfugis, il fait ressortir que pour 1941, lentretien des rfugis a cot 1,75 million de francs, sans compter les frais des migrations pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir le faire. En effet, il est devenu quasi impossible, dans la situation politique actuelle, de pouvoir migrer. Il ajoute que seul un petit nombre de Juifs perscuts est encore autoris entrer en Suisse. Il faut donc trouver un million supplmentaire au sein des communauts juives helvtiques. Le Joint, la Hicem, la Confdration et les cantons, tout comme limpt de solidarit couvriront le reste. La communaut juive de Suisse a pris un engagement dhonneur. Mme sil est extrmement difficile de le remplir concrtement, il ny a aucun choix, il faut le remplir. Il a notamment d faire face aux frais inhrents au procs dit des Frontistes. Ceux-ci se montaient 5000 francs, rpartis en 1000 francs la charge de la CIL et 4000 francs celle du Gemeindebund. La cotisation verse ce dernier par la CIL est de 5000 francs. Les subsides pour les migrants, les rfugis, les passants et les tudiants juifs se chiffrent 20880 francs, plus 260 francs aux indigents de passage et 5440 francs aux autres coreligionnaires dans le besoin. Cette anne-l, la CIL a reu 20000 francs de lArmenpflegen de Zurich. Le 2 juillet 1942, le comit prend connaissance dune lettre de M. Saly Meyer, remerciant la CIL pour les voeux quelle lui a adress loccasion de son 60me anniversaire. Lors de cette mme sance, il est dcid de crer une assurance pour les fonctionnaires communautaires, en contractant des polices dassurance-vie pour un montant en capital de fr 20000.- pour chacun dentre eux. Lassemble gnrale extraordinaire qui se tient le 20 mai 1942 a pour triste tche dlire un Schames en remplacement de M. Nathan Wallach, qui vient de dcder. Le nouveau Schames se nomme Isaac Bloch, il a eu la prfrence sur M. Henry Meyer. Elle dcide aussi daugmenter les salaires de fonctionnaires communautaires et les cotisations. Il ressort notamment du procs-verbal de la sance du comit de la CIL du 28 septembre 1942, que le capitaine Galopin, ne laisse sortir personne des camps dinternement sans garantie sre.(ndrl : nous verrons par la suite que ce capitaine, qui appartenait la Br. Terr. dont nous verrons quil fut un vritable Juste pour les Juifs entrs clandestinement dans notre pays). Une lettre de la Centrale suisse daide aux rfugis fait tat dune collecte qui aura lieu au profit des rfugis du 15 octobre au 15 novembre 1942. Des comits cantonaux doivent tre constitus dans ce but. Le comit vaudois est prsid par le pasteur Vincent. Y sont adjointes Mme Leuch et Melle Chapuisat. La CIL propose la participation du rabbin Schulmann, du prsident Marcel Meyer et de Melle Colette Muret. Durant sa sance du 13 octobre 1942, le comit prend connaissance dune lettre de M. Saly Mayer, qui flicite la CIL pour les sommes quelle a russi rcolter dans son secteur dactivit pour les nombreux rfugis qui sy trouvent. En outre MM. P. Lilienfeld et Ivan Bloch sont nomms dlgus et MM. le Dr A. Rhein et Isi Dreyfus supplants au Gemeindebund. Lassemble gnrale suivante a lieu le 11 fvrier 1943. Un de ses objets principaux concerne la problmatique des rfugis et migrants juifs. Ceux-ci arrivent clandestinement par le lac ou par ses abords, cest--dire par le Bas-Valais, Genve ou le canton de Vaud. Ceux qui eurent la chance de ne pas tomber dans mailles des filets tendus par le Grenzwachkommandant Rapp ou de son adjoint Alfred Matthieu purent compter sur leurs coreligionnaires vaudois et, en particulier sur le prsident de la CIL Gustave Dreyfuss qui d vaquer lintrieur et convaincre lextrieur. A cet gard, le procs-verbal prcise notamment ceci : (...) A ce sujet, je me dois de relever ici lactivit quont dploy un nombre de bonnes volonts pour tenter de soulager le sort de tous ces pourchasss, et, en tte de liste, je citerai Mr Gustave Dreyfuss, notre vice-prsident, qui, depuis plus de 6 mois, ne sest pratiquement plus occup dautre chose que dannoncer de nouveaux arrivants, discuter avec les of. Pol. terr. pour sortir, dplacer, donner la possibilit de manger kasher tel ou tel rfugi, faire rejoindre son pouse ou ses enfants, tel pauvre diable intern ici ou l, faire venir leurs bagages, faire hospitaliser les malades, pourvoir aux ncessits les plus imprieuses, argent de poche distribuer, mdicaments, cadeaux Hanouka .... et jen passe. Mr Gustave Dreyfuss, aid de Mme Dreyfuss, mrite toute notre gratitude pour la tche immense quil a assume avec tout le dsintressement voulu. Je ne puis citer tous ceux qui ont collabor ici cette action moralement ou matriellement, tels notre rabbin, Mr Schulmann, MM Picard, Ivan Bloch et David Lvy, la Socit des Dames qui a t dborde,, Mme Marc Dreyfuss, Melle Picard, les jeunes filles et jeunes gens dJsil, chacun dans sa sphre dactivit a montr tout le bon vouloir dsirable. Le S.I.G. de son ct a t alert ds le dbut daot, alors que les premiers rfugis arrivaient sur notre sol et que certains dentre eux en taient refouls. Il a fallu nombre de runions, dmarches, pas toujours facilites par les vacances, pour arriver un statut tout juste satisfaisant. Nombre de critiques pourraient tre formules sur le traitement des rfugis, sur des questions de nourriture, sparations des familles, inconfort, discipline des camps, interdiction des visites ou anomalies de tous ordres. Les autorits du S.I.G. sont parfaitement renseignes sur tout cela, mais ce que les critiqueurs ignorent gnralement, cest lappartenance lautorit militaire de toute ladministration qui touche aux rfugis. Je parle des rfugis de la seconde vague (aot 1942 ; ndrl : cest--dire le plus fort de la tourmente nazie depuis le dbut de la Solution finale et le moment o la Suisse ferme ses frontires aux Juifs pourchasss par lOrdonnance du Conseil fdral du 13.8.1942) dont lentretien incombe la Confdration et non au S.I.G. contrairement ceux entrs avant la guerre et qui aujourdhui encore sont entretenu par le S.I. Armenpflege. Or, chacun sait quau militaire, un ordre est un ordre; il ne se discute pas. Cest en vertu de cet axiome que si souvent les dmarches sont infructueuses, pour ne pas dire imprudentes. Il y a dautre part de pnibles chevauchements des comptences entre les diffrentes instances qui soccupent de cette question (Cmd. de lArme, Div. Fdr. de Police, Arr. Terr. Cant. etc.). Sachez seulement que lhomme qui est la tte de tout ce rouage est du ct isralite, Mr. Silvain S. Guggenheim, Prsident de la S.I.A., membre de la Zentralstelle fr Flchtlingshilfe, membre du C.C. du S.I.G, ce dernier est en rapport constant avec le Dr Brinner de Zurich et occasionnellement avec Mr le Cons. Fd. von Steiger (ndrl : Chef du Dpartement fdral de justice et police depuis le 10 dcembre 1942, ancien avocat de la lgation dAllemagne Berne). Cest dire que tout ce qui peut tre tent pour soulager le sort de ces malheureux lest avec toute lnergie voulue. Chaque dmarche nest quune tentative. Il faut absolument se faire lide que nous navons aucun pouvoir pour dcider quoi que ce soit quant au sort des rfugis Nous ne pouvons que proposer, lautorit dispose. La presse Suisse et spcialement la presse Suisse Allemande a jou un rle de premire grandeur dans lexpression du sentiment populaire lgard du droit dasile (ndrl : qui a lpoque ressortissait du droit des trangers et non dune loi spcifique), de la mission de la Suisse, et, il faut le dire aussi de la piti pour ces pauvres Juifs, inspire par lhorreur quont suscits les traitements infligs tant de malheureux au del de nos frontires. La Chrtient, dans sa quasi totalit, a t outre dapprendre comment taient traits nos coreligionnaires par ceux qui voudraient instaurer un ordre nouveau. Ce facteur nest point ngliger; le rsultat de la collecte en faveur des rfugis est pour nous un rconfort. Prs de 1 million 700000 fr ont t rcolts sur le territoire de la Confdration en un trs grand nombre de moyens et petits versements. Bien que certain journal lausannois dordinaire bien pensant, nait pas toujours eu les lans de sympathie que le libralisme dont il sinspire nous autorise esprer, nous devons reconnatre que, dune faon gnrale, il y a quelque chose de chang depuis notre rapport de lan dernier. (...) On peut imaginer combien la tche des personnes reprsentant les organismes juifs de Suisse taient rude la lecture du rapport qui suit, rdig en application de lOrdonnance du Conseil fdral du 13 aot 1942 suivant tabli par le commandant Frdric Rapp et son remplaant Alfred Matthieu : "Lausanne, le 8 octobre 1942 rapport mensuel : septembre 1942 A la Direction V, Lausanne (...) Le beau temps a naturellement favoris nos agents dans l'excution de leur service. Il a aussi t malheureusement une aide prcieuse pour les Juifs fuyant la France par les hauts Cols du Valais. (...) 3. Moyens auxiliaires Grce au chien de service "Alex", le gde.fr. Fankauser a pu procder l'arrestation de 2 rfugis juifs polonais. Ceux-ci ont t refouls. (...) 4. Ordre de service spciaux Plusieurs services de barrages ont t organiss dans diffrents secteurs soit pour rprimer la contrebande, soit pour lutter contre l'invasion des Juifs. Plusieurs ont t couronns de succs. (...) 5. Organisation A la suite des nombreuses entres clandestines de Juifs en Suisse par la voie du lac et sur notre demande, le Dt. surv.Lac a t mis partiellement sur pied ds le 26.9.42 14.00 (...) Dernirement une patrouille vedette a de nouveau arrt au large de St.-Prex 3 Savoyards, qui conduisaient 2 Juifs en Suisse. Rfugis Les entres clandestines de rfugis (Juifs belges et hollandais) par le secteur du Jura ont pris fin en aot. A ce moment-l nos agents nous signalrent quelques passages clandestins par la voie du lac. Ds le 11.9 nous avons organis des services de barrage sur les secteurs les plus vulnrables. (...) Dans la majeure partie des cas, les Juifs (allemands, autrichiens, polonais, tchcoslovaques, roumains, russes) taient conduits par des passeurs, tous pcheurs savoyards. Quelquefois cependant les Juifs se procuraient une embarcation prix d'or et traversaient le lac seuls. Avec les maigres effectifs dont nous disposons au bord du lac, il ne nous tait naturellement pas possible de tenir partout. (...) Depuis le 20 septembre environ, l'exode des Juifs s'est tendu tous le Valais face la France. Notre personnel est dbord. Il faut preuve de cran, d'nergie, de bonne volont et surtout d'une discipline exemplaire. Mais la tche est lourde et fatigante. Sans exagrer on peut dire que la mission de police prime sur tout. Nous avons pris contact avec les organes de contrle Ceux-ci, surtout le Commissaire spcial de St-Gingolph, ont montr beaucoup de comprhension. Les douaniers franais, par contre, attendent simplement que nous leur rendions ces juifs, afin qu'ils puissent les verbaliser pour exportation clandestine de devises, ce qui leur permet de toucher 1/3 de prime sur l'amende (sic). Les Allemands de leur ct, pour parer cet exode ont intensifi dans de larges mesures leurs patrouilles la frontire. Nous devons aussi relever ici toutes les ruses employes par ces Juifs pour tcher de pntrer en Suisse. Le mensonge sous des formes les plus odieuses est l'ordre du jour. Certains ont cherch acheter la complicit de nos agents, d'autres se sont fait passer pour malades, femmes enceintes. Certains menacent mme de se donner la mort. A tout ceci vient encore s'ajouter la rsistance passive : refus d'avancer, de marcher, de se laisser conduire la frontire, etc. C'est assez dire si la tche de notre personnel est ardue. Il est trs regrettable que l'opinion publique ne soit pas exactement renseigne sur la valeur de ces individus, qui souvent sont des communistes notoires, sur leur mentalit peu intressante, et le danger que constitue pour l'avenir de la nation ce sang mlang ! Les mesures d'hygine devraient tre prises par le service de sant la frontire dj et non l'intrieur du pays (sic). Les autorits charges du problme des migrants et des rfugis dans le canton de Vaud (et ailleurs) se trouvrent aussi certainement renforces dans de telles apprciations, lorsquon sait que, lors de la confrence annuelle des chefs des polices cantonales des trangers qui se droula les 11 et 12 septembre 1942, Montreux, Heinrich Rothmund ne se priva pas de dire ouvertement - et pour la nime fois - que la Suisse devait combattre le soi-disant risque "d'enjuivement" qui la guette. La situation de lentre des Juifs en Suisse continue tre extrmement difficile en 1943 et en 1944. Il ressort du procs-verbal de lassemble gnrale de la CIL du 30 mars 1944 quen 1943, il entrait illgalement environ 600 rfugis par mois. Ces personnes venaient de France. Elles taient soumises au refoulement pour la plupart dentre elle. Mais il faut souligner que les journes du 20 au 23 septembre 1943 ont vu arriver dItalie 20000 rfugis - surtout des militaires - en proie la panique la plus complte. 90 % des rfugis civils taient juifs. Le nombre total des rfugis juifs en Suisse est estim dans ce procs-verbal environ 22000 personnes, dont 4300 enfants. Ceux qui ont pu rester en Suisse ont t pris en charge de plusieurs manires diffrentes. Les enfants de 6 16 ans par le Comit dAide aux Enfants dEmigrs. Celui-ci place 2300 de ces enfants en partie dans des familles et en partie dans des homes. Il faut relever que cet organisme a russi faire sortir environ 2000 enfants des camps daccueil militaires. En outre, 1500 enfants ont pu tre placs avec leur mre dans les homes de la ZL. Le comit ajoute quil convient de budgeter une somme de 4260000 francs pour les rfugis et les migrants, ce qui reprsente un montant mensuel denviron 350000 francs. Les fonds sont rechercher par la collecte du Gemeindebund, de la part communautaire la collecte nationale et par le Joint. Nous venons dexaminer la situation financire et celle de laccueil. Mais, on oublie de parler des problmes que connurent parfois les Juifs migrs de la premire heure. En voici une illustration terrible. Cest au printemps 1943 que meurt M. Klinger. Cette famille est originaire dAllemagne. Elle sest installe en Suisse depuis 1926 et Lausanne en 1933. En 1944, lOffice cantonal des trangers pose un oukase Mme Klinger, alors sans ressources. Soit elle obtient de la lgation dAllemagne une attestation correspondant son tat-civil de veuve, soit elle perd son droit ltablissement et ne peut obtenir le statut de tolrance que moyennant versement dune garantie de fr. 5000.-. La tolrance est rvocable en tout temps.... Nous sommes en pleine solution finale.... on demande une Juive de resignaler sa prsence aux autorits nazies....... Lassemble gnrale de la CIL pour 1944 a lieu le 3 avril. Le Prsident rsume lactivit annuelle. Me Pierre Lilienfeld prend la parole et cite en tte des personnalits dvoues au bureau et la cause des rfugis M. Gustave Dreyfuss qui ne sest pas mentionn parmi les membres dudit bureau. Le montant vers par la CIL en 1943 pour les migrants, les rfugis et les tudiants juifs est de 23320,93 francs, auxquels il faut ajouter 100,40 francs pour les indigents de passage et 4956,66 francs pour les indigents locaux. La CIL toucha une subvention de quelque 20874 francs de lAide aux rfugis de Zurich et 3943,60 francs des Finances de secours. Lassemble gnrale de 1944 a lieu le 22 mars 1944. Elle est consacre en grande partie aux rfugis. Le comit explique aux membres que leur prise en charge donnait de plus en plus douvrage et quil parat ncessaire de mettre une organisation spciale sur pied cet effet. Il rappelle que 16 personnes, toutes rfugies chez nous, travaillent du matin au soir dans 6 bureaux situs aux Galeries du Commerce, pour venir en aide leurs coreligionnaires encore plus malheureux queux. Il savre que le bureau des rfugis enregistre jusqu 80 visites par jour. En outre, un courrier considrable arrive chaque jour. Il faut y rpondre sans dlai. Enfin, le tlphone est pris dassaut. Le comit ajoute que les rapports avec les camps de travail et les homes sont assurs par des collaborateurs fidles qui sy rendent pratiquement chaque jour. Un travail intense est fait tant auprs des autorits militaires quauprs de loffice cantonal des trangers Lausanne pour placer le plus de personnes sous contrle civil. Ainsi, elles peuvent aller vivre dans des appartements ou des pensions. La tche nest de loin pas aise. Ces collaborateurs sont : Messieurs Iglauer, Hacker, Hesslein, Goldschmidt, Hillesum, Walder, Sonnenfel, Kaufman, Aronsohn, Koronczyk, Mesdames Koekoek, Anita Gross, Esther Gross, Hillesum, Iglauer, Hacker, Sonnenfeld, Bauer, ainsi que les assistants sociaux et religieux suivants : MM. Georges Picard, Lekus, Ascher, Kimche, Bollag, Silvain Bloch (qui a pris en charge les visite aux 3 camps de Champry en tant quassistant social), Mmes Gaby Weil, Gustave Dreyfuss, Albert Rhein, Suzanne Brunschwig, Pierre Meyer, Andr Meyer, Otschakovsky, Berkovits, des remerciements tous particulier sont adresss Mme Marc Dreyfuss, qui dune faon exemplaire et infatigable soccupe de ces pauvres tres., M. le Rabbin Schulman, M. Zoltan Berkovits, ainsi que la Socit des Dames, les Dames du Vestiaire, en particulier Melle Picard, les dames qui visitent les hpitaux et les malades En outre, une cuisine kasher est mise sur pied, afin dy accueillir tout un chacun, ds Pessach. Celle-ci est situe dans un immeuble appartenant la Commune de Lausanne, aux Escaliers des Grandes Roches. Elle pourra recevoir environ 300 personnes. Le 29 avril 1944, le comit prend connaissance dune lettre envoye par le consulat dItalie, qui annonce la modification de ses lois raciales. Durant sa sance du 28 septembre 1944, le comit dcide daccorder les subsides supplmentaires suivants : fr. 25.- au Bureau Central dassistance, fr. 30.- la Semaine du Kilo, fr. 20.- lArme du Salut, fr. 25.- au Secours suisse dhiver et fr. 20.- aux Familles ncessiteuses. Durant la sance de comit du 14 novembre 1944, le prsident informe le comit quun tlgramme de flicitations a t adress au Gnral Henri Guisan loccasion de son 70me anniversaire. Lassemble gnrale ordinaire de la CIL suivante a lieu le 17 mars 1945. Le prsident, M. Gustave Dreyfuss souligne le vide que laisse la mort de M. Marcel Meyer. Il rend ensuite rapport sur les activits du comit en prcisant que la plus importante concerne les rfugis. Il prcise que les dpenses effectues par le VSIA en 1944 se sont leves 5,7 millions de francs, contre 4,26 millions en 1943. Les membres de la CIL sont encourags fournir encore plus defforts pour la collecte venir. Les dlgus et les supplants au Gemeindebund sont nomms. Il sagit respectivement de MM. A. Rhein, J. Kimche, P. Lilienfeld et I. Dreyfus. Dans ce cadre, le Dr. R. Brunschwig explique que le Gemeindebund poursuit sa lutte contre lantismitisme. Dans ce but, il souhaite avoir un correspondant dans chaque communaut de Suisse. M. P. Lilienfeld propose que le Dr Andr Netter remplisse cette fonction. Il est lu celle-ci. Lassemble des dlgus est fixe au 20 mai 1945, Lausanne. Pendant toute le guerre, la CIL a pu compter sur des personnes telle que le pasteur Thophile Grin. Ce dernier, luttera aux cts des Juifs de Suisses en faveur des rfugis. En outre, il adhrera la Dlivrance ds 1939. La collecte pour 1945 est fonde sur le thme UN DON DE LA VICTOIRE. La circulaire du Gemeindebund qui sy rapporte est date du 11 juin 1945. Elle demande chaque Juif de Suisse de faire un vritable sacrifice pour lui permettre de parer aux besoins les plus urgents. En effet, le nombre des rfugis na pas diminu, car ceux qui ont pu quitter la Suisse ont t remplacs par les dports arrivs de Theresienstadt et de Bergen-Belsen. 1700 personnes de nationalit hongroise sont arrives de Bergen-Belsen par le train. 1300 autres, autrichiens, ex-allemands et hollandais, sont arrives de Theresienstadt. Leur tat gnral tait pitoyable. Ils avaient reu les premiers secours et de la nourriture, des vtements, des soins mdicaux, etc. St-Gall. Le procs-verbal prcise que les Hongrois ont t placs dans deux htels de Caux, dont lun est kasher. 400 de ces dports sy trouvent. Quant au convoi arriv de Theresienstadt, il tait compos surtout de personnes ges. Celles-ci ont t internes aux Avants sur Montreux, et, pour une petite partie dentre elles, au camp rituel de la Tour Haldimand, Lausanne. Par contre, nonce le rapporteur, il faut enregistrer le dpart de tous les Franais, ainsi que dune partie des rfugis, migrants et tudiants dautres nationalits. Les officiers yougoslaves ont reu un ordre de dpart. Un contingent militaire hollandais et une colonne de la Croix-Rouge hollandaise ont quitt la Suisse. Le Congrs juif de Montreux a dmontr que toutes les instances juives ont tout fait pour trouver des solutions dmigration pour ceux qui ont pu vivre en Suisse pendant la tourmente nazie. Toutefois, le Dr Robert Meyer de Zurich nonce quelque chose de trs important : il faut rgler le problme de lmigration de ces personnes, pas liquider ce problme. Quant aux dpenses pour lanne 1944, elles se sont leves 5,7 millions de francs, dont la majeure partie a t couverte par le Joint Le Gemeindebund termine son appel de fonds par ce paragraphe qui se passe de tout commentaire : Puissent ces noms (ndrl : Theresienstadt et Bergen-Belsen), laccent dramatique, inspirer votre gnrosit et vous faire comprendre, que, quel que soit lampleur de votre don, il sera toujours bien peu de chose eu gard toutes les pertes quont subies nos coreligionnaires, victimes des atrocits nazies. Enfin, le comit dplore le dpart de Mmes Julie Picard et Marc Dreyfuss qui ont tant oeuvr. Cette dernire est malheureusement contrainte de renoncer ses activits pour raison de sant et remercie Mme Lilienfeld qui a pris la direction du Vestiaire. Quant au Heder, la suite du cong reu par le Cercle, il vont avoir lieu dans le collge de Villamont, aprs que M. Peitrequin, Directeur des Ecoles, ait donn son accord M. Gustave Dreyfuss, qui tait aller le voir cette fin. Lassemble gnrale suivante a lieu le 17 mars 1946. Il savre que la collecte pour les Alsaciens a t fort efficace. Les quelque 30000 francs rcolts ont t envoys au Gemeindebund dans le cadre de Aide et reconstruction. Cet argent a servi envoyer tant des manuels juifs introuvables dans cette rgion, que de la literie et des couvertures de laine dans les orphelinats de Strasbourg et de Hagenau. En outre, le rsultat de la collecte de vtements pour les Juifs dAllemagne a t trs rjouissant, voire inespr. Il a t possible de remplir 11 grandes caisses de vtements, sous-vtements, manteaux, chaussures bien tries, tant pour adultes que pour enfants. Ces caisses ont quitt Lausanne pour aller au Centre daccueil de Zurich. Cette action a t dirige de main de matre par Mmes Ren Brunschwig et Roger Wrzburger, membres du comit. Le rapporteur prcise que Les Juifs allemands, encore dans les camps, ont souffert le martyre, par manque de vtements dans les grands froids. Cette collecte a donc revtu une importance toute spciale.. Les premiers envois de vtements qui ont quitt Zurich pour lAllemagne pesaient 8,5 tonnes. En tout, la communaut juive de Suisse a envoy 11 tonnes de vtements en Allemagne. Le procs-verbal mentionne aussi que la plupart des rfugis ont quitt la Suisse. De fait, il ne reste Lausanne plus quenviron 60 rfugis libres et 350 dans les homes. Il y a donc une norme diminution, puisque le Bureau Suisse des Rfugis de Lausanne soccupait au dpart de 4000 rfugis. Toutefois, le rapporteur souligne que si la situation Lausanne est telle quelle vient dtre dcrite, il reste en Suisse encore environ 11000 rfugis. Les dpenses pour les rfugis et les migrants en 1945 se sont montes 8693900 francs. Pour les seuls rfugis, le V.S.J.F. a dpens 5087356,57 francs. La CIL a octroy des subventions aux migrants, rfugis et tudiants pour 31874,74 francs, aux passants indigents pour 135 francs et aux personnes dans le besoins sur place pour 5215 francs. Le montant dbours pour les rfugis, migrants et tudiants a t intgralement rembours par lAide aux Rfugis. Quant au Bureau de Secours aux Rfugis, section lausannoise, il a dpens, pour la mme anne, respectivement 407000 francs, dont 32000 francs pour les migrants et 375000 francs pour les rfugis. Le comit de la CIL tient remercier lensemble des collaborateurs du Bureau de Secours aux Rfugis pour tout le travail quils ont effectu. Le V.S.J.F. a tabli la liste des Juifs trangers en Suisse enregistrs auprs de lui au 31 dcembre 1945 comme il suit : PAYS DORIGINEREFUGIESEMIGRANTSTOTALAllemagne1343 357 Alsace18 Angleterre29Argentine5 Autriche334 1284Belgique 182 2Bulgarie6 Danzig3 7Egypte3 Equateur6 Espagne2 France7671Grce101Hollande393Hongrie51228Iran7Italie5741Lettonie353Lituanie6Luxembourg20Libye1 Norvge1Palestine35Prou5Pologne1911504Roumanie23426Russie812Sarre3Sude3personnes sans-papiers588 522Syrie1Tchcoslovaquie44366Turquie156Yougoslavie291sans indication de nationalit37471Total8300288511185  Au vu de la dmission de tous les membres du comit de la Socit des Dames, M. Gustave Dreyfuss souligne lardeur infatigable et le dvouement que tant Mme Ly-Hauser que ses collgues ont dploys pendant de longues annes. Il remercie tout le comit et propose une inscription spciale de ceux-ci au procs-verbal. La proposition est accepte sans autre. M. Gustave Dreyfuss souhaite ensuite plein succs au nouveau comit et sa prsidente, Mme Albert Rhein. Il est galement pris acte avec remerciements du retrait de Madame Lillienfeld, prsidente du Vestiaire des Dames. Le rapporteur voque aussi la traditionnelle fte de Hanouka organise par Mme Gustave Dreyfuss, aide par quelques personnes de la Socit des Dames. Ce goter pour les enfants rfugis a eu lieu la Pension Ivria. En outre, il est fait tat du projet de construction et de modification de la synagogue, pour y crer un local de runion, ainsi que du chauffage au cimetire. Lassemble gnrale suivante a lieu le 16 fvrier 1947. Deux vnements communautaires y sont souligns. Tout dabord, la clbration du 22me Congrs sioniste, Ble, auquel ont pris part des personnalits connues telles que MM. Ham Weizmann, Nahum Goldmann, Czerkoff, et Stephen Wise. Celles-ci ont t reues par le prsident du Gemeindebund, le Dr Georges Brunschwig et par M. Alfred Goetschel, prsident de la communaut isralite de Ble. Le second vnement est constitu par le dpart, pour raison de sant, du rabbin Schulmann. Lassemble gnrale de la CIL pour 1948 a lieu le 5 fvrier 1949. Le comit prend acte, avec regret, de la fermeture de lHtel Ivria, pension kasher tenue par les poux Vischoff, qui se sont donns sans compter dans lencadrement de ceux qui ont log dans leur Garksich. Ils leur ont ainsi permis de vivre en respectant les prceptes du judasme. En outre, le comit salue officiellement larrive du Grand Rabbin Vadna et de son pouse Anne-Laure. Il prcise quune rception officielle sera organise pour lui permettre de faire connaissance avec les membres de la CIL, ainsi que pour fter le centenaire de la communaut. Le comit souligne avoir cherch sans succs le document qui atteste de lenregistrement officiel de la CIL en 1848. Nous ne lavons toujours pas trouv dailleurs.... Cest dailleurs au Grand Rabbin Vadna a dailleurs quincombe la douloureuse tche de clbrer un office spcial la mmoire des victimes du nazisme un vendredi soir. Sagissant des Juifs massacrs durant lhitlrisme, conformment au voeu mis par le Gemeindebund le 12 aot 1948, il est dcid de poser une plaque commmorative leur mmoire. Le comit revient sur la ncessit de collecter un maximum de fonds pour les migrants et les rfugis, ainsi que pour les oeuvres daprs-guerre. Il rappelle que quelque 2700 rfugis et migrants juifs se trouvent encore en Suisse et que les dpenses pour 1948 se montent 5 millions de francs. Par ailleurs, le comit annonce lassemble que le Gemeindebund a achet lancien Grand Htel Mooser, rebaptis Les Berges du Lman, Vevey, pour en faire un home pour les personnes ges rfugies en Suisse, qui ont obtenu lasile durable. Limmeuble est acquis pour 630000 francs. Il comprend la maison, une villa et un parc de 16800 m2. Le Bureau de Secours des Galeries du commerce y est transport par mesure dconomies. Il est aussi fait tat de rparations la synagogue. Le comit rend galement rapport sur lassemble des Dlgus du Gemeidebund qui sest tenue Montreux le 27 juin 1948. La CIL y tait reprsente par son vice-prsident, le Dr Ren Brunschwig. La cration de lEtat dIsral constitue un des thmes centraux de la discussion. Dsormais, les Juifs ont leur Etat. Depuis la fin de la guerre, le Gemeindebund et les oeuvres dentraide juives sactivent. 414 jeunes gens rescaps de Buchenwald sont sous la responsabilit du V.S.J.F. Dans le chapitre Lhbergement denfants juifs, on trouve les tmoignages suivants : Liesel M.- Pre dcd au KZ (camp de concentration) Mauthausen, frre dcd au KZ Auschwitz. Lenfant a t quatre ans lhpital, ce qui la sauve. Otto F. - Ag de 14 ans. Le pre et lenfant ont port ltoile jaune. Depuis 1939, lenfant navait plus le droit de frquenter lcole. Pas de sjour la campagne depuis 7 ans. Franzi W. - Ag de 14 ans. Pre et enfant ont port ltoile. Lenfant navait pas le droit de frquenter lcole. Le pre, mdecin, a d se cacher et renoncer pratiquer. Tous les proches parents ont t gazs. Kurt H.- Ag de 12 ans. Victime des bombardements. Lenfant navait pas le droit de frquenter lcole. Pas de sjour la campagne. Le pre a t fusill par des SS en prsence de la mre et de lenfant.. En outre, 147 enfants juifs hollandais, 65 de France et 28 de Vienne ont t placs dans des foyers juifs suisses durant 3 mois; grce au Joint et au gouvernement tchcoslovaque, 94 enfants tchques prtuberculeux ont pu entrer en Suisse pour y tre hberg. Aide et reconstruction a beaucoup oeuvr dans la lutte contre la tuberculose, dont beaucoup de rescaps des camps taient atteints. Quant aux problmes de ravitaillement, la Commission Aide et reconstruction a pu envoyer des colis de nourriture dans les zones frontalires frappes par la disette. Par ailleurs, le V.S.J.F. sest toujours efforc dentretenir des restaurants collectifs, des buanderies et des ateliers de cordonneries, ainsi quun service mdical. Les communauts de Ble et Zurich ont elles seules servi 171490 repas prix rduits. La buanderie de Zurich a effectu la lessive de 19500 kg de linge et 22000 chemises y ont t repasses. 5600 rparations de chaussures ont t effectues et 30299 pices dhabillement ont t distribues. Le V.S.J.F. assurait galement un service dassistants sociaux, car il ne faut pas ngliger ltat moral dans lequel se trouvaient ces personnes. Il est enfin prcis quen 1945, 9873 rfugis et migrants ont pu quitter la Suisse, pour 14 pays diffrents et que de nombreux efforts ont t faits pour tenter de runir les familles disperses par la guerre. Lors de la runion du groupe daction pour les rfugis, les migrants et les oeuvres daprs-guerre du 30 aot 1948, il est rappel ce qui suit (en traduction libre) : Le flot de rfugis de 1938 (ndrl : lanne du tampon J et de la Nuit de Cristal) a amen 1786 personnes se rfugier en Suisse. Aprs que les autorits aient envisag den refouler un certain nombre, nous avons pris lengagement moral de subvenir financirement et moralement aux besoins de nos coreligionnaires. Ce Gentlemen-Agreement a vit de bien plus grands malheurs ces rfugis. Nous sommes toujours lis par cet engagement. Nous ne pouvons pas nous en dfaire et devons continuer assumer cote que cote. En effet, le fait pour les autorits devaient participer de manire plus importante lentretien des rfugis juifs contribuerait alimenter lantismitisme, qui rgne dj de manire non ngligeable. Une circulaire du Gemeindebund date du 16 septembre 1948 nous apprend qu la fin juillet 1948, le V.S.J.F. entretenait environ 2000 personnes, dont 1600 entirement et 400 partiellement. Le texte prcise que les 180 jeunes gens rescaps de Buchenwald font partie de ce groupe de personnes, tout comme les 400 enfants du Comit Suisse daide aux enfants dmigrs disparu en 1947. La circulaire ajoute que les cots dentretien pour ces personnes se montent respectivement et par mois : - 160 francs pour une personne seule, - 270 francs pour un couple, - 120 francs pour un enfant vivant en mnage commun avec sa famille, - 225 francs pour un tudiant, un apprenti, etc. En outre, il faut ajouter ces cots les dpenses relatives des situations particulires telles que les soins rituels, les rgimes alimentaires, les frais pour maladies, les frais de vtements, de nettoyage, de rparations, de mdecin, de dentiste, de mdicaments, etc. Ds lors, lentretien est port 200 250 francs pour une personne seule et 300 350 francs pour un couple. En bref, lentretien des migrants et rfugis juifs cote cette poque, en moyenne, 500000 550000 francs par mois. En septembre 1948, les responsables de recherches de fonds en faveur des migrants et rfugis juifs en Suisse prcisent quil faut absolument et rapidement trouver des fonds pour financer les tches suivantes : installer des homes pour les rfugis qui obtiennent le droit dasile permanent et pour lesquels lEtat et la communaut juive de Suisse se partagent les frais; entretenir les enfants dont le Comit suisse daide aux enfants dmigrs stait charg jusquen 1947, donner une assistance morale et financire ceux qui ne trouvent pas de travail ou sont incapables de travailler, assumer les secours daprs-guerre, en particulier aux rescaps des camps dextermination, des camps de concentration, tels que Buchenwald, des tuberculeux nayant plus aucun moyen de subsistance et dont on ne peut raisonnablement exiger quils retournent dans leur pays dorigine et, enfin, lassistance aux nouveaux rfugis venus en Suisse. Cet appel - qui mane du Gemeindebund - est sign respectivement par Berthold Guggenheim, de Zurich, Prsident de laction, le Dr Georges Brunschwig, de Berne, Prsident du Gemeindebund, Walter Br, de Zurich, Armand Brunschwig, de Genve, Otto Heim, Prsident de lUnion suisse des comits daide aux rfugis juifs, Jean Nordmann de Fribourg, Prsident de la Commission Aide et Reconstruction du Gemeindebund, Paul Dreyfus-de Gunzburg, de Ble, Victor Loeb, de Berne. Le prsident Gustave Dreyfuss, ainsi que son pouse ont normment oeuvr pour les rfugis durant et aprs la guerre. Il fallait faire face aux oukases de la police fdrale des trangers, relay sans relche par lOffice cantonal des trangers. Il sest engag avec force et dtermination dans ces luttes quotidiennes. Il sest trs souvent port personnellement garant auprs de loffice prcit pour ces rfugis, afin quils aient une chance de pouvoir rester en Suisse labri des perscutions nazies. Cest galement lui qui a trouv le home des Berges du Lman, que le Gemeindebund va acheter pour y placer les rfugis aprs la guerre et dont le rabbinat sera assur successivement par le Wanderrrabi S. Schachnowitz, puis par le Grand Rabbin Georges Vadna ds 1949. Il prsidera dailleurs linauguration solennelle de cette institution en 1948. Enfin, cest aussi sous sa prsidence que les Juifs religieux reviennent dfinitivement au bercail communautaire. La vie religieuse Les fonctionnaires de la communaut Les rabbins et les ministres-officiants En 1865, les membres de la CIL dcident d'engager un ministre-officiant. Le premier d'entre eux s'appelle M. Beer. Il remplit de multiples fonctions en sus de celle de "hazan" (chantre), notamment celle de "schochet". Rappelons qu' cette poque, la pratique de l'abattage rituel n'tait pas interdite en Suisse. Cette prohibition a t introduite dans la Constitution fdrale en 1898, avec une exception durant la Premire Guerre Mondiale. Elle existe toujours, mais figure actuellement dans la loi sur la protection des animaux. Ce premier employ communautaire s'appelait M. Beer. Il faut ajouter qu'alors, la CIL n'avait pas de rabbin pour elle seule. Elle se trouve comprise dans le dicastre du grand Rabbin de Genve. Il sagit des Grands Rabbins Wertheimer et Ginsburger de Genve. Le premier meurt en 1909, le second reprend sa succession en et officie Lausanne jusquen 1914. De 1914 1926, le rabbinat lausannois sera assum par le Grand Rabbin Wolff de La Chaux-de-Fonds, ceci jusquen 1928. Quant aux ministres-officiants, la consultation des archives communautaires rvle que M. Aron Lehman, prend la succession de M. Salomon Lvy, ministre-officiant Lausanne de 1881 1884 ( la suite de M. Weil). Il remplira les fonctions de rabbin et de ministre-officiant, suivant les priodes durant 40 ans, soit de 1884 1925. Robert Loeb prit sa succession de 1925 1926. Puis, cest M. Gradwohl qui officie au mme titre, de manire intrimaire, durant presque une anne la suite de M. A. Lehmann. Enfin, le flambeau est repris par M. Lissauer pendant quelques mois en 1927. Le 12 juillet 1927, lassemble gnrale donne mandat au comit de la CIL de se mettre en qute dun rabbin. Une commission ad hoc est nomm cet effet. Elle est compose de quatre membres du comit, ainsi que de MM. M. Lazare, J. Brunschwig, Gustave Dreyfuss, Henri Weil, Lon Grumbach, Lazare Rhein, ainsi que du Dr Guggenheim. Cette commission va rapidement conclure que lengagement dun rabbin - en sus de la prsence dun hazan - Lausanne est absolument ncessaire. Lors sa sance du 4 octobre 1927, le Comit se penche sur le problme de lengagement dun rabbin. Il doit galement se pencher sur la question de savoir si la CIL peut assumer le traitement de 2 fonctionnaires. Lecture est donne dune lettre adresse la CIL par le Grand Rabbin Bauer, de lEcole rabbinique de Paris. Cette dernire recommande lengagement du rabbin R. Hirschler. Ce jeune rabbin est g de 22 ans. N Marseille, tous comme ses parents et grands-parents, il est le fils dun hazan et ancien aumnier militaire de larme franaise, dcd en 1923. Du ct maternel, il est apparent la famille Crmieux. Le rabbin Hirschler pourrait venir prendre son poste pour Pessach 1928. Le comit dcide dcrire au Grand Rabbin Bauer pour lui demander si son protg serait mme de remplir la fonction de rabbin, de matre de religion et de hazan. En outre, la discussion sur cet objet amne une autre rflexion. Le comit estime quil est temps de se pencher sur la question de la cration dune caisse de retraite pour les fonctionnaires de la communaut. Suivant la position de la commission ad hoc, le comit, dans sa sance du 15 septembre 1927, dcide de soumettre le principe de lengagement dun rabbin et de laugmentation des cotisation y affrents la prochaine assemble gnrale. En outre, sagissant du salaire du rabbin, la commission estime que celui-ci devra osciller entre Fr. 10000.- et Fr. 12000.- par anne. Il devra se charger du rabbinat, de lenseignement religieux, de la bienfaisance et de linformation sur le judasme. Le rabbin Hirschler propose de venir passer les ftes de Souccoth Lausanne. Arriv Lausanne, il rencontre le comit. Hormis lentretien quil a avec ce dernier, il officie la satisfaction gnrale et prononce deux prdications considres comme trs intressantes (extraits du PV de lassemble gnrale de la CIL du 11 dcembre 1927). Le comit dans son rapport prcise quil lui a offert un traitement annuel de Fr. 10000.-, ensuite de quoi le rabbin Hirschler a demand un salaire annuel de Fr. 11000.-. Au vu de la situation financire de la CIL, le comit a estim quil ntait pas possible doffrir une telle somme. Il est intressant de relever que durant lentretien quil a eu avec la dlgation de la CIL, le rabbin Hirschler sest engag ne pas faire de politique, ni de propagande pro- franaise. Ce point est important un double titre. Tout dabord viter ce qui est arriv au rabbin Cohen de Ble. En effet, cette priode, qui tait pour lAllemagne, qui pour la France, en fonction de ses origines. Or, le rabbin Cohen avait pris des positions pro-franaises, qui avaient provoqu une scission de la communaut bloise. En outre, ne pas heurter les sensibilits des membres de la CIL, qui appartiennent diffrentes nationalits. Le rabbin Hirschler se dclare nanmoins sioniste.au point de vue Juif, mais pas politique. Il prcise rprouver les agissements des dirigeants du moment qui ne voient dans le sionisme que la question nationaliste. Dans le procs-verbal de la sance, il est relve que le rabbin Hirschel se dit traditionaliste et libral et non pas orthodoxe. Il approuve le principe que nous avons de nous considrer ici comme citoyens suisses de religion juive. Il estime que les citoyens juifs des pays o ils ont obtenus leur mancipation, aient les mmes droits que les nationaux, doivent venir en aide leurs coreligionnaires pourchasss qui dsirent aller stablir en Palestine. Il prcise que sil devait tre nomm par lAlliance isralite comme dlgu auprs de la Socit des Nations (SDN), Genve, il ne poursuivrait quun seul but : celui de lintrt du judasme. La CIL na donc toujours pas de rabbin. M. Lazare propose alors de se rendre Paris. Il y a notamment une entrevue avec le Grand Rabbin de France, M. Israel Lvy, et le Grand Rabbin Bauer, qui il expose les voeux de la communaut lausannoise sur la personnalit du rabbin choisir. A ce moment-l, la commission ad hoc reoit un acte de candidature de rabbin-officiant manant de M. Ptaschek, alors rabbin de Lunville, en Lorraine, bien quencore lve de lEcole rabbinique jusqu la fin du mois de fvrier suivant. M. Ptaschek est alors en voie dobtenir le brevet final. Au jour de lassemble gnrale extraordinaire de la CIL du 11 dcembre 1927, M. Ptaschek est dj venu officier et prcher Lausanne. Sa visite date en effet du 2 dcembre 1927. Lors de lassemble gnrale prcite, la commission rappelle que tout le monde a pu constater que M. Ptaschek est un excellent hazan, mais quil a encore des progrs faire en tant quorateur. Il ne faut cet gard pas oublier quil nest pas de langue maternelle franaise. Quant aux leons de Lerner (Talmud Thora) quil a donne aux enfants de la CIL, elles ont t excellentes selon ce qui est rapport par M. Lon Picard. M. Ptaschek se dit daccord de devenir le rabbin-officiant de la CIL, moyennant un traitement annuel de Fr. 9000.-. Le procs-verbal de lassemble gnrale relve aussi que M. Ptaschek est originaire de Pologne; quil est n Wissenbourg en Alsace de parents modestes mais travailleurs ; quil est g de 24 ans. Dot de deux frres et de deux soeurs dont une marie et lautre fiance. A cette poque, la question de lappartenance nationale des trangers est dj largement lordre du jour. M. Ptaschek est certes n en France. Toutefois, il est n polonais, bien quapparemment, il nait plus eu de documents polonais cette poque. En bref, pour les autorits de police des trangers, il fait partie de ces Juifs apatrides ou originaires de lEst dont Ernst Delaquis, alors chef de la division de police, Max Ruth, 1er adjoint auprs de cette division et matre penser de sa philosophie, et Heinrich Rothmund, alors chef de la police fdrale cre en 1917, ne voulaient pas. Le comit, sans connatre lidologie qui motive ses hommes, sait quil nest pas facile dobtenir un permis de sjour pour une telle personne. A cette poque, le droit des trangers est thoriquement nouveau de la comptence cantonale, puisque les pleins pouvoirs attribus au Conseil fdral sont totalement abrogs depuis 1921. Toutefois, nous nous trouvons dans un rgime hybride, car le peuple et les cantons ont vot loctroi de la comptence la Confdration en matire de police des trangers en 1925. La loi fdrale est en prparation. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 1934. En outre, une discussion souvre sur la possibilit financire dengager deux fonctionnaires communautaires, ce qui serait le cas de la CIL si elle se dotait dun rabbin. Il est pass au vote. Lassemble gnrale autorise lunanimit et main leve son comit commencer les pourparlers pour lengagement de M. Ptaschek en tant que rabbin. Il est engag et annonce son arrive pour le 1er aot 1928. Durant sa sance de comit du 29 dcembre 1927, ce dernier estime quil appartiendra au comit dengager un Schochet, unUnterhassan, ainsi quventuellement dun Schamess. M. Gradwohl pose sa candidature pour ce dernier poste. A cet priode, il assumait, de manire intrimaire, les postes de Schochet et de Hassan. Le 22 janvier 1936, le comit propose lassemble gnrale extraordinaire de revoir le contrat pass avec le rabbin Ptaschek. Le but est de permettre une rsiliation la fin de chaque mois pour prendre effet trois mois plus tard que son salaire soit ramen 9000 francs par an. Ces propositions sont acceptes par lassemble. Le nouveau contrat liant la CIL et son rabbin est donc modifi comme il suit : Article II Cet engagement est fait pour une dure indtermine ds le 1er avril 1936. Article III Monsieur Ptaschek recevra un traitement annuel de fr. 9000.- payable par mois, lavance. Article IX Le Rabbin-officiant et charg de linstruction religieuse des enfants (article 73 80 et 81 des statuts de la Communaut) Art. XIV Le prsent contrat est tabli pour une dure indtermine. La rsiliation crite peut tre donne par lune ou lautre des parties la fin de chaque mois pour trois mois plus tard, cest--dire qu la fin de nimporte quel mois, le contrat peut tre dnonc et le cong du Rabbin devenir effectif trois mois aprs. Article XV Monsieur J. Ptaschek dclare avoir pris connaissance des statuts de la CIL suivant exemplaire dat du 21 fvrier 1934 et prend lengagement de sy conformer en toutes choses.. De fait, le contrat entre le rabbin Ptaschek et la communaut sera dfinitivement dnonc par la Communaut la suite de problmes familiaux ne permettant pas de maintenir ces rapports de service au-del de lanne 1936. Le Prsident enchane en annonant quil procdera une qute en faveur du budget extraordinaire du Gemeindebund. Il annonce que, dans certaines communaut, il est procd une imposition des membres allant jusqu 30, voire 40 % des cotisations. Le 5 mars 1936, le Cercle dmocratique a invit la CIL a une confrence donne par le Pasteur Jomini sur les excs antismites du IIIme Reich. Les membres de la communaut ont t convoqus par les soins du Comit. Au mois de juin 1936, le prsident informe le comit sur les diverses correspondances, requtes et plaintes adresses au Conseil dEtat vaudois au sujet de lantismitisme vhicul par les frontistes. Une entrevue avec lexcutif vaudois La crmonie pour le Jene fdral a lieu le 20 septembre 1936. Le rabbin Schulmann, de Reims pose sa candidature au poste rabbinique de Lausanne durant lautomne 1936. Il sera engag par lassemble gnrale extraordinaire qui a lieu le 26 novembre 1936, sur proposition du comit, en tant que rabbin-hazan. Le comit organise donc une nouvelle assemble gnrale extraordinaire qui se tient le 23 dcembre 1936. Elle porte sur la candidature du rabbin Schulmann. Ce dernier officie Reims en tant que tel depuis 6 ans. Les renseignements obtenus sur sa personne sont excellents. Il est venu Lausanne pour Hanouka. Ainsi les membres de la CIL ont pu le voir et lentendre prononcer notamment deux sermons. Le prsident Marcel Meyer rfute lavance les arguments qui pourraient toucher la qualit de la voix de M. Schulmann. Par ailleurs, le prsident prcise que M. Georges Bigar sest rendu Reims, o il a eu une excellente impression du candidat et obtenu des renseignements forts logieux de la part des membres de la communaut de Reims. De surcrot, les instances rabbiniques parisiennes sont galement trs logieuses lgard de M. Schulmann et de son pouse, ce qui nest pas ngliger. Quelques membres de la CIL font valoir quils ne remettent pas les qualits personnelles du candidat en cause, mais que le fait quil ne connaisse ni lallemand ni dautres langues autres que le franais fait de lui un candidat discutable. Il lui reproche galement de ne pas porter la coiffe pendant tout le repas, de ne pas tre suffisamment pratiquant. Les discussions taient dj fondes sur les mmes thmes ...... Il est pass au vote. Lengagement du rabbin Schulmann est agr par lassemble par 39 oui sur 57 bulletins rentrs. C'est sous cette prsidence que la CIL engage un nouveau "hazan", en la personne de M. Aron Lehman (qui tait le grand-pre de M. Ren Geismann). M. Lehmann se trouve dot dun cahier des charges extrmement fourni. Il tait la fois rabbin (aux yeux des chrtiens), "hazan" (chantre), "Schames" (bedeau), "Schochet", matre de religion et responsable des visites aux personnes seules et aux malades Cest au mois de dcembre 1936, quapparat le futur hazan de Lausanne pour les dcennies venir. En effet, M. Zoltan Berkovits, alors domicili Genve, et sollicit pour venir faire la hazanout durant le schabbat des 11 et 12 dcembre 1936. Lors de lassemble du 23 dcembre 1936, on discute de son ventuel engagement. Dautres candidatures sont encore envisages, celles de MM. A Neumann de Zurich, qui officiera les 14 et 15 janvier 1937, celle de M. Epstein, de Ble, qui viendra quant lui Lausanne les 29 et 30 janvier 1937, enfin celle de J. Hertensheim de Genve et de M. Loeb, qui semble tre fort connu Lausanne. A la suite dune proposition du prsident, M. Marcel Meyer, lassemble dcide dengager M. Zoltan Berkovits pour une priode de deux ans, pour prendre la succession de M. Gradwohl qui tait dcd. Il devient le ministre-officiant officiel de la CIL. Comme beaucoup de lecteurs de cette plaquette le savent, il restera le hazan de la CIL jusqu sa retraite, en 1986. N en Hongrie en 1909, dans une famille o la religion juive tait l'hte permanent du foyer, Zoltan Berkovits s'intressa trs tt tous les aspects du Judasme que d'illustres Matres lui ont enseign. Sa curiosit intellectuelle inne lui ouvre la grande porte de la culture gnrale des diffrentes civilisations. Mais c'est dans sa foi et dans l'tude pousse de la Torah qu'il puisera trs jeune dj, ses rflexions et ses inspirations qui le conduiront dcouvrir dans le Grand Livre de la Rvlation divine l'origine de tout ce qui est beau, juste, vrai et durable dans l'existence humaine. Ds l'ge de quinze ans, il crit dans des publications juives des rflexions sur la Torah et le Talmud en "actualisant" ces crits sacrs et en dmontrant leur permanence. Dans ses tudes juives suprieures, il est profondment marqu par une sommit rabbinique mondiale, le "Gaon de Watzen", Rabbi Yeschaya Silberstein zcl. de Vc, en Hongrie, dont il devient l'lve. Paralllement ses tudes rabbiniques, il s'instruit en musique liturgique auprs des plus clbres 'Hazanim de Budapest, comme Tkatsch, Linetzky, Abrahamsohn et surtout le plus rput d'entre eux : Sawel Kwartin. Zoltan Berkovits a hrit la 'Hazanout de son pre qui exerait la mme vocation et qui, hlas, est mort prmaturment l'ge de 35 ans. A ce drame, s'ajoutait la mort de ses soeurs, emportes par la terrible "grippe espagnole" qui svissait avec fureur en Europe en 1918. C'est sur le conseil de sa mre, laquelle, hlas, devait tristement finir son existence, ensemble avec son second fils, dans les sinistres chemines d'Auschwitz, que Zoltan Berkovits a opt dfinitivement pour la carrire 'hazanique malgr sa formation rabbinique. En 1929, Zoltan Berkovits arrive en Suisse, o il passe deux annes dans la clbre Yeschivah de Montreux, auprs de son illustre fondateur, Rabbi Eliyahou Botschko, zcl. dont l'enseignement lui a ouvert des horizons nouveaux dans la vision thoraque. En 1932, il devient le 'Hazan et l'instructeur religieux de la communaut orthodoxe de Genve o il est galement accrdit comme correspondant auprs de la Socit des Nations. Il donne des rcitals dans de nombreux pays, y compris l'Amrique, publie des compositions liturgiques apprcies ainsi que quinze livres sur le Judasme. Ses commentaires thoraques paraissent rgulirement dans de nombreux journaux et Bulletins Juifs, en Suisse et l'tranger, depuis cinquante ans. Il donnera galement de nombreuses confrences en dehors du milieu juif et crera un groupe de discussion dnomm Trait dUnion. Il a galement t journaliste, accrdit auprs de la Socit des Nations, puis de lO.N.U. Genve. Il est dcd Lausanne en 1988. En 1946, le rabbin Schulman, qui a oeuvr la CIL pendant 10 ans, doit quitter son dicastre pour raison de sant. Une petite crmonie dadieu fut organise pour lui la synagogue le 23 aot 1946. Cette crmonie avait un caractre intime la demande du rabbin Schulmann. Des voeux lui furent formuls tant pour lui que pour son pouse et leur enfant. En outre, cest en 1948 que commence la carrire du Grand Rabbin Vadna. Celle-ci a t extrmement riche pour tout un chacun. Il convient, pour connatre les exprience ralises durant son dicastre, de se rapporter la brochure quil a crite ce propos. Cette carrire durera jusquen 1990. Comme il lexplique lui-mme dans sa contribution lHistoire de la Communaut isralite de Lausanne parue en 1986, sa destine croise celle de la CIL en 1946. Il est alors directeur du dpartement culturel de lUnion Mondiale des Etudiants Juifs. Lors dun dplacement Uriage-les-Bains, il rencontre Me Erwin Haymann, alors vice-prsident de la communaut isralite de Genve qui lui propose de dposer sa candidature au poste de Grand Rabbin de Genve. Georges Vadna dcline cette offre. Toutefois, la communaut genevoise a recommand sa candidature la CIL. Cest ainsi que le future Grand Rabbin de Lausanne va sarrter dans cette mme ville pour y rencontrer le prsident Gustave Dreyfuss, avec qui il se liera dune grande amiti par la suite. Le 13 janvier 1948, Georges Vadna reoit un tlgrame en provenance de Lausanne. Il est libell en ces termes Le Comit vous flicite, ainsi que Mme Vadna pour votre brillante lection lunanimit par une trs nombreuse assemble. Le prsident . Gustave Dreyfuss.. Un problme demeure. La pratique de la police des trangers ne sest pas assouplie, loin sen faut et nous le savons. Or, Georges Vadna, qui a pass son enfance en Yougoslavie puis en France durant la guerre, notamment en tant quintern dans les prisons des camps de Gurs et de Vernet, est apatride. La police fdrale des trangers lui refuse donc catgoriquement le visa, quand bien mme la CIL se soit porte garante sur le plan financier et quil se soit agit dun poste de rabbin. Il lui faudra attendre dobtenir la nationalit franaise en avril 1948 pour pouvoir prendre son dicastre lausannois en mains. Il y a tant dire sur la carrire du Grand Rabbin Vadna, mais nous prfrons renvoyer le lecteur tant la brochure susmentionne, qu la cassette quil a enregistre et qui peut tre coute aux Archives de la Ville de Lausanne. Les schochets et les schames Il est pass au vote. Lassemble gnrale autorise lunanimit et main leve son comit commencer les pourparlers pour lengagement de M. Ptaschek en tant que rabbin. Il est engag et annonce son arrive pour le 1er aot 1928. Durant sa sance de comit du 29 dcembre 1927, ce dernier estime quil appartiendra au comit dengager un Schochet, unUnterhassan, ainsi quventuellement dun Schamess. En aot 1939, la CIL engage un assistant-hazan, M. Meissinger fils, de Berne, pour un traitement mensuel de fr. 300.-. Cet engagement est probablement motiv par la mobilisation du rabbin Schulmann dans larme franaise depuis la fin du mois daot 1939. La communaut continuera lui verser la moiti de son salaire. Le 29 aot 1940, le comit de la CIL sinterroge pour savoir comment il peut rapatrier le rabbin Schulman, bloqu Lyon. Larmistice a t signe le 24 mai 1940 ...... M. Elikan, le Schochet, est convoqu la sance du comit du 4 avril 1940. La discussion du comit avec lui fait suite aux lettres et aux conversations quil a eu avec le Gemeindebund et notamment avec son prsident, M. Saly Meyer. M. Elikan finit par accepter de cesser labattage rituel afin dviter des complications possibles avec les autorits. Lausanne disposait de deux boucheries Kascher. L'une tenue par M. Elikan, l'autre par M. Weill. A ce sujet, il nous revient une anecdote. Courant 1927, il y avait Lausanne un Unterhazen polonais de fort petite taille. Il eut apparemment la mauvaise ide d'adresser M. Weill, qui lui tait une force de la nature, des remarques juges dsobligeantes pour l'intress. Il se retrouva enferm ... dans la chambre froide. A la suite de cet vnement, il crivit notamment la lettre suivante au Prsident de la CIL... avant de prendre la poudre d'escampette. "Lausanne, le 17 novembre 1927 Monsieur Seligmann Prsident de la Communaut Isralite L A U S A N N E Monsieur le Prsident. Je prend la libert de vous confirmer nouveau ma plainte de ces derniers jours au sujet des agissements brutaux dont j'ai t la victime durant mon service par un de vos membre et fournisseur de viande "Kasher" aux membres de la Communaut et aux autres. J'ai t persuad que des sanctions svres seraient prises contre Mr. Weill afin que pareils faits ne se renouvellent plus. Mais ma grande surprise je constate que Mr. Weil ne sinquite pas de ma plainte et encore moins de mon amour-propre dont il m'est trs pnible de passer outre. Toutefois, je vous rpte que je continuerai accomplir mes devoirs et services au plus prs de ma conscience et si vous estimez qu'il est dans mes obligations d'aller Schechten pour le compte de Mr. Weill je le ferai mais je crains que si par malheur une bte se dclarerai "Tarif" Mr. Weill serait capable de m'en vouloir nouveau et je risquerai d'tre de nouveau malmen par lui, comme cela a t la dernire fois. Veuillez agrer, Monsieur, le Prsident, mes respectueuses salutations Lopold Lissauer ministre officiant Durant lassemble gnrale ordinaire du 22 mars 1930, M. Wallach est lu lunanimit et par acclamation au poste de Schames. Le bedeau, M. Nathan Wallach dcde au dbut de 1942. La vie des Schochets et des bouchers juifs n'tait pas toujours facile. Le rapport suivant tabli par Monsieur Aron Lehmann en atteste : "Lausanne le 3 mai 1909 Rapport Sur la marche de la "Schritta" aux abattoirs Evian pour le compte de la Communaut isralite de Lausanne par le "Schochett" Mr. Khan. Le soussign a visit et assist aux abattoirs d'Evian aux oprations de la Schritta et de la Betika du Schochett Mr Khan, ce dernier est un homme trs consciencieux et trs sr dans la responsabilit qui lui incombe. Il a t abattu dans le mois d'Avril 21 boeufs. 33 veaux. 15 moutons, sans compter les cabris pour lesquels les bouchers ne payent rien. De toutes ces btes on t dclares trifeh. 2 boeufs. 1 veau. 3 moutons. 2 chvres. Dans le mois de mars vu qu'un rapport officiel n'a pas t rclam le soussign se fait un devoir de mentionner ci-aprs le nombre de btes trifih 4 boeufs. 3 veaux. 3 moutons. Messieurs, D'aprs cette statistique je vous prierai Messieurs de croire que le Schochet Mr. Khan n'est pas du tout ce qu'on lui reproche un inconcieux (sic) un ignorant et un buveur. C'est malheureux qu'un Schochett qui doit fonctionner pour les bouchers de Lausanne a un poste trs ingrat. Du temps ou moi-mme je pratiquais je n'tais pas pargn des reproches adresss mes remplaants. Lorsqu'on a le malheur de constater qu'une bte doit tre dclar trifih et que le Boucher est nanti de la chose le Schochet est de suite dclar de ce dernier comme incomptent sans demander plus loin qui a raison. 2./ Si le Schochet ne fait pas trifih c'est un homme qui n'a pas de conscience. 3./ Si le Schochett le malheur d'entrer dans un Caf Evian pour prendre une consommation ce que chaque honnte homme peut se permettre Lausanne, on le fait passer pour un buveur. Je vous demande excuse Messieurs, si je relate ces faits, mais vous devez penser que de pareils propos portent de graves prjudices l'honorabilit du fonctionnaire. J'ai contrl toutes ces accusations et j'aime croire que ces Messieurs ne douteront pas un instant de ma parole d'honnte homme, pour leur dire que le Schochet fait son devoir. Je dsirerais ardemment, qu'un jour, un de ces Messieurs du Comit m'accompagne Evian pour constater lui-mme le travail rig par la Communaut et pour faire cesser ces bruits rpandus sur le "Schochet". Agrez Messieurs je vous prie l'expression de mon plus profond respect. Votre serviteur Lehmann La synagogue Dans un premier temps, loffice religieux a lieu dans un simple local lou la Ruelle du Grand-Pont, puis dans un autre, situ au Grand-St-Jean. Cependant, la question de l'dification d'une synagogue devient un thme rcurrent au sein de la CIL. En mai 1895, la CIL se voit offrir un immeuble situ au 3 de la Rue Bel-Air pour un montant de Fr. 40'000.- (Fr. 10'000.- verser comptant, le propritaire tant d'accord de laisser les Fr. 30'000.- restant en hypothque 4 %). Ce dernier tait la proprit d'un certain M. Schmidt. Le comit charge l'architecte Mauerhof de donner un avis sur cet immeuble. M. Mauerhof estime que ce btiment se prt l'usage qu'on lui voue. En janvier 1886, le grand Rabbin Wertheimer propose un projet visant construire une synagogue Lausanne. Il estime que, pour ce faire, il faut que l'Etat (canton ou commune) offre un terrain et qu'une somme de Fr. 10'000.- soit trouve en dehors de la communaut, par le biais de la mise sur pied d'une tombola par exemple. Le projet en question est estim trop coteux. Il est donc abandonn. Les membres du comit - en particulier MM. Ducas, devenu prsident, F. Seligmann, Henri Weyl et Raphal Dreyfus - sont sduits par le projet. Soumis l'Assemble gnrale (la CIL compte alors 41 membres, dont 13 habitent en dehors de Lausanne), il sera abandonn. Les membres le trouvent trop coteux. En 1895, la fortune nette de la CIL se monte Fr. 9'397,50. Par contre, le projet d'avoir une vraie synagogue n'est pas laiss pour compte. Le 16 fvrier 1896, l'architecte Isoz fait une autre proposition la CIL. Il s'agit d'une salle de 13m40 sur 7m50 louer dans un immeuble que la famille Mercier a dcid de construire la Rue du Grand-Chne (probablement au no 8), en face de l'Htel Lausanne-Palace. On pourrait y installer 180 places pour les hommes et 110 pour les dames. Ce projet est ratifi l'unanimit par l'Assemble gnrale. Cette dernire donne pouvoir au comit de signer un bail au nom de la CIL d'une dure de 12 20 ans pour un loyer annuel de Fr. 2'000.-. Pendant la construction de la maison "MERCIER", le propritaire de l'immeuble du Grand St-Jean, o se droulent les offices, dcide soudain d'augmenter le loyer pay par la CIL de Fr. 650.- Fr. 1'200.- par mois. Le comit rsilie alors le bail qui lie la CIL M. Mouton, propritaire des lieux, pour aller s'installer ds que possible au Grand-Chne. Il est dcid que pendant la priode de fin de construction de la maison "MERCIER", en 1897, les offices - en particulier les ftes de Tischri - seront clbrs dans la salle du Muse industriel, situ la Rue Chaucrau. C'est en novembre 1898 qu'a lieu l'inauguration de la salle du Grand-Chne. Elle se droule dans les salons du "Casino-Thtre" sous la forme d'une soire familiale gratuite pour tous les juifs lausannois et leur famille. Le projet d'achat d'un terrain pour y construire une synagogue continue occuper l'esprit des membres de la CIL et des ses comits. En 1906, au fil des mois, on constate que le lieu de prires est devenu trop petit et quil faut se proccuper srieusement de la question de lachat dun terrain pour y difier une synagogue. La CIL se voit proposer un terrain situ au sud de lAvenue Ruchonnet. Ce projet fait l'objet d'une forte opposition parmi les membres de la CIL. Parmi ces derniers, on trouve notamment M. Max Marx, qui habite au Chemin de Villard, soit proximit immdiate de ce terrain. Un vnement important va modifier le cours des choses. le banquier bordelais Daniel Iffla-Osiris dcde son domicile parisien de la Rue de la Bruyre 9, le 4 fvrier 1907, sans hritiers rservataires. Daniel Iffla-Orisis nest pas pas un Juif lausannois. Or, il sest montr fort gnreux tant envers la ville de Lausanne quenvers la CIL. Il nous parat donc pour le moins justifi de suspendre momentanment notre dveloppement sur lhistoire de la synagogue de Lausanne pour nous arrter sur ce personnage hors du commun. Daniel Iffla nat le 22 juillet 1825 Bordeaux, en Gironde. Nous avons cherch connatre lorigine du nom qui est ajoint au sien, soit Osiris. Nous avons trouv la rponse dans un ouvrage crit sur lui par Gab. Le nom dOsiris lui vient de sa mre. Alors quelle tait enceinte de lui, elle eut peur quil narrive malheur son frre, qui avait embarqu sur le btiment LOsiris. La future mre fit alors un voeu exprim en ces termes Si lenfant natre tait un fils, pour remercier Dieu et conserver imprissable le souvenir de ce double bienfait, lenfant porterait le nom dOsiris. Le frre revint. Lenfant qui naquit tait un fils. On lappela donc Osiris. De fait, il va utiliser son prnom en laccolant son nom de famille initial. Il fait ses classes lEcole Turgot et entre 15 ans comme employ de banque, sans argent, chez lagent de change Moreau. Il apprend ainsi jouer en Bourse, ce qui fera sa fortune. Parti de rien, il va accumuler une fortune denviron 50 millions de francs. Il pouse Lonie, quil adore. Malheureusement, elle meurt en couches, tout comme les jumeaux quelle met au monde le 13 octobre 1855. Daniel Iffla-Osiris ne se remariera pas et naura aucune descendance directe. Il ne se remettra jamais de ce drame et consacrera 33 ans de sa vie, tout entreprendre pour tre enterr le plus prs de sa famille. Ceci posait en effet un problme, car Lonie tait catholique, Daniel Iffla-Osiris juif. Elle et leurs enfants taient donc enterrs dans la partie du cimetire du Pre Lachaise rserve aux catholiques, une autre ltant aux Juifs. Il va mettre 33 ans pour obtenir du Conseil municipal de Paris quil fasse enlever le mur qui sparaient ces deux parties du cimetire. Ceci va lui permettre de se faire enterrer ct de son pouse, dans un caveau, quil va faire surmonter dune magnifique statue de Mose, sculpte par Merci, copie exacte du Mose de Michel-Ange. Il va consacrer sa vie, faire le Bien. Ce fut mme l le matre-mot de sa vie. Ce fut mme le dernier quil pronona. Mcne, il va offrir de son vivant tout comme par le biais de ses dispositions testamentaires moultes sommes dargent et monuments divers. Cest ainsi que pour faire le Bien, il a fond et offert diffrents prix, statues, difices, notamment des synagogues, dans plusieurs villes dEurope. On lui doit entre autre le don de la Malmaison, lEtat franais. Il a financ la construction de la synagogue de rite sfarade de la rue Buffault, Paris, en 1877, ainsi que celles dArcachon - construite sans autorisation loccasion du mariage de sa nice, en 1879 (offerte au Consistoire de Bordeaux en 1891), de celle de Bruyres en 1903. de celle de Vincennes, en 1907, de Tours, en 1908, de Lausanne, en 1909-1910, de Tunis, en 1937. Il semble quhormis ce quil entendait en faire construire encore une dizaine au moment de sa mort. Homme de coeur, patriote, il dcide de remercier la Suisse de son accueil et de son dvouement hospitalier quelle avait offert aux soldats de larme de Bourbaki en 1871. Cest ainsi quil va commencer par offrir la ville de Lausanne une statue de Guillaume Tell. Celle-ci sculpte par Antonin Merci, se trouve sur lesplanade de Montbenon. Cette statue a cot plus de 100000 francs. La ville de Lausanne remercia le mcne en organisant un banquet en lhonneur de Daniel Iffla-Osiris. Daniel Iffla-Osiris meurt dans son htel particulier de la Rue La Bruyre No 9, Paris le 4 fvrier 1907, emport par un maladie de rein qui lui avait voulu 6 oprations pralables, laissant derrire lui une fortune denviron 50 millions de francs franais. Il a tient tellement peaufiner ses dispositions pour cause de mort quil met dix-sept ans les finaliser. Elles se prsentent sous la forme testament olographe dat du tout dbut du mois de fvrier 1907. Nayant pas voulu transmettre sa fortune sa famille, il fait de lInstitut Pasteur, Paris, son lgataire universel et le charge de dlivrer des legs particuliers, dont ceux qui concernent la Ville de Lausanne. A cet gard, son testament prcise : Je donne et lgue la Ville de Lausanne, en reconnaissance de lhospitalit que cette ville a offerte nos soldats, lors de la guerre de 1870, et davoir rig la statue de Guillaume-Tell que jai t heureux de lui offrir, une (...) somme de cinquante mille francs pour lever Lausanne, aussi prs que possible du monument de Guillaume-Tell, une chapelle qui sera exclusivement consacre ce hros. Une plaque en marbre blanc indiquant le nom du donateur sera place sur la faade de la chapelle, En outre, le testateur ajoute Je donne et lgue : (...) A chacune des Villes de Bordeaux, Marseille, Lyon, Nancy, Arcachon, Berne, Genve et Lausanne, une rente annuelle et perptuelle de mille francs. Je lgue ces rentes pour la fondation dun prix annuel destin rcompenser les lves les plus dignes et les plus mritants des Ecoles communales, filles et garons, de ces villes sans distinction de culte. Ce prix annuel qui sera de mille francs pour chacune des villes que je viens de dsigner portera le nom de prix Osiris; il sera dcern le jour des distributions de prix et sera divis en prix de cinquante francs, rpartir galement entre les coles de filles et celles des garons, et qui seront employs en un livret de caisse dpargne au nom de chaque Laurat, qui ne pourra en disposer avant sa majorit ou son mariage.(...) Sagissant de la dotation de la CIL, le testament de Daniel Iffla-Osiris prcise ceci : Je donne et lgue la Ville de Lausanne . (...) La somme de cinquante mille francs pour lever un temple isralite , dont on sinspirera pour la construction, sur celui que jai fait difier Paris, rue Buffault, avec reproduction des plaques commmoratives existantes dans ce Temple, sauf les inscriptions suivantes mes parents, mes amis qui sy trouvent graves. Le comit prend contact avec l'architecte Bonjour pour que celui-ci prpare un projet de construction d'une synagogue correspondant aux exigences figurant dans les dispositions pour cause de mort de M. Iffla-Osiris. Par ailleurs, une dlgation compose du municipal Jaccottet, de l'architecte prnomm et du prsident de la CIL, Louis Lob se rendent Paris pour rgler les dtails relatifs la succession de M. Iffla-Osiris. Rendue sur place, cette dlgation rencontre les excuteurs testamentaires de Daniel Iffla-Osiris, savoir MM. Emile Loubet, ancien prsident de la Rpublique et Jacques Alexandre Btholand, membre de lInstitut, Avocat la Cour dappel de Paris, ancien Btonnier de lOrdre. Dans une confrence qui a lieu Paris le 22 fvrier 1908, laquelle assistent tant M. Jaccottet que le prsident de la CIL, L. Lob, ceux-ci affirment qu'ils ne voient aucune difficult au problme soulev, savoir quil ne saurait tre question driger, Lausanne, une reproduction mme rduite du temple de la rue Buffault. En outre, la dlgation visite tant la synagogue de la rue Buffault que celle de la rue Cadet. Forts de ces renseignements, les excuteurs testamentaires estiment quil convient de sinspirer, dans les plans de construction, de ce que le temple prcit doriginal, qui mrite dtre rappel dans la future synagogue et de reproduire les plaques commmoratives conformment la volont du dfunt. Il est galement spcifi que la construction pourra dbut au printemps 1909. Il faut encore relever que MM. Louis Lob, Michel Lazare et Lazare Rhein. Dans le procs verbal de sa sance du 19 mars 1907, le Conseil communal de la Ville de Lausanne fait notamment tat de ce qui suit (...) En ce qui concerne la construction dune synagogue, nous sommes heureux de cette facilit faite la communaut isralite de Lausanne, qui sest jusquici distingue par son esprit de travail et dordre. Si lon tient compte, dautre part, du fait que le loyer du local affect actuellement au culte isralite reprsente, pour ses adhrents, une somme importante, il sera possible de construire un difice demeurant proprit communale, ainsi que le veut le testament de M. Osiris, et qui ne serait pas une charge pour la ville. Daprs le dsir formel du testateur, larchitecte charg de la construction de cette synagogue devrait sinspirer du temple isralite de la rue Buffault Paris. Comme ce serait une construction lgante et peu leve, on pourrait peut-tre le placer lavenue Ruchonnet, dont elle serait un ornement sans nuire la vue de Montbenon. Le tout devra, du reste, faire lobjet ultrieurement dune convention en due forme avec la communaut isralite. Des renseignements sont pris Paris, pour se rendre compte du style de la synagogue de la rue Buffault. Le tout devra, du reste, faire lobjet ultrieurement dune convention en due forme avec la communaut isralite. Des renseignements sont pris Paris, pour se rendre compte du style de la synagogue de la rue Buffault. Il faut maintenir revenir sur la problmatique pose par la volont du testateur, savoir de faire construire Lausanne, une synagogue inspire du temple isralite de la rue Buffault, Paris : autre communaut, autres dimensions de ldifice. A cet gard, nous citerons une note manant de la direction des Service Industriels, signe par M. Jaccottet, qui prcise notamment ceci : Le soussign expose les raisons qui ont engag la Municipalit de Lausanne demander MM. les excuteurs testamentaires quelques directions et leur interprtation en ce qui concerne la construction de la synagogue de Lausanne. On devra sinspirer de ce qui a t fait pour le temple de la rue Buffault.. Le cot de cette construction sest lev environ 800000 francs; le legs Osiris est de 50000 francs. La communaut isralite ne compte pas 100 chefs de famille. Il ne saurait donc tre question dexcuter quelque chose qui rappelle le modle soit comme dimension soit comme architecture; ce serait trop grand pour notre population juive et , trop coteux pour sa position de fortune. Mr Loubet dit que la question de la construction proprement dite est lAffaire de larchitecte, et, que pour satisfaire aux clauses du testament, il faut sinspirer de ce quil y a doriginal dans le temple de la rue Buffault, qui mrite dtre rappel dans le futur btiment. Il ne sagit en aucun (ndrl : cas) de faire une copie, mme rduite. M. Btholand sur le point spcial des inscriptions sur les plaques commmoratives (...) M. Bonjour demande si les excuteurs testamentaires dsirent que les plans du futur btiment leur soient soumis. Non, ce nest pas notre affaire. (...) Nous prfrons assister linauguration de ldifice (...) si nous sommes encore de ce monde, ajoute Monsieur Emile Loubet. Ainsi, les Fr. 50'000.- destins la CIL pourront tre par la suite remise la Municipalit de Lausanne, qui en est dpositaire, aux reprsentants de la CIL. De nombreux projets sont examins. On en retient un. Celui de l'achat du terrain situ "en Bellefontaine", l'angle de l'Avenue Florimont et de l'Avenue Juste-Olivier. Cette parcelle, qui a une surface de 1'290 m2, appartenant lhoirie De Lessert est acquise pour le prix de Fr. 80'000.-. Cest la commission ad hoc dite du terrain, M. Charles Lvy-Schwob en tte, qui mne les ngociations. Il ne faut pas oublier qu lpoque, ce quartier tait tout--fait excentr. Il se trouvait dans les vignes et dans une rgion minemment humide, do son nom de Bellefontaine. Nous verrons dailleurs par la suite que cette dernire dnomination va faire parler delle. Le 18 fvrier 1908, au nom du comit de la CIL, le notaire Lucien Rochat informe la Municipalit de la Ville de Lausanne que celui-l craint que si lon respecte la volont du testateur qui veut que ldification de la synagogue de Lausanne sinspire de celle de la rue Buffault, on se trouve devant un projet trop important et trop coteux pour une communaut comme celle de Lausanne. Le Comit sera donc soulag dapprendre que les excuteurs testamentaires ne voient aucun inconvnient ce que lon construise une synagogue qui corresponde aux besoins de la CIL: La promesse de vente y affrente est signe le 30 janvier 1908, l'tude du notaire Lucien Rochat. Cette situation amne une discussion nourrie lors de l'assemble gnrale de la CIL du 28 juin 1908. En effet, le projet de l'Avenue Ruchonnet n'avait pas t formellement abandonn. Aprs un dbat nourri, le projet "En Bellefontaine" est accept par 46 voix pour et 3 voix contre, soit celles de MM. R. Dreyfuss, Nephtali Lvy et Max Marx. Ces personnes motivaient leur opposition par la peur de ne pas arriver runir de "minian" les vendredis, les samedis, voire mme les jours de ftes, car le quartier de Bellefontaine tait un lieu excentr. Une convention est passe entre la CIL reprsente par son comit et la Municipalit de Lausanne le 26 mars 1909 (No 3003) . Elle est signe respectivement par Auguste Gaillard, Louis Lob, M. Lazare, L. Rhein, I. Dreyfuss, A. Katz, I. Brunschwig, CH. Lvy-Schwob, M. Blum, S. Leval, H. Yaux, A. Demiville, L. Rochat, notaire. Lextrait du procs-verbal de cette sance prcise notamment Le Comit est autoris passer acte dfinitif pour la parcelle de Bellefontaine et reoit plein pouvoirs pour se procurer par tous voies et moyens les 50000 francs (...) quil nous faut encore pour payer la dite parcelle.. Cet extrait est sign par le prsident Louis LOB et par le secrtaire M. Lazare. Louis Lob, Michel Lazare et Lazare Rhein se portent cautions solidaires de la CIL pour ce qui concerne lexcution de toutes les obligations quelle contracte dans la convention avec la commune de Lausanne. Par ailleurs, l'assemble gnrale nomme une commission de construction. Celle-ci est compose des mmes personnes que celles qui constituaient la commission dite "du terrain", savoir MM Charles Lvy-Schwob, Henri Weyl, Salomon Leval, Mose Blum et Isaac Brunschwig. La construction de la synagogue est confi l'architecte Bonjour. L'annonce en est faite de la "Feuille d'Avis" du 29 juin 1908. MM. Bonjour, van Dorser et Oulevey. La premire pierre est pose le mardi 2 octobre 1909. Un parchemin - dont le texte a t discut et admis par une Assemble gnrale - est scell sous celle-ci. Ce texte est le suivant "La CIL compte ce jour 110 membres, dont une vingtaine de membres extrieurs, habitant hors de Lausanne. Elle est dirige par un comit de cinq membres, soit MM. Louis Lob, prsident; Isidore Dreyfuss, vice-prsident; Lazare Rhein, caissier Michel Lazare, secrtaire et Albert Katz adjoint. Pour discuter de toutes les questions relatives la construction de la nouvelle synagogue et pour faire russir cette entreprise bonne fin, une commission de construction a t adjointe au comit. Cette commission est compose de MM Charles Lvy-Schwob, Henri Weyl, Salomon Leval, Mose Blum et Isaac Brunschwig. Au moment o la CIL entreprend la nouvelle construction, sa situation morale et financire est assez prospre. Compose presque en totalit de ngociants gagnant honorablement leur existence, elle est en voie de constant dveloppement depuis quelques annes. Son ministre officiant, M. Aron Lehmann, est en fonction depuis 25 ans et remplit son ministre la satisfaction de toute la communaut. La Scherita tant interdite sur le territoire de la Confdration helvtique, le btail est abattu Evian. La communaut, pour lavenir du culte, et le maintien des usages religieux, a pour but linstruction religieuse des enfants, doffrir ses membres linhumation selon les prescriptions religieuses et les aumnes donner aux isralites indigents de passage Lausanne. La communaut possde deux cimetires, lun Montoie sur lequel il ne reste que quelques tombes de disponible, lautre Prilly, acquis il y a 6 ans et sur lequel les inhumations se font depuis 5 ans. Il existe, Lausanne, part la communaut, les socits isralites suivantes : une socit de secours pour hommes (Chevrah), une socit de secours des dames, un cercle, un ouvroir pour les dames. La communaut isralite a t reconnue personne morale par droit du Conseil dEtat et lexercice du culte se fait librement et sous la protection des lois. La prsente enferme dans un caissette (?) en fer avec quelques pices de monnaie en cours en ce moment est scelle sous la premire pierre dangle du nouveau temple. La rdaction de cette prire est adopte lunanimit des membres prsents, le secrtaire pourra toutefois y ajouter la date de la fondation de notre communaut et les prnoms de tous les socitaires actuels., dont une vingtaine d'externes. La C.I.L. a t reconnue personne morale par dcret du Conseil d'Etat, et l'exercice du culte se fait librement et sous la protection des lois. (...)". Le 4 dcembre 1908, le notaire Lucien Rochat crit au syndic de Lausanne. Dans sa lettre, il rappelle que la Municipalit a fait connatre les conditions quelle fixe la dlivrance du legs par courrier du 25 mars 1908. En outre, il indique le montant du devis tabli pour la construction du temple isralite. Celui-ci se ventile comme il suit : devis architectes Fr. 138350.- + frais dagrandissement dune salle 7500.- prix dachat du terrain Fr. 80000.- droit de mutation 3120.- 83120.- Total Fr. 228970.- + frais dinstallation de la lumire lectrique, intrts au cours de la construction frais darrangements extrieurs 21030.- Total final Fr. 250000.- ======= En ralit, la synagogue de Lausanne, rige en un an, a cot plus Fr. 300'000.-. Un prt de Fr. 175000.- est concd la CIL par le Crdit Foncier. Les conditions en sont les suivantes : une hypothque en Ier rang 5 %, recevable 4 % jusqu nouvel avis, payable par semestre, avec un taux damortissement annuel de %. Lintrt et lamortissement sont payables le jour mme de lchance. En outre, une commission de 1 % doit tre paye au moment de lemprunt. Les fonds sont disponibles ds le 22 avril 1911. Lors de lassemble gnrale qui a dcid de cette construction, des interventions ont t faites pour que les adjudications soient faites des commerants de la place. Ces propositions ont t acceptes sans autres, en bonne logique. La construction est rondement mene, malgr la peur engendre par les risques de Linauguration de la nouvelle synagogue a lieu le 7 novembre 1910. Au vu des prcisions daffluence, il est prcis que personne ne sera admis sans carton dinvitation. Pour parer cet inconvnient, la comit ajoute que le public sera admis visiter ldifice les mercredi et jeudi 9 et 10 novembre 1910, 16 heures. Linauguration officielle a lieu en prsence des personnalit locales suivantes : - M. Adrien Thlin, prsident du Conseil dEtat vaudois, - M. Jules Chavannes, prsident du Grand Conseil du canton de Vaud, - M. Franois Pache, au nom de la Municipalit de Lausanne, - M. Ed. Pilet, au nom du Conseil communal de Lausanne, - M. Diserens, scrutateur au Conseil communal de Lausanne, - M. Pochon, scrutateur au Conseil communal de Lausanne, tous trois reprsentant le Conseil communal. - M. Eugne Vuilleumier, juge au Tribunal cantonal vaudois, - Monsieur Gustave Correvon, juge au Tribunal cantonal vaudois, - M. Mettraux, au nom du Tribunal du district de Lausanne, - M. Archinard, au nom du Tribunal du district de Lausanne, - M. Pahud, au nom de la Municipalit de Prilly, - M. le colonel L.H. Bornand, au nom des juges informateurs - M. Blanchoud, au nom du juge dinstruction cantonal, - M. Louis Emery, Prsident de la commission synodale de lEglise nationale vaudoise et Professeur de thologie, - une reprsentation de lEglise catholique vaudoise, - M. le colonel David, En outre, les principales communauts isralites de Suisse ont envoys des reprsentants pour lvnement, auquel la presse prend parti. La Gazette de Lausanne du 2 novembre 1910 annonce cet vnement dans ses colonnes. Elle relate la crmonie dans son dition du 8 novembre 1910. Le Grand Rabbin de Genve prononce un discours, tout comme le prsident de la CIL, Louis Lob. La crmonie est suivie dun banquet prsid par M. Lvy-Schwob. Durant ce repas, dautres discours se succdent. M. le Professeur Emery en prononce notamment un, qui sera frquemment interrompu par des bravos et salu par une longue ovation. Arrtons-nous sur des extraits du compte-rendu que la Gazette de Lausanne fait de cette inauguration dans son dition du 27 octobre 1910 : (...) Ainsi que le veut le rite isralite, les messieurs occupaient le parterre du Temple et avaient gard leurs coiffures, tandis que les dames taient places sur les galeries. Ldifice (...) est vraiment fort beau; sa dcoration intrieure est du meilleur got. Au fond du choeur, en lieu et place de lautel est la Thba ou armoire sainte, dun style lgant o seront renfermes les Tables de la Loi. Des grands candlabres, des lustres rpandent partout la lumire profusion. La crmonie a t ouverte par un morceau dharmonium, puis le choeur et lorchestre ont entonn le chant sacr Ma Thw, tandis quune procession faisait le tour du Temple escortant les Tables de la Loi que portaient mrs le Gd Rabbin de Genve et A. Lehmann, Ministre officiant de la C.I.L. Ces Tables sont renfermes dans des rouleaux recouverts de satin brod dor. Le rideau de la Thba - qui rappelle le voile du Temple - est cart et les Tables sont dposes dans une armoire dissimule derrire le rideau (...). Aprs un chant hbraque par M. Tominberg de Zurich dont la magnifique voix de basse remplit le Temple, Mr le Gd Rabbin de Genve prononce une trs belle allocution sur le texte : Ils mdifieront un sanctuaire et je rsiderai parmi eux. - Il a termin par une prire liturgique assez semblable celle de notre glise vaudoise. Un choeur de dames accompagn par lorchestre et lharmonium; Mrs. Tominberg et Lehmann se sont fait entendre diverses reprises; puis la crmonie a t close par la Marche nuptiale du Songe dune nuit dt. Un grand dner a eu lieu le soir au casino Lausanne-Ouchy. Les tables avaient t dresses en la salle des concerts. Sous la prsidence de Mr Charles Lvy-Schwob, dsign comme major de table, on a entendu de nombreux discours, Mr Flix Seligmann a port le toast aux invits, au canton de Vaud la confdration Suisse. Mr Adrien Thlin, Prsident du Conseil dEtat a parl au nom des autorits cantonales invites : Grand Conseil, Conseil dEtat, Tribunal cantonal et a lev son verre la C.I.L., ses membres et leurs familles. Mr Franois Pache, Municipal, au nom des autorits communales a dit le rle excellent jou par la colonie isralite de Lausanne, lexemple quelle donne de la solidarit. M. Ginsburger, Grand Rabbin de Genve et de Lausanne, Mr. le Dr Littmann, Grand Rabbin de Zurich, Mr le Dr Gustave Kraft, Mr. Flegenheimer de Genve et Mr Maas ont galement port des toasts applaudis. Mais le discours qui certainement a fait le plus dimpression a t celui de Mr le Professeur Emery, au nom du Synode et de la commission synodale de lEglise nationale vaudoise. Frquemment interrompu par des bravos, il a t salu par une longue ovation. Des compliments mrits ont t adresss aux architectes, ainsi qu tous ceux qui ont collabor la construction de ldifice. Le dner a t termin 11 heures 30 par la prire rituelle et la bndiction. Puis les tables furent rapidement enleves et la salle des concerts transforme en salle de bal o une brillante jeunesse a dans jusquau matin aux sons de lorchestre roumain du casino. Dsormais, les assembles gnrales vont se tenir la synagogue. Mais il convient de ne pas oublier la petite communaut des Juifs spharadim, pour la plupart originaires de Salonique. Leur rite tant diffrent, depuis 1915, ils louent leur propre salle de culte pour les offices des ftes les plus importantes du judasme. Ce local sera tout dabord situ la Rue Haldimand, puis dans la maison de la famille Benjamin. Cest dailleurs, M. David Abram Benjamin qui est le fondateur de ce groupe communautaire, avec MM. Isaak Florentin, Bension D. Benjamin et Maurice Amon. Ce dernier sonnait le Schofar durant les ftes. Quant aux offices, ils taient clbrs tant en hbreu quen ladino. Hormis la construction de la synagogue, le comit de la CIL soccupe galement des problmes touchant le cimetire. A cet gard, dans sa sance du 19 octobre 1909, il adopte le rglement suivant, qui sera soumis ratification de la prochaine assemble gnrale. Ce rglement vise ladministration et la surveillance du cimetire, ainsi que le rgime des concessions. Lassemble gnrale extraordinaire suivante, qui a lieu le 29 juin 1911 a trait une hypothque supplmentaire en 2e rang, hauteur de Fr. 20000.-, ainsi qu la rvision des statuts. Lors de lassemble gnrale extraordinaire du 17 mars 1912, M. Dreyfuss, appuy par M. I. Brunschwig, propose dacheter une bande de terrain avoisinant la synagogue, dans le but daboutir un meilleur alignement et davoir un morceau de terrain supplmentaire en cas de besoin. Une commission ad hoc est nomme pour tudier le projet. Le procs-verbal de la sance de comit du 29 mai 1913 relve lintrt de faire un change de terrain au coin de la synagogue pour aboutir cet alignement. Cette possibilit sera refuse par la BCV, crancire de la Socit de Bellefontaine, car le montant de la soulte verser la CIL, soit Fr. 3000.- est juge trop importante. Le comit se propose de ramener le montant de la soulte Fr. 2000.-, dmarche qui doit tre ratifie par lassemble gnrale. La BCV se dit prte accepter cette solution. Durant sa sance du 1er mai 1929, le comit discute des problmes dhumidit et de chauffage de la petite synagogue, o se donnent les cours dinstruction religieuse aux enfants. Pour le lecteur qui ne connatrait pas les lieux, il convient de prciser que la petite synagogue est un local se trouvant au sous-sol de la synagogue, o se passent un certain nombre dactivits, notamment, lpoque, les cours dinstruction religieuse et les offices quotidiens. Il est dcid de sadresser la Municipalit de Lausanne pour voir sil nest pas possible de pouvoir disposer dun local pour lenseignement religieux les samedis de 14 heures 16 heures et les dimanches de 9 heures 10 heures 30. Dans sa sance du 18 juin 1929, la Municipalit de Lausanne donnera suite cette requte, en proposant de mettre la disposition de la CIL un local dans limmeuble du collge de Villamont. Durant sa sance du 6 novembre 1929, le comit prend connaissance du fait quil devient extrmement urgent de rgler les problmes dhumidit la petite synagogue, ainsi que dans le couloir du sous-sol de la synagogue. Selon les spcialistes, un solution ces problmes consisterait poser des grillages devant les fentres du sous-sol, afin de maintenir celles-ci ouvertes. Il en coterait 50 francs suisses par grillage et par fentre. Ainsi, la petite synagogue serait are et la condensation vite. Une autre solution consisterait crer un soubassement en planelles, denviron un mtre de hauteur, lintrieur du local de la petite synagogue. Ceci permettrait disoler lhumidit du terre-plein. Le prix des planelles serait denviron 24 francs suisses par m2. Une troisime solution est propose. Elle consiste ouvrir et creuser certains endroits autour du rez-de-chausse , afin de dterminer do vient cette humidit. Le comit dcide de se pencher sur cette dernire proposition. Il donne mandat M. Georges Bigar de charger M. Epitaux, architecte et auteur de celle-ci, dtablir un devis et de nous conseiller au mieux sur les travaux entreprendre pour rgler dfinitivement ce problme dhumidit. Le comit convoquera la commission de construction, soit MM. Michel Lazare, Gaston Leval, Henri Weil et Isaac Braunschweig, lors de sa sance du 13 novembre 1929 pour dbattre des travaux entreprendre. La discussion portera sur le fait que larchitecte Epitaux fait valoir quaprs avoir examin la synagogue, il lui parat que les problmes dhumidit en cause sont dus des malfaons. Sur le principe, il sera dcid dabaisser la canalisation et de glacer les murs aprs y avoir mis du mortier. Il sera galement renonc faire part de ces problmes larchitecte Oulevay, architecte qui a prsid la construction de la synagogue. Une runion des membres de la commission de construction avec larchitecte Epitaux est fixe au 18 novembre 1929. Lors de cette runion, laquelle participent aussi MM. Lvy-Schwob, Georges Bigar et Marcel Meyer, il est dcid de procder aux travaux de remise en tat de la synagogue. Il est prcis dans le procs verbal tenu cette occasion (p.-v. CIL 1929-1943, p. 94) quil a t dcid lunanimit de procder aux travaux de mise en tat de la synagogue. Cette dcision a t prise aprs examen approfondi sur place et a t rendue urgente par suite des effets dsastreux que pouvaient provoquer linfiltration des pluies.. M. Epitaux est charg deffectuer les travaux ncessaires. Il confirme par crit que le cot des travaux slvera environ 2000 francs, dont 300 francs pour les grilles. Ceux-ci touchent la partie extrieure de la synagogue et lintrieur de celle-ci, savoir les toilettes et le sous-sol. Vu lurgence, le comit et les membres de la commission de construction prend la dcision de faire entreprendre sans dlai les travaux extrieurs, car, dfaut, les dgts risqueraient de saggraver de manire importante dans les fondations de la synagogue. Les travaux intrieurs devront faire lobjet de devis plus prcis, hormis la rvision des lustres, qui menacent de gnrer un accident qui pourrait tre grave. Il est mis en avant quil faudra galement se pencher sur la problmatique du chauffage au gaz la petite synagogue. Lassemble gnrale du 22 mars 1930 va ratifier les dpenses entreprises pour les rparations urgentes effectues en 1929, soit un montant de 7000 francs. De plus, elle alloue le crdit demand par le comit de 3500 francs, pour pouvoir procder en 1930 la deuxime partie des travaux ncessaires la remise en tat des lieux. Cette dernire somme permettra essentiellement de rparer les faades et les toilettes. En octobre 1932, lhumidit rapparat la synagogue.... On rappelle M. Epitaux.... Enfin, Lausanne abritera de 1939 1949, un troisime minian, celui des Juifs orthodoxes. Ses offices religieux sont clbrs la pension casher Ivria, tenue par Mme Cline Vischoff-Dreiffuss. Beaucoup de ceux qui y assistent font partie des Juifs ashknazim pourchasss par le nazisme, ainsi que des Juifs suisses de Zurich et de Ble. Le fait de renoncer lusage de lharmonium la synagogue en 1939 va ramener les Juifs ashknazes orthodoxes dans le giron de celui-ci. En 1946, lassemble gnrale mandate une commission de construction destine se pencher sur diffrents projets, savoir : la possibilit dachat de terrain pour la construction dun immeuble, la construction derrire la synagogue, lachat dun immeuble, sujet des transformations pour les besoins de la communaut et des diffrentes socits de cette dernire. Cette commission expose lors de lassemble gnrale de la CIL de 1947 quaprs avoir procd de trs srieuses tudes, elle a t contrainte ... dabandonner tous ces projets. En effet, les acquisitions et constructions ventuelles auraient t beaucoup trop onreuses pour les moyens de la CIL. Noublions pas que celle-ci doit pourvoir lentretien de nombreux rfugis, but qui doit rester prioritaire dans les dpenses communautaires. En outre, la commission na trouv aucun immeuble susceptible de pouvoir tre transform. En 1946, il avait aussi t projet de construire une salle de runions dans lenceinte de la synagogue. Des plans avaient mme t tablis. Ce projet est rest sans suite. Quant aux problmes dhumidit la synagogue, ils sont rcurrents, quand on construit en Bellefontaine..... Le 7 fvrier 1947, lentreprise Albert Colombo S.A., Travaux publics crit ce qui suit : Monsieur le Prsident, Nous accusons rception de votre lettre du 6 fvrier et vous confirmons la proposition verbale que notre Sieur Marcel Colombo vous a faite. La Synagogue se trouve dans un tat hygromtrique trs grave pour un immeuble qui a t magnifiquement construit, tant en ce qui concerne les matriaux que leur mise en oeuvre. Il sagit pour linstant de dterminer les causes dhumidit, la principale est certainement lhumidit accidentelle due au mauvais tat de la couverture et de la ferblanterie. Il peut y avoir aussi des infiltrations accidentelles provoques par la dilatation des matriaux, le mauvais tat des joints, etc. (....) Nous vous confirmons que cet immeuble est dans un tat trs grave et que nous aurons certainement dimportantes rparations prvoir. Nous pensons pouvoir vous fournir ce rapport dici une quinzaine de jours. (...) Une assemble gnrale extraordinaire a lieu le 2 novembre 1947 au sujet de la synagogue. Le commission de construction informe les membres de la CIL que les 1000 francs vot lassemble ordinaire ont permis de faire procder des recherches et des sondages. Elle communique lassemble que M. Colombo confirme que la synagogue se trouve dans un tat lamentable et que ... finalement, on ne peut pas dterminer avec exactitude les causes de cette humidit. En tout tat de cause, il convient de librer un crdit de 41000 francs pour servir de base aux travaux. Le 11 fvrier 1948, larchitecte Trivelli rend son rapport relatif lestimation des travaux entreprendre pour la remise en tat intrieure et extrieure de la synagogue. Il juge que sagissant de lintrieur du btiment, il faut remettre en tat les cages descalier nord-ouest et sud-ouest (fr. 8850-), du petit autel situ au nord-est du choeur (Fr. 150.-), et de la petite synagogue (Fr. 2000.-). Il faut aussi rafrachir le hall dentre (Fr. 800.-), le vestibule du sous-sol et les deux escaliers du sous-sol (Fr. 1600.-). Quant aux rnovations extrieures, elles doivent consister remettre la toiture et les chemines en tat (Fr. 5600.-) tout comme la faade principale et les deux retours (Fr. 10000.-). Lassemble gnrale relative lexercice 1947 a lieu le 22 fvrier 1948. Le comit se penche sur les problmes de collecte au profit des rfugis. Il informe que lassemble gnrale du Gemeindebund a eu lieu Montreux et qu Lausanne, un comit daction a t mis sur pied. M. Sam Lob en assume la prsidence. Quant la collecte spcifique aux enfants, assume par Mme Albert Rhein et dautres Dames de la CIL, elle a t extrmement satisfaisante. Des remerciements leur sont adresss tout comme celles qui font des visites aux malades et aux ncessiteux. Le comit rappelle aussi quun groupe de 48 enfants du home La Chaumire, de St-Paul en Haute-Savoie ont t invits par la CIL. Ils taient accompagns par M. Loeb, directeur du home, M. Zivi de Paris, de 2 institutrices et de 2 infirmires. Le procs-verbal prcise que 23 de ces enfants sont compltement orphelins et que les 25 autres ont perdu un de leurs parents. Un goter a t offert ce petit monde au Cercle Dmocratique Lausanne. Le comit prcise que le V.S.J.F. subvient toujours lentretien complet de 1700 personnes et partiel de 1400 autres. 1000 dentre eux ont pu quitter la Suisse, dont 700 outre-mer durant lanne 1947. Quant aux dpenses pour cette mme anne, elles sont de 6500000 francs contre 7500000 pour 1946. Il ressort des chiffres que les le montant mensuel le plus faible concerne le mois daot. Elles se montent 343000 francs. Enfin, les 74 enfants qui dpendaient du Bureau dAide aux Enfants Rfugis de la Rue Beau-Sjour, Lausanne ayant ferm ses portes, sont dsormais la charge de la CIL. Le prsident profite pour rappeler que 350 rfugis rpartis dans les camps de Mirabeau, Clarens; de Beau-Site, Territet sont toujours pris en charge par le Bureau de Secours aux Rfugis et pour remercier ceux qui y oeuvrent avec tant dardeur, soit Mr et Mme Hacker, M. Barotti, ainsi que le Dr. Freundlich. En outre, il est prcis que la collecte de vtements en faveur des ncessiteux dAllemagne continue battre son plein grce au travail effectu par la Socit des Femmes Isralites, que les enfants ont reu des paquets Simchat-Thora et Hanouka, comme chaque anne, grce au dvouement de Mme Gustave Dreyfuss. Un nouveau rabbin a dpos sa candidature .... Il sappelle Georges Vadna. Le rapporteur prcise quil va venir Lausanne pour Rosch-Haschana. On y annonce que les travaux de chauffage de la synagogue ont t raliss par la Maison Hunziker. La facture se monte Fr.10000.-. Cette dernire est paye par M. Georges Bigard, qui est vivement remerci de cet important don. Lassemble gnrale de la CIL du 5 fvrier 1949 fait tat des constructions ralises la synagogue en 1948. Le comit explique aux membres de la CIL quil a pris trs au srieux la question des rparations de ldifice. Cest ainsi que de multiples runions ont t mises sur pied, notamment sur place, avant de commencer les travaux. Il ne faut pas oublier qu cette poque, la communaut juive de Suisse avaient de trs lourdes charges financires dues lentretien des rfugis et migrants juifs en Suisse. Aprs avoir demand et tudi les devis, les travaux, soit essentiellement linstallation dune citerne mazout dune contenance de 5000 litres sont confis larchitecte Trivelli. Ces rparations et constructions sont termines juste avant Rosch Haschana Le cimetire Historiquement le premier cimetire juif dans le canton de Vaud se trouvait Cossonay. On y enterraient les Juifs de toutes les contres. Toutefois, il ne sagissait pas l dun cimetire officiel. Ceux de la CIL vont se situer tour tour Prilly, Montoie, puis nouveau Prilly. Ds 1848, un des premier objectif des Juifs lausannois est d'acqurir un cimetire pour y enterrer ses morts selon la tradition juive. Il faut 10 ans pour y parvenir. Le document le plus ancien que possde la CIL est prcisment l'acte notari concernant cet achat. Au bas de ce document figurent les noms des 36 acqureurs et souscripteurs, dont celui de la Communaut Isralite d'Yverdon-les-Bains, qui existait dj. Ce premier cimetire juif se trouve Montoie. Il est agrandi de 23 tombes en 1897. Il ne reste bientt plus que deux tombes de vacantes. Il faut donc songer trouver un autre cimetire. Il faut chercher un autre lieu o enterrer les juifs qui dcdent dans le canton de Vaud. Cest ainsi quen 1900, la CIL signe une promesse de vente pour l'acquisition du terrain qui abrite encore aujourd'hui son cimetire. Ce dernier d'une taille de 660 perches a cot quelques Fr. 16'000.- . Cet achat se concrtise en 1903. Le cimetire de Montoie va encore tre utilis jusquen 1905. A l'occasion de cet achat, les membres de la CIL font circuler une ptition. Son but vise dcharger la CIL des obligations de prter secours aux membres et aux passants, des honneurs funbres, de lassistance en cas de maladie, ces obligations devant passer au compte d'une nouvelle socit crer sous le nom de "Gemilous Chesed". Le 18 fvrier 1900, Monsieur Michel Lazare soutient son contenu par le biais d'un discours. Prononc au nom des ptitionnaires, il sera l'origine de ce qui va devenir la Chevrah. Celle-ci est fonde officiellement le 24 dcembre 1905. M. Raphal Dreyfus en est le premier prsident. Il est second dans ses tches par M. Lvy-Schwob, comme secrtaire, et M. Charles Rhein comme caissier. Les tombes juives de Montoie seront transfres en 1950 par la suite au cimetire juif de Prilly, afin dviter la dsaffection qui touche le premier cit. Cette autorisation est issue dune dcision municipale particulire. La premire personne enterre au cimetire juif de Prilly est une tudiante russe de 29 ans, dcde en avril 1904. Le cimetire va tre agrandi en 1923, puis ramnag en 1932. La visite du cimetire de Prilly, aujourdhui trop exigu, rvle de nombreux morts russes, arrivs dans le canton de Vaud au dbut du sicle, ainsi que des malheureux juifs, enfants et adultes, rfugis chez nous ds le dbut du nazisme. Durant lassemble gnrale ordinaire du 22 mars 1930, il est discut des autres questions touchent le cimetire. Quid des parties en molasse qui sy trouvent. Comment peut-on les utiliser ? A propos de la question des morts, lors de sa sance du 25 janvier 1930, le salaire des Wchter (= ceux qui veillent les morts avant leur enterrement) est port charge de la famille de cujus 15 francs la journe et 20 francs la nuit pour les membres de la CIL et 25 francs de jour et de nuit pour les personnes trangres celle-ci. Quant au prix du Sargenes (= le linceul), il est fix 80 francs pour les membres de la CIL et 100 francs pour les non-membres. Enfin, le prix du cercueil (ndrl = les Juifs sont tous enterrs dans un cercueil en sapin brut. Il ny a pas de diffrences sociales dans la mort), il est de 80 francs. Enfin, les frais de transport jusquau cimetire de Prilly sont de 25 francs, plus 15 francs de frais pour les fossoyeurs. Des voitures sont mises la disposition des familles pour la somme de 12 francs. Les trangers devront aussi acquitter un somme de 95 francs auprs de la commune de Prilly. Quant aux honoraires, il sont de 50 francs pour le rabbin, de 30 francs pour le Hazan et de 20 francs pour le Schames. Au printemps 1930, la Municipalit de Prilly sadresse la CIL pour linformer quune tude est sur le point dtre entreprise. Celle-ci touche des rfections effectuer sur la route passant devant le cimetire juif. La Municipalit estime que la CIL devrait attendre pour procder aux travaux prvus devant celui-ci, en prcisant que la communaut nencourra, bien entendu, aucune responsabilit si elle se conforme cet avis. La Municipalit reprend rapidement les pourparlers au sujet de lagrandissement du cimetire de la CIL. MM. Isidore Dreyfus et Isaac Braunschweig sont charg par le comit le 9 avril 1930, de traiter avec la commune de Prilly et de rapporter le contenu des pourparlers au comit. Au mois de dcembre 1930, la CIL reoit une lettre du notaire Merten de Prilly, au sujet de lachat de ce terrain. La Municipalit de Prilly propose dchanger la parcelle de la CIL contre une autre au prix de 3 francs le m2. La Commune de Prilly rclame une rponse dici au 17 dcembre 1930, le comit donne les pleins pouvoirs M. Isaac Braunschweig pour traiter au nom de la CIL, tant entendu quil sagira dune rponse sans engagement, puisque lassemble gnrale doit entriner un tel projet. A ce propos, un nouveau terrain attenant au cimetire fait lobjet de pourparlers dont le comit fait tat dans sa sance du 25 avril 1930. Le 15 septembre 1930, le comit se penche sur la possibilit dacheter le terrain Dgallier. Le prix propos par la Municipalit est de 2 francs le mtre. Le terrain a une surface de 2375 m2. Le nouveau comit sige pour la premire fois le 2 mai 1931. Il prend notamment connaissance dune lettre de la Municipalit de Prilly, qui informe la CIL que la rfection de la route sur lAvenue du Chteau avec prolongation jusqu Jouxtens-Mezery revient un cot total de quelques 52000 francs, dont 1455 francs seraient mettre la charge de la CIL. Le comit donne son accord ce montant lunanimit. En outre, il savre que pour lachat du terrain, la commune rclame la CIL la somme de 143 francs 20 titre de droits de mutation. On en vient la problmatique de lachat dune parcelle de terrain pour le cimetire. Cette acquisition est accepte lunanimit. Il en va de mme de lchange de parcelle demand. Le prsident remercie alors M. Isaac Braunschweig davoir dpenser son temps sans compter pour ces questions de terrain, tout comme le gnreux donateur anonyme qui en a permis la ralisation financire. La parcelle achete compte 2670 m2. Par lettre du 13 juillet 1931, le notaire Merten avise la CIL que la Commune de Prilly est habilite lui vendre le terrain concern au prix convenu. Ainsi, la CIL pourra agrandir son cimetire. Une lettre visant cet achat est adress par le comit au Conseil dEtat comme objet de sa comptence. Le 9 novembre 1931, le comit demande par lettre au notaire Merten de prparer une convention pour cet achat. Par lettre, le notaire Merten informe la CIL quil a reu un courrier du Conseil dEtat lui faisant savoir que dans sa sance du 31 mars 1932, il a pravis favorablement loctroi la CIL de la concession de terrain pour son cimetire Prilly. Le notaire Merten ajoute quil informera le comit ds que les formalits seront termines. Cest le 9 juin 1932 que le Conseil dEtat autorise la commune de Prilly instituer un droit dusage en faveur de la CIL sur les terrains acquis dans ce but Prilly. La ratification de cet achat est agende au 29 juillet 1932 pour un montant total de 8010 francs, pay raison de 2010 francs chaque anne, le premier versement devant intervenir le 31 dcembre 1932. La date du 29 juin 1932 est retenue pour la parution de la Feuille officielle suisse du commerce. Les signatures autorises sont celles de MM. Marcel Meyer, Georges Bigar et Sam Lob. En ralit, on ne connat pas la date exacte de la ratification de cet achat. Simplement, le procs-verbal de la sance de comit du 26 octobre 1932 signale que cette convention a t signe. Cest le 13 mars 1932 qua lieu lassemble gnrale ordinaire de la CIL. Son ordre du jour comprend notamment la ratification de la prise en charge par la CIL dune somme denviron 1450 francs pour la remise en tat de la route qui passe devant le cimetire. La somme de 1455 francs est ratifie par lassemble. Cette somme sera payable en 5 annuits ds la fin des travaux, avec un intrt de 5 %. En outre, la communaut est autorise sadjoindre les services de membres comptents pour tudier la question du plan dextension du cimetire. Il convient doprer un transfert Prilly. A ce propos, lassemble gnrale de la CIL du 28 janvier 1934 donne mandat M. Marcel Meyer de signer lacte de transfert lunanimit. Il comporte ce qui suit : 1 Le terrain sera cd gratuitement la Commune de Prilly et passera par la suite au domaine communal. 2 La CIL paiera la Commune de Prilly titre de participation aux frais de rfection de lAvenue du Chteau une somme total de 1455.- (mille quatre cent cinquante cinq francs), dont Fr. 300.- ont dj t verss et le solde, soit Fr. 1155.- sera payable en cinq annuits avec intrt de 5 % lan, la premire annuit tant chue la fin de lanne courante. En outre, M. Marcel Meyer sest vu dlivrer tous pouvoirs par lassemble gnrale pour arrter toutes les conditions et clauses accessoires. Le 13 juin 1934, le comit constate que le Gemeindebund a estim que les morts juifs des districts suivants doivent tre enterrs Lausanne : Aubonne, Cossonay, Echallens, Grandson, Lavaux, Morges, Moudon, Orbe, Payerne et Yverdon. Par contre les morts des rgions suivantes doivent tre enterrs Vevey-Montreux : Aigle, Leysin, Pays dEn-Haut, voire Bulle et Chtel-St-Denis. Quant aux personnes dcdes Rolle et Nyon, elles devront tre ensevelies Genve. La vie sociale intracommunautaire Les prsidents de la CIL Du premier comit 1950, les prsidents suivants se succdrent la tte de la communaut : - M. C. Blatt - M. Achille Brunschwig - M. L. Mayer-Ducas - M. S. Dreyfuss - M. Antille Brunschwig - M. I. Maas - M. Louis. Lob, de 1904 1911 - M. Charles Lvy-Schwob, de 1912 1929 - M. Flix Seligmann. de 1919 1928, - M. Charles Lvy, de 1929 1931, - M. Marcel Meyer, de 1933 1942 - M. Gustave Dreyfuss, de 1942 1959 Les comits Le premier comit de la CIL est form de trois personnes, soit MM. Lon Maier, Ducas et Maas. Ds cette anne, des procs-verbaux de sance sont tenus de manire ininterrompue. A cette poque, les comits se runissent 20 30 fois l'an. Les sances dbutaient 20 heures 30.... pour se terminer 21 heures 15. Les objets traits ne diffrent gure de ceux que nous connaissons M. Achille Brunschwig est le second prsident de la CIL. En 1901, la communaut connat une crise grave de prsidence. Une lection est invalide, car les membres n'ont pas t convoqu conformment aux statuts. En moins de 6 mois, ce ne sont pas moins de 3 prsidents successifs qui sont lus, puis se dsistent tout comme le comit qui les entourent. Enfin, M. Louis Lob accepte de reprendre les rnes. Ceci met fin aux dsordres. En 1909, le comit est compos de MM. Louis Lob, prsident; Isidore Dreyfuss, vice-prsident; Lazare Rhein, caissier; Michel Lazare, secrtaire et Albert Katz, adjoint. En 1911, le Prsident Louis Lob met le voeu de se retirer du comit. Lassemble gnrale extraordinaire, laquelle assistent 42 membres de la communaut, lit Charles Lvy-Schwob pour remplacer Louis Lob. Le 23 mars 1919, M. Flix Seligmann remplace M. Lvy-Schwob la prsidence de la CIL. M. Isaac Brunschwig est lu vice-prsident, M. Lon Picard secrtaire, M. Max Marx caissier et M. Isidore Dreyfus adjoint. Lassemble gnrale ordinaire qui se tient le 18 mars 1928 lit Charles Lvy-Schwob la tte du comit de la communaut, en remplacement de Franois Seligmann. Quant au vice-prsident, il est lu en la personne de M. Marcel Meyer, qui, nous le verrons par la suite, assuma la prsidence durant la Deuxime Guerre Mondiale. M. Georges Bigard en est le caissier, M. Sam Lob le secrtaire et M. Isidore Dreyfus ladjoint. M. Seligmann est nomm membre honoraire avec exonration de cotisation pour lavenirLe comit y annonce larrive imminente de M. Ptaschek. Marcel Meyer est dsign pour faire partie de la Commission dinstruction religieuse. Durant lassemble gnrale du 22 mars 1930, M. Louis Lob, ancien prsident de la CIL, est nomm membre honoraire lunanimit et par acclamation. Le comit destin a fonctionner pour la priode 1931 1933 est lu. Il est compos de Marcel Meyer, prsident, Isidore Dreyfus vice-prsident, Sam Lob secrtaire, Georges Bigar caissier et Salomon Leval adjoint. Le comit lu pour la priode 1934 1936 est compos de Marcel Meyer prsident, Isidore Dreyfus vice-prsident, Georges Bigar caissier, Isaac Brunschwig secrtaire, et M. Charles Rhein adjoint. Ce mme comit sera rlu pour la priode 1937-1939. Il change quelque peu pour 1940-1942. Charles Rhein dmissionne. Par contre, Marcel Meyer garde la prsidence. Georges Bigar devient vice-prsident, Andr Lvy caissier, Nathan Weyl, ladjoint, le Dr Ren Brunschwig le secrtaire. Un changement intervient au sein du comit en 1942. Gustave Dreyfus y remplace Georges Bigar, dmissionnaire. Gustave Dreyfuss devient donc vice-prsident. Lors de lassemble gnrale de la CIL de 1943, M. Gustave Dreyfuss lit une lettre de M. Marcel Meyer, absent pour cause de maladie, qui explique quil ne peut accepter de rlection au vu de son mauvais tat de sant, tout en faisant part de son profond attachement pour sa communaut. Le comit suivant est lu. Gustave Dreyfus en prend la prsident, le Dr Ren Brunschwig la vice-prsident, Sam Lob la caisse, Andr Lvy le secrtariat, Nathan Weyl en tant ladjoint. M. Marcel Meyer est lu prsident dhonneur par acclamation, ce qui lui donne le droit de participer toutes les sances de comit avec voix consultative Les structures sociales de la CIL Depuis la fin du 19me sicle, les Juifs lausannois disposent de nombreuses structures tant daccueil que de formation et de discussion. Il y a tout dabord eu des pensions et pensionnats de jeunes filles et de jeunes gens Le premier dentre eux est un pensionnat pour jeunes filles, tenu de 1891 - 1895 environ par M. Lazare Maier-Ducas, Georgette 3. Concidence dadresse, puisque lactuel centre communautaire se trouve au mme numro de la mme rue. Une autre institution pour jeune filles est situ lAvenue de Rumine 64. Il a pour nom LEsplanade. Tenu par les soeurs Berthe Maier et Sara Balitzer-Maier, de 1896 1918, il pouvait recevoir une quinzaines de jeunes filles juives. De 1899 1941, Mme Berthe Lvy-Hauser tient un autre pensionnat pour jeunes filles juives. Il dmnagera du Boulevard de Grancy 19B au Charmettes A, puis lAvenue Rambert et, enfin lAvenue du Lman 53. Linstitut pour jeunes filles Haas ouvert de 1901 1905 lAvenue des Alpes, est tenu dans la stricte observance religieuse. Durant cette mme priode, Mme Adle Grumbach-Weill dirige une pension kasher la Rue Saint-Laurent 22. Concurremment, Mme Juliette Geissmann en tient une autre lAvenue des Terreaux 10 de 1904 1910. Le flambeau est repris par M. Gustave Bloch-Picard, la Rue Haldimand 1911 1920, puis par Jules et Sara Geissmann Bel-Air 2, puis lAvenue Juste-Olivier . De 1912 1954, Mmes Mathilde et Blanche Bloch sont la tte du pensionnat de jeunes filles de la Villa Svign, situ en premier lieu Chamblandes, puis lAvenue Eglantine 12, enfin lAvenue Tissot. Enfin de 1926 1955, Doris Lilienfeld, qui est une ancienne enseignante du pensionnat Balitzer-Mayer, est la tte dune pension pour jeunes filles Pully LInstitut Bloch, pour jeunes gens, est tenu par les membres de la famille du mme nom de 1899 1928 environ. Sis en premier lieu lAvenue Eglantine 14, il dmnagera par la suite lAvenue des Alpes. Il y a eu dautres pensions pour jeunes gens. Celle tenue par Lon Picard Bloch en 1928. De fait, cette pension va modifier sa clientle en ne la limitant plus aux jeunes gens de 1929 1933. Enfin, comment ne pas parler de la pension Ivria, qui exploite aussi un restaurant casher de 1934 1954. Tenu par Mme Cline Vischoff-Dreiffuss, cette pension de famille a accueilli une grande partie des Juifs pourchasss par le nazisme tout dabord lAvenue Ruchonnet 26, puis lAvenue Florimont 8, enfin lAvenue Voltaire 9. Lausanne a connu un grand nombre dassociations juives. Il sagit : - de la Socit de Bienfaisance des Dames Isralites de Lausanne (devenue aujourdhui lEntraide des Femmes Isralites de Lausanne, EFIL) fonde en 1882, - le Cercle isralite fond aux alentours de 1900, - le Gemilous Chassidim, socit dhommes, fonde en 1901, - La Socit mutuelle La Fraternelle (devenue la Hevrah), fonde en 1905, - la Socit de la cuisine des tudiants juifs, fonde en 1905, - la Socit sioniste Isral est fonde par Nahum Bonstein aux alentours de 1909, - la Socit des tudiants juifs Hatikvah, fonde par Nahum Bonstein aux alentours de 1913, - la Socit de secours mutuels des tudiants, fonde avant 1915, - la socit sioniste estudiantine Hehaveh, portant couleurs, fonde aux alentours de 1916, - la Socit dtudiants Briah, fonde aux alentours de 1916, - la Socit de gymnastique Maccabi, fonde aux alentours de 1916, - la Socit Sefardi, socit estudiantine, fonde aux alentours de 1916, - les Amis de la culture juive, socit fonde aux alentours de 1916, - la Socit de culture juive Zukunft, fonde aux alentours de 1916. - la Socit des Dames isralites, fonde aux alentours de 1916, - la Socit du cimetire, fonde aux alentours de 1916, - le Minian sepharadi fond aux alentours de 1916, - la Socit Sefardi, - la Socit isralite de secours aux prisonniers de guerre en Allemagne et en Autriche, fond en 1917, - lAlliance isralite universelle, section lausannoise, fonde en 1918, - lUnion des tudiants juifs (aujourdhui JSIL-UEJL), fonde en 1918, - la Zentralstelle der schweizerischen Hilfsaktion fr notleidende jdische Auslandskinder, section de Lausanne, fonde en 1919, - la Socit sioniste Bne Am Isral, fonde aux alentours de 1919, - la Mutualit頔 fonde en 1920, - la Socit de sport et de rcration pour la jeunesse, fonde aux alentours de 1926, - la Socit acadmique sioniste Tikvath-Isral, fondes aux alentours de 1926. - Pro Leysin, fond en 1927, - lOSE (Organisation de Secours aux Enfants), fonde en 1950, qui disparat aux alentours de 1975, - la Socit sioniste, fonde aux alentours de 1950, - lOrganisation Sioniste Internationale des Femmes WIZO, section lausannoise fonde en 1943. Lorgane fatier : Le Gemeindebund ou Fdration des communauts juives de Suisse La FSCI a t fonde en 1904, la suite de diffrentes manations antismites de la fin du 19me sicle, en particulier de l'interdiction de la Scherita. Son but, qui est toujours le mme ce jour est de "veiller et de reprsenter les intrts du judasme en Suisse". A sa fondation, la FSCI comptait 13 communauts membres, ce qui reprsentait 1'500 personnes physiques. Structurellement, il comptait un comit central. Ce dernier, notamment le prsident, eu prendre des dcisions et des responsabilits particulirement lourdes pendant la guerre. La FSCI et son prsident, ainsi que la centrale suisse d'aide aux isralites pauvres, furent en effet les interlocuteurs des autorits de police des trangers. Nous reviendrons sur ce point par la suite. Le nombre de ses membres augmenta de manire importante juste avant que n'clate la Deuxime Guerre Mondiale. Il passa de 13 26 membres, soit 3'250 personnes physiques. en 1936. Ce fait est souligner car, de 1918 1936, le nombre des Juifs installs en Suisse avait diminu. Saly Mayer, en fut le prsident de 1936 mars 1943. Ce marchand de textiles St-Gallois tait un conservateur et un patriote. Il eut dfendre la position des Juifs suisses, qui n'tait pas sans risques, lire certains propos de Rothmund. A ce propos, nous revenons sur la phrase prononce par lui en 1939, qui est pour le moins clectique. En effet en crivant Alexandre Girardet "wenn wir mit den fremden Emigranten fertig seien, wrden die Schweizer Juden drankommen", ce qui signifie en traduction libre "lorsque nous en aurons termin avec les migrants trangers, nous nous occuperons des Juifs suisses", il ne pouvait pas vouloir dire moins que "nous les remettrons "au fixe" pour reprendre une expression usuelle. Personne ne peut affirmer ou infirmer si cette affirmation, nonce sur papier officiel au lgat de Suisse Londres, n'tait pas un message voulant dire que le sort des Juifs suisses seraient le mme que celui que les Allemands assignaient aux leurs. Dans ce sens, on peut faire valoir que Heinrich Rothmund avait quand mme spcifi que, s'agissant des Juifs, il fallait "nettoyer la Suisse de son fumier" et "que la Suisse n'avait pas plus besoin des Juifs que l'Allemagne." A l'origine, et durant les 40 annes qui suivirent, le sige de la FSCI se trouvait dans la localit de domicile de son prsident. Depuis lors, il est fix Berne. Les dlgus des communauts juives de Suisse, nomms par ces dernires pour des priodes variables, sont les correspondant de la FSCI. En outre, ils se rendent une fois par anne l'assemble des dlgus de cette organisation. Les communauts juives sont des structures de type associatif. Elles regroupent les Isralites dune ville, voire dune rgion. Il en existe environ 18 en Suisse aujourdhui alors quil en existait 22 25 en 1933. La grande majorit des communauts juives de suisse font partie de la FSCI, que lon appelle aussi S.I.G. ou Gemeindebund en allemand. UN MOUVEMENT SIONISTE EXEMPLAIRE A LAUSANNE : LA DELIVRANCE On ne saurait parler de LA DELIVRANCE sans faire un petit dtour du ct de la famille de celui qui la fonde : le Dr Nahum Bonstein. Son grand-pre sappelait Mordecha Krasenstein. Ce nom, dorigine polonaise signifie bonne pierre. Il quitte sa Bessarabie natale lge de 20 ans avec sa jeune pouse. Les Krasenstein arrivent en Palestine en 1880, pendant la vague des Bilouim. Il va habiter Rosch Pinna (la Pierre Angulaire), ville fonde sur les terrains marcageux et incultes des propritaires arabes. Ces terrains taient acquis dune manire particulire : lachat au lancer de caillou. On pratiquait ainsi. Le vendeur fixait le prix. Ensuite, lacheteur ramassait un caillou et le jetait quatre reprises aux quatre points cardinaux. Cest ainsi que lon dlimitait la surface du terrain achet. Mordecha Krasenstein avait t anobli par lautorit turque. Il tait devenu Chak et mouktar, cest--dire syndic du village de Tantoura, anse facilement abordable. Les bateaux venaient y mouiller. Un jour, le baron Edmond de Rothschild, qui naviguait sur son yacht, fit annoncer sa visite. Mordecha Krasenstein demanda alors comment on disait krasen en franais. On lui rpondit que la traduction tait bon. Cest ainsi quil se fit ds lors appeler Bonstein et non plus Krasenstein, nom qui va devenir celui de la plupart de ses descendants. Mordecha Bonstein dmnage alors avec sa famille Zikron Yaakov, localit situe entre Tel-Aviv et Hafa. Il sy lie damiti avec le botaniste Aronsohn. En 1918, le mandat britannique met fin aux courants hostiles entre les Turcs et les Arabes nationalistes. Son fils Nahum nat en 1884 Rosch Pinna. Citoyen turc, il sera ressortissant palestinien au bnfice dun passeport colonial britannique ds la mise en place du mandat anglais sur la Palestine. Il est de langue maternelle yiddisch, mais parle trs rapidement plutt lhbreux. Il part Beyrouth, au Liban, o il fait des tudes secondaires et commence des tudes de pharmacie et acquiert ainsi des notions de franais. Sa famille estime quil est prfrable quil achve son cursus universitaire Paris. En 1908-1910, il part donc pour la capitale franaise muni, grosso modo, dun dredon et dune valise. Le voyage est long et fastidieux. A Montreux, Nahum Bonstein voit monter dans le train des tudiants stelliens en goguette portant couleurs. Ils lient conversation. Les tudiants stelliens expliquent au jeune homme quil existe de trs bonnes facults de mdecine et de pharmacie dans une ville proche : Lausanne. Ils lui proposent de le loger, afin de lui permettre de faire un bout dessai la Facult de pharmacie de Lausanne. Nahum Bonstein juge lessai concluant. Il reste. Il termine ses tudes et pouse Sara Nordmann en 1914. Cette dernire est originaire du Surbtal par son pre et dAvenches par sa mre. Deux fils naissent de cette union : Isidore en 1919 et Herbert Samuel en 1926. Ce dernier est lpoux de Maryse Bloch, et le neveu par alliance de Gilbert Dreyfuss. Nahum Bonstein sera toute sa vie un sioniste convaincu, fermement dcid promouvoir cette terre. Tel nest pas forcment lappartenance de son pouse. Ils trouvent un compromis. Il retournera une fois par anne en Palestine, puis en Isral. Sur le plan professionnel, Nahum Bonstein va travailler pour le compte de plusieurs pharmaciens de la ville, notamment pour celui du pharmacien Morin, de la Place de la Palud. Cest ainsi quil va entrer dans le coeur de la vie lausannoise et de ceux quil y rencontre. Il va notamment se lier des personnes qui vont avoir un rle jouer par la suite, faits sur lesquels nous reviendrons. Il y confectionne les prparations magistrales, prodigue des conseils ceux qui travaillent et vivent dans ce quartier, ainsi quaux paysans les jours de march. Nahum Bonstein va fonder plusieurs associations, toutes caractre sionistes. Tout dabord et successivement deux socits dtudiants portant couleurs, Isral aux alentours de 1909 et Hatikvah aux environs de 1913. Les couleurs en question taient le blanc et le bleu. A cette poque, il faut se rappeler que nous vivons en plein pangermanisme. Les tudiants de ces socits vont donc se battre en duel contre des tudiants antismites. Il faut aussi garder prsent en mmoire quavant la Rvolution russe de 1917, il y avait beaucoup dtudiants juifs russes Lausanne, particulirement en Facult de mdecine. Ceux-ci taient des forts en thme. Leur exode suisse tait probablement lis aux facteurs dont nous avons parl en p. , soit le numerus clausus et lantismitisme dans leur pays dorigine. Par contre, nous allons longuement relater les multiples activits de la seconde. Cette dernire est fonde dans les annes 1936-1937. Elle sappelle La Dlivrance, ce nom se veut rappeler la sortie dEgypte, au moment o les Juifs sont dj pourchasss de faon majeure par les Nazis au pouvoir. Nahum Bonstein ntant pas de langue maternelle franaise, il sassocie dans cette entreprise de longue haleine successivement avec le pasteur Thophile Grin, qui a tellement oeuvr pour le judasme en pril, puis avec le gyncologue Lvy-du-Pan. Ces deux personnes seront dailleurs les rdacteurs de lorgane de presse de La Dlivrance, qui porte le mme nom que lassociation. Le but poursuivi par La Dlivrance est de sauver les Juifs pourchasss par le nazisme, de les prendre en charge financirement sur la base de collectes et de tenter de les persuader de partir en Palestine. Nahum Bonstein va sassocier au pharmacien Morin, ainsi la pharmacie prend la raison sociale Pharmacie Morin et Bonstein. A la mort de M. Morin, Nahum Bonstein reprend la pharmacie en employant un pharmacien responsable, puisquil nest pas suisse. Le bureau de La Dlivrance est situ au 1er tage du mme btiment. Il y passe de longs moments surtout ds le moment o il faudra accueillir des Juifs clandestins qui tentent dchapper au rgime hitlrien et, partant, la mort. Nous lavons vu, Nahum Bonstein est trs intgr la vie lausannoise, bien quil ne possde pas trs bien le franais. Il se lie damiti avec le capitaine Galopin, qui est la Br. Terr. charge de surveiller la frontire lmanique, ainsi quavec le chef du poste de police de la Palud, qui est le quartier gnral de la police de Lausanne, M. Languetin et avec le Prfet Prodhom. Ces personnes, ainsi que la police municipale lausannoise vont lui tre dun grand secours dans lactivit occulte de La Dlivrance. En effet, si cette association assure les services que nous venons de mentionner, savoir ds le dbut de la Deuxime Guerre Mondiale de faire des collectes pour pouvoir aider les Juifs rfugis en Suisse (argent pour dventuels visas dmigration, nourriture, logement avant la priode dinternement dans les camps, vtements, etc.), ainsi que la publication dun mensuel distribu par abonnement en Suisse uniquement et soumis, comme tous les organes de presse reconnus, la censure, La Dlivrance devient un rseau de passage pour les clandestins fuyant le nazisme. Herbert Bonstein ne sait toujours pas aujourdhui comment ceux qui appelaient ses parents toutes heures du jour et de la nuit dans langoisse, civils juifs et militaires vads, avaient eu leur adresse. Mais ce qui est certain est que le capitaine Galopin, la police lausannoise et le prfet Prodhom ont toujours tout entrepris pour que les malheureux Juifs en danger de mort ne soient pas refouls, mais achemins vers des lieux de vie locaux, la charge de leurs coreligionnaires, puis dans les camps dinternement. Sara et Nahum Bonstein vont tablir une filire pour faire entrer clandestinement des coreligionnaires en Suisse par le Jura (Valle de Joux), lItalie (le Valais) et le Lac Lman. Ces rfugis sont majoritairement allemands, autrichiens, tchques, hongrois, roumains, lettons et lituaniens. Au rang des Justes, il faut aussi compter tous ceux qui ont t Sara et Nahum Bonstein faire entrer clandestinement les Juifs en Suisse, contrairement aux ordres de plus en plus stricts de refoulement donns par les organes de police des trangers. Parmi eux figure nen pas douter lArme du Salut lausannoise avec qui la famille Bonstein va se lier damiti la suite de lanecdote suivante : - Un beau matin de 1943, Nahum Bonstein reoit un appel tlphonique de la police linformant que son pouse et le petit groupe de Juifs polonais arrivant en Suisse par le Jura en provenance de Belgique ont t arrts par des garde-frontires. Sara Bonstein va tre transfre au quartier gnral de lArme du Salut, lAvenue Ruchonnet, Lausanne, sous la responsabilit de Mme le Major Vuille. Elle y restera incarcre pendant environ deux semaines. De l natra une grande amiti et une aide et abngation trs grande du Major Vuille et de lensemble de lArme du Salut lausannoise qui va prendre en charge bon nombre de Juifs arrivs clandestinement chez nous. Enfin, nous ne saurions oublier Melle Galland, qui travaillait lpoque au sein de la banque familiale, qui abritait aussi le consulat de Grande-Bretagne, grce qui il fut possible de faire poursuivre leur voyage aux militaires vads qui chouaient chez les Bonstein. LES REFUGIES Il nest pas possible de parler de la CIL sans parler du douloureux problmes de ceux qui ont tent de sauver leur vie en se rfugiant dans notre pays. Si le Gemeindebund et son prsident sont linterlocuteur principal de la police des trangers et des organismes juifs qui, dans le monde et particulirement aux U.S.A, les responsables des diffrentes communaut de Suisse ont d lutter pour leurs coreligionnaires, en particulier pour leur entretien par la communaut, condition sine qua non leur chance de pouvoir venir en Suisse. Sans entrer dans le dtail de ce qui ne constitue pas lobjet de ce rcit, il nous parat ncessaire de rappeler ici ce qui suit : Le 30 janvier 1933, il devient chancelier du Reich la demande du Marchal Hindenburg. Le 1er fvrier 1933, il prononce la dissolution du Reichstage qui brle le 27 fvrier. Le 28 fvrier 1933, il lve toutes les garanties constitutionnelles des liberts fondamentales en promulgant le dcret dnomm pour la protection du peuple et de lEtat. Le mme jour, les Nazis ouvrent le camp de concentration de Dachau. Le 1er avril 1933, Hitler ouvre la voie de la perscution raciale lencontre des Juifs en dcrtant une journe de boycott antismites. Dans un premier temps, son but est de faire partir les Juifs en conservant leurs biens. Ces exactions provoquent un premier afflux massif de rfugis juifs. Le 15 septembre 1935, le nouveau Reichstag, qui sige Nuremberg, adopte les LOIS RACIALES, savoir : les lois sur la nationalit allemande et sur la protection du sang et de lhonneur allemand. Celles-ci ont constitu llment juridique central et prpondrant de toute la lgislation anti-juive. Le 14 juillet 1933, le Reich dicte une loi intitule Loi du 14 juillet 1933 concernant le retrait des naturalisations et la dchance de la nationalit allemande. Celle-ci vise tout particulirement les Juifs, qui deviennent donc apatrides sur tout le territoire du Reich et ceci jusqu la fin de la guerre, en 1945. Lextension du Reich dbute par lAnschluss, soit lannexion de lAutriche. Elle se poursuivra avec le dbut de la Deuxime Guerre Mondiale. LAnschluss provoque un troisime afflux massif de rfugis juifs. Il faut savoir qu ce moment dj, Goering dclare que la communaut des Juifs viennois serait dcime en cinq ans. De 1933 1938, Hitler prend dinnombrables dcrets discriminant les Juifs, notamment en les empchant dexercer leur profession, de faire usage des lieux publics, tels que les piscinues municipales, etc. Ds le printemps 1933, le chef de la police fdral des trangers pose loukase suivant la communaut juive de Suisse. Tout dabord, les Juifs victimes du rgime nazi pourront entrer en Suisse, mais en transit uniquement. En outre, les communauts juives de Suisse doivent sengager subvenir compltement leur entretien. Ce rgime de financement jusqu la fin de 1942. Par ailleurs, plus les Juifs seront perscuts, plus les autorits suisses limiteront leur entre sur notre territoire. De fait, la politique de limitation dimmigration des juifs en Suisse va se durcir tout au long des 12 annes venir. Plus la tourmente nazie va emporter les Juifs, plus les autorits de police des trangers vont se montrer indiffrentes et restrictives sur le sort des Juifs victimes des Nazis. Ds le 4 octobre 1938, le tampon J est appos dans les passeports des Juifs en provenance du Reich. Cette marque discriminatoire, impose par les autorits de police des trangers suisse, va tre appose sur tous les passeports juifs par les Nazis ds novembre 1941. La Deuxime Guerre Mondiale commence le 1er septembre 1939. Les dportations en Pologne dbutent en octobre 1939. Lextermination par le gaz Zyklon B est mise en place. La Solution finale qui vise liminer toute la judacit est dcide la Confrence de Wannsee le 20 janvier 1942. Le 17 octobre 1939, le Conseil fdral, sur linstigation de la police fdrale des trangers, prend une ordonnance qui rgle le sort dune nouvelle catgorie dtranger : les migrants. Ceux-ci ne sont pas des rfugis politiques, ils sont mis au bnfice dun statut de tolrance et non dun permis de sjour. Ils sont volontairement discrimins. Ce statut est taill pour les Juifs. Le 13 aot 1942, alors mme que la police fdrale des trangers est au courant de lextermination des Juifs par les Nazis, notamment par le biais du rapport Jezler de fin juillet 1942, les frontires vont tre hermtiquement fermes aux rfugis juifs qui veulent entrer en Suisse pour sauver leur vie. En outre, une fois la guerre termine, les Juifs suisses demeurent lis par deux obligations. Celle de faire partir au plus vite leur coreligionnaires qui avaient pu entrer dans notre pays et financer leur entretien. En outre, le moins quon puisse dire est que les autorits de police des trangers se sont montrs extrmement indiffrents au sort des rfugis juifs. Nous en avons de multiples exemples. Nous avons chois celui qui va suivre, car il nous parat totalement dnu dhumanit. Il sagit du cas de la famille Klinger, auquel nous avons dj fait allusion en p. de notre rcit. Pour la bonne comprhension de la lettre adresse par lOffice cantonal des trangers, qui avait alors ses bureaux au 2me tage du btiment sis lAvenue Benjamin-Constant 2, il convient tout dabord de faire tat du contenu dune lettre-rponse de la CIL ce mme office: Lausanne, le 22 mai 1944 Office Cantonal des Etrangers 2, Av. Benjamin-Constant Lausanne Messieurs, Conc. : Madame Klinger Me rfrant notre entretien tlphonique de ce jour, je me permets de vous confirmer ce qui suit et de rectifier une petite erreur ! Ce nest pas le passeport de la susnomme qui est chu, mais bien le permis de domicile. Le passeport de Madame Klinger a perdu sa validit depuis plus de 10 ans et le permis de domicile tabli Madame Klinger sur lacte dorigine. Ce dernier date du 1938 et est valable jusquen 1948. La susnomm est venue en Suisse en 1926 et habite Lausanne depuis 1933. Nous esprons que vu le fait que le permis de domicile a t dlivr la susnomm, non pas sur un passeport, mais bien sur son acte dorigine, vous voudrez bien lui renouveler son permis de domicile. Celui-ci a dailleurs toujours t renouvel jusqu prsent sur prsentation de lacte dorigine. Nous vous remercions davance (...): .... et voici la rponse qui est apporte ce courrier par lOffice cantonal des trangers : Lausanne, le 26 mai 1944 Communaut isralite de Lausanne Messieurs, En rponse votre lettre du 22 courant, nous vous informons que le cas de Mme Franziska KLINGER ne se prsente pas comme vous lavez indiqu par tlphone. En effet, lintresse, qui est veuve, doit, pour conserver son permis dtablissement, prsenter une pice de lgitimation qui soit conforme son tat-civil actuel (ndrl : elle a perdu son mari en 1943). Elle doit donc soumette au consulat dAllemagne lacte dorigine de son mari dfunt dans lequel elle figure afin que linscription ncessaire puisse y tre apporte. Dame Klinger voudra-t-elle entreprendre cette formalit ? Veuillez lui poser la question. En tout tat de cause et si la susnomme ne pouvait pas produire dacte dorigine personnel, nous devrions la soumettre au rgime de la tolrance et exiger quelle dpose la banque cantonale vaudoise une somme de Fr. 5000.- titre de garantie. Veuillez agrer (...) Sign : office cantonal de contrle des habitants et de police des trangers, Dumuid Le cot total de lentretien des Juifs rfugis en Suisse se monte environ 55 millions de francs. 10 millions seront financs par les Juifs suisses et 45 par les Juifs trangers, essentiellement lAmerican Joint Distribution Committe, usuellement appel le Joint. Cet entretien financier durera de fait bien au-del de 1945. La police fdrale des trangers, par lentremise du Dr Heinrich Rothmund, se fera fort destimer que cette obligation dcoulait de celle qui fut prise en 1933. Les Juifs suisses navaient une fois encore pas le choix. A Lausanne, beaucoup de membres de la communaut ont oeuvr pour atteindre un seul but : accueillir et ainsi sauver un maximum de leurs coreligionnaires. Il nest pas possible de les citer tous. Cependant, on se doit de mentionner le prsident Gustave Dreyfuss et son pouse Hedwige qui se dpensrent sans compter pour la survie de leurs coreligionnaires pourchasss par Hitler. Si nous voulons respecter les normes que nous nous sommes fixes, nous ne devrions pas aller au-del de lanne 1948. Toutefois, nous nous permettrons de faire une entorse cette limite en ce qui concerne les rfugis. Nous allons examiner la situation jusquen 1953, date butoir en la matire. Au-del, la plupart dentre eux ont quitt la Suisse. Dautres ont obtenu lasile permanent, avec lobligation pour les communauts de continuer pourvoir partiellement ou compltement leur entretien sur le sol helvtique. Tel a t la volont de Heinrich Rothmund dans limmdiat aprs-guerre et jusqu son dpart forc en 1954. Le 21 janvier 1949, les responsables de la CIL requirent de leurs membres par lettre quils versent au minimum 50 100 francs pour la collecte en faveur des rfugis et des oeuvres daprs-guerre. A cet gard, il ressort en substance ce qui suit dun rapport rdig en septembre 1949 par le Verband Schweizerischer Jdischer Flchtlingshilfe (V.S.J.F). De la prise de pouvoir de Hitler le 31 janvier 1933 fin aot 1949, 67 millions de francs suisses ont t dpenss en Suisse pour les rfugis. Le V.S.J.F. y a consacr environ 54 millions en 16 ans et demi. De fait, sur les 67 millions de francs susmentionns, 57 millions ont t verss par des fonds juifs. 45 millions environs proviennent du Joint amricain. Les Juifs de Suisse ont donc contribu aider leurs coreligionnaires victimes du nazisme par quelque 10 millions de francs. Il sagit-l dune somme norme, compte tenu du fait que la Suisse ne compte quenviron 18000 Juifs, dont 3700 sont des membres de communauts. Durant cette mme priode, la Confdration suisse ont dpens 125 millions de francs pour lensemble des rfugis, dont aucune somme na t attribue aux Juifs jusquen 1942 au plus tt. Le nombre le plus important de rfugis et migrants juifs quil y ait eu en Suisse se monte 25000 personnes (enregistres auprs du V.S.J.F.). Environ 9700 parmi eux ont t entretenus en tout ou partie. Lauteur du rapport rappelle que, pour le premier flux de rfugis, qui est arriv jusquen 1942, le Gemeindebund, au nom de tous les Juifs de Suisse, sest engag subvenir lentretien des Juifs pourchasss par les nazis qui entreraient en Suisse. La Confdration participa cet entretien en 1942, ds linstant o il fallu faire face des arrives trs importantes de Juifs de France et dItalie. La Confdration mis alors sur pied des camps dinternement et de travail. Les Juifs de Suisse, par lintermdiaire de leurs instances, mirent tout en oeuvre pour que ces migrants et ces rfugis civils voient leurs conditions de vie allges et puissent, notamment, sortir parfois des camps de travail et dinternement. Ils furent aids sur le plan financier dans cette entreprise par les lgations hollandaises et polonaises en Suisse. De mme, la communaut juive de Suisse obtint un mme soutien de la part du pasteur Paul Vogt (Freiplatzaktion). Par ailleurs, il faut relever que le SchweizerischeHilfswerk fr Emigrantenkinder a entretenu des centaines denfants juifs. Cet effort doit tre soulign. Si les lgations polonaise ont fait parvenir des fonds un moment donn, cet effort avait cess depuis bien des annes en 1949. Or, cette poque, il y avait encore 270 Juifs migrants et rfugis polonais en Suisse. la SchweizerischeHilfswerk fr Emigrantenkinder ayant t dissoute en 1947, lentier de lentretien des enfants juifs polonais a t report sur le judasme helvtique. A la fin de la Deuxime Guerre Mondiale, les Juifs suisses ont d prendre dautres obligations en charge : les jeunes gens sortis vivants des camps de concentration, les et les victimes de la guerre, provenant pour une part importante des pays de lEst. Ces personnes taient souvent gravement atteintes dans leur sant , elles souffraient souvent de tuberculose. Ces personnes taient bien entendu dmunies de tous moyens matriel, ne sachant plus o aller, ne pouvant pas retourner en ltat dans leur pays dorigine. Sur les 2500 Juifs enregistrs auprs du V.S.J.F. en septembre 1949, 160o personnes sont entretenues. 1400 le sont entirement (dont 200 Juifs arrivs aprs la fin de la guerre) et 200 partiellement. Si certains ne sont pas la charge de la V.S.J.F, ils lui demande frquemment aide et conseil sur le plan non financier. En fait, pour les 6 premiers mois de 1949, le V.S.J.F. a dbours 2,5 millions de francs, soit 1500 francs par personne environ, ce qui reprsente une moyenne de 250 francs par personne et par mois. 10 % de cette somme concerne les frais administratifs. Ce montant correspond peu de chose prs celui qui est la charge des organisations caritatives non-juives telles que Caritas et la Schweizerische Arbeiterhilfswerk (225 francs par mois, sans compter les frais administratifs). En 1949, 700 des personnes subventionnes par le V.S.J.F. sont ges de plus de 50 ans. Parmi les 800 autres, qui sont gs de 15 50 ans, 200 ont entre 40 et 50 ans. Par ailleurs, 150 sont des enfants. Sachant combien il est difficile de pouvoir migrer intercontinentalement lorsquon a plus de 45 ans, quon est dmuni et que souvent, on est gravement atteint dans sa sant, il faut en infrer que le nombre des rfugis et migrants juifs la charge du V.S.J.F. ne baissera pas lavenir en dea de 1000. Voici la rpartition des destinations pour lesquelles les 2500 Juifs enregistrs auprs du V.S.J.F se sont inscrits en 1949 : Afrique du Sud11Argentine3Australie45 Brsil4Canada19Colombie1Curaao1Chili1Equateur3Isral188Mexique1Paraguay4Uruguay3U.S.A.444Total788 Parmi ces 788, 305 taient la charge du V.S.J.F en septembre 1949. Les autres taient des personnes entretenues par dautres organisations juives, telles que lOSE (Oeuvre de Secours aux Enfants), dont la structure relative aux formalits de dpart tait assume techniquement par le V.S.J.F., ou par des migrants ou des rfugis qui ntaient pas la charge de la collectivit. Par ailleurs, il faut savoir que lmigration vers les U.S.A. tait tributaire de quotas, partant dattentes de 1 3 ans pour lobtention du visa dentre (= Greencard). Ds lors, un certain nombre de personnes inscrites pour partir vers Isral partirent vers les U.S.A. ds linstant o elles se virent attribuer un droit de sjour l-bas. En Suisse, constate le rapporteur, la question de lobtention dune autorisation de travail demeure sans solution satisfaisante. Il considre (et nous le suivons en cela) que si ces personnes avaient pu travailler ds leur arrive en Suisse - certains taient prts les embaucher - comme cela avait t le cas dans dautres pays, on aurait fait lpargne de leffet terriblement dmoralisateur des gens dsoeuvrs, alors mme quils sont dj dans laffliction du drame quils venaient de vivre et, trs souvent, de la perte des leurs dans la tourmente nazie. Ce problme semblait avoir commenc se rsoudre la fin de la guerre, car les autorits avaient adoucis leurs interdictions et dlivr des permis de travail quelques centaines de rfugis et aux migrants. Toutefois, la situation conomique difficile en Suisse avait rapidement frein cet assouplissement. Ainsi, les procdures redevinrent vite pointilleuses et chicanires, ce qui a amen bon nombre de ceux qui avaient pu trouver un travail le perdre.. et se retrouver nouveau la charge de la V.S.J.F. Or, prcise le rapporteur de la V.S.J.F., cette poque, la Suisse occupait 150 travailleurs immigrs. Au vu de ce nombre, il eut t facile dy ajouter ceux des 2600 Juifs rescaps de la Shoah qui, ntant pas trop gs, invalides ou malades, taient mme dexercer une activit lucrative dans notre pays. Ces personnes auraient pu travailler dans les professions o lon manquait de monde. Peu importe que cela ait correspondu leur formation de base, pour autant bien sr, quelles aient t aptes effectuer ces tches. Il est vident quun mdecin peut par exemple tre employ comme infirmier. Il est vrai cependant que les migrants et les rfugis juifs en Suisse ntaient pas des habitus des travaux agricoles ou des emplois dans lindustrie lourde. Ils connaissaient mieux le domaine des petites industries et de lartisanat (fourreurs, tailleurs, potiers dart, modistes, fonctionnaires dans des organisations juives (ndrl : cause des problmes de langue, beaucoup dentre eux ne parlaient pas franais). Ces difficults de trouver du travail ont amen la V.S.J.F. constater, en septembre 1949, quenviron 400 de ces personnes devraient quitter la Suisse, parce quil ntait plus possible de les aider financirement et que, depuis 1933, les autorits suisses avaient clairement nonc quelles ne les acceptaient sur leur territoire que pour y transiter. Plus dune centaine de ces personnes, qui auraient pu partir pour Isral, mais ne le dsiraient pas, recoururent contre la dcision de la V.S.J.F. auprs du Gemeindebund. Le rapporteur ajoute que les autorits suisses ont accord lasile durable 600 de ces personnes fin 1949 et que quelques centaines de dossiers sont encore lexamen. Certains cantons se montrent plus ouverts que dautres pour accueillir ces Juifs rfugis que dautres. Genve, par exemple, na octroy lasile permanent personne. Dautres ont refus lasile, mais ont propos de dlivrer des permis dtablissement pour des raisons matrielles videntes (ndrl : lasile cote cher aux cantons et la Confdration, le permis dtablissement, ou permis C, permet son dtenteur davoir libre accs au march du travail). Par ailleurs, cette poque, il tait possible de ne pas renouveler le permis de sjour dune personne sans travail, lorsque la possibilit de retourner dans son pays dorigine lui tait offerte ou tait possible. Ce rapport conclut que les frais inhrents lentretien des rfugis et migrants juifs en 1949 avoisineraient les 5 millions. Un million serait pris en charge par la Confdration (division de police du Dpartement fdral de justice et police), 500000 francs, par les cantons et des tiers, 500000 francs par les Juifs suisses, 500000 francs par les dernires rserves du V.S.J.F. et 2 millions et demi par le Joint amricain. Quant aux prvisions pour lanne 1950, elles taient budgetes 4 millions daprs les calculs de cette dernire organisation (1,5 millions la charge de lEtat, plus de 500000 francs la charge des Juifs suisses et 2 millions celle du Joint). Quant celles pour 1951, le rapporteur estime que le budget prvoir devrait baisser 3 millions, puis quelque 2 millions 2 millions et demi pour les annes suivantes. Il semble par ailleurs vident que lentretien des migrants et des rfugis juifs continuera grever les budgets des associations et des communauts juives raison de millions, puis de centaines de milliers de francs. Il paraissait vident au V.S.J.F. en 1949 que les cercles non juifs ne sont plus mme daider les Juifs. En septembre 1949, les responsables du V.S.J.F. se disent persuads que Joint fera tout ce quil pourra et que les organismes caritatifs juifs feront de mme, comme ils lont dailleurs toujours fait depuis le dbut de la tourmente nazie. Le Gemeindebund a donc la lourde tche dorganiser le V.S.J.F. de manire ce quil puisse assurer avec les communauts juives de Suisse pour aider les migrants et rfugis juifs de la premire heure. Il parat utile de mettre un organisme particulier sur pied cette fin. Le rle de celui-ci sera notamment dtablir une cl de rpartition des charges entre les diffrentes communauts pour assumer ces charges. La nouvelle organisation devra logiquement mettre sous la responsabilit morale et financire des communauts les migrants et rfugis de la premire heure et grer la rpartition des frais pour les suivants. En outre, les communauts devront garder les frais administratifs lis ces personnes leur charge. Ainsi, le V.S.J.F. aura un peu plus dair pour voir venir les choses. LE DROIT SUISSE ET LES DISCRIMINATIONS DES JUIFS La Constitution fdrale de 1848 La Constitution fdrale de 1848, qui est la plus ancienne constitution crite d'Europe encore en force. Or, elle maintient la diffrence de droits entre Juifs et Chrtiens. Ces discriminations vont durer jusquen 1866. Ce texte juridique fondamental garantit la libert d'tablissement (article 41), l'galit devant la loi et les tribunaux (article 48) et le libre exercice du culte (article 44) aux seuls Suisses de religion chrtienne. Il y a l contradiction avec le principe dgalit de traitement consacr larticle 4 de cette mme constitution. Larticle 41 nonait en effet ceci : " La Confdration garantit tous les Suisses de l'une des confessions chrtiennes le droit de s'tablir librement dans toute l'tendue du territoire suisse, conformment aux dispositions suivantes : 1. Aucun Suisse appartenant une confession chrtienne ne peut tre empch de s'tablir dans un canton quelconque, s'il est muni des pices authentiques suivantes (...)" Quant larticle 48, il dispose que : "Tous les cantons sont obligs de traiter les citoyens de l'une des confessions chrtiennes ressortissant des autres Etats confdrs comme ceux de leur Etat, en matire de lgislation et pour tout ce qui concerne les voies juridiques" Cette situation nest pas remise en cause lintrieur de notre pays, hormis par les Juifs eux-mmes. Ce n'est que sous la pression de ltranger que la situation va changer, jusqu donner lgalit de droits aux Juifs en 1866. Enfin, le dernier bastion ingalitaire, celui de la libert de croyance, qui figure larticle 44, va cesser dexister ds la rvision complte de la constitution en 1874. Les ingalits faites aux Juifs en 1848 constituent des marques videntes d'antismitisme. Elles sont dans le droit fil de ce que les Juifs ont vcu depuis le Concile dElvire en 306 aprs J.-C. Dans son ouvrage intitul "L'individu et l'Etat dans l'volution constitutionnelle de la Suisse", le Professeur William Rappart explique notamment que cette ingalit par rapport aux Chrtiens faisait partie de l'air du temps, qu'elle tait conforme la volont "de la majorit nationale". Il faut rappeler que bon nombres d'hommes politiques, tels le Conseiller national, puis aux Etats, argovien Augustin Keller (1805-1883) ont oeuvr pour que ces ingalits disparaissent. Ce furent d'ailleurs les Juifs argoviens, qui obtinrent les premiers l'galit des droits. Ces derniers ont constitu trs tt les communauts de Lengnau et de Endingen, qui sont les plus anciennes de Suisse. De facto, voire de jure, les Juifs suisses bnficirent souvent de la libert d'tablissement avant que celle-ci ne soit consacre sur le plan fdral . Dans les faits, l'galit des droits entre Juifs et Chrtiens fit son chemin petit petit au gr de l'air du temps et des vnements. Bien entendu, les Juifs protestrent eux-mmes propos des ingalits et des exclusions qu'ils subissaient. La question pose par le statut des droits des Juifs cra des frottements intercantonaux importants. On peut citer ceux qui surgirent entre les cantons d'Argovie et de Lucerne de 1849 1851 et d'Argovie et de Zurich de 1852 1856. Il faut relever que ce dernier diffrent provoqua une enqute mene par le Conseil fdral dans tous les cantons suisses. Celle-ci dboucha en premier lieu sur un rapport prsent l'Assemble fdrale le 26 mars 1856 . A la suite de ce rapport, l'Assemble fdrale adopta l'arrt fdral du 24 septembre 1856, qui tait favorable la condition des Isralites En fait, le Conseil fdral avait tout d'abord cherch obtenir une abolition bas bruit et sans manifestation externe. Il avait pri, par voie de circulaire, les cantons qui avaient recours ces discriminations l'encontre des Juifs confdrs d'y renoncer. Ces derniers, ou certains dentre eux n'ayant pas voulu entrer dans cette optique, le Conseil fdral fut contraint d'agir plus ouvertement. A cette occasion, il proposa en l'espce : "d'abolir dfinitivement et expressment certaines restrictions qui ne sont plus compatibles ni avec l'esprit de la Constitution ni avec l'esprit du temps. Le peuple suisse, qui instruit par l'exprience, a beaucoup appris et beaucoup oubli, n'hsitera pas sans doute admettre les citoyens de son pays qui n'ont cess de partager ses destines, aux bnfices que l'on a appris et que l'on continuera d'accorder aux citoyens d'autres Etats" Enfin, en 1864, la Suisse conclut avec la France un Trait d'tablissement et de commerce franco-suisse qui s'tendait tous les Franais sans distinction de religion. La France s'engagea, sous condition de rciprocit, accorder la libert d'tablissement aux citoyens helvtiques. La position helvtique relative l'ingalit de traitement face ses concitoyens isralites ne pouvait plus durer. La situation rserve aux Franais de confession isralite a en fait oblig la Suisse "dans le mme moment o la frontire tait ouverte aux Isralites franais, enlever la dernire barrire leve pour les Isralites suisses aux frontires cantonales". A dfaut, les trangers auraient t mieux traits que les nationaux en matire de droit l'tablissement. Aprs avoir procd une consultation des cantons ce propos , le 1er juillet 1865, le Conseil fdral adressa un message l'Assemble fdrale. Ce message proposait diffrentes modification de la Constitution fdrale de 1848 . Il s'agissait notamment de changer les dispositions sur la libert d'tablissement, en l'tendant tous les Suisses, quelles que soient leurs croyances religieuses. Ces propositions furent adoptes par l'Assemble fdrale le 19 novembre 1865 dans une loi fdrale. Toutefois, il faut souligner que seules les questions relatives l'galit de tous les Suisses devant la loi et la libert d'tablissement vont trouver grce devant le peuple et les cantons. Ils acceptent, le 14 janvier 1866, les nouveaux article 41 et 48 Const. fd. qui disposent que : " Article 41.- La Confdration suisse garantit tous les Suisses le droit de s'tablir librement dans toute l'tendue du territoire suisse, conformment aux dispositions suivantes. 1. Aucun Suisse ne peut tre empch de stablir dans un Canton quelconque, s'il est muni des pices authentiques suivantes : a) d'un acte d'origine ou d'une autre pice quivalente; b) d'un certificat de bonnes moeurs, c) d'une attestation qu'il jouit des droits civils et qu'il n'est point lgalement fltri"" "Article 48.- Tous les cantons sont obligs de traiter les citoyens des autres Etats confdrs comme ceux de leur Etat en matire de lgislation et pour tout ce qui concerne les voies juridiques". Si l'galit de traitement est ainsi ralise en matire d'tablissement et d'galit devant la loi, tel n'tait pas le cas en matire de libert de culte et de droits politiques. De fait, le second cas dcoule de l'ingalit confessionnelle. En 1878, c'est une fois encore l'occasion de la signature et de la ratification d'un trait international que le problme de l'ingalit de traitement des Juifs rsidant en Suisse en gnral des Juifs en matire de la libert de conscience se pose. Cette fois, il sagit dun accord signer avec la Roumanie. Linterdiction de labattage rituel Nous venons de voir que lingalit des droits entre Juifs et Chrtiens en matire dtablissement et de droits politiques disparat. Tel est galement, sur le papier, le cas de la libert confessionnelle. Or, une initiative constitutionnelle va entraver cette dernire libert en introduisant linterdiction de labattage rituel en 1898, la suite dune initiative constitutionnelle. Nous avons jug utile de prciser que labattage rituel se traduit par les termes de Scherita en hbreu, et de Schchten ou Schechten en judo-alsacien). Si ces questions ne constituent pas l'objet mme de ce rcit sur la vie de la communaut juive de Lausanne, elles y sont naturellement lies. Il convient donc que nous nous y arrtions avant de rentrer dans l'histoire de la communaut. Cette mesure doit, selon nous tre considre comme une mesure caractre antismite. Le conseiller fdral Louis Ruchonnet, s'oppose galement cette interdiction. L'histoire de l'article 25 bis de la Const. fd. qui consacre l'interdiction de ce mode d'abattage, et partant cette limitation de la libert de croyance, est qualifi par le Prof. Aubert de tristement clbre. L'introduction de cet article fit suite une initiative populaire, elle-mme issue de recours cantonaux interjet par les Juifs au sujet de cette prohibition dans leur canton de domicile. Ces recours cantonaux se fondait sur une violation de l'article 50 Const. fd. qui consacre la libert religieuse. Cette situation inquite la communaut juive de Suisse. Preuve en est cette lettre que nous reproduisons dans son entier : Nous trouvons en 1892 une lettre concernant l'initiative de la socit protectrice des animaux contre l'abattage des bestiaux. "Monsieur Marc Dreyfus Prsident de la Communaut isralite de Lausanne, Ble 28 octobre 1892 Monsieur le Prsident ! Les dlgus de tous les Isralites de la Suisse dans leur runion Olten du 26 juin dernier ont pris la rsolution de laisser reposer la question aussi longtemps que la demande d'initiative contre l'abattage des bestiaux de la socit protectrice des animaux n'aura pas obtenu les 50000 signatures ncessaires. On a en mme temps dcid que le soussign devra convoquer une nouvelle assemble de dlgus Isralites au cas o le chiffre requis serait atteint, afin de dlibrer sur les dmarches faire et sur les rsolutions prendre. Malheureusement les 50000 signatures sont dpasses de moiti. Le danger est bien grand non seulement pour les Isralites de la Suisse mais aussi pour tous nos coreligionnaires du monde entier, car si la libre Suisse donnait l'exemple de l'intolrance par une dfense de l'abattage des bestiaux suivant le rite isralite, l'antismitisme saisirait certainement cette occasion pour provoquer une agitation contre nos institutions religieuses. J'ai reu de diffrents cts de la Suisse et d'autre pays des encouragements et des invitations de ne rien ngliger pour parer ce coup qui nous menace. Notre devoir est donc de nous prparer et de faire notre possible pour anantir les dessins de nos adversaires. J'ai consult a cet effet plusieurs amis influents qui nous conseillent d'attendre la fixation par les assembles fdrales du jour de la votation du peuple suisse qui devra avoir lieu sur cette question. Les assembles se runiront au mois de dcembre prochain. Nous devons alors rpandre des publications en masse bien motives et rdiges sans jactance et faire prendre fait et cause pour nous par des journaux influents afin de nous rendre favorable l'opinion publique. Ces dmarches demanderont du temps du travail et de l'argent. D'aprs des renseignements reus de source comptente, les dpenses faire sleveront de fr. 25 30000.--. Je me suis adress des amis trangers qui s'intressent cette importante affaire et j'ai reu l'assurance de leur concours. Pour nous Isralites de la Suisse, nous devons avant tout runir nos forces comme nous l'avons fait par notre ptitionnement efficace au conseil fdral, afin de recueillir les sommes ncessaires pour la dfense de nos droits. En suite de la mission reue de l'assemble Olten, je m'adresse donc toutes les communauts isralites en Suisse avec les propositions suivantes. 1.) Je convoque une nouvelle runion de dlgus isralites Olten pour dimanche 27 novembre prochain, afin de discuter sur les dmarches faire contre la demande d'initiative de la socit protectrice des bestiaux et de prendre des dispositions dfinitives cet effet. 2.) Toutes les communauts sont invites de munir leurs dlgus de de pleins pouvoirs aux fins de les engager payer leur quote-part de tous les frais et dpenses que cette affaire occasionnera. Les quotes-parts payer seront fixes par une commission spciale qui sera nomme par l'assemble des dlgus du 27 novembre. Je vous prie Monsieur le Prsident de vouloir bien me dsigner par lettre avant le 10 novembre les noms des personnes que vous avez dlgues et en mme temps de me faire savoir si nous pouvons compter sur votre concours. Dans l'attente de vos nouvelles favorables je vous prsente, Monsieur, mes salutations bien empresses. De fait l'article 25 bis, insr dans la Const. fd. le 20 aot 1893 nonce que : "Il est expressment interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir tourdis pralablement; cette disposition s'applique tout mode d'abattage et toute espce de btail." Le Professeur W. Rappart considre qu'il s'agit l d'une mesure antilibrale. Tout comme le Professeur J.-F. Aubert, nous pensons que la rvision constitutionnelle qui introduisit cette interdiction en 1893 relve d'une pousse d'antismitisme. Elle se calquait sur des propositions dj en vigueur en Allemagne. On a tent de justifier cette interdiction par la crainte que l'animal gorg ne souffre plus que celui qui est assomm ou tu au pistolet. Dans un arrt de 1907, le Tribunal fdral a jug que l'abattage de volaille selon le mode isralite ne tombe pas sous le coup de l'interdiction introduite par l'article 25 bis Const. fd. Au contraire, prcise la Haute Cour helvtique, la prohibition de ce mode d'abattage violerait la libert de culte qui est garantie par l'article 50 Const. fd. Il faut aussi relever qu'en 1912, la communaut isralite de Suisse adressa au Conseil fdral une ptition visant soumettre lAssemble fdrale une projet de rvision de l'interdiction de l'abattage rituel. Les ptitionnaires fondaient leur requte sur le fait que depuis que la prohibition de ce mode d'abattage avait t lev en Saxe en 1910, la Suisse tait le seul Etat d'Europe la maintenir. Le 19 dcembre 1913, le Conseil fdral refusa de donner suite la ptition, en allguant qu'il lui paraissait peu vraisemblable que le peuple accepte de rtablir l'autorisation de la Scherita. Les autorits fdrales se montrrent pour le moins trs fermes dans le respect de cette interdiction. En effet, au vu des interdictions d'exportation qui furent la consquence du dbut de la Premire Guerre Mondiale, les Juifs suisses ne purent plus acheter de la viande casher importe de France. Ds lors, les Juifs neuchtelois demandrent leur Conseil d'Etat de permettre la pratique de la Scherita. Le Conseil d'Etat neuchtelois se montra favorable cette requte. par contre, le Conseil fdral s'y opposa. Le 11 aot 1914, ce dernier rpondit au gouvernement neuchtelois qu'aucune drogation ne pouvait tre admise cette interdit. Il chargea par la suite le dpartement de l'intrieur de rpondre de la mme manire une demande ultrieure identique. Une nouvelle demande fut dpose dans ce sens par la communaut juive suisse le 1er mars 1918. Il s'agissait d'obtenir une drogation jusqu' ce que les importations de viande casher puissent reprendre, les Juifs suisses ne pouvant plus amener leur btail en France pour la faire abattre selon le mode rituel au vu de la fermeture des frontires et des pizooties. Le Conseil fdral accda cette demande sous certaines conditions. Il promulgua l'arrt suivant le 23 mars 1918 : Toutefois, le Dpartement fdral de justice et police prcisa par voie de circulaire, le 17 juin 1918, aux cantons qu'ils ne sauraient autoriser la Scherita sans son autorisation pralable. Il l'a donna aux cantons de Vaud et de Lucerne. Le dpartement de justice et police refusa par contre de donner une telle autorisation pour le canton de Ble en dcembre 1918. Cette autorisation potentielle fut abroge et l'interdiction totale de la Scherita rtablie le 10 novembre 1919 pour entre en vigueur le 1er janvier 1920. L'interdiction de la Scherita fut finalement dfinitivement rtablie le 15 avril 1920. Il ressort de la thse de Madame Christiane Lauener sur la communaut juive d'Avenches que, les Vaudois se montrrent peu sensibles aux arguments prsents par les initiateurs. Seuls 772 signatures furent rcoltes sur tout le territoire du canton. Le Conseil d'Etat ne s'y montra pas plus favorable. Dans son rapport sur les affaires fdrales prsent en mai 1893, il se rallie entirement l'opinion exprime par le Conseil national qui propose de refuser l'initiative voulant interdire l'abattage rituel. La presse vaudoise se montra galement dfavorables cette interdiction. Tous les journaux du cantons, toutes tendances politiques confondues recommandrent de voter contre cette initiative. Les Vaudois, tout comme le Conseil national estimaient en premier lieu qu'il s'agissait l d'une atteinte la libert de culte, puisque la Scherita est un lment religieux essentiel du judasme. Les naturalisations S'agissant des naturalisations, il ne faut pas oublier que les Juifs ont t discrimins en la matire de 1910 1948. En effet, peu de gens savent que le timbre "J" invent par la Suisse pour dmarquer les Juifs des autres personnes provenant du Reich en 1938 n'tait pas un coup d'essai. Ds 1910, le Dpartement politique fdral, qui traite les naturalisations, fait apposer l'encre ou au crayon un "J" , puis une toile de David rouge entoure d'un cercle rouge sur les demandes de naturalisation prsentes par des Juifs. Le protocole sign par les autorits du Reich et de Suisse les 28 et 29 septembre 1938, l'initiative insistante de celle-ci, prvoyait une mesure tout--fait similaire, savoir que "tous les passeports des ressortissants du Reich de race juive qui doivent servir franchir la frontire ou sjourner l'tranger devaient tre munis le plus rapidement possible d'un signe indiquant que le titulaire tait juif. Le gouvernement allemand se rserva d'ailleurs une clause de rciprocit concernant les Juifs suisses. C'est ainsi que le "J" connut un second pisode dans notre pays.... La Confdration discrimine dj les Juifs en matire de naturalisation dans les annes 1930. Bien entendu, il s'agit l d'une pratique qui n'a aucun fondement juridique. Celle-ci a t mise sur en place par les chefs de la police des trangers. Ces mesures sont encore renforces par la suite. Les autorits fdrales demandent en effet aux Juifs tablis en Suisse d'tablir la preuve qu'ils taient domicilis depuis 20 ans dans notre pays. Cette discrimination se double en 1941, d'un "numerus clausus" du nombre de naturalisations accordes aux Juifs. Instaur par Max Ruth. 1er adjoint auprs de la division de police et spcialiste des naturalisations, elle est connue l'intrieur du service sous le nom de "Ruthsche Kategorie". Elle fixe 12 au maximum les naturalisations de Juifs pour l'ensemble du territoire suisse. Ce chiffre reprsente un maximum qui ne peut tre atteint que si l'administration estime qu'un tel nombre de Juifs est suffisamment "assimils" pour "mriter" d'obtenir la naturalisation. Ce n'est qu'en 1946, qu'on commence douter de la lgitimit de la "Ruthsche Kategorie". De mme, les fonctionnaires avaient t amens faire usage des termes "aryen" et "non-aryen" dans le langage officiel. Le texte prcise exactement que "les Juifs et les Juives ne sauraient obtenir plus que 12 autorisations de naturalisation par anne" Cette pratique a t prcde de multiples autres discriminations en matire de naturalisations des Juifs. Nous avons tout d'abord nonc, ds 1910, les demandes qu'ils prsentent portent mention d'un "J" ou d'une toile de David entoure d'un cercle. Sur le plan cantonal une pratique, puis une loi zurichoise instaurent une ingalit de traitement dans les conditions formelles imposes aux Juifs de l'Est tablis dans le canton. Alors que les autres personnes doivent tablir la preuve d'une domiciliation de 10 ans, celle des Juifs de l'Est porte 15 ans. Rothmund, qui considre ces dernier comme nous l'avons expos comme des "lments indsirables et inassimilables" adopte ces conditions discriminatoire comme pratique fdrale en automne 1926, sans mme en rfrer au Conseil fdral. Il l'tablit donc en se fondant sur de simples directives, qui n'ont bien entendu aucun fondement juridique. Interrog au sujet de cette exigence, Rothmund nonce sans ambages "qu'il s'agit bien d'une dure de sjour minimum" et que, pour les "Juifs de l'Est typiques, qui continuent voluer dans leur milieu, la premire gnration arrive en Suisse ne doit pas tre autorise dposer une demande de naturalisation.". Or, cette mme priode, le nombre de naturalisations de personnes non-juives atteignait un chiffre record. 3'800 personnes tablies en Suisse depuis 10 ans ont obtenus la naturalisation suisse. En outre, il est patent que les conseils communaux donnaient moins de voix aux candidats juifs la naturalisation, ou qu'ils les refusaient tout simplement. Les migrants, rfugis, passants et tudiants trangers Lausanne de 1933 1946 Au vu des risques de disparitions des donnes, il nous a paru utile de coucher une fois sur papier les noms de ceux qui, victimes du nazisme, ont sjourn Lausanne durant cette terrible priode. Nous esprons avoir runis ici un maximum de ces noms et nous excusons par avance de ceux que nous avons omis de mentionner faute de donnes suffisantes. en 1933 - Mme Clara Plarsky, de Varsovie, remis 10 francs, - M. Walther Kahn, allemand, remis 10 francs, - Mme Julie Guth, de Budapest, remis 10 francs, - M. Dezo Deneberg, de Nuremberg, remis 10 francs, - M. Alfred Meyer, passeport allemand, remis 10 francs, - M. Judas Haber, autrichien, remis 8 francs, - M. Jenkiel Jztamber (malade), remis 20 francs, - M. Salomon Kohn, passeport allemand, remis 5 francs, - M. Arthur Brand, remis 5 francs, - M. Ferwel Freurich, passeport polonais, remis 10 francs, - M. Zinfel Lebovic, passeport tchque, remis 10 francs. - M. Alfred Wortman, passeport autrichien, remis 15 francs, - M. Nachin Hilmann, passeport allemand, remis 5 francs, - M. Simon Weinberger Chasein, remis 5,65 francs, - Melle Tilly Spiegel, remis 15 francs, - M. et Mme Natham Czazkes, remis des billets pour Milan et la somme de 20 lires, soit un total de 72 francs, - M. Hugo Weiss, passeport tchque, remis 5 francs, - M. David Mueller, passeport tchque, remis 3 francs, - M. Victor Duvisch, passeport tchque, remis 3 francs, - M. Rachwil Neyman, passeport polonais, remis 2 francs, - M. Lon Jablonschky, passeport polonais, remis 10 francs, - M. Mauritib Goldstein, passeport roumain, remis 10 francs, - M. Heinrich Teszler, passeport roumain, passant, n en 1877, remis billet pour Genve et argent de poche, - M. David Wilder, passeport autrichien, passant, n en 1915, remis billet pour Berne et argent de poche, - M. Vigdor Pickholtz, passeport polonais, passant, n en 1914, remis 10 francs, billet pour Berne et argent de poche, - M. Paul Gahn, fils de Hermann, sans papiers, passant, n en 1900, dclaration de frontire de Flouny, remis billet pour Berne et argent de poche, - M. Leib Butka, passeport polonais, passant, n en 1906, remis billet pour Berne et argent de poche, - M. Eric Teuscher, venant de France en novembre, en transit par Genve, remis 5 francs, - M. Francis Katz, id, remis 10 francs, - M. Philippe Denter, id, remis 10 francs, - M. Martin Rubbin, hongrois, n en 1882, remis un billet demi-tarif pour Brigue en dcembre, - M. Petter Rubbin, id, n en 1914, en 1934 - W. Last, allemand, remis billet pour Berne et 3 francs, - M. Alter Sojka, allemand, remis billet pour Berne et 3 francs, - M. Julien Berdly, polonais, remis billet pour Zurich et 3 francs, - M. Adolphe Kaufmann, allemand, remis billet pour Zurich et 15 francs, - M. Isaak Spitzer, roumain, remis 5 francs - M. Albert Jacob, sarrois, remis billet pour Iselle et 12,05 francs, - M. Boris Schoroff, polonais, remis billet pour Genve et 12,30 francs, - M. Jacob Baumann, nationalit inconnue, remis billet pour Berne et 3 francs, - M. Michel Marcowies, polonais, remis billet pour Gene et 5,30 francs, - M. Samuel Rubbin, roumain, remis billet pour Genve et 1 franc en juin 1934, - M. Joseph Cimonovic, polonais, remis billet pour Genve et 3 francs en juin 1934, - M. (Mme ?) Edelmann, allemand, rfugi, remis billet pour Berne et 3 francs en juin 1934, - M. Elelis Vistava et famille, lithuaniens, remis billets pour Berne et 20 francs en juin 1934, - M. Ignace Weist, hongrois, remis 5 francs en juin 1934, - M. Alexandre Bekker, russe, remis 5 francs en juin 1934, - M. Zoltan Reintz, hongrois, remis billet pour Genve et 3 francs en juin 1934, - M. Joseph Lamm, polonais, remis billets pour Genve et 3 francs en juin 1934, - M. Chamm Gruszcanski, polonais, remis billet pour Genve et 5 francs en juin 1934, - M. Max Hutterer, allemand, remis billet pour Genve et 3 francs en juin 1934, - M. Otto Wolff, allemand, remis 10 francs en juin 1934, - M. Emmanuel Friedler, polonais, remis billet pour Genve et 2 francs en juin 1934, - M. Abraham Brandeis, allemand, remis billet pour Berne et 5 francs en juin 1934, - M. Joseph Spira, polonais, remis 5 francs en juin 1934, - M. Landau, polonais, remis 10 francs en juin 1934, - M. E. Kupferberg, polonais, remis billet pour Berne en juin 1934, - M. Plagmann, autrichien, remis billet pour Genve en juin 1934, - M. et Mme Wolk, autrichiens, remis 2 billets pour Ble en juin 1934, - M. Ladislas Bridly, hongrois, remis billet pour Berne et 3 francs en juin 1934, - M. Abraham Gelb, tchque, remis billet pour Genve en juin 1934, - M. Paul Fischer, russe, remis billet pour Genve en juin 1934, - E. Vermel, hongrois, remis billet pour Berne en juin 1934, - M. Jankiel, sans papiers nationaux, remis billet pour Genve en juin 1934, - M. Friedmann, autrichien, viennois, remis billet pour Genve en juin 1934, - M. M. Grossmann, allemand, remis billet pour Berne et 3 francs en juin 1934, - M. Friedrich, tchque, remis billet pour Genve en juin 1934, - M. I. Steiner, autrichien, remis billet pour Genve en juillet 1934, - Mme Anna Weiss, tchque, remis billet pour Genve et 3 francs en juillet 1934, - H. Videchi, allemand, remis billet pour Genve et 2 francs en juillet 1934, - E. Koffler, roumain, remis billet pour Neuchtel en juillet 1934, - S. Kurtz, roumain, remis billet pour Genve et 2 francs en juillet 1934, - F. Lang, roumain, remis billet pour Genve et 3 francs en juillet 1934, - W. Lobschutz, lithuanien, remis billet pour Genve en juillet 1934, - J. Kahane, polonais, idem, - H. Lanzer, tchque, idem - A. Haflhauer, autrichien, remis billet pour Genve et 2 francs en juillet 1934, - E. Lanzer, tchque, idem, - E. Hass, tchque, idem, - M. Alex Leib, tchque, remis billet pour Genve en juillet 1934, - F. Eltsch, remis un billet pour Fribourg en juillet 1934, - M. Karl Frankenberg, remis 5 francs en juillet 1934, - Mme Elise Waisblatt, remis 7 francs en juillet 1934, - Marguelie, hongrois, remis 5 francs en aot 1934, - Schlownick, polonais, remis 5 francs en aot 1934, - Gunther, allemand, remis un billet pour Evian et 2 francs en aot 1934, - Frolich, hongrois, remis un billet pour Genve en aot 1934, - Sternhell, roumain, remis un billet pour Genve, - Strachsel, roumain, remis un billet pour Genve et 2 francs en aot 1934, - Gettlich, franais, idem, - Weissblat, allemand, remis un billet pour Genve et 5 francs en aot 1934, - Genter Mose, allemand, idem, - Katz, allemand, remis 3 francs en septembre 1934, - E. Weinbraun, polonais, remis billet de train et 2 francs en septembre 1934, - B. Weisel, remis 10 lires en septembre 1934, - Laszcover, polonais, remis 6 francs en septembre 1934, - M. Wolf Rime, allemand, remis un billet de train en septembre 1934, - M. Abraham Flejner, polonais, remis un billet davion et 5 francs en septembre 1934, - Waechter, polonais, remis un billet de train et 3 francs en septembre 1934, - B. Grossmann, polonais, remis un billet de train et 2 francs en septembre 1934, - S. Rubin, roumain, idem, - H. Wyler, allemand, remis un billet pour Berne et 3 francs en octobre ou novembre 1934, - Gymbler, polonais, remis un billet pour Genve et 2 francs en octobre ou novembre 1934, - Jancolowitz, allemand, remis un billet pour Genve et 7 francs en octobre ou novembre 1934, - Sally Landau, polonais, remis un billet de train en octobre ou novembre 1934, - M. Samuel Goldinger, polonais, remis un billet de train en octobre ou ovembre 1934, - M. Charly Kaetz, provenant du Costa Rica, remis 5 francs en octobre ou novembre 1934, - M. Ernest Miltz, allemand, idem, - M. David Fried, tchque, idem, - M. David Stern, allemand, remis un billet pour Berne et 2 francs en dcembre 1934, - M. Siegfried Reppen, allemand, idem, - M. Ernest Freund, allemand, remis un billet pour Genve en dcembre 1934, - M. Wilhelm Biber, polonais, remis un billet pour Genve et 2 francs en dcembre 1934, - M. Abraham Steiner, allemand, remis un billet pour Genve et 2 francs en dcembre 1934, - M. Maurice Kowalensky, polonais, remis un billet pour Fribourg en dcembre 1934, en 1935 - H. Schmnlerzth, allemand, remis un billet pour Berne et 8 francs pour visa dans passeport en mars 1935, - W. Sznazjdermann, polonais, remis un billet pour Berne et 10 francs pour visa dans passeport en mars 1935, - Abelis Lipakis, lithuanien, remis un billet pour Ble, par Berne pour aller chercher un visa dans passeport en mars 1935, - M. Herchberg Zmeleu, remis un billet pour Brigue, - M. Kiel Nuchim Knobt, remis un billet pour Brigue, - Sally Frank, allemand, remis 10 francs pour visa dans le passeport en mars 1935, - M. Jol Juvener, allemand, remis un billet pour Zurich en avril 1935, - Sgmehr, allemand, remis 10 francs (pour visa dans passeport ?) en avril 1935, - Brenestock, allemand, n en 1912, remis un billet pour Genve, en avril 1935, - Faibuschwitz, allemand, remis 10 francs (pour visan dans passeport ?) en avril 1935, - M. Hermann Michel, allemand, n en 1889, remis un billet pour Berne en 1935, - M. Hug Franckel, allemand, remis 5 francs en mai 1935, - K. Lehner, allemand, remis 5 francs en mai 1935, - Koppel Hollender, polonais, remis 5 francs en mai 1935, - A. Kokensky, polonais, remis 10 francs en mai 1935, - M. Juda Leib, remis un billet pour Bienne et 10,20 francs pour visa sur passeport en mai 1935, - M. Oscar Low, remis un billet pour Berne et 2 francs en mai 1935, - M. Isidore Wolf, allemand, remis un billet pour Berne, en juin 1935, - M. Feigenbum, allemand, remis 5 francs en juin 1935, - M. Lopold Frank, allemand, idem, - M. Hermann Gottlieb, allemand, idem, - M. Adolphe Frind, allemand, remis un billet pour Berne et 3 francs en juin 1935, - M. Margot Spiegel, allemand, remis un billet pour Ble et 4 francs en juin 1935, - Kapitunsik, allemand, remis un billet pour Ble et 4 francs en juin 1935, - M. Albert Frend, allemand, remis un billet pour Ble et 5 francs en juin 1935, - Fr. Jeyjas, polonais, remis 5 francs en juin 1935, - Th. Meyer, remis un billet pour Genve en juin 1935, - Berco Berkovic, polonais, remis 4 francs en juin 1935, - M. Robert Langel, polonais, remis un billet pour Genve et un franc en juin 1935, - Mosck Mangel, polonais, remis un billet pour Genve et 3 francs en juin 1935, - Sally Katz, allemand, remis un billet pour Berne et 2 francs en juin 1935, - R. Alenbic, allemand, remis 15 francs en juin 1935, - Szpiesman, polonais, remis 5 francs en juillet 1935, - E. Schonkopf,tchque, remis un billet pour Berne et 1 francs en juillet 1935, - Chiel Tenzer, remis 7 francs en juillet 1935, - Sz. Lubelczyk, idem, - V. Josbosky, remis 8 francs en juillet 1935, - N. Hanser, allemand, remis 8 francs en juillet 1935, - M. Mangold, tchque, idem, - T. Majorczki, polonais, idem, - H. Rothefeizek, tchque, remis 5 francs en juillet 1935, - P. Weinberg, polonais, remis un billet pour Genve et 2 francs en juillet 1935, - S. Blum, franais, remis 3 francs en juillet 1935, - S. Milgron, tchque, remis 5 francs en juillet 1935, - M. Guinberg, allemand, remis un billet pour Genve et 2 francs en juillet 1935, - W. Landau, franais, remis 3 francs en juillet 1935, - H. Gruenstein, remis 3 francs en juillet 1935, - M. Lo Weiss, allemand, remis un billet de train et 2 francs en juillet 1935, - J. Klein, remis 4 francs en juillet 1935, - Mehrmann, allemand, remis 5 francs en septembre 1935, - J. Horn, allemand, idem, - A. Vasen, allemand, idem, - Szrulavitz, polonais, idem, - A. Berner, tchque, idem, - Ed. Stein, tchque, remis 13 francs en septembre 1935, - Edgrs Stein, tchque, remis 10 francs en septembre 1935, - M. Gelg, allemand, remis 5 francs en septembre 1935, - Sam. Breitenstein, allemand, idem, - Bender, polonais, remis un billet de train et 5 francs en septembre 1935, - Mme Reinmann, allemande, remis 30 francs en septembre 1935, - M. Paul Strobel, allemand, remis 5 francs en septembre 1935, - L. Horowitz, polonais, idem, - L. Rosenberg, allemand, remis 10 francs en septembre 1935, - A. Bohensky, polonais, remis 5 francs en septembre 1935, - Aronovici, polonais, idem, - B. Jeresck, polonais, remis un billet pour Berne en octobre 1935, - Camerzis, tchque, remis 5 francs en octobre 1935, - Jecovicic, polonais, remis un billet de train pour Berne en octobre 1935, - Gruenfeld, polonais, remis 5 francs en octobre 1935, - Pinelz, tchque, idem, - J. Rott, allemand, idem, - S. Felber, allemand, remis 10 francs en octobre 1935, - Brodchandel, allemand, remis 5 francs en octobre 1935, - Waerly, allemand, remis 10 francs en octobre 1935, - Moener, allemand, remis 5 francs en octobre 1935, - M. Paul Wahl, tchque, remis 6 francs en octobre 1935, - Schaefer, idem, - Branszaff, polonais, remis 10 francs en octobre 1935, - D. Fried, remis 5 francs en octobre 1935, - Drogczyner, polonais, remis 5 francs en octobre 1935, - Celniker, allemand, idem, - F. Rosenberg, roumain, remis un billet pour Berne en novembre 1935, - Davidowicht, roumain, remis un billet pour Berne e novembre 1935, - A. Protter, autrichien, remis 3 francs en novembre 1935, - S. Protter, idem, - Lon Kaplan, allemand, remis un billet pour Berne et 10 francs (visa pour passeport ?), - A. Rosenthal, allemand, remis un billet pour Berne et 4 francs en novembre 1935, - A. Messinger, remis 5 francs en novembre 1935, - S. Lebron, polonais, remis un billet pour Berne en novembre 1935, - Mme Livas, remis un billet pour Berne en novembre 1935, - Mr. Livas, tchque, remis un billet pour Berne et 8 francs en novembre 1935, - A. Beccer, russe, remis 3 francs en dcembre 1935, - J. Weiss, tchque, idem - D. Schwarz, hongrois, idem, - Schlusler, polonais, idem, - Schappiro, polonais, idem, - I. Ettinger, remis 5 francs en dcembre 1935, - L. Ostrowsky, polonais, remis un billet pour Berne et 3 francs en dcembre 1935, - H. Zilberis, tchque, remis un billet pour Genve et 3 francs en dcembre 1935, - S. Soyka, polonais, remis 10 francs en dcembre 1935, - M. Samuel Fink, remis 5 francs en dcembre 1935, - Lifschitz, polonais, idem, - Rondensky, polonais, idem, - Grabinsky, polonais, remis un billet pour Berne et 3 francs en dcembre 1935, - J. Stober, hongrois, remis 3 francs en dcembre 1935, - Rosenberg, allemand, idem, - Waegenberg, allemand, idem, - Jac. Stein, de Budapest, remis 5 francs en dcembre 1935, - Alsleben, allemand, idem, - I. Nikitis, hongrois, idem, - M. Max Landau, sans papiers, remis 10 francs en dcembre 1935, - H. Springer, hongrois, idem, - Willy Kohn, sans papiers, idem, - Rahnitzer, tchque, remis 5 francs en dcembre 1935, - Graetz, tchque, remis 20 francs en dcembre 1935, - Veistandig, allemand, remis 10 francs en dcembre 1935, - Tavinik, hongrois, idem - M. Richard Blan, remis 5 francs en dcembre 1935, - M. Samuel Bloch, idem, - G. Gundelfinger, idem, - M. Alfred Kaufmann, remis 10 francs en dcembre 1935, - M. Rubbin Plattener, remis 5 francs en dcembre 1935, en 1936 - M. Max. Junger, remis 10 francs en janvier 1936, - Jalislikowshi, polonais, remis 5 francs en janvier 1936, - Dertsche, allemand, idem, - Goliberger, allemand, idem, - Frydesen, polonais, remis un billet pour Genve en janvier 1936, - K. Klemen, tchque, remis 7 francs en janvier 1936, - Wy. Brenner, tchque, remis 10 francs en janvier 1936, - Alb. Braun, tchque, remis 5 francs en janvier 1936, - Mme Mina Israel, tchque, idem, - Mr Israel Guttmann, tchque, idem - Mme Heim, allemand, remis 10 francs en janvier 1936, - Freigenbaum, tchque, remis 10 francs en janvier 1936, - Sprechmann, polonais, remis un billet pour Berne en fvrier 1936, - Grossmann, allemand, remis 5 francs en fvrier 1936, - Loebel, allemand, idem, - Rachmil, polonais, idem, - A. Mischell, tchque, idem, - J. Gitsmann, polonais, idem, - S. Cohen, polonais, remis 10 francs en fvrier 1936, - M. et Mme Gelcheris, lithuaniens, remis un billet pour Zurich et 10 francs en fvrier 1936, - Ch. Klems, allemand, remis 5 francs en mars 1936, - J. Kiss, hongrois, remis un billet pour Berne et 2 francs en mars 1936, - Zilberstazin, polonais, remis 7 francs en mars 1936, - Schonhaus, allemand, remis 10 francs en mars 1936, - S. Adler, allemand, remis 5 francs en mars 1936, - Sylak, hongrois, idem, - M. Kadar, hongrois, remis 10 francs en mars 1936, - Weisnbraun, suisse, remis 10 francs en mars 1936 - D. Ritstein, belge, remis 6 francs en mars 1936, - C. Ellen, allemand, remis 5 francs en avril 1936, - A. Bohensky, polonais, remis 5 francs en avril 1936, - Stajn Moas, tchque, idem, - Schirchauser, allemand, idem, - Weinberger, allemand, remis 8 francs en avril 1936, - S. Pinkas, remis 5 francs en avril 1936, - Al. Bromer, idem - Chemielnick, russe, idem, - H. Brodmann, allemand, idem, - Kralker, tchque, idem, - P. Cahan, allemand, remis 3 francs en mai 1936, - M. Pfungstr, allemand, remis 2 francs en mai 1936, - D. Colomb, polonais, remis 3 francs en mai 1936, - D. Salamon, remis 5 francs en mai 1936, - E. Salamon, belge, remis 8 francs en mai 1936, - Adolphe Binkin, n en 1901, brsilien, remis 5 francs en mai 1936, - B. Pilin, idem, - Richard Reder, allemand, remis un billet pour Genve et 2 francs en juillet 1936, - Heinrich Porder, allemand, idem, - Albert Ilion, n en 1876, russe, remis un billet pour Genve en juillet 1936, - Ernest Mai, n en 1891, allemand, idem, - Jacob Icotic, n en 1903, tchque, remis un billet pour Genve en juillet 1936, - Finger Gundel, allemand, idem, - Flix Wollenstein, n en 1905, allemand, idem, - Lo Schnetzler, n en 1894, allemand, idem, - Mendel Hofmann, allemand, remis 3 francs en juillet 1936, - Nuscovis Majiz, n en 1913, allemand, idem, - Eleiser Karach, n en 1866, autrichien, idem, - H. Elb, n en 1899, tchque, remis 3 francs en juillet 1936, - Leiser Schurler, n en 1916, polonais, remis 5 francs en juillet 1936, - E. Moskowitz, n en 1910, remis 3 francs en juillet 1936, - Fridegi Paul, autrichien, idem, - Fleizer Ab., allemand, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Huppert Rate, autrichienne, remis 3 francs en juillet ou aot 1936, - Rund Charlotte, autrichienne, remis 3 francs en juillet ou aot 1936, - Albrecht Walk, autrichien, remis un billet de train et 7.65 francs en juillet ou aot 1936, - Blumenthal Ernest, remis 15 francs en juillet ou aot 1936, - Mehrschwam L., polonais, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Segal Sally, polonaise, idem, - Habermann Fajga, polonaise, remis 3 francs en juillet ou aot 1936, - Prieffer Lonard, tchque, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Biur Henri, autrichien, remis 10 francs en juillet ou aot 1936, - Rohensky A., tchque, remis 3 francs en juillet ou aot 1936, - Horn Frau, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Grunfeld, allemand, idem, - Hulmann, allemand, idem, - Moklstock C., polonais, idem, - Nikitz Paul, remis 6 francs en juillet ou aot 1936, - Armstein B., allemand, remis 10 francs en juillet ou aot 1936, - Weill Madame, allemande, idem, - Friedmann Zeib, allemand, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Laszegower V., roumain, remis 3 francs en juillet ou aot 1936, - Rohensks Ernest, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Roozt E., remis un billet de train et 5.40 francs en juillet ou aot 1936, - Mandel Karrer, allemand, remis 5 francs en juillet ou aot 1936, - Schnelzer Lo, allemand, idem. - Hirsch Ernest, allemand, remis 10 francs en septembre 1936, - Pachner Jean, tchque, remis 5 francs en septembre 1936, - Kurt Steinfeld, allemand, idem, - Neubart Ab., autrichien, idem, - Wolf Otto, allemand, remis 10 francs en septembre 1936, - Pachtman S., tchque, remis 3 francs en septembre 1936, - Roskin Sterne Madame, remis 10 francs en septembre 1936, - Wyler Martin, argovien, remis 5 francs en septembre 1936, - Halpert Eissik, idem, - Plattner Rubbin, polonais, idem, - Brauelr Albert, polonais, idem, - Hellmann, allemand, remis 6 francs en octobre 1936, - J. Schafer, tchque, remis 10 francs en octobre 1936 - Schirokauer, polonais, remis 15 francs en octobre 1936, - Horrin R., polonais, remis 5 francs en octobre 1936, - Leber J., allemand, idem, - Silber D., allemand, remis un billet de train et 4 francs en novembre 1936, - Kulsin, polonais, remis 5 francs en novembre 1936, - Roth M., allemand, remis 10 francs en novembre 1936, - Eckstein J., allemand, idem, - Poldwac, espagnol, idem, En 1937 : - Ecsisenbaum, allemand, remis 10 francs en janvier 1937, - Etein Aron, lettonien, idem, - Schleine Alexis, allemand, remis 8 francs en janvier 1937, - Kurt, polonais, remis 15 francs en janvier 1937, - Ellen Casimir, remis 5 francs en janvier 1937, - Myly Ernest, polonais, idem, - Bernstein Simon, remis 10 francs en janvier 1937, - Frymet Gottlieb, franais, remis 5 francs en janvier 1937, - Kinger Feigy, polonais, idem, - Davidson Joseph, polonais, idem, - Roth Max, allemand, remis 10 francs en fvrier 1937, - Dorn Albert, allemand, remis 5 francs en fvrier 1937, - Samuel Bloch, suisse, idem, - Kaufmann Ernest, idem, - Konigstein, polonais, idem, - Weyler Alfred, idem, - M. Gottlieb, polonais, idem, - Dombinski, polonais, idem, - Bikuls H., autrichien, remis 5 francs en mars 1937, - Furst Emmanuel, tchque, remis 3 francs en mars 1937, - Rokin Sterna, allemande, remis 5 francs en mars 1937, - Kern Otto, allemand, remis 2 francs en mars 1937, - Bichel H., allemand, remis 5 francs en mars 1937, - Wohl Fernand, hongrois, idem, - Lifschitz A., amricain, remis 5 francs en avril 1937, - Jablonsky E., polonais, idem, - Katz H., allemand, idem, - Weimberg P., polonais, idem, - Zydonis N., lituanien, remis 6 francs en avril 1937, - Kalter S., polonais, idem, - Steiner J., polonais, remis 5 francs en avril 1937, - Reitter O., remis 10 francs en mai ou juin 1937, - Hirsch, allemand, remis 5 francs en mai ou juin 1937, - Rosenschweig, polonais, remis 10 francs en mai ou juin 1937, - Hayum, tchque, remis 5 francs en mai ou juin 1937, - Goldstein, idem, - Kuxin G., allemand, remis 10 francs en mai ou juin 1937, - Krauz, hongrois, remis 5 francs en mai ou juin 1937, - Bikeler I., autrichien, idem, - Katz Sally, polonaise, idem, - Hirsch, espagnol, idem, - Sterren, remis 3 francs en mai ou juin 1937, - Stern Fanny, allemande, remis 5 francs en juillet 1937, - Mesznik J., polonais, idem, - Steiner M., allemand, idem, - Sidel L., autrichien, idem, - Bloch David, franais, idem, - Tyszler Benjamin, polonais, remis 10 francs en aot 1937, - Zustein, allemand, remis 5 francs en aot 1937, - Wolf Siegfried, allemand, remis 10 francs en aot 1937, - Bernheim J., polonais, remis 4 francs en aot 1937, - J. Harz, autrichien, remis 5 francs en aot 1937, - Heymann Chs., tchque, remis 10 francs en aot 1937, - Sadlik, polonais, remis 10 francs tawich en aot 1937, - Tavicht, remis 5 francs en aot 1937, - Oglolin W., autrichien, idem, - B. Oltmairer, polonais, remis 5 francs en septembre ou octobre 1937, - Bloch S., alsacien, idem, - Ruhnegg L., allemand, remis 10 francs en septembre ou octobre 1937, - Ferber A., allemand, idem, - Friedlander R., allemand, remis 90 francs en septembre ou octobre 1937, - Bloch Mell., alsacienne, remis 40 francs en septembre ou octobre 1937, - Ross M., polonais, remis 8 francs en septembre ou octobre 1937, - Altmeier B., autrichien, remis 5 francs en septembre ou octobre 1937, - Mordeschwitz, tchque, idem, - Meier H., polonais, idem, - Bodenthal, remis 20 francs en septembre ou octobre 1937, - Jacob Denstrenski, polonais, remis 5 francs en novembre 1937, - Arthur Jakobsohn, allemand, remis 8 francs en novembre 1937, - Becker, russe, remis 20 francs en novembre 1937, - Berl Chamaden, polonais, remis 15 francs en novembre 1937, - Weiss Max, autrichien, remis 7 francs en novembre 1937, - Zilberstein A., autrichien, idem, - Bassan Emile, stant., remis 10 francs en novembre 1937, - Steinberger Max, allemand, remis 2.50 francs en novembre 1937, - Heimberger, autrichien, remis 10 francs en novembre 1937, - Balsam S., heimatl., remis 20 francs en novembre 1937, - Korn Willy, heimatlos, (avis trop tard), remis 8 francs en dcembre 1937, - Weill dr., Sarre, remis 10 francs en dcembre 1937, - Leibroth H., allemand, remis 5 francs en dcembre 1937, - Stein Jaques, Budapest, remis 10 francs en dcembre 1937, - Klein Bernard, allemand, remis 5 francs en dcembre 1937, - Apleldorfer, allemand, remis 7 francs en dcembre 1937, - A. Becker, palestinien, remis 20 francs en dcembre 1937, - Goldmann, polonais, remis 6 francs en dcembre 1937, - Tondowsky, polonais, idem, - Thorn H., roumain, remis 10 francs en dcembre 1937, - Markovitc, allemand, remis 5 francs en dcembre 1937, - Weisz Kurt, allemand, remis 7 francs en dcembre 1937, En 1938 : - Schaffer Joseph, polonais, remis 8 francs en fvrier 1938, - Chnura Chaim, polonais, remis 5 francs en fvrier 1938, - Gassermann J., tchque, remis 10 francs en fvrier 1938, - Redacheim, allemand, idem, - Bimberg Jopseph, allemand, remis 5 francs en fvrier 1938, - Cahn Carl, yougoslave, remis 26 francs en fvrier 1938, - Hirsch Aron, allemand, remis 10 francs en fvrier 1938, - Tessler, irlandais, remis 20 francs en dcembre 1938, - Landan Hermann, polonais, remis 5 francs en fvrier 1938, - Salz N., autrichien, idem, - Masse Edmond, franais, remis 3 billets de train et 20 francs en mars ou avril 1938, - Bursztyn Benjamin, de Vienne, remis 25 francs en mars ou avril 1938, - Feingold Max, allemand, se rend en Italie, remis un billet de train et 7 francs en mai 1938 - Adler Andor, polonais, se rend en Italie, remis un billet de train et 12 francs en mai 1938, - Speitter Isidor, autrichien, venu de Milan, se rend Paris, remis 20 francs le 2 juin 1938, - Schlesinger Sandor Dr., suivant votre lettre du 7 juin, remis 80 francs le 10 juin 1938, - Siegler Max Dr., de Paris, dsire se rendre au Caire, remis 50 francs le 9 juin 1938, - Mransario Carago, autrichien, se rend en France, remis 20 francs le 14 juin 1938, - Treu, suivant votre lettre du 16 juin, remis 100 francs le 16 juin 1938, - Weisz Egon et sa femme, se rendent Paris, remis 50 francs le 25 juin 1938, - Rosenfeld Mendel, autrichien venant d'Italie et se rendant Dijon, remis 25 francs en juillet 1938, - Rehfeld, votre lettre du 6 juillet, remis 65 francs en juillet 1938, - Seizer Wilhem, autrichien, remis 20 francs en juillet 1938, - Kaus Carol et G. Prock, autrichiens, remis 30 francs en juillet 1938, - Schwinger Karl, autrichien, remis 15 francs en juillet 1938, - Linder, suivant votre lettre, remis 20 francs le 14 septembre 1938 et 20 francs le 22 septembre 1938, - Aron Heumann, allant Paris, remis 30 francs le 16 septembre 1938, - Rosenbaum Joseph, allant Paris, remis 20 francs le 16 septembre 1938, - Donath, allant Zurich, remis 20 francs le 20 septembre 1938, - Bolonsky J., allant en France, remis 20 francs en octobre 1938, - Puhler Friederike, remis un billet de train et 30 francs en octobre 1938, - Presser Julius, autrichien, allant Paris, remis 20 francs en octobre 1938, - Glaser Kurt, autrichien, remis 25 francs en octobre 1938, - Halpern Gustave, autrichien, remis 20 francs en octobre 1938, - Linder Dr., remis 80 francs (4 semaines 20 francs) en octobre 1938, - Schachter Franz Dr., allant Paris, remis 20 francs en octobre 1938, - Jellineck Kurt Dr., autrichien, allant Paris, remis 20 francs en octobre 1938, - Lichtenstein, autrichien, allant Paris, remis 15 francs en octobre 1938, - Gottfried Rosa, allemande, sjour Lausanne et allant Zrich, remis 30 francs en octobre 1938, - Hubler, pour Melle Bloch, suivant votre lettre du 28 oct. remis 100 francs en novembre 1938, - Paul Zwick, suivant votre lettre du 25 octobre, remis 80 francs en novembre 1938, - Oglabitz Dora, venant de Milan, remis 30 francs en novembre 1938, - Birsigragel Stella, autrichienne, remis 20 francs en novembre 1938, - Spitzer Eisinger, venant de Milan, remis 20 francs en novembre 1938, - Amstein Willy, allant Paris, remis 20 francs en novembre 1938, - Glas, tudiant, remis 60 francs en dcembre 1938, - Linder, tudiant, remis 80 francs en dcembre 1938, - Zwick, tudiant, idem, - Schweizer et famille, venant d'Italie, remis 120 francs en dcembre 1938, - Latzski, Madame et famille, remis 100 francs en dcembre 1938, - May et famille, allant Marseille, remis 130 francs en dcembre 1938, - Goldberger, Ste-Croix, remis 280 francs en dcembre 1938, - Dessen Erich, remis 20 francs en dcembre 1938, - Schlachter et Hayech, remis des billets de train et 6 francs en dcembre 1938, - Feingold Max, remis 20 francs en dcembre 1938, En 1939 : - Schwarz Martin, transit Paris, remis 50 francs en janvier 1939, - Golthanner, venant d'Italie, remis 20 francs en janvier 1939, - Manuel, venant d'Italie, pour transit Boulogne s/ Mer, remis 40 francs en janvier 1939, - Lazebnik, remis 20 francs pour billet pour la France, - Bichler, pour Paris, remis 33 francs en janvier 1939, - Ladszki, suivant votre lettre du 16 janvier remis 50 francs en janvier 1939, - Berg, suivant votre lettre du 6 janvier, remis 25 francs en janvier 1939, - Schwarz, suivant votre lettre du 13 janvier, remis 40 francs en janvier 1939, - Wertheimer Georges, transit pour Paris, remis 50 francs en janvier 1939, - Pranget Lina, pr. passeport Grec, remis 15 francs en janvier 1939, - Mannen, tudiante, votre lettre du 16 janvier, remis 60 francs en janvier 1939, - Ste-Croix, remis 350 francs, (5 semaines 70 francs), en janvier 1939, - Fischer Robert, venant de Vienne pieds, remis 20 francs en janvier 1939, - Grorg Fada, venant d'Italie, remis 20 francs en janvier 1939, - Scholem Fritz, Sion, remis 10 francs en janvier 1939, - Striemeier Hans David, idem, - Oglobine Dora, allant en Grce, remis 30 francs en janvier 1939, - Tornovakes et Matousakig, grecs, remis 20 francs en janvier 1939, - Sabak Rudolf, remis 50 francs en fvrier 1939, - Lodjski dame, voire votre lettre du 18 janvier 1938, remis 70 francs en fvrier 1939, - Lodjski Eric, conversation tlphonique avec Mme Bonstein le 27 janvier 1939, remis 300 francs en fvrier 1939, - Bergstein David, venant d'Italie pour aller en France, transit par l'Angleterre, remis 50 francs en fvrier 1939, - Schwarz Walter, voire votre lettre du 13.2.1939, remis 50 francs en fvrier 1939, - Berg Samuel, voire votre lettre du 14.2.1939, remis 37 francs en fvrier 1939, - Kannen Anna, voire votre lettre du 10.1.1939, remis 100 francs en fvrier 1939, - Wolfsohn, pour l'Angleterre, reu par le Prof. Deverin, transit, remis 50 francs en fvrier 1939, - Hohenstein Walter, votre lettre du 20.11.1938, remis 50 francs en fvrier 1939, - Dr. Kraft, Lausanne pour une famille remis 50 francs en fvrier 1939, - Glas Henrich, votre lettre du 20.12.1938, remis 75 francs en fvrier 1939, - Linder Lon, votre lettre du 21.9.1938, remis 100 francs en fvrier 1939, - Budng Ludwig, remis 10 francs pour passeport en fvrier 1939, - Kraznai, de passage pour la France, remis 20 francs en fvrier 1939, - Lambrass Alberto, de passage pour la France, remis 15 francs en fvrier 1939, - Willner Otto, de passage pour la France, remis 20 francs en fvrier 1939, - Weinberger Sunk, de passage pour la France, remis 10 francs en fvrier 1939, - Goldberger, Ste-Croix, remis 280 francs en fvrier 1939, - Kannen Anna, votre lettre du 10.1.1939, remis 90 francs en mars 1939, - Hohenstein Waltner, votre lettre du 20.2.1939, remis 80 francs en mars 1939, - Madame Lodzsk, votre lettre du 18.1.1939, remis 50 francs en mars 1939, - Zehnder Hans, votre lettre du 1.3.1939, remis 74 francs en mars 1939, - Schapiro Max, votre lettre du 9.11.1938, remis 50 francs en mars 1939, - Sobel Otto, votre lettre du 20.2.1939, remis 74 francs en mars 1939, - Zwick Paul, votre lettre du 25.10.1938, remis 40 francs en mars 1939, - Wertheimer Georges, de Faoug, votre lettre du 27.2.39, remis 86 francs en mars 1939, - Treu Henrich, notre lettre du 17.3.1939, remis 40 francs en mars 1939, - Reich Joseph, votre lettre du 10.3.1939, remis 75 francs en mars 1939, - Schmidt Munio, votre lettre du 2.2.1939, remis 80 francs en mars 1939, - Seipmann Lazog, idem, - Dessin Erich, heimatlos de passage, voulant aller en France, remis 20 francs en mars 1939, - Wallach Adolf, idem, remis 15 francs en mars 1939, - Oppenheim David, idem, remis 10 francs en mars 1939, - Eggen Abel, idem, remis 10 francs en mars 1939, - Braun Katz, venant d'Italie, transit en France, remis 20 francs en mars 1939, - Lang Fritz, votre lettre du 17.3.1939, remis 25 francs en mars 1939, - Fleissig Ludwig, sans papiers, en transit pour la France, remis 20 francs en mars 1939, - Gerson Hermann, remis 10 francs en mars 1939, - Hoenstein Walther, votre lettre du 20.2.1939, remis 80 francs en avril 1939, - Laiszki Madame, votre lettre du 18.1.1939, idem, - Fichel Dr., votre lettre du 15.3.1939, remis 80 francs en avrile 1939, - Seidman Lazar, votre lettre du 2.2.1939, idem, - Schmidt Munier, idem, - Blanc Alice, remis 60 francs en avril 1939, - Gotholl Goldstein, pour Portugal, remis 50 francs en avrile 1939, - Wolfsohn Klaus, votre lettre du 12.4.1939, remis 200 francs en avril 1939, - Cahn Anna, Aubonne, votre lettre du 20.4.1939, remis 36 francs en avril 1939, - Caspary Peter, votre lettre du 24.4.1939, remis 60 francs en avril 1939, - Stork Maldina, votre lettre du 27.3.1939, remis 70 francs en avril 1939, - Bohensky Friedrich, votre lettre du 12.4.1939, remis 20 francs en avril 1939, - Linder Benjamin, 4x36.--, votre lettre du 21.3.1939, remis 144 francs en avril 1939, - Winternitz Adolphe, passeport allemand, allant en France, remis 10 francs en avril 1939, - Zezo Hans, idem, - Campart Edith, idem, remis 20 francs en avril 1939, - Roska Wilhelm, idem, remis 10 francs en avril 1939, - Mennzel Joseph, idem, - Schweinberger Fritz, idem, - Plaut Willy, idem, remis 15 francs en avril 1939, - Reiter Max, remis 10 francs en avril 1939, - Finterbuch Dr., suivant votre lettre du 16.4.1939, remis 50 francs en mai 1939, - Schweinburger, suivant votre lettre du 11.mai 1939, remis 80 francs en mai 1939, - Kurt Bramer, allemand, remis 20 francs en mai 1939, - Deutsch Nikles, remis 20 francs en mai 1939, pour rentrer en France, - Zdrozeski Max, remis 20 francs en mai 1939, - Schonmann Arthur, idem, - Kronberger Ludwig, remis 15 francs en mai 1939, - Reister Max, idem, - Pfaut, idem, - Zadek, suivant notre lettre du 16.5.1939, remis 80 francs en mai 1939, - Opstein, suivant notre lettre du 27.4.1939, remis 117 francs en mai 1939, - Gruhl, suivant votre lettre du 27.4.1939, remis 74 francs en mai 1939, - Epstein, notre lettre du 27.4.1939, remis 185 francs en juin 1939, - Gruhe Wilhelm, votre lettre du 27.4.1939, remis 100 francs en juin 1939, - Buchis Mose, remis 80 francs en juin 1939, - Farb Max, idem, - Mlle Silbermann, remis 58.85 francs en juin 1939, - Vayda Georges, suivant votre lettre du 24.6.1939, remis 104.95 francs, - Lowenberger Frutz, suivant votre lettre du 25.5.1939, remis 80 francs en juin 1939, - Hilde Jadik, votre lettre du 20.6.1939, remis 80 francs en juin 1939, - Lothas Perl, votre lettre du 6.6.1939, remis 55.50 francs, en juin 1939, - Lehermann Fritz, votre lettre du 12.6.1939, remis 30.70 francs en juin 1939, - Strasser Margarthe, venant de Mrtigny, allant Zrich, remis 21.85 francs en juin 1939, - Rahmin Clment, gyptien, en transit pour la France, remis 20 francs en juin 1939, - Maro Landesberg, roumain, idem, - Lorinz immer, en transit pour la France, remis 20 francs en juin 1939, - Chosch Heinz, idem, - Stefen William avec femme et enfant malade, en transit pour la France, remis 40 francs en juin 1939, - Rehfeld Clara, en transit pour la France, remis 20 francs en juin 1939, - Henrich Strauss, idem, - Weiss Salo, en transit pour la France, remis 30 francs en juin 1939, - Schwarz Marius, idem, remis 20 francs en juin 1939, - Brandeis Ricardo, idem, remis 10 francs en juin 1939, - Kunnenwalder, remis 125 francs en juillet 1939, - Blau Alice, remis 80 francs en juillet 1939, - Frieder Salomon, remis 80 francs en juillet 1939, - Mme Laufer, remis 50 francs en juillet 1939, pour partir en France, - A. Krapauer, remis 10 francs en juillet 1939, pour partir en Italie, - Inger Alfa, remis 10 francs en juillet 1939 pour partir en France, - Gustave Wand, idem, - Streipfel, remis 33 francs en juillet 1939 pour partir en France, - Otto Weiss, remis 15 francs en juillet 1939 pour partir en France, - Joseph Sonne, idem, - Siegfried Schapki, allemand, remis 20 francs en juillet 1939 pour aller en France, - Robert Walken, autrichien, idem, - Lopold Zadra et Rappaport, venant de Bolzano, retournant en Tchcoslovaquie, remis 70 francs en juillet 1939, - Jileyne, passant pour aller en France, remis 9 francs en juillet 1939, - Alfred Schouberg, idem, remis 5 francs en juillet 1939, - Kovass, idem, remis 10 francs en juillet 1939, - Seidmann, remis 6 francs pour un passeport et 85 francs en aot 1939, - Schmidt, idem, - Schwartz par Gustave Dreyfus, remis 100 francs en aot 1939 - Wertheimer, remis 336 francs en aot 1939, - Malvina Stok, remis 80 francs en aot 1939, - Horowetz recommand par Sally Meyer, remis 20 francs en aot 1939, - Druker Markus, remis 10 francs en aot 1939, - Budny, remis 15 francs en aot 1939, - Calmanovitch Irne, remis 20 francs en aot 1939, - Wyler Martin, remis 10 francs en aot 1939, - Kellener Georges, remis 20 francs en aot 1939, - Dasidovitch Michel, idem, - Spitz Alois, remis 10 francs en aot 1939, - Kalek Waldeman et Scheiffer Saly, remis 15 francs en aot 1939, - Mme Strauss Mannheim mre d'Herbert, remis 30 francs en aot 1939, - Tannhauser Hugo et Blumenfeld Felix, remis 10 francs en aot 1939, - Riccardo Brandes, italien, allant en France, remis 5 francs en aot 1939, - Singaglia Ermino, idem, - Polacco Georges, idem, - Libesny Hlne, remis 23 francs en aot 1939 pour un billet pour Paris, - Schmutz Leopold, remis 15 francs en aot 1939 pour un billet pour la Chauc-de-Fond, - Jakob et Wali Hermann, allant en Angleterre, remis 20 francs en aot 1939, - Waldeman Meoussania, remis 15 francs en aot 1939, - Schiff Hermann, remis 10 francs en aot 1939, - Vadnay Iskie, remis 20 francs en aot 1939, - Lowenstein Leo, remis 10 francs en aot 1939, - Pagener, dpart pour la Palestine, remis 15 francs en aot 1939, - Glaser Kurt, remis 112 francs en septembre 1939, - Kunnenwalder, remis 236 francs en septembre 1939, - Fischel, remis 120 francs en septembre 1939, - P. Bacharach, remis 30 francs en septembre 1939, - Julius Kahn, remis 10 francs en septembre 1939, - Oppenheimer, idem, - Mme Igor Mosbach et sa petite fille, remis 90 francs en septembre 1939, - Wetter Paul avec femme et bb, idem, - Osakheim Sara, remis 10 francs en septembre 1939, - Lazzlo Elisabeth, roumaine, remis 8.15 francs en septembre 1939, pour billet de train pour Iselle, - Vegh Ecaterina, idem, - Strauss Emile, venant d'italie, remis 30 francs en septembre 1939, - Salo Weisz, remis 60 francs en septembre 1939, - Schapsky Siegfried, remis un billet de train pour Lugano et 5 francs en septembre 1939, - Wiesner Leo, remis 352 francs en septembre 1939 pour voyage New-York, - Karolin Farny Loewi, remis 72 francs en septembre 1939, pour papiers consulat du Chili, - Ottenberg et Felix Hatt, remis 40 francs en septembre 1939, - Weille Herbert, remis 20 francs en septembre 1939, - Stralovic Marc, remis 115 francs en octobre 1939, pour passeport, voyage Genve et argent de poche, - Gremier Edgar, remis 88 francs en octobre 1939, - Levitan Alexandre, remis 30 francs en octobre 1939 pour voyage Milan, - Monsieur et Madame Zadra Rappaport, remis 40 francs en octobre 1939, - Reichhardt, remis 86 francs en octobre 1939, - Geja Stiassny, remis 75 francs en octobre 1939, - Julius May, remis 85 francs en octobre 1939, - Schonwald Werner, remis 40 frans en octobre 1939, - Gross Mose, remis 7.25 francs pour aller Lucerne, en novembre 1939, - Lornig Lily, tchque, remis 10 francs en novembre 1939, - Mickalski, remis 5 francs en dcembre 1939, - Melle Irmgard, remis 20 francs en dcembre 1939, en 1940 : - Joseph Rack, remis 10 francs en fvtier 1940, - Boehm, remis 8.25 francs en mars 1940 pour un billet de train pour Iselle, - Endoesi Irma, Farago, remis 20 francs en avril 1940, - Ertag David, remis 20 francs en avril 1940, - Vetter, service social, remis 25 francs en avril 1940, - Mme Rosalie Delmar, remis 50 francs en juin 1940, - Begsel Giere, remis 30 francs en juin 1940, - Nachensonas L., remis 9,70 francs en juillet 1940 pour 1 billet pour Schaffouse, - Fischkoff Adelhaid, remis 50 francs en aot 1940, - Maja Gann (ou Gam), remis 20 francs en dcembre 1940, en 1941 : - Grull, remis 30 francs en janvier 1941, - Tischee (ou Tischen), remis 30 francs en mai 1941, - Beggiel, remis 50 francs en mai 1941, - Bontarlinn, passant, remis 15 francs en mai 1941, - Windberg Tho, tudiant, remis 6 francs en aot 1941, pour un billet pour Berne, - Zdrojewski, passant remis un billet pour Genve et 6 francs en aot 1941, - Samuel Heit, remis 9.30 francs pour un permis de sjou, - Weich, passant, remis 5 francs en septembre 1941, - Karl Schenk, autrichien, remis 24.95 francs en dcembre 1941, - Blacza Lonie, polonaise, remis 55 francs en dcembre 1941, - Salo David, venu de Leysin, remis 55 francs en dcembre 1941, - Ganz Maya, remis 20 francs en dcembre 1941, en 1942 : - Marton Antoine, tchque, venant de Berne, remis 95 francs en juin 1942, - Davidson Jacques, russe, allant Berne, remis 8 francs en juin 1942, - Hirsch Tredy, passant, remis 10 francs en aot 1942, en 1943 : -Claudio Cwidalli, remis 79.65 francs en novembre 1943, - Weich Louis, passant, remis 10 francs en novembre 1943, - Tojwa Welt, polonais, remis 115 francs en novembre 1943, en 1944 : - Tiorentin, remis 69 francs en fvrier 1944, - Dr. Edouard Schich, tchque, remis 115 francs en mai 1944, - Dynersa Sophie, remis 125.50 francs en mais 1944, - Orb Kate, remis 60 francs en juillet 1944, - Schrezelmeyer wetter H., remis 20 francs en juillet 1944, - Windholz Thodore, remis 115 francs en juillet 1944, - Zadek Hilda, remis 70 francs en juillet 1944, - Ehrmann Ernest, venant de berne, remis 100 francs en octobre 1944, - Bronstein Rosa, remis 70 francs en novembre 1944, - Hegedus Haszlo, remis 130 francs en novembre 1944, en 1945 : - Schretzmayer Hed., remis 20 francs en juin 1945, en 1946 : - Oestreicher Elsa, remis 140 francs en janvier 1946, - Fryzmann Joseph, remis 185 francs en juillet 1946, Etat des migrants au 18 novembre 1946 : - Alkalay Jacqueline, ne le 31.10.1916, habitant Lausanne, - Alkalay Victor, n le 11.1.1933, habitant Lausanne, - Bunzel Flix Dr., n le 17.5.1889, habitant Lausanne, - Berg Salomon, n le 12.12.1912, habitant Lausanne, - Beckermann Rosa, ne le 12.10.1876, habitant Lausanne, - Bronstein Rosa, ne le 30.6.1874, habitant Lausanne, - Bursztain Rachel, habitant Territet, Villa Mercedes, - Bruhis Moses, n le 24.12.1895, habitant Lausanne, 17 place Palude, - Cohen Margerita, ne le 12.5.1893, habitant Aubonne (Vaud), - Cohnstdt Fritz, n le 28.9.1883, habitant Clarens, rue du Lac, - Cohnstdt Nelly, 23.7.1879, idem, - Delmar Rosa, ne le 9.1.1880, habitant Lausanne, 28 rue Martery, - Dynenson Sophie, ne le 13.2.1925, habitant Bex, Institut Ascher, - Donnebaum Isak, n le 11.7.1881, habitant Clarens, Ermitage, - Fischhof Adelheid, ne le 26.8.1864, habitant Lausanne, - Frieder Salomon, n le 4.7.1919, habitant Berne, Holzikowerweg 16, - Glas Heinrich Dr., n le 29.9.1912, habitant Lausanne, Rond Point 17, - Fensterszab Ida, habitant Moutier, - Gous Anastasia, habitant Montreux, Av. des Alpes 38, - Girschowitz Jona, habitant Montreux, Villa Quisisana, - Hacker Hans, n le 5.3.1913, habitant Lausanne, - Hacker Elisabeth, ne le 30.4.1914, habitant Lausanne, - Hacker Dorit, ne le 26.5.1935, habitant Lausanne, - Haase Siegfried, habitant Clarens, - Kagan Leizer, habitant Lausanne, - Kattan Joseph Dr., n le 6.10.1909, habitant Lausanne, Av. de Rumine 43, - Keibel Hans, habitant Territet, - Lifsciz, habitant Leysin, Pic Chossy, - Lwenberg Fritz, n le 5.6.1921, habitant Lausanne, 1, chemin des Diablerets, - Marcus David, habitant Montreux, Villa Collondalles, - Mund Samson, n le 9.5.1915, habitant Montreux, rue Rouvenatte 3, - Mund Channa, ne en 1907, habitant Montreux, rue Rouvenatte 3, - Nachumowski Mirjam, habitant Montreux, - Oelgiesser Siegfried, n le 30.3.1908, habitant Montreux, 21 Avenue de la Gare, - Oesterreicher Elsa, ne le 5.5.1882, habitant Montreux, Avenue Olivier-Just 5, - Rand Chaskel, n le 27.6.1918, habitant Montreux, H. Jiefs, - Rand Claire, ne le 28.10.1919, habitant Montreux, H. Jiefs, - Reich Joseph, n le 23.2.1920, habitant Lausanne, Avenue de la Dole 6, - Reinhalt, habitant Montreux, 12 rue Rouvenettaz, - Rothschild Walter, n le 11.12.1890, habitant St.-Cergue, La Ruchette, - Rothschild Charlotte, ne le 14.8.1893, habitant St.-Cergue, La Ruchette, - Schfer Siegfried, n le 15.12.1889, habitant Lausanne, 2, Tribunal Fdral, - Schfer Max, habitant Montreux/Territet, Golfhotel, - Schfer Paula, idem, - Schnberg Erna, ne le 23.5.1904, habitant Clarens, Villa Sangate, - Schueler Kurt, n le 15 11.1877, habitant Lausanne rue de la Borde/boullaz, - Seifert Famille, habitant Genve, rue Gavour 15, - Szluczker M Elia, habitant Montreux, villa Quisisana, - Achlesinger Louis, habitant Crissier Vaud / Mani Peyer, - Tennebaum Siegfried, n le 12.4.1918, habitant Lausanne, - Szmulewitz Mme, habitant Leysin, villa Primerose, - Wassner Famille, habitant Susten, - Windholz Thodor, n le 10.3.1907, habitant Lausanne, 5 avenue de la Gare, - Welt Tobie, n le 5.6.1925, habitant Genve, 12 rue Jean-Jacquet / Eigeldinger.  Ds maintenant, nous utiliserons labrviation CIL pour Communaut isralite de Lausanne  Archives cantonales vaudoises K III 10 / 163 : 7.12.1860, o un Juif yverdonnois est dbout par le Conseil dEtat dans le cadre dune requte dachat de terrain pour y riger un cimetire.  Archives de la Ville de Lausanne RB 14/44 44 : 24.1.1968  Achille Nordmann, Les Juifs dans le Pays de Vaud 1278-1875, Ble, 1925, in Revue des Etudes Juives, pp. 146 ss; Louis Polla, in Lausanne 1860-1910, Maisons et quartiers dautrefois, 1975, d. Payot Lausanne, BCU 1, VM 3362/ A 40 LAU.  Archives de la Ville de Lausanne, 1408, No 7 bis et No 7.  Comptes de la ville infrieure de Lausanne, M.D.R.-T, XXVIII, p. 271 - Archives de la Ville de Lausanne 1408, No 7 ter  Archives de la Ville de Lausanne EE 742, A.M.D.R.T. VII, pp. 500 ss;  Archives cantonales vaudoises Hj 348,  le Schnorrer est certes un mendiant, mais il prsente une typologie particulire. Il fait partie dune entit du judasme. Il ny a quasi pas dhistoire juive sans schnorrer. Ils sont l pour recueillir les fruits des dons auxquels leurs frres moins dmunis queux sont astreints.  le Segen est la bndiction que font les Cohanim sur lAssemble la synagogue  Depuis 1966, Pro Leysin soccupe des asthmatiques israliens, en Suisse et en Isral  Le camp de Vernet tait un camp disciplinaire particulirement dur. Le Grand Rabbin Vadna a, en outre, chapp la dportation Auschwitz grce au fait quil avait contract le typhus.  Gab, Monsieur Osiris, publi par Eug. Figuire & Cie en 1911  Daniel Iffla-Osiris prenait Mose pour larbitre de sa destine. Il avait plac son image dans son htel particulier, avant de le faire sculpter par Merci, limage du Mose de Michel-Ange qui se trouve Rome, pour orner sa spulture. Sur cette statue, il a fait graver ceci A Mose, le plus grand lgislateur.  A chaque fois quil tait content dune situation, dun service rendu, il se contentait dnoncer cest bien  Mort sans descendance directe, il finira par dshriter ses hritiers les plus loigns, notamment sa nice, qui avait quitt son mari banquier pour se marier avec Debussy, et lguera sa fortune lInstitut Pasteur. Institu lgataire universel, celui-ci sera charg de dlivrer plusieurs legs, dont ceux destins Lausanne.  quil a achete le 17 juillet 1896 et fait restaurer et que lEtat franais a accept en donation, par le biais dEmile Loubet, alors prsident de la Rpublique, le 16 janvier 1904. La Malmaison a t meuble et le Muse constitu par Daniel Iffla-Osiris et par limpratrice Eugnie, pouse de Napolon III.  En outre, Daniel Iffla-Osiris est un trs grand admirateur de Napolon Ier. Son grand-pre avait t lun des volontaires de 1791 qui saligna aux cts de Napolon, alors encore seulement le gnral Bonaparte au sige de Toulouse. De fait, il prouvait de lestime pour lhomme, non pour ses ides politique. Ceci fera dire Paul de Cassagnac : Le bonapartisme de M. Osiris commence Toulouse et finit Waterloo.  Voici le contenu de la lettre quil a adress Antonin Merci le 7 janvier 1900, depuis Paris : Cher matre, Aprs de longues annes de patience, pendant lesquelles, jai attendu de lillustre artiste que vous tes, la ralisation dun projet auquel je tenais passionnment, sans pouvoir lobtenir, jai d, bien que le coeur men saignt, reprendre ma libert, et confier dautres mains, moins clbres certes, mais que jespre, plus soumises mes penses, lexcution du monument dAlfred de Musset. Je noublie pas, je noublierai jamais les joies que ma donnes la collaboration o vous mavez admis pour la statue de Guillaume Tell, ce chef-doeuvre sorti vivant de vos mains et qui slvera bientt Lausanne (...).  Emile Loubet est lu prsident de la Rpublique le 18 fvrier 1899, il est au coeur de lAffaire Dreyfuss, dans sa phase finale. Dreyfusard, il se voit assner un coup de canne par le baron de Christiani, le 4 juin 1899 Auteuil. Cest sous sa prsidence que le capitaine Alfred Dreyfus revient en France le 1er juillet 1899. Cest lui qui signe la grce du capitaine le 19 septembre de la mme anne.  le "minian" correspond une assemble de 10 hommes juifs gs de plus de 13 ans, ayant fait leur "Bar-Mitsvah" (clbration de la majorit religieuse d'un jeune juif), nombre ncessaire pour pouvoir faire un office.  le Schofar est une corne de blier, un instrument vent naturel propre mettre certains sons prcis, et dans lequelle les Juifs sonnent durant les jours de ftes consacrs la pnitence, au repentir et au pardon (Dictionnaire encyclopdique du judasme, d. Cerf, Robert Laffont, avril 1996.  le ladino ou judo-espagnole est la langue parle par les Juifs spharadim. Il est constitu dun mlange despagnol et dhbreu.  en droit la soulte est une somme verse par celle des parties, qui reoit une part infrieure celle de lautre ou des autres. La soulte correspond la valeur de la diffrence.  in Grand Livre d'administration du Cimetire 1868  Le terme de Bilou, pluriel Bilouim correspond la devise que se sont attribus, la fin du 19me sicle, des tudiants qui staient donn pour mission de lancer et de crer un mouvement juif dsintress. Le mot Bilou est un acrostiche de lhbreu Beth Yaakov lehou ve-nelcha, qui signifie, en franais, Oh Maison de Jacob, venez en marche. Cette devise devient leur nom. Les Bilouim ont construit de nombreux villages tels que Rosch Pinna, Rischon-le-Tzion, Petah Tikvah (la Porte de lEsprance) et Yassod Hamaaleh.  Les Juifs allemands ont en gnral perdu leur nationalit par le biais de la loi du 4 juillet 1933. PAGE 102  Le ghetto est un quartier rserv aux Juifs, qui y sont confins par les non-Juifs. Le terme de ghetto est dorigine italienne. Cest en effet Venise, en 1516 que lon obligea pour la premire fois les Juifs vivre dans une zone spare des Chrtiens. Ce lieu de vie tait situ dans lancien quartier des fonderies, appeles Ghetto en dialecte vnitien. Le 29 mars 1516, le dcret suivant fut publi dans la ville des Doges : Les Juifs habiteront tous regroups dans lensemble de mains situ au Ghetto, prs de San Girolamo. Afin quils ne circulent pas toute la nuit, nous dcrtons que seront mises en place deux portes, lesquelles seront ouvertes laube et fermes minuit par quatre gardiens engags cet effet et appoints par les Juifs eux-mmes au prix que notre collge estimera raisonnable. Lenceinte du ghetto de Venise fut complt par la suite par deux grands murs, toutes les sorties tant obstrues et les portes et fentres mures. Quant aux gardiens, ils devaient veiller nuit et jour et excuter tous les ordres des Pregadi. Enfin, les canaux autour de la zone du ghetto devaient aussi tre surveills par deux barques, toujours aux frais des Juifs eux-mmes. Les maisons se trouvant dans le primtre concern furent trs rapidement libres de leurs occupants et les loyers fixs aux Juifs fortement augments par les propritaires de ces immeubles avec laccord des autorits vnitiennes. Les infractions taient punies par une amende les deux premires fois, puis par un emprisonnement.  C'est galement la premire partie du 17me sicle que remonte le premier contrat de bail sign entre les Juifs du comt de Baden et les autorits de la ville de Waldshut relatif un cimetire sur la "Judeninsel" sur le Rhin. En 1462, une nouvelle accusation de meurtre rituel ( "membre rituel" ) est lance contre les Juifs, Endingen. Cette affaire sera la source d'une pice du thtre populaire allemande les plus populaires de la Renaissance intitule la "Endinger Judenspiel". En 1653, 1654 et 1657, la Dite fdrale autorise les Juifs qui y sont dj tablis rester dans le comt de Baden. En 1658, elle repousse la requte des habitants de Lengnau visant expulser les Juifs de leur ville. En outre, elle confirme sa dcision de 1657 autorisant les Juifs dj tablis dans le comt de Baden, y demeurer. S'il n'est donc pas permis de refuser l'tablissement un Juif qui a trouv refuge dans un village. Par contre, Juifs et Chrtiens doivent vivre spars, par contre, les Juifs n'ont pas le droit de prendre d'autres Juifs chez eux l'exception de leur propres enfants. Cependant, il ne faut pas oublier qu'en Argovie, les Juifs ne pouvaient rsider qu' Endingen et Lengnau. De fait, 108 familles, reprsentant un total de 553 personnes y rsident. En 1809, ce chiffre passera 129 mnages composs de 583 personnes Endingen et 111 mnages comptant 451 personnes Lengnau, soit un total de 1034 mes . En 1756, les sous-baillis portent plainte contre les Juifs et demandent aux cantons propritaires de les expulser. Cette requte est refuse. La synagogue de Lengnau est consacre en 1750. En 1803, les Juifs rsidant en Argovie adressent un mmoire la Dite fdrale avec l'appui de l'ambassadeur de France. Ils demandent obtenir l'galit de droits avec les Chrtiens en matire civile et politique. La Dite rpond qu'il s'agit d'une comptence appartenant l'Etat souverain d'Argovie (1803-1813 = rgime de l'Acte de Mdiation ) Cest en 1839, que se cre mouvement "Poel Tov" (=bon employ) dans le Surbtal. Ce dernier se charge de favoriser l'apprentissage des jeunes Juifs. Ce mouvement durera jusqu'en 1864. La mme anne se cre "une association isralite Endingen. Son but est de promouvoir l'galit des droits des Juifs avec les Chrtiens du Surbtal. Sous l'impulsion de l'instituteur Markus G. Dreifuss, elle va, pendant 20 ans, adresser de nombreuses requtes aux autorits. Aux 17me et 18me sicles, le rle du rabbin touche tant au domaine spirituel que temporel. Il est notamment comptent pour traiter certaines matires de droit civil. Les Beth Din, ou tribunaux rabbiniques fonctionnent jusquen 1847. Cette anne-l, la loi argovienne d'introduction au droit des personnes soumet les Juifs en totalit au droit commun en matire de juridiction et de droit matrimonial. Il convient d'ajouter que, jusqu'en 1846, date de modification du code civil argovien ( l'poque il n'y avait pas de droit civil fdral, l'entre en vigueur du CCS date de 1912), les rabbins restaient encore comptents notamment en matire de droit successoral. Cette modification entrana la suppression de la loi argovienne sur les Juifs de 1809. En 1803, la Dite fdrale dut examiner une requte manant des Juifs de Lengnau et Endingen, visant obtenir les mmes droits que les autres rsidents argoviens, soit les Chrtiens. L'anne suivante, la comptence exclusive du canton d'Argovie fut reconnue en la matire Le 5 mai 1809, au lieu de leur donner une pleine qualit de citoyen, la loi argovienne replace les Juifs sous protection du canton. La plus grande partie des restrictions de droit qui leur tait applique au sicle prcdent sont remises en vigueur. Ils sont placs sous la surveillance du Petit Conseil argovien. En 1846, le Petit Conseil du canton d'Argovie dicte une loi autorisant les Juifs argovien vivre dans d'autres communes du canton que Endingen et Lengnau pour une dure de deux ans maximum, sous rserve de prolongations possibles. La mme anne, la constitution bernoise accorde le droit au libre tablissement sur le territoire du canton sans gard la religion des personnes. Ceci lve les restrictions poses en 1809 et 1824.  En 1853, un arrt cantonal sur le rabbinat institue une surveillance de l'Etat sur toutes les affaires qui avaient trait au culte. Cet arrt assimile les rabbins aux prtres chrtiens argoviens. En 1868, le tribunal religieux est supprim en Argovie, conformment la loi cantonale sur l'organisation paroissiale. Il fut remplac par une commission compose du rabbin et de membres laques. Indpendante du comit de la communaut elle exerait la surveillance du culte.  Cest lintrieur de cette dernire problmatique que se rvle une discrimination particulire aux Juifs. En effet, ds 1910, les autorits fdrales comptentes en matire de naturalisation, savoir le Dpartement politique fdrale, division de politique intrieure, instaure l'apposition l'encre ou au crayon d'un "J" , puis celle d'une toile de David rouge entoure d'un cercle rouge sur les demandes de naturalisation prsentes par des Juifs pour les distinguer des autres requtes. Cette mthode ressemble s'y mprendre au timbre "J" invent par la Suisse en 1938, afin de discriminer les Juifs des aryens. Peu importe que le graphisme du "J" fatidique soit identique ou non. Ce qui est patent est qu'une telle marque n'tait pas une nouveaut pour les autorits suisses. En outre, en 1905, le "Grossrat" bernois prcise en 1905 dans une loi "vor einigen Jahren alle Jdische Bewerber um das Brgerrecht und nur diese abgelehnt haben. Parfois, les Juifs ne sont admis la naturalisation que s'il s'engagent lever leurs enfants dans le christianisme. C'est ainsi que dans les annes 1920 1930, les Juifs furent l'objet d'une pratique discriminatoire en matire de naturalisation. Tel fut notamment le cas dans le canton de Zurich, o une loi fut vote, selon laquelle on exigeait des Juifs originaires des pays de l'Est (die Ostjuden) un sjour ininterrompu de 15 ans comme condition formelle, alors que cette dure tait de 10 ans pour les autres personnes. Heinrich Rothmund considrant que les "Ostjuden" taient inassimilables, il mit cette pratique en vigueur au niveau fdral ds 1926, ceci sans mme en rfrer au Conseil fdral. Ces directives entrrent dans le droit en 1926. Rothmund ajouta d'ailleurs que cette dure de 15 ans constituait un minimum, car, "s'agissant de "Ostjuden" typiques, , qui considrent mme chez nous que l'essentiel est de vivre dans leur milieu, il faudrait ne pas admettre de naturalisation de personnes de la premire gnration d'immigrs". Le chef du Dpartement fdral de justice et police, le conseiller fdral Hberlin partageait ce point de vue dans une large mesures. Cette prise de position suscita l'tonnement, voire choqua du chef du dpartement de la justice, de la police et des affaires militaires vaudois de l'poque, Jules Dufour s'en ouvrit par lettre auprs Hberlin. Il est vrai qu'en Suisse, il n'y a pas de droit la naturalisation, qu'il s'agit d'un fait du prince. Ceci vaut cependant pour autant que l'on ne tombe pas dans l'ingalit de traitement et l'arbitraire en posant des conditions formelles diffrentes fondes sur le groupe social auquel l'intress appartient. Par ailleurs, nous verrons que l'ingalit de traitement en matire des Juifs se reproduira, au niveau fdral cette fois, en 1941, sous la forme d'un "numerus clausus". Cette discrimination fait partie dun ensemble directives connues sous le nom de Ruthsche Kategorie) une discrimination supplmentaire pour les Juifs. Comme le prcise Jacques Picard., cest en effet en 1941, lEtat introduit, toujours par le biais de directives internes - cette fois-ci mise en place par Max Ruth et connues sous le nom de "Ruthsche Kategorie" ("catgorie Ruth"). En vertu de cette pratique, les conditions fixes aux Juifs pour obtenir la naturalisation sont renforces. S'agissant des adultes, ils devaient prouver une domiciliation d'au moins 20 ans. En outre, un "numerus clausus" fut fix pour les Juifs. En vertu de ce dernier, seuls 12 Juifs peuvent au maximum tre naturaliss par anne dans toute la Suisse, la condition qu'ils soient, de l'avis des autorits, assimils et qu'ils aient "mrit" leur naturalisation. Jacques Picard prcise que, pendant cette mme priode les autorits autorisrent la naturalisation de 3'800 personnes non juives tablies dans notre pays, nombre qui tait trs lev par rapport la norme usuelle. Ce n'est qu'en 1946 que les autorits commencrent s'interroger sur la lgitimit d'un tel numerus clausus. Ceci n'est pas rellement tonnant lorsqu'on sait qu'au dbut de 1948, l'autorit comptente ait relev qu'un candidat la naturalisation tait d'origine "purement aryenne". En lespce, le 31 dcembre 1946, le Dr en droit von Reding, adjoint auprs de la division de police adresse une note au conseiller fdral von Steiger. Dans celle-ci, il lui expose ce qui suit (nda : en traduction libre) : Berne, le 31 dcembre 1946 Au Dr Jezler (nda : le systme du par voie hirarchique veut que, dans ladministration, on ne saute aucun chelon, le Dr von Reding rdige donc quelques lignes son suprieur, le Dr Jezler, chef du bureau des rfugis, afin que celui-ci en prenne connaissance et la fasse suivre au conseiller fdral von Steiger). Conformment notre discussion relative deux cas concrets de demandes de naturalisation intervenue juste avant Nol, jai rdig un bref rapport crit au sujet de notre pratique actuelle et de celle qui a t de mise pendant la guerre sign : von Reding A lattention de Monsieur le conseiller fdral von Steiger, Chef du dpartement fdral de justice et police ___________________________________________________________________ Concerne : pratique du service de la nationalit en matire de dlivrance dautorisations fdrales de naturalisation ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ En 1941, le Dr Rothmund a mis en place les directives suivantes la requte du Dr. Ruth : Jusqu nouvel ordre, lautorisation de naturalisation des requrants hommes gs de 16 60 ans ne sera plus dlivre qu des personnes qui ont t leves en Suisse et qui, de surcrot, ont une Suissesse soit comme mre ou comme pouse. Dans cette dernire hypothse, ils doivent galement avoir des enfants communs avec leur pouse suissesse. Pour les hommes gs de plus de 60 ans, ainsi que pour les requrantes en gnral, un sjour en Suisse de 20 ans au minimum est ncessaire pour remplir les conditions formelles de naturalisation. Sagissant de Juifs et de Juives, seules 12 naturalisations annuelles pourront tre octroyes en tout et pour tout. Dans cette note, von Reding ajoute de surcrot attendre toujours la leve de ces directives, qui sont toujours demeures orales, donc inconnues des tiers et des requrants, qui aurait d intervenir et pour laquelle ses rappels lautorit suprieures sont restes sans suite. Il propose des allgements, savoir que, dans la rgle, lautorisation de naturalisation pourra tre octroye des demandeurs : 1. lors que leur mre ou leur pouse (nda : lpoque et jusquau 1er janvier 1992, la femme acquerrait la nationalit suisse par mariage) tait suissesse, 2) sagissant de personnes ges, lorsquelles nexercent aucune activit politique ou conomique, 3) qui, appartenant aux glises des deux confessions (nda : savoir catholique et protestante uniquement), se sont occupes de la dtresse des mes, 4) qui sont des domestiques ou des infirmires qui ont sjourn longtemps dans notre pays et qui dmontre une assimilation certaine, 5) pour des corryphes de la sciences, des arts ou de la technique, lorsque leur naturalisation apporterait honneur ou utilit la Suisse. En outre, dans sa note, von Reding prcise jai laiss tomber la clause du numerus clausus concernant les Juifs. Toutefois, les requrants juifs sont soumis des conditions plus drastiques que les non-juifs. En outre, les demandeurs juifs devront tablir quils ont t levs en Suisse et sont rellement assimils. Ceci signifie quils doivent rapporter la preuve quils entretiennent des relations sociales et damiti avec la population suisse, et quils apportent un plus notre culture et ne font pas quentretenir des relations commerciales ou conomiques avec la Suisse et les Suisses. Cette pratique a actuellement t admise la section des recours (nda : du Dpartement fdral de justice et police, section la tte de laquelle on trouve Max Ruth...). Le 7 octobre 1947, le conseiller national de Senarclens pose la Petite Question suivante : Selon la pratique actuellement en vigueur, lautorisation fdrale dacqurir un droit de cit cantonal et communal ne peut tre dlivre qu des trangers qui ont t levs en Suisse, moins que la mre du candidat ne soit dorigine suisse ou que celui-ci ne fut depuis plusieurs annes mari avec une Suissesse. Le Conseil fdral nestime-t-il pas que cette pratique qui ne semble pas, du reste, tre suffisamment connue des autorits cantonales et communales, manque de nuance et quil conviendrait de permettre encore dautres catgories dintresss de prsenter, avec quelques chances de succs, des demandes de naturalisation ?. Nous ignorons si lauteur de cette question au Conseil fdral connaissait lentier des catgories Ruth ou sil ne percevait que ce qui tait devenu notoire aprs la guerre et sur lequel nous allons revenir par la suite. Le Conseil fdral y rpondit comme il suit le 17 dcembre de la mme anne : Les instructions selon lesquelles lautorisation fdrale dacqurir un droit de cit cantonal et communal ne peut en principe tre dlivre qu des trangers qui ont t levs en Suisse, ou dont la mre ou la femme sont dorigine suisse, ont t tablies au vu des expriences et des ncessits du temps de guerre. De caractre interne, elles taient destines lusage de la division de police du dpartement fdral de justice et police. De nouvelles instructions sont en prparation, elles seront encore soumises, pour avis, aux gouvernements cantonaux. (procs-verbal du Conseil national, E 1301 (-) -/I, Bd 382, No 22 a /10). Lanalyse de cette rponse confirme que les directives relatives aux catgories Ruth taient bien orales et internes. Comment ne pas sinterroger sur un drapage juridique de la dmocratie dans un tel cas. En effet, nous lavons vu, la naturalisation tant un fait du prince, le seul recours contre son refus rside dans les cas darbitraire. En outre, il est vident que le pouvoir dapprciation de ladministration est immense. Si, de surcrot, on ajoute cela des directives non crites et internes qui font autorit en matire de pratiques, il faut admettre quil y a perversion de la dmocratie. Dans ce cas, ladministration sarroge des comptences occultes qui ne sauraient notre avis tre justifies par le fait que le Conseil fdral tait dot des pleins pouvoirs. En outre, nous ne sommes pas certains quil ait pris la peine de sintresser ce chapitre pendant la guerre. Or, rappelons-le, le rsultat de lapplication des catgories Ruth a fait que le nombre de personnes non-juives naturalises a atteint des sommets en 1942, alors que seuls 12 Juifs au maximum ont ltre depuis leur mise en place et jusquen 1947 en tout cas. Le projet de nouvelles directives en matire de naturalisation fait lobjet de commentaires de la part de plusieurs personnes, dont notamment de Jezler. Dans une note adresse Rothmund, date du 17 dcembre 1947, ((E 4800 1 (-) 1967/111, No 389, Einbrgerungen Rechtlinien), ce dernier prcise, entre autre, que comme von Reding le lui a confirm, ces directives mises en vigueur (nda : les catgories Ruth) ont t discute lors de lentretien au sujet des directives instituant les catgories Ruth auquel tant lui que Rothmund, Ruth, von Reding et le conseiller fdral von Steiger, alors Chef du dpartement fdral de justice et police. Ces directives nont t mises par crit. Bien quorales, cest sur elles que le service des naturalisations sest souvent fond pour refuser des candidatures la naturalisation. Cest sur cette base quelles sont parvenues la connaissance des autorits cantonales et des requrants. Je suis donc trs surpris que deux collaborateurs importants du service de la naturalisation formulent des objections quant leur existence. (...) 2. Jabonde dans le sens du Dr. Jean Meyer, lorsquil se demande ne faut pas les faire dicter par le Dpartement fdral de justice et police. Cest ledit dpartement qui fonctionne comme instance de recours contre les dcisions de refus de la section des naturalisation (nda : Max Ruth est la tte de la section des recours du dpartement ....). Le Dpartement fdral de justice et police ne doit pas tre limit dans sa libert dapprciation. Cest pourquoi, je pense quil serait plus juste ddicter ces directives au seul usage interne du chef de la division de police. (...) Le fait de soumettre ces directives pour avis aux cantons va probablement avoir pour consquence de devoir mettre sur pied un programme de politique en matire de naturalisation avec la collaboration et la caution de la plupart des cantons, voire de tous les cantons.(...) Le Dr. von Reding nadhre pas la premire phrase de mon introduction, car il considre que, se rfrant la loi, le projet de directives soumis nallge pas les conditions de naturalisation, mais quau contraire, il les alourdit. Quant Rothmund, il crit notamment que quen plus de la dcision du 11 novembre 1941 du Conseil fdrale sur les modifications de prescriptions relatives lacquisition et la perte de la nationalit suisse, en particulier de son art. 1, qui dispose que lautorisation fdrale de naturalisation ne peut tre dlivre que lorsque lautorit a acquis la complte certitude que le requrant est assimil aux Schweizerische Anschauungen et moeurs helvtiques, et que sa nature et ses convictions (nda : probablement religieuses) font manifestement de lui un Suisse digne de confiance. Ceci implique, en rgle gnrale, quil y sjourn depuis plusieurs annes sur notre sol. (...) (E 4001 (C) 1, No 146, Doss. 73). Sagissant des directives des catgories Ruth, il nous parat ncessaire de citer ici de larges passages de la note qui fut adresse von Reding le 13 dcembre 1947. (..) Dans sa rponse la Petite Question de Senarclens, le Conseil fdral a dclar ce qui suit (... nda : cf supra). Cette rponse a sans doute t dicte par des raisons dordre politique. Aussi loin de moi, lide den faire une critique ( 4001 (C) 1, No 146, Doss. 73). Mais, entre nous, est-elle rellement conforme aux faits ? Je ne le crois pas. En fait, il ny a jamais eu aucune directive crite quelconque, ni du Conseil fdral, ni du Dpartement, ni de la Division de police. Cest uniquement M. le Dr. Ruth qui, dentente avec vous, a suggr notre service de la nationalit de sinspirer des considrations qui prcdent pour prendre ses dcisions dans les cas despces. La pratique qui en est suivie tout naturellement et qui, pendant la guerre, sest rvle opportune, a t admise galement par la Section des recours du dpartement, dirige alors par M. le Dr. Ruth lui-mme. Notre Service de la nationalit sest trouv ainsi couvert, dans cette pratique, par le dpartement. Mais, - et cest l un point que lon ne devrait pas perdre de vue - cette pratique est ne sans bruit dans un cadre strictement interne. Elle aurait pu normalement tre poursuivie, abroge ou modifie de la mme manire, si notre Service navait pas cru devoir, ds la fin de la guerre, sy rfrer expressment dans ses dcisions (nda : cest donc l que lon trouve lexplication de la connaissance de ces directives par des tiers). (...) Mais le choix de Directives pour sa justification (nda : celle du maintien intgral ou partielle de cette pratique issues desdites directives) est-il heureux ? Permettez-moi den douter. Il aurait t beaucoup plus simple, si la division de police, soit notre service de la nationalit avait entretenu un contact direct et amical avec les autorits cantonales intresses (...) On serait arriv ainsi sans heurt et sans bruit un modus vivendi qui aurait t suffisant pour rgler al question jusquau jour o les dispositions abroges de lArrt du Conseil fdral 1941 auraient t remplaces par une nouvelle loi. Les directives ont toujours le tort dtre trop rigides et de ressembler trop un schma. Or, il ny a rien de plus pernicieux quun schma. Cest un oreiller de paresse sur lequel les autorits cantonales se reposeront volontiers. En outre, cette note met un autre danger en exergue, savoir : Dautre part, il y a un danger. Celui qui met des Directives. Celui qui met des directives a toujours tendance outrepasser ses comptences et confondre son rle avec celui du lgislateur. Nous sommes bien encore sous le rgime des pleins pouvoirs en la matire, mais il faut viter den abuser prcisment au moment o lon demande corps et cris leur abrogation (...).  La Fdration suisse des communauts isralites (ci-aprs : FSCI, en allemand Gemeindebund, ou SIG) La FSCI a t fonde en 1904, la suite de diffrentes manations antismites de la fin du 19me sicle, en particulier de l'interdiction de la Scherita. Son but, qui est toujours le mme ce jour est de "veiller et de reprsenter les intrts du judasme en Suisse". A sa fondation, la FSCI comptait 13 communauts membres, ce qui reprsentait 1'500 personnes physiques. Structurellement, il comptait un comit central. Ce dernier, notamment le prsident, eu prendre des dcisions et des responsabilits particulirement lourdes pendant la guerre. La FSCI et son prsident, ainsi que la centrale suisse d'aide aux isralites pauvre, furent en effet les interlocuteurs des autorits de police des trangers. Nous reviendrons sur ce point par la suite. Le nombre de ses membres augmenta de manire importante juste avant que n'clate la Deuxime Guerre Mondiale. Il passa de 13 26 membres, soit 3'250 personnes physiques. en 1936. Ce fait est souligner car, de 1918 1936, le nombre des Juifs installs en Suisse avait diminu. Saly Mayer, en fut le prsident de 1936 mars 1943. Ce marchand de textiles St-Gallois tait un conservateur et un patriote. Il eut dfendre la position des Juifs suisses, qui n'tait pas sans risques, lire certains propos de Rothmund. A ce propos, nous revenons sur la phrase prononce par lui en 1939, qui est pour le moins clectique. En effet en crivant Alexandre Girardet "wenn wir mit den fremden Emigranten fertig seien, wrden die Schweizer Juden drankommen", ce qui signifie en traduction libre "lorsque nous en aurons termin avec les migrants trangers, nous nous occuperons des Juifs suisses", il ne pouvait pas vouloir dire moins que "nous les remettrons "au fixe" pour reprendre une expression usuelle. Personne ne peut affirmer ou infirmer si cette affirmation, nonce sur papier officiel au lgat de Suisse Londres, n'tait pas un message voulant dire que le sort des Juifs suisses seraient le mme que celui que les Allemands assignaient aux leurs. Dans ce sens, on peut faire valoir que Heinrich Rothmund avait quand mme spcifi que, s'agissant des Juifs, il fallait "nettoyer la Suisse de son fumier" et "que la Suisse n'avait pas plus besoin des Juifs que l'Allemagne." A l'origine, et durant les 40 annes qui suivirent, le sige de la FSCI se trouvait dans la localit de domicile de son prsident. Depuis lors, il est fix Berne. Les dlgus des communauts juives de Suisse, nomms par ces dernires pour des priodes variables, sont les correspondant de la FSCI. En outre, ils se rendent une fois par anne l'assemble des dlgus de cette organisation. Les communauts juives sont des structures de type associatif qui regroupent les Isralites d'une ville ou d'une rgion. Il en existe quelque 18 en Suisse aujourd'hui. Il en existait plus en 1933, savoir entre 22 et 25. La grande majorit de celles-ci, font partie d'une organisation fatire, dnomme Fdration suisses des communauts isralites (FSCI) en franais et Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund (SIG) en allemand. Nous reviendrons plus en dtail sur ce qu'est le Gemeidebund par la suite.  William Martin (1888-1934) a t journaliste, historien et professeur. En 1933, il quitte le Journal de Genve pour prendre la chaire dhistoire de lEcole polytechnique fdrale. Pendant des annes, il a dfendu dans les colonnes de ce journal lidal de la coopration internationale et le Pacte de la S.D.N. Il est lauteur dune Histoire de la Suisse. Enfin, il a fait partie des fondateurs de la Nouvelle Socit Helvtique, dfendant la ncessit de rapprochement entre Romands et Almanique.  Andr Spire, fils dun industriel nancien nat en 1868 et meurt en 1966. Aprs une jeunesse dore, et des tudes de droit Paris, il devient haut fonctionnaire de lEtat. Il entre en politique. Il devient membre du Conseil dEtat, puis au Ministre du Travail, puis celui de lAgriculture.. Trs engag, au moment de lAffaire Dreyfus, il collabore la revue Pages libres. En outre, il se bat en duel avec un journaliste du journal antismite La Libre Parole. Homme de lettres, il publie un ouvrage intitul Pomes juifs, dans la revue Versets, en 1908, ainsi que deux essais quil nomme Quelques Juifs paru en 1913 et Plaisirs politique et plaisir musculaires publi en 1949. LAffaire Dreyfus va rveiller en lui son judasme. Il va lui faire dire ceci (...) Jtais redevenu Juifs avec un grand J: Et pote franais, pote juif aussi.. Tout comme dautres, tels que Henri Franck, Edmond Fleg et Albert Cohen. Il va tre un des grands initiateurs de lidentit juive moderne. Trs sioniste, il reprsente galement les Juifs de France, aux cts de Sylvain Lvy, la Confrence de Paris en 1919. Il y reprsente les sionistes franais. Il cre notamment la Ligue des amis du sionisme, qui, pour lui va permettre de renforcer lidentit juive. Dans cet esprit, il anime la revue La Palestine nouvelle. Il fait aussi partie du comit de dfense Samuel Schwarzbard, coupable davoir abattu, dun coup de revolver, Simon Petloura, ex-membre du gouvernement provisoire dUkraine, organe excutif responsable de terribles pogroms. Ce comit, dnomm Ligue internationale contre les pogroms avait pour membres minents, outre Andr Spire, Albert Einstein, Edmond Fleg, Me Henri Torrs (avocat de S. Schwarzbard), Maxime Gorki, Victor Basch et Paul Langevin. Homme politique, il procde une tude trs approfondie sur le proltariat juif londonien du quartier de Whitechapel en 1902, ainsi que comme nous lavons noncs sur les pogroms en Europe de lEst, notamment sur celui de Kitchinev en 1903. Pendant lentre-deux guerres, il va collaborer diverses revues, dont Menorah, la Revue juive de Genve, etc. Toujours plus engag dans son identit et sa lutte contre lantismitisme, il sengage aux cts des intellectuels juifs perscuts et fait partie des fondateurs du Comit franais du Congrs Juif Mondial. Il se rfugie aux Etats-Unis en 1941 et sauve ainsi sa vie.  La volont de Rothmund admise par le Conseil fdral in corpore est prcise dans une circulaire date du 13 aot 1942, nonant ce qui suit (DDS, Vol 14, E 2001 (D) 2/112, annexe II, p. 725) "Circulaire du Chef de la Division de police du Dpartement de Justice et police, H. Rothmund, aux Directions et Commandement de Police des Cantons. Confidentiel No 296 Berne, 13 aot 1942 MESURES CONTRE L'AFFLUX DES REFUGIES ETRANGERS CIVILS ET MILITAIRES Depuis quelques mois, le nombre des trangers se rfugiant en Suisse est all sans cesse en augmentant. Cet afflux a pris au cours des dernires semaines des proportions alarmantes qui obligent les autorits responsables intervenir. Le dveloppement des oprations militaires et de la situation politique en Europe d'autre part font prvoir un nouvel et prochain accroissement du nombre des fugitifs. Bien que l'art. 9 de l'arrt du Conseil fdral du 17 octobre 1939 modifiant les prescriptions sur la police des trangers, statue que les trangers qui pntrent illgalement en Suisse doivent tre refouls sans formalits dans le pays dont ils sont ressortissants ou d'o ils viennent, cette disposition n'a t applique qu'exceptionnellement pendant ces derniers temps, par raison d'humanit ainsi que pour des considrations de politique extrieure et intrieure (sic). L'afflux des rfugis ayant non seulement augment dans de trs fortes proportions, mais tant actuellement de plus en plus organis, ainsi que cela a t constat (sic) et favoris par l'activit de "passeurs" professionnels, le Conseil fdral a rcemment ordonn d'appliquer l'avenir l'art. 9 d'une manire plus stricte, c'est--dire de refouler en plus grand nombre les rfugis civils trangers (sic). Le Conseil fdral a pris cette dcision en se fondant sur un rapport de la division de police (ndrl : celui du 30 aot 1942) dont nous vous feront parvenir un exemplaire ces jours prochains (ndrl : le "rapport Jezler" n'y tait pas joint !). Entre-temps, le nombre des rfugis qui entrent illgalement en Suisse a encore augment. Depuis le 29 juillet 1942, en effet, 293 rfugis, c'est dire en moyenne 21 par jour, sont encore arrivs en Suisse. Ne sont pas compts dans ce nombre ceux qui peuvent poursuivre leur voyage. Cette situation alarmante nous oblige prendre sans tarder des mesures de dfense si nous ne voulons pas courir le risque de nous trouver devant des difficults insurmontables, particulirement en ce qui concerne l'hbergement, l'entretien et la surveillance de ces rfugis (ndrl : la circulaire ne parle pas raison de problme d'approvisionnement, car il n'y en avait pas de majeurs, si ce n'est une restriction. En outre, les rfugis juifs sont toujours entretenus par leur coreligionnaires). Nous avons pris contact avec le Commandant de l'Arme et avec la Direction gnrale des douanes pour tenter de faire renforcer, dans la mesure du possible, la surveillance des frontires. Nous avons malheureusement d constater qu'il n'y faut pas compter et nous devons nous contenter des moyens dont nous disposons actuellement. Aprs avoir examin fond toutes les possibilits, et en avoir discut avec la Direction gnrale des Douanes, la Section de Police du Service de Renseignements et de Scurit du Commandement de l'Arme, et quelques Cantons sur le territoire desquels le nombre des passages clandestins de la frontire est particulirement lev, nous avons donn les instructions ci-jointes. Ainsi que vous voudrez bien le constater, les dserteurs et les rfugis politiques au sens de l'Arrt du Conseil fdral du 7 avril 1933 concernant le traitement des rfugis politiques, ne doivent pas tre refouls, l'art. 9 susmentionn ne leur tant pas applicable; les prisonniers de guerre vads et les militaires qui, de quelque manire que ce soit, peuvent se lgitimer comme tels, sont dans le mme cas (ndrl : soulign par nos soins). Les fugitifs appartenant ces catgories doivent, comme prcdemment, tre arrts immdiatement et annoncs l'Officier de Police du Commandement territorial comptent (...) Nous savons pertinemment que ds qu'il sera procd des refoulements, de nombreux rfugis essayeront de passer entre les postes-frontire et de pntrer l'intrieur du pays pour y demeurer si possible cachs assez longtemps. Nous prions les cantons d'intensifier, dans la mesure du possible, la recherche de ces rfugis. Il devrait tre possible, en collaboration avec les fonctionnaires des C.F.F. dans les gares frontires et avec le Service de Police des gares importantes l'intrieur du pays (par exemple Lausanne, Neuchtel, Bienne, Berne) d'arrter rapidement une grande partie des rfugis qui auront chapp au contrle frontire proprement dit et qui essayent de pntrer en chemin de fer l'intrieur du pays. Les rfugis qui se cachent doivent tre considrs, du point de vue de Police, comme particulirement dangereux (espions, agents) (sic) Nous devrons alors dans la rgle refouler sans piti les rfugis qui ne s'annoncent pas immdiatement mme s'ils appartiennent une catgorie qui, selon nos instructions, ne devrait pas tre refouls d'emble. Les rfugis qui font de fausses dclarations doivent tre refouls d'emble et sans ordre spcial de notre part (ndrl : soulign par nos soins. Les fausses dclarations de gens pourchasss par les Nazis taient ncessit pour sauver leur vie, les autorits de police des trangers le savaient) Etant donn qu'il faut s'attendre ce que les rfugis refouls "clandestinement" entre les postes-frontire de l'Etat voisins essaient de revenir en Suisse un autre endroit, il conviendra, avant de procder au refoulement, de leur dclarer qu'ils seront remis la Police frontire trangre en cas de rcidive. Les postes de douane, sur ordre du chef de secteur comptent, donnent immdiatement connaissance aux postes de gardes-frontire voisins d'une part, ainsi qu'au Poste de police du district comptent d'autre part, de tous les refoulements auxquels ils ont procd (nom, prnom, ge, nationalit, bref signalement du rfugi), afin que ceux-ci, au cas o ce mme tranger entrerait de nouveau en Suisse clandestinement un autre endroit, soit au courant du premier refoulement. Tous les rfugis qui une fois dj ont t refouls clandestinement et qui sont arrts nouveau sur le territoire suisse, doivent tre remis par la Police la Police-frontire trangre. Nous devons tre renseigns de manire suivie de tous les refoulement auxquels ils ont procd. Nous prions donc la Direction gnrales des Douanes, les Commandements de Police des Cantons et la Section de Police de nous signaler immdiatement tous les cas de refoulement auxquels leurs organes auront procd directement, selon le chiffre II de nos instructions. Les avis y relatifs ne doivent contenir que le nom, prnom, date de naissance et nationalit du rfugi ainsi que le lieu et la date du passage de la frontire, l'entre en Suisse (...)" Le 13 aot 1942, Saly Mayer, alors prsident de la Fdration des communauts isralites de Suisse (FSCI) se rend chez Rothmund pour lui faire part d'un rapport dat du 11 aot 1942, manant du reprsentant de l'oeuvre de secours aux enfants et de la protection de la sant des populations juives". Ce rapport relatait d'une manire bouleversante les dportations qui taient opres en France dans le cadre de l'application de la "solution finale". Rothmund informa Mayer que de nouvelles dcisions avaient t prises, en prcisant qu'il tait prt les prsenter lui-mme devant le comit central de la FSCI  En 1942 toujours, Rothmund s'exprima comme il suit au sujet de la question juive, ceci devant des officiers allemands pendant un repas pris en commun au camp de concentration d'Oranienburg (extraits du rapport de Rothmund au Conseil fdral) : "J'essayai de faire comprendre mes interlocuteurs qu'en Suisse le peuple et les autorits savaient depuis longtemps conscience du danger juif et - l'inverse de l'Allemagne - n'avaient pas voulu admettre que les inconvnients dus la prsence d'une population juive taient compenss par des avantages. le danger ne peut tre conjur que si le peuple combat et empche ds l'abord toute sgrgation quelconque. Le Juif est en effet un membre utile de la communaut nationale et peut s'adapter avec le temps. J'ajoutai que j'avais rencontr des hommes remarquables parmi les Juifs qui avaient fui l'Allemagne et trouv abri en Suisse. La race juive a t trempe par les vicissitudes de son histoire, elle est tenace et forte dans les perscutions; elle a rsist jusqu'ici toutes les mesures d'oppression et en est toujours sortie raffermie. Pour ces raisons - c'est ainsi que je concluais - je crois que la mthode allemande est mauvaise et dangereuse pour nous tous, car elle nous met les Juifs sur les bras. Si mes paroles ne rencontrrent pas l'approbation de mes auditeurs, elles les firent cependant fortement rflchir. Mon seul propos tait de faire savoir aux personne qui s'occupaient de la question juive dans le domaine policier que la Suisse savait se dfendre - et se dfendrait - contre les Juifs, mais qu'elle entendait le faire sans l'aide ni l'immixtion d'un pays tranger dont elle rpudiait les mthodes (...) Pour moi, l'essentiel est qu'on nous laisse en paix. Je me tromperai fort en disant que je n'ai pas t compris. sur ce point. En tout cas, il me semble aller de soi que nous devons maintenir la pratique de l'asile sans gard aux inconvnients (sic !) ou danger pouvant rsulter d'une tentative d'immixtion trangre et ne pas suivre le triste exemple franais. Je l'ai dit d'ailleurs d'une manire tout--fait claire M. von Waizscker (secrtaire d'Etat allemand). Mais, revenons sur la raction de Rothmund en juillet-aot 1943. Apprenant, par le contenu du "Rapport Jezler", que les Juifs sont traqus pour tre mis mort de manire systmatique, il se fit fort de persuader le Conseiller fdral von Steiger, d'obtenir du Conseil fdral que nos frontires leur soit hermtiquement fermes. Cette attitude du chef de la division de police (qui n'eut hlas gure de mal persuader ses suprieurs de le suivre) s'explique par un antismitisme virulent dont il se dfendit tort. Cet antismitisme est prouv par le contenu de son intervention durant la Confrence annuelle des chefs des polices cantonales des trangers tenues Montreux les 25 et 26 septembre 1942. Le procs-verbal de cette sance prcise notamment ce qui suit : " (...) M. le Dr. Rothmund dclare vouloir se limiter au problme des rfugis qui est la plus urgente de toutes ces questions. Il saisit l'occasion de remercier les chefs des polices cantonales des trangers de la confiance qu'ils lui ont tmoign dans des circonstances particulirement difficiles. Cette confiance est indispensable la fcondit de son activit. M. le Dr. Rothmund souligne qu'il ne lui est possible d'obir qu' une seule considration et qu' un seul devoir : celui d'agir pour le bien du pays. Les rfugis constituent une lourde charge pour le pays. Le problme qu'ils nous posent aujourd'hui doit tre considr sous l'angle d'une longue dure, parce qu'il affecte la situation de notre population trangre en gnral. Le bien du pays exige en effet qu' la longue, le nombre des trangers tabli chez nous diminue. C'est le but que se proposent les autorits comptentes depuis de nombreuses annes dj. Ce but ne pouvant tre atteint qu' longue chance, les dispositions en la matire doivent tre prises en tenant compte d'un avenir lointain. Jusqu'ici les efforts des autorits avaient port leur fruit. Le nombre des trangers tablis avait diminu. Les circonstances avaient d'ailleurs t favorables ces efforts. Aujourd'hui, en revanche, l'afflux de rfugis compromet l'essentiel de cette oeuvre. M. le Dr. Rothmund estime que le danger principal de ce renversement rside dans le problme juif. Ce danger n'est pas considrer du point de vue de l'antismitisme, doctrine qui est trangre nos institutions comme nos moeurs, mais du point de vue de l'isralisation du pays, de l'augmentation disproportionne d'une seule catgorie d'trangers. La question se complique du fait que le juif est difficilement assimilable. Jusqu'en 1914, la Suisse a vcu sous le rgime de la libert d'tablissement. Si elle n'a pas t isralise, c'est la sant de son peuple qu'elle le doit. Dans toutes les couches de la population, le juif a toujours t considr, chez nous, comme un tranger et il n'a t admis que pour autant qu'il consente s'adapter nos coutumes, adopter les moeurs et les mthodes de travail du milieu dans lequel il voulait vivre. En bref, ceux des juifs qui taient adaptables sont rests en Suisse. Les autres sont partis ou se sont fait nergiquement remettre l'ordre par la socit qu'ils frquentaient. Cette raction de notre peuple mrite d'tre soutenue. Chez nous, comme ailleurs, il n'est pas souhaitable que la population juive dpasse une certaine proportion; le Suisse n'entend pas se laisser mener par le juif, pas plus qu'il ne voudrait tre men par un tranger quel qu'il soit. En 1930, la population juive en rsidence chez nous s'levait 10'000 personnes; elle atteignait avec les sjournants de passage, le chiffre total de 18'000 personnes. Depuis les premires migrations, cette population s'est accrue d'environ 6'000 rfugis. L'occupation des pays conquis (ndrl : Rothmund dit "conquis" et non "occups") nous en a rcemment amen 2'500 autres; en fait pendant les seuls jours du 21 au 23 septembre 500 juifs ont franchi notre frontire. L'augmentation s'accentue, on le voit, trs sensiblement et justifie pleinement les mesures nergiques qui ont t prises, le 13 aot dernier, contre l'afflux de rfugis juifs de Belgique, de Hollande et de France occupes. Le peuple suisse a trs violemment protest contre ces mesures, moins par sympathie pour les juifs que parce qu'il condamne leurs perscuteurs. M. le Dr. Rothmund juge ces ractions saines, parce qu'elles prouvent que notre pays a rsist, jusqu'ici, au virus de l'antismitisme. Il ne faut cependant pas que de telles protestations nous dtournent de l'aspect rel du problme. La pire des contre-ractons serait craindre si les rfugis juifs taient autoriss se rpandre dans tout le pays (sic). Il ne faut pas non plus oublier que nombre d'entre eux sont des sujets dangereux pour nos institutions, des individus qui ont vcu longtemps dans des pays dsorganiss ou mal ravitaill dans lesquels on vit d'expdients. Ils sont habitus des conditions dans lesquelles l'instinct affairiste du juif a tendance se donner libre cours. Ceux d'entre eux qui ont t forms cette cole prsente un contraste frappant avec les lments (sic) qui sont tablis chez nous et que nous apprcions juste titre. (...) La France dporte actuellement les juifs d'une demi-douzaine de nationalits diffrentes, entrs sur son territoire depuis 1936. Nous devons empcher cet afflux. Les mesures prises contre les rfugis de Belgique ont eu leur effet, la menace nous vient aujourd'hui de France non-occupe (ndrl : elle sera occupe par les Nazis moins d'un mois plus tard) : on admettra donc, cette frontire, que les dserteurs, les malades, les personnes ges, les enfants seuls de moins de 16 ans et les femmes accompagnes de leurs propres enfants gs de moins de 16 ans. " Le prsident de la confrence, M. Antenen remercia Le Dr. Rothmund "pour son remarquable expos" et exprima "la satisfaction qu'ont prouv le chefs cantonaux en apprenant que la police frontire serait renforce par la Confdration." Dans le procs-verbal, il n'est fait tat d'aucune autre raction l'expos de Rothmund. Enfin, le 29 dcembre 1942, le Conseil fdral approuva les instructions complmentaires de la division fdrales de police. Celles-ci nonaient notamment que : "I. 1 Les trangers qui sont arrts par les gardes-frontire ou par la police au moment au moment o ils passent clandestinement la frontire, ou immdiatement aprs, dans les rgions frontires, doivent tre refouls par ces organes. (...) 2. Le refoulement doit s'effectuer immdiatement et sans autre formalit(...) Dans tous les cas, il faut veiller ce que les rfugis qui doivent tre refouls ne puissent pas entrer en relation directement ou indirectement (notamment par tlphone) avec des tiers (parents, connaissances, avocats, lgations, consulats, organisations d'aide aux rfugis, etc.)" (...) Les Franais qui ont t mobiliss pour le service du travail en Allemagne et qui tentent de s'y soustraire en s'enfuyant en Suisse ne doivent pas, pour ce seul motif, tre considrs comme rfugis politiques, au sens des prsentes instructions. Ils seront ds lors refouls, de mme que les autres travailleurs civils trangers qui ont t mobiliss volontairement ou par voie de contrainte pour travailler en Allemagne. - II Les rfugis qui ont pris la fuite uniquement en raison de leur race ne doivent pas, au sens des prsentes instructions, tre considrs comme rfugis politiques."  Cette plaque, offerte par le prsident Ren Geissmann, a t pose sous la prsidence du Dr Albert Rhein Elle se trouve lextrieur de la synagogue et porte la mention suivante : SOUVIENS-TOI Deut. 25/17 1933-1945 PARCE QUILS ETAIENT JUIFS, SIX MILLIONS DHOMMES, DE FEMMES ET DENFANTS ONT ETE MASSACRES PAR LES NAZIS, PUISSE DESORMAIS LAMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN INSPIRER TOUS LES HOMMES AFIN QUE SOIT REVOLU LE TEMPS DES LARMES ET DU SANG. AIME TON PROCHAIN COMME TOI-MEME Lv. 19/18 Cette plaque a dailleurs t profane depuis sa pose.  Adolphe Isaac Crmieux est n en 1796, avocat nmois, issu dune famille juive largement assimile, qui a pris fait et cause dans lAffaire Dreyfuss. Il fit ses tudes au Lyce Louis le Grand, Paris, puis fut admis au barreau nmois. Il appartient une famille originaire du Comtat Venaissin. En 1817, il refuse de prter le serment more judaico. Il contribue par la suite labolition de ce serment en 1846. Il fut dput de Chinon en 1842. Trs introduit dans la socit parisienne, il sintresse aux affaires juives depuis son arrive dans la capitale en 1830. Il est nomm cette mme anne au Consistoire central. Il y joue un rle majeur et en devient le prsident en 1843. Il venait de se distinguer dans la tristement clbre affaire de Damas, se rendant en Syrie avec Sir Moses Montefiore, pour sauver les Juifs accuss de crime rituel. En outre, le dcret Crmieux, o lintress en tant que ministre de la justice, fait octroyer la nationalit franaise aux 33000 Juifs algriens . Il faut aussi prsident de lAlliance isralite universelle de 1863 jusqu sa mort. Il meurt en 1880  Lmancipation est issu de la Haskalah, lAufklrung, Les Lumires juives du 18me sicle. Le prcurseur de celle-ci est Moses Mendelsohn, le grand-pre du compositeur Felix Bartholdy Mendelsohn. La Haskalah va opposer les maskilim, intellectuels juifs qui cherchent renverser les barrires entre Juifs et non Juifs, et les hassidimes, garants de la traditions, en particulier dans les pays de lEst (Pologne, Russie, etc.). Moses Mendelsohn tait un intellectuel religieux et ouvert au monde non-juif. Il est n Dessau. Son pre est un instituteur dorigine polonaise. Pauvre, ce dernier copiait des rouleaux de la Loi pour gagner sa vie plus correctement. Moses Mendelsohn tudie en yeschiva (= cole o lon apprend la religion juive, ouverte uniquement aux garons), il volua vers un judasme diffrent. Il fit tout pour que les Juifs deviennent des citoyens de lEtat X, de religion isralite. Il fit dailleurs une intervention en faveur des Juifs de Lengnau et dEndingen en 1775.  Il ne faut pas perdre de vue quaux 19me et au 20me sicle, la France a bnfici de dotations importantes de la part de plusieurs mcnes juifs en France. Hormis les nombreux dons de Daniel Iffla-Osiris, tels que le Chteau de Malmaison quil a fait restaurer, la statue de Musset, on citera pour mmoire les donations doeuvres dart faites au Louvre par les Rothschild et David Weill (1871-1952). Ce dernier a t prsident du Conseil des muses nationaux. Les Camondo, Isaac (1851-1911) et Mose (1860-1935), par leurs donations, ils introduisent les impressionnistes au Louvre et lguent son htel particulier situ au coeur de la plaine Monceau et ses collections au muse des Arts dcoratifs. En outre, il convient aussi de citer Henri Deutsch de la Meurthe (1846-1919) qui multiplie les prix pour favoriser le dveloppement de laviation, son frre Emile (1847-1929) qui fonde la cit universitaire de Paris, Albert Kahn (1860-1940) banquier dorigine alsacienne qui distribue des bourses, cre les Archives de la plante dans le cadre de son esprit humaniste. Il ne faut pas perdre de vue quaux 19me et au 20me sicle, la France a bnfici de dotations importantes de la part de plusieurs mcnes juifs en France. Hormis les nombreux dons de Daniel Iffla-Osiris, tels que le Chteau de Malmaison quil a fait restaurer, la statue de Musset, on citera pour mmoire les donations doeuvres dart faites au Louvre par les Rothschild et David Weill (1871-1952). Ce dernier a t prsident du Conseil des muses nationaux. Les Camondo, Isaac (1851-1911) et Mose (1860-1935), par leurs donations, ils introduisent les impressionnistes au Louvre et lguent son htel particulier situ au coeur de la plaine Monceau et ses collections au muse des Arts dcoratifs. En outre, il convient aussi de citer Henri Deutsch de la Meurthe (1846-1919) qui multiplie les prix pour favoriser le dveloppement de laviation, son frre Emile (1847-1929) qui fonde la cit universitaire de Paris, Albert Kahn (1860-1940) banquier dorigine alsacienne qui distribue des bourses, cre les Archives de la plante dans le cadre de son esprit humaniste.  Dans le procs-verbal de sa sance du 19 mars 1907, le Conseil communal de la Ville de Lausanne prcise notamment que (...) On se rappelle que cest dj la gnrosit de M. Osiris que la ville de Lausanne est redevable de la belle statue de Merci qui dcore la promenade de Montbenon. Nous savions dj, de bonne source, que M. Osiris, qui portait notre ville un intrt tout particulier, se proposait de lui tmoigner nouveau par son testament, en reconnaissance de lhospitalit que larme franaise a reue dans notre pays en 1871. En outre, ce procs-verbal constate Quant la chapelle Guillaume-Tell, nous pensons que les intentions du dfunt seraient ralises si lon construisait un difice rappelant ceux qui existent Kssnacht, ou la Tells Platte, et si lon en dcorait lintrieur par une fresque rappelant quelques scnes de la vie de notre hros national. La moiti de la somme pourrait tre attribue au btiment et lautre moiti la fresque. Un monument de ce genre ne pourrait que contribuer lembellissement de notre ville. (...). Dans sa note manuscrite, M. Jaccottet, de la direction des Services Industriels de la Commune de Lausanne, ajoute ce qui suit M. le Prsident (ndrl : le Prsident Loubet) demande quon discute aussi du deuxime point ( ndrl : celui qui concerne ldification de la Chapelle de Tell). Le soussign (ndrl : M. Jaccottet) expose le grand embarras dans lequel se trouve la Municipalit de Lausanne. Comment faut-il comprendre cette chapelle ? - O faut-il la placer ? - Le texte du testament qui dit aussi prs que possible de la statue de Guillaume Tell peut-il laisser entendre que la chapelle pourrait la contenir ? - Pour le moment, nous songeons ouvrir un concours dides. le programme serait le texte mme du testament. MM. Loubet et Btholand admettent que la chapelle peut contenir le monument de Guillaume Tell. La manire de procder indique parat la meilleure MM. les excuteurs testamentaires. Nous remercions vivement ces Messieurs de leur amabilit et de leur bienveillance. (...)". Le concours dide fut lanc en 1908. 38 projets furent dposs. La Municipalit choisit de recommander celui de larchitecte Georges Epitaux.. Le pavillon votif fut construit en 1914-1915. Il fut inaugur le 6 octobre 1917.  Le prix Osiris (CC 24.4.1907) a t distribu conformment la volont du testateur jusquen 1941. Il tait la charge de la Rpublique franaise. Depuis cette date, il a t converti en prix de Lausanne, car la Municipalit a d constat, dans sa sance du 18.2.1941, que les revenus de la rente perptuelle ne permettait plus de distribuer les prix en question. Ceci devait probablement tre d la situation politique du moment. A cette poque, la France tait en guerre. LAllemagne nazie loccupait en partie (occupation totale ds le mois de novembre de la mme anne). On peut donc imaginer que la rente ntait plus verse, ceci probablement depuis le dbut de la guerre de 1939-1945. On peut objectivement imaginer que depuis la fin de la guerre, la France na pas vers son d et que la volont du testateur a permis le versement du montant en cause, mais quelle porte, et cest bien normal, le nom de Prix de la Ville de Lausanne, qui en a la charge financire.  Le 24 mars 1933, dans un rapport destin ses suprieurs, Dinichert fit clairement savoir que la Suisse devait s'attendre un afflux de demandes de renseignement sur les conditions d'entre et d'tablissement en Suisse de personnes d'origine juives d'Allemagne et d'ailleurs. Parmi ceux qui demandaient un visa d'entre figuraient beaucoup de Juifs polonais, dtenteurs d'un passeport de ce dernier Etat. Ils demandaient gnralement un visa pour un sjour de longue dure. Il s'agissait gnralement de commerants, qui l'Ambassade de Suisse avait dj octroy des visas d'entre plusieurs reprises. Dinichert prcisait que, si rien de particulier ne s'y opposait, le visa d'entre ne saurait leur tre de ce fait refus. Aprs que le boycott du 1er avril 1933 en Allemagne ait clairement montr que la voie des pogroms tait en marche, Rothmund mit un mmorandum le 4 avril 1933. Rothmund adresse un mmoire son chef Hberlin sur les mesures prendre devant un afflux de rfugis. Il tente de prvoir les vnements et se rfre au modle italien dont il pense que Berlin s'inspire: rfugis politiques milieux de l'administration, des partis de gauche, des crivains. Le Reich menace certes les Juifs, mais conomiquement: ce ne sont donc pas des politiques. Das Volk socialiste d'Olten:  = CHAMPFUSION le_droit_d ' CHAMPFUSION asile_tait_n_comme_une_arme_efficace_de_la_dmocratie_contre_ses_ennemis \* FUSIONFORMAT . Semblables aux rfugis de la Restauration ou de 1848 les antifascistes bnficiaient d'appuis politiques autochtones, note Rothmund dans le mme sens que l'accord Hberlin-Reinhard. Elle apparat aujourd'hui comme le programme d'action des 12 annes venir. Elle vise rduire 3 obstacles une politique efficace: l'imprcision dans la dfinition des indsirables, la souverainet cantonale, l'insuffisance de la loi de 1931. Dans ce mmorandum, Rothmund nonce notamment ce qui suit : "Wer ist ein politischer Flchtling ? Der Jude, der infolge der Boycottmassnahmen geflchtet ist ? Nein, wenigsten heute noch nicht; die Massnahmen die gegen die Juden ergriffen worden sind, liegen auf wirtschaftlichen Gebiet." que nous traduirons par : "Qui est un rfugi politique ? Le Juif qui a fui en raison des mesures du boycott ? Non, du moins pas pour le moment; les mesures prises l'encontre des Juifs reposent sur des motifs d'ordre conomiques." Or, d'aprs la rponse faite par Hberlin la premire question que se pose Rothmund, les Juifs allemands auraient dj d tre considrs comme des rfugis politiques l'poque. Il rpondit en effet qu'est un rfugi politique "wer verfolgt ist oder aller Wahrscheinlichkeit nach Verfolgung zu gewrtigen." Ceci doit tre traduit par "celui qui est pourchass ou qui selon toute vraisemblance peut s'attendre l'tre". La circulaire du 4 avril a deux buts prcis : 1) Limiter l'accueil aux seuls rfugis rellement menacs. Il prvoit des consignes fdrales excluant les Juifs et les conomiques. Et les communistes,  =ET(,  CHAMPFUSION les_socialistes_de_gauche_qui_sont_en_fait_de_communistes \* FUSIONFORMAT . 2) Diminuer la marge de manuvre des cantons: centraliser la rglementation de l'asile et amener les polices transmettre les dossiers au Ministre public qui mettrait des prescriptions svres. En collaboration troite avec la Police fdrale, il aurait la comptence de traiter les dossiers des requrants. Le 7 avril 1933, le Conseil fdral met un arrt sur le traitement des rfugis politiques. Sans suivre entirement Rothmund le Conseil fdral retient dans l'ensemble ses propositions. Plus autoritaire que lui il s'appuie sur les articles 102, chiffres 8-10 Cst qui rservent au Conseil fdral la sret intrieure et extrieure et les relations avec l'tranger. Ces rfrences situent le plan sur lequel le CF plaait le refuge. Elle obligeait les candidats s'annoncer dans les 48h la police qui devait en avertir sans dlai le Ministre public. Celui-ci interdirait toute activit politique, interviendrait dans l'octroi de permis de travail et surveillerait les rfugi avec les polices cantonales Cet arrt fonde la circulaire du DFJP du 7 avril 1933 (E 4320 (B) -/1 Bd 15, 116), qui nonce en substance ceci : "Monsieur le Prsident, Messieurs les Conseillers d'Etat, A la suite des vnements d'Allemagne, de nombreux adversaires du rgime actuel sont entrs en Suisse ou y sont rests. Le nombre de ces rfugis n'est pas connu. On parle de quelques dizaines, mais galement de 2 300 trangers venus en Suisse pour y chercher l'asile. Beaucoup d'entre eux ont des papiers de lgitimation rguliers; d'autres, en revanche, n'ont pas de papiers suffisants et sont entrs dans le pays soit par la voie ordinaire, soit clandestinement. Des demandes d'entre ont t envoyes de diffrents Etats. Les rfugis ne se sont annoncs qu'en petit nombre aux autorits cantonales de la police des trangers et beaucoup d'entre eux s'efforcent de dissimuler leur prsence. La police en a dcouvert un certain nombre et les a contraints s'annoncer. En outre, la frontire, des indsirables ont t refouls. Quelques autorits cantonales n'ont adress au ministre public fdral et la police fdrale des trangers que des rapports insuffisants sur les entres de rfugis politiques qui sont parvenus leur connaissance. D'autre part, plusieurs autorits cantonales nous ont demand de donner des instructions uniformes pour le traitement de toutes les questions touchant aux rfugis politiques. Au dbut, il tait difficile de prescrire un traitement uniforme. Aussi avons-nous d nous contenter de rgler provisoirement chaque cas avec l'autorit cantonale requrante et de donner des instructions pour le contrle la frontire. Aujourd'hui, nous pouvons avoir un meilleur aperu de la situation, bien qu'il ne soit pas impossible que suivant la tournure des vnements l'tranger, le nombre des personnes venant chercher asile dans notre pays s'accroisse encore. Parmi les rfugis se trouvent des dmocrates-socialistes, des membres des partis conomiques, des communistes, des rpublicains, des pacifistes, des intellectuels n'appartenant aucun parti (crivains, etc.) (nda : soulign par nos soins, le sort des Isralites est trait part, comme nous allons le voir.) Le Conseil fdral a dcid d'accorder en principe l'asile ces rfugis et de donner des directives pour le traitement des questions les concernant. Il y a lieu de veiller avant tout ce qu'ils ne compromettent pas la sret intrieure ou extrieure de la Suisse. Le nombre relativement lev des rfugis et le caractre politique de beaucoup d'trangers venant chercher asile dans notre pays nous obligent nous montrer trs prudent dans l'octroi des autorisations de sjour et examiner minutieusement chaque cas. En outre, l'hostilit de communistes organiss sur le terrain international l'gard de tout Etat dmocratique et leurs tendances prendre part toutes les manifestations contre l'Etat qui leur accorde l'hospitalit exigent la plus grande attention des autorits charges de traiter les questions touchant les rfugis et d'assurer l'ordre et la tranquillit du pays. (...) Pour viter des malentendus, nous tenons prciser que les prescriptions de l'arrt du Conseil fdral et de la prsente circulaire concernent les rfugis politiques de tous les pays et non pas seulement ceux qui nous viennent d'Allemagne. (...) Contrle la frontire : La frontire doit tre soigneusement surveille sur toute son tendue. Les trangers qui ont l'intention de pntrer en Suisse sans passer par l'un des postes-frontire doivent tre conduits au poste-frontire officiel le plus proche. (...) Le contrle des papiers de lgitimation doit tre particulirement svre aux frontires allemande et autrichienne, mme s'il s'agit de personnes entrant en Suisse en automobile (conducteur et passagers). Les postes-frontires o le trafic n'est pas intense consulteront le Zeller (= le moniteur de police) chaque fois qu'un passeport leur sera prsent; les autres postes, grand trafic, le consulteront chaque fois qu'ils auront un doute, et en tout cas, lorsque les trangers se feront connatre comme rfugis politiques. Passage la frontire : a) doivent tre refouls : les trangers qui se sont dclars comme rfugis politiques, alors que manifestement ils ne le sont pas, par exemple les mendiants, les personnes qui cherchent du travail; les trangers qui ne peuvent pas mme rendre vraisemblable la poursuite politique dont ils prtendent tre l'objet (tranger poursuivi pour dlit politique ou sur le point de l'tre, soumis la dtention prventive ou menac de l'tre, etc.), les trangers qui viennent en Suisse manifestement pour y exercer une activit politique (messagers, propagandistes). (...) 3. Avis au ministre public fdral (...) Les Isralites ne doivent tre considrs comme rfugis politiques au sens de l'arrt du Conseil fdral, que s'ils ont d fuir pour des motifs d'ordre politique; le boycottage n'est pas considr comme un motif de ce genre. (nda : soulign par nos soins. A cette poque, le boycott signifiait dj, nous l'avons vu non seulement la privation de tout moyen de subsistance par le travail, mais galement une mise en danger de l'intgrit physique et psychique et de la vie des Isralites allemands; le 13 aot 1942, une autre circulaire du DFJP leur refusera ce mme statut parce qu'ils ne fuient qu'en raison de leur race ) II. Traitement en matire de police des trangers (...) La premire autorisation ne dpassera pas trois mois. Il sera interdit l'tranger d'exercer une activit lucrative. L'autorisation sera soumise sans retard la police fdrales des trangers suivant les rgles de la procdure d'opposition (art. 3 de l'arrt du Conseil fdral). Si un rfugi qui a l'intention d'exercer une activit lucrative demande une prolongation de sjour, sa requte, lorsqu'une prise d'emploi entre en considration, sera soumise pour pravis l'office de placement. le pravis portera exclusivement sur le march du travail. La police fdrale des trangers fixera d'entente avec le ministre public fdral la dure maximum du sjour qui peut tre chaque fois octroy, ainsi que les conditions et les restrictions jointes l'autorisation. Les cantons sont libres d'imposer encore d'autres conditions et restrictions (nda : les cantons ont perdu toute comptence ou quasiment en matire d'autorisation. Ils les gardent en matire de refus). sign : Hberlin" La circulaire du 7 avril 1933, cre un nouveau dmarquage, une nouvelle isolation des Juifs par rapport aux autres. Au dbut du rgime nazi l'autorit ne dfinit pas clairement qui tait digne du refuge politique (...) Reste attache la dfinition hrite du 19me que le rfugi est un rvolutionnaire victime de soulvements politiques ou sociaux, perscut pour ses convictions ou menac selon toute vraisemblance de poursuites. Aprs coup, l'un des adjoints de Rothmund dfinira plus pertinemment comme politiques ceux seulement qui ont t expressment reconnus comme tels par une disposition interne du Ministre public de la Confdration sur la base de l'arrt du ... 7 avril 1933. Haine des communistes. En juillet 1933 Motta invitera Frhlicher alors charg d'affaires Berlin ne pas protger ses concitoyens incarcrs par les Allemands s'ils taient poursuivis pour des activits communistes avres et confirmes par la police allemande. DDS, t 10, p 762 Le 20 avril 1933, une circulaire du DFJP inspire par Rothmund expose aux cantons que la scurit du pays exigeait des restrictions au principe toujours respect de l'asile:  = CHAMPFUSION les_communistes_..._Les_Isralites ,  CHAMPFUSION le_boycottage_n ' CHAMPFUSION est_pas_un_motif_politique \* FUSIONFORMAT , autorise le Ministre public expulser et accorder de brefs dlais de dpart  CHAMPFUSION notamment_aux_communistes  Le 22 avril 1933, une nouvelle circulaire du DFJP invite les cantons user de prudence dans l'admission d'tudiants trangers, qui ne pourraient en aucun cas tre naturaliss ni obtenir de permis de travail pendant ou aprs leurs tudes. Au printemps 1933, Heinrich Rothmund va passer un message trs clair la communaut juive de Suisse. On peut le rsumer comme il suit : " Nous Suisses, estimons qu'il vous incombe vous Juifs suisses de payer toute charge relative l'entre de Juifs trangers dont vous prtendez qu'ils sont pourchasss dans le pays o ils vivent actuellement. Crment dit on peut rsumer ceci comme il suit : "pas d'argent Juifs, pas d'autorisation d'entre pour les Juifs." En outre, si vous vous riger contre notre politique gnrale envers vos coreligionnaires, si vous ne faites pas profil bas, nous fermerons encore plus fermement nos frontires vos coreligionnaires dont nous ne voulons pas plus que l'Allemagne." De facto, les Juifs suisses deviennent des citoyens dmarqus des autres, perptuellement pris en otage pour tenter de sauver un maximum de leurs coreligionnaires Le 22 avril 1933, le DFJP explique aux gouvernements cantonaux par le biais d'une circulaire que la scurit du pays exige des restrictions au principe toujours respect de l'asile. Elle invite les cantons user de prudence dans l'admission d'tudiants trangers, qui ne pourraient en aucun cas tre naturaliss ni obtenir de permis de travail pendant ou aprs leurs tudes. CHAMPFUSION notamment_aux_communistes  Destine aux directions de police des cantons et communique, pour leur information aux dpartements cantonaux de l'instruction publique, aux tablissements publics d'instruction suprieure et aux techniciens cantonaux, elle nonce, en substance, ce qui suit : "Concerne : tudiants trangers Messieurs, Les mesures prises en Allemagne pour restreindre le nombre des tudiants isralites ont, d'aprs les rapports que nous avons reus, engag beaucoup de ces tudiants demander leur immatriculation aux universits suisses. (...) Il appartient avant tout nos universits de dcider quels tudiants trangers elles veulent et peuvent accepter. Nous pouvons donc avoir pleine confiance en ces tablissements et tre certains qu'en fixant le nombre des trangers qu'ils acceptent, ils auront pour premier soin de sauvegarder les intrts des tudiants suisses et de mettre un nombre suffisant de places leur disposition dans les cliniques et les laboratoires. Il va notamment de soi, pensons-nous, qu'en choisissant des assistants, ils donneront la prfrence aux nationaux. La police des trangers ne devrait donc pas avoir s'occuper de cette face du problme (...) En revanche, il faut s'attendre, en raison des vnements actuels, ce qu'un grand nombre d'tudiants trangers cherchent faire leurs tudes dans une cole suisse, dans l'ide de pouvoir plus tard exercer leur profession dans notre pays. Beaucoup d'entre eux ont sans doute l'intention, pour parvenir leurs fins, d'acqurir la nationalit suisse l'expiration des six annes de sjour exiges par notre lgislation. Pour prvenir tout malentendu, il faut que les tudiants trangers qui ont t ou qui seront admis en Suisse uniquement pour y tudier sachent immdiatement qu'ils devront, quoi qu'il arrive, (nda : soulign par nos soins) quitter notre pays la fin de leurs tudes. Ils doivent savoir aussi que l'autorisation fdrale ncessaire pour obtenir le droit de cit communal et cantonal, ne pourra en aucun cas leur tre accorde. Selon la procdure existante, cette autorisation ne peut tre octroye qu'aux personnes que la police fdrale des trangers a libres de son contrle, ce qui ne sera jamais le cas pour ces tudiants. (nda : soulign par nos soins) De mme, l'exercice de toute activit lucrative (activit commerciale, enseignement, etc.) pendant les tudes leur sera interdite. Les tudiants trangers devront prouver qu'ils ont de quoi vivre et subvenir aux frais de leurs tudes. (nda : leurs parents tant au mieux, si l'on peut dire, privs de moyens de subsistance et au pire dports, la communaut juive s'est donc substitus ceux-ci pour permettre ces tudiants de faire leur cursus). (...) Une prolongation de l'autorisation pendant la priode de vacances entre les semestres ne sera dlivre qu'exceptionnellement et s'il existe pour cela des raisons spciales qui feront l'objet d'un examen attentif (...) (...) sign : Hberlin" L encore, force est de constater que les Juifs sont identifis, isols et considrs comme tant de "seconde zone". En outre, le 31 mai 1933, le DFJP va mettre une nouvelle circulaire relative l'entre en Suisse d'Isralites. Nous n'en disposons pas, toutefois, il en ressort notamment ce qui suit : ... Notre pays ne peut accorder ces rfugis qu'un sjour temporaire pendant lequel il leur serait interdit d'exercer une activit lucrative (...) Il convient avant tout de s'opposer, par tous les moyens possibles, ce que des gens de murs diffrentes des ntres s'tablissent chez nous (...) (nda : dans le cas prsent, il s'agit essentiellement de Juifs d'origine orientale). Ce texte parle de lui-mme. Point n'est besoin de le commenter. En septembre 1935, aprs l'adoption des Lois de Nuremberg, la lgation de Suisse Berlin informe la division des Affaires trangres de traiter les demandes de rfugis qui veulent s'tablir ou mme sjourner en Suisse avec la plus grande prudence cause du fort chmage qui rgne alors dans notre pays. Rothmund fera tout ce qui est en son pouvoir pour viter de laisser entrer des rfugis juifs nonobstant leur situation. Il en ira de mme en 1936. Le 28 septembre 1937, le DFJP adresse la circulaire suivante aux postes-frontire de la frontire franco-suisse et de la frontire de lest, ainsi quaux Directions de police des cantons pour leur information : Concerne : Etrangers refouls dautres Etats sur la Suisse, ou qui, de leur propre mouvement, cherchent franchir clandestinement la frontire. Messieurs, Les rcents attentats commis Paris ont amen les autorits franaises renforcer la surveillance des trangers en France et prendre leur gard des mesures de contrle plus strictes quauparavant. Dautre part, il est toujours plus frquent que des trangers venus de lEst et dpourvus le plus souvent de papiers valables les autorisant pntrer en Suisse sans visa, soient refouls sur notre territoire, il sagit surtout de fugitifs dAllemagne auxquels dautres Etats refusent lautorisation de sjour (nda : il sagit en clair de Juifs allemands dpossds de leur nationalit, qui fuyait les perscutions nazies). Il faut donc sattendre voir ces temps prochains augmenter notablement les arrives, la frontire franco-suisse, dtrangers refouls ou expulss de France pour dfaut de moyen dexistence (nda : en Suisse les instances communautaires juives se sont engags subvenir entirement lentretien des Juifs allemands et leur trouver un pays tiers daccueil) ou de papiers rguliers, pour sjour irrgulier, pour activit suspecte, etc. Il faut prvoir aussi quun nombre plus lev de fugitifs et dautres trangers non munis du visa dentre ncessaire chercheront pntrer dans notre pays par notre frontire de lest. Tout le possible doit tre fait pour empcher leur entre dans notre pays. Nous prions donc les postes-frontire de redoubler dattention et de contrler trs soigneusement les papiers didentit des trangers et en cas de doute les moyens dont ils disposent. Les porteurs de papiers non reconnus comme valables pour lentre en Suisse sans visa doivent tre refouls sils ne possdent pas de visa suisse; de mme ceux qui nont pas de moyens suffisants. Mme sils ne veulent que transiter, ils ne doivent y tre autoriss que sils ont un billet direct pour une station dun Etat tranger et si leur entre dans cet Etat est assure. Les postes-frontire feront aussi tout leur possible pour empcher lentre des trangers qui cherchent passer clandestinement entre les postes. Veuillez croire, Messieurs, lassurance de notre considration trs distingue. DEPARTEMENT FEDERAL DE JUSTICE ET POLICE A LINITIATIVE DE LA POLICE DES ETRANGERS, LE CONSEIL FEDERAL REFUSE DE PROTEGER LES JUIFS SUISSES ETABLIS EN FRANCE : LA FEDERATION DES COMMUNAUTES JUIFS DE SUISSE (FSCI)I SINQUIETE. Au vu du sort que subissaient les juifs en France, bon nombre de juifs suisses qui vivaient dans ce pays se retrouvrent en situation de danger de mort. La position prise par le Conseil fdral en rponse la petite question pose par le conseiller national Graber qui stait proccup du sort de ces personnes inquita fortement la FSCI. En effet, en substance, notre gouvernement considra quils ne pouvaient demander ce quils bnficient dun traitement spcial du fait de leur nationalit suisse. Le 8 dcembre 1941, la FSCI sinquita donc de cette prise de position des Juifs suisses vivant en France au vu de la rponse que le Conseil fdral a donn la petite "question pose par le conseiller national Graber au sujet de leur protection. Tout en prcisant qu'il comprend les difficults du moment, le comit de la FSCI rappelle notamment qu'en vertu du principe d'galit de l'art. 4 Const. fd. en vertu duquel tous les Suisses sont gaux en droit et ne bnficient d'aucun privilge de lieu, de naissance de personnes ou de familles, et que partant la Suisse doit protger les Juifs suisses tablis en France contre les mesures anti-juives. Le comit de la FSCI dplore donc gravement que la rponse du Conseil fdral la question Graber soit que "les Juifs suisses ne peuvent pas demander bnficier d'un traitement spcial sur le territoire d'un autre Etat que la Suisse (die Juden schweizerischer Staatsangehrigkeit gegenber denjenigen des eigenen Staate (gemeint ist der auslndische Staat), nicht eine Sonderbehandlung beanspruchen knnen.). En outre, le comit rappelle le contenu de la convention franco-suisse de 1882. Le comit demande donc aux autorit de bien vouloir galement tout entreprendre pour que l'application du trait franco-suisse soit rsili, puisqu'il assurait une galit de traitement aux citoyens d'un Etat sur le territoire de l'autre Etat. (DDS, Vol 14 , E 2001 (D) 2/201): Le 24 dcembre 1941, le Secrtaire de lgation de la Division des Affaires trangres, Ch. Humbert, rpondit notamment ces requte par le biais d'une notice que la rponse la question Graber au sujet des droits des Juifs suisses tablis en France ne permettait pas au Conseil fdral de tenir compte de son seul point de vue juridique et que le sujet ne se prtait pas une discussion publique. Il ajoutait que la FSCI ne semblait pas vouloir comprendre ces intrts prpondrants, ce dont Saly Mayer, alors prsident de la FSCI avait pu discuter avec Max Ruth. Lors de cette discussion, Max Ruth, qui avait t en son temps un camarade d'cole de Saly Mayer avait pourtant tout tent pour faire comprendre celui-ci que les Juifs suisses ne pouvaient avoir aucun intrt forcer le Conseil fdral pousser la France rsilier la convention franco-suisse de 1882. Le rdacteur dplorait que Saly Mayer ne se soit pas content des explications donnes (DDS, Vol 14, E 2001 (D) (sign) Baumann  W. Rappart, in "L'individu et l'Etat dans l'volution constitutionnelle de la Suisse", d. Polygraphiques, Zurich,  FF 1865, III, p. 35 43, in casu, p. 43.  Deux mthodes existaient pour atteindre ce but. La premire consistait faire en sorte que les cantons qui n'avaient pas encore placs les Juifs sur le mme pied d'galit que les Chrtiens le fasse par le biais d'une dclaration formelle. La seconde visait soumettre cette question au peuple, dans les formes prescrites par la Constitution fdrale, au cas o les cantons tarderaient se prononcer formellement. De fait, l'opposition vint majoritairement des cantons situs aux frontires. Ble-ville et Ble-campagne notamment faire tat de leurs crainte de subir, dans un tel cas de figure, une "invasion" de Juifs alsaciens. La majorit du Conseil national tait favorable la ratification du Trait avec la France. Il l'imposa en prcisant que le Conseil fdral devait tre invit en parallle examiner par quel moyen on pouvait obtenir, sur l'ensemble du territoire suisse, l'galit de traitement des citoyens suisses obissants aux lois mosaques . Une minorit du Conseil national tabli cependant un rapport dans lequel elle prcisait qu'elle ne voyait pas comment on pourrait imposer une ratification du trait aux conditions prvues sans porter atteinte la souverainet des cantons, autonomie reconnue par la Constitution fdrale de 1848. Elle se plaait l sur un terrain purement constitutionnel, et tint ds lors exprimer le fond de sa pense en ces termes : Nous sommes depuis longtemps acquis la libert des cultes. Depuis longtemps, nous pensons que la jouissance des droits civils et politiques est indpendante de la foi religieuse de l'individu; depuis longtemps donc, nous pensons qu'il est dsirable de voir disparatre de notre droit constitutionnel la restriction d'aprs laquelle les Isralites sont privs du droit naturel, de la libert qui est l'essence mme de la vie de l'homme, d'aller, de venir et de s'tablir o bon lui semble ". Aprs de longues discussions, l'Assemble fdrale ratifia, le 30 septembre 1864, les traits conclus avec la France le 30 juin 1864, parmi lesquels se trouvait celui sur l'tablissement. Le mme jour, elle prend un arrt fdral qui stipule son chiffre 1, que :"Le Conseil fdral est invit soumettre le plus tt possible l'Assemble fdrale un rapport et des proposition l'effet de rendre les droits garantis par les article 41 et 48 de la Const. fd. indpendants de la foi religieuse du citoyen ."  RO VIII, p. 582  RO VIII, p. 680; arrt fdral du 22 fvrier 1866  En 1862, la loi zurichoise du 3 mars 1852 accorda aux Juifs du canton l'galit totale en matire de droits civiques et politiques. La mme anne, la loi argovienne du 15 mai lve les communauts isralites au rang de communes de bourgeoisie et leur membres, en qualit de citoyens du canton, sont mis sur pied d'galit avec les citoyens chrtiens jouissant ainsi des mmes droits politiques, d'tablissement et de droit au mariage. Le "comit Dttingen", un mouvement populaire hostile cet largissement des droits des Juifs provoqua la destitution du Grand Conseil. Ce mouvement fut confirm par un scrutin populaire qui exigea la modification complte de la loi sur l'mancipation argovienne du 15 mai 1862 sur l'mancipation. L'anne suivante cette loi fut abroge. En consquence, les Juifs furent replaces dans leur situation antrieure ingalitaire. Le 30 juillet 1863, par le biais d'un arrt fdral, le canton d'Argovie fut astreint accorder leurs rsidents isralites le droit d'exercer leurs droits politiques en matire fdrale et cantonale. Le grand Conseil s'y soumis par le biais d'un arrt cantonal dat du 2 aot 1863. De 1868 1874, date de la dernire rvision totale de la Constitution fdrale, de nombreuses requte furent adresse au Conseil fdral par le "Kulturverein", fond en 1863, pour rclamer l'galit civile et politique des Juifs, cette fois au sujet du droit la bourgeoisie. Les autorits fdrales se firent tirer l'oreille en temporisant. La rvision de 1874 va finalement entre-autre garantir la libert de conscience. En 1875, le "Kulturverein" adresse un mmoire l'Assemble fdrale (soit aux deux chambres : Conseil national + Conseil des Etats). Les requtes figurant dans ce mmoire sont dclares fondes par le biais d'un arrt fdral. Celui-ci insiste sur la question de l'assimilation complte des Isralites argoviens aux autres citoyens, qu'ils soient argoviens ou confdrs.  "1. Le dpartement fdral de justice et police peut autoriser une gouvernement cantonal, dans la mesure o le besoin s'en fait sentir, permettre de saigner sur son territoire les animaux de boucherie sans les avoir tourdis pralablement, lorsqu'il est impossible de faire venir de l'tranger de la viande d'animaux tus de cette faon, ou que cette viande arrive en quantit insuffisante. Le dpartement peut retirer en tout temps les autorisations donnes. 2. Le dpartement de l'conomie publique fixe les conditions auxquelles doit avoir lieu l'abattage autoris en conformit du ch. 1 et donne en particulier les instructions ncessaires pour viter aux animaux toutes souffrances inutiles. Il surveille l'observation de ces conditions et instructions." L'histoire de l'article 25 bis de la Const. fd. qui consacre l'interdiction de ce mode d'abattage, et partant cette limitation de la libert de croyance, est qualifi par le Prof. Aubert de "tristement clbre". L'introduction de cet article fit suite une initiative populaire, elle-mme issue de recours cantonaux interjet par les Juifs au sujet de cette prohibition dans leur canton de domicile. Ces recours cantonaux se fondait sur une violation de l'article 50 Const. fd. qui consacre la libert religieuse. De fait l'article 25 bis, insr dans la Const. fd. le 20 aot 1893 nonce que : "Il est expressment interdit de saigner les animaux de boucherie sans les avoir tourdis pralablement; cette disposition s'applique tout mode d'abattage et toute espce de btail." Le Professeur W. Rappart considre qu'il s'agit l d'une mesure antilibrale. Tout comme le Professeur J.-F. Aubert, nous pensons que la rvision constitutionnelle qui introduisit cette interdiction en 1893 relve d'une pousse d'antismitisme. Elle se calquait sur des propositions dj en vigueur en Allemagne. On a tent de justifier cette interdiction par la crainte que l'animal gorg souffrirait plus que celui qui est assomm ou tu au pistolet. S'agissant de la volaille, on relvera qu'en vertu d'un arrt du Tribunal fdral de 1907, l'abattage de volaille selon le mode isralite ne tombe pas sous le coup de l'interdiction introduite par l'article 25 bis Cst. fd. Au contraire, la prohibition de ce mode d'abattage violerait la libert de culte qui est garantie par l'article 50 Cst. fd. Nous laissons chacun le soin d'apprcier la porte de ces derniers paragraphe. Il faut aussi relever qu'en 1912, la communaut isralite de Suisse adressa au Conseil fdral une ptition visant soumettre l'Assemble fdrale une projet de rvision de l'interdiction de l'abattage rituel. Les ptitionnaires fondaient leur requte sur le fait que depuis que la prohibition de ce mode d'abattage avait t lev en Saxe en 1910, la Suisse tait le seul Etat d'Europe l'interdire. Le 19 dcembre 1913, le Conseil fdral refusa de donner suite la ptition, en allguant qu'il lui paraissait peu vraisemblable que le peuple accepte de rtablir l'autorisation de la Scherita. Les autorits fdrales se montrrent pour le moins trs fermes dans le respect de cette interdiction. En effet, au vu des interdictions d'exportation qui furent la consquence du dbut de la Premire Guerre Mondiale, les Juifs suisses ne purent plus acheter de la viande casher importe de France. Ds lors, les Juifs neuchtelois demandrent leur Conseil d'Etat de permettre la pratique de la Scherita. Le Conseil d'Etat neuchtelois se montra favorable cette requte. par conte, le Conseil fdral s'y opposa. Le 11 aot 1914, ce dernier rpondit au gouvernement neuchtelois qu'aucune drogation ne pouvait tre admise cette interdit. Il chargea par la suite le dpartement de l'intrieur de rpondre de la mme manire une demande ultrieure identique. Une nouvelle demande fut dpose dans ce sens par la communaut juive suisse le 1er mars 1918. Il s'agissait d'obtenir une drogation jusqu' ce que les importations de viande casher puissent reprendre, les Juifs suisses ne pouvant plus amener leur btail en France pour la faire abattre selon le mode rituel au vu de la fermeture des frontires et des pizooties. Le Conseil fdral accda cette demande sous certaines conditions. Toutefois, le Dpartement fdral de justice et police prcisa par voie de circulaire, le 17 juin 1918, aux cantons qu'ils ne sauraient autoriser la Scherita sans son autorisation pralable. Il l'a donna aux cantons de Vaud et de Lucerne. Dans le procs-verbal de la sance du comit de la CIL du 8 novembre 1927, le comit de la CIL relve notamment ce qui suit : Pour la Scherita du gros btail, le Gemeindebund a obtenu pour notre communaut, la suite des dmarches faites par M. Picard, secrtaire, une autorisation dimportation donne par le vtrinaire fdral Berne (dpartement de lconomie publique) pour un contingent de 2 boeufs, 4 veaux et 4 moutons par semaine). Lentre en Suisse devra se faire par le poste-frontire de St-Gingolph, tous les mardis. La Scherita aura lieu de prfrence St-Gingolph, France, tous les lundis. Le comit sentendra les bouchers pour lattribution pour lattribution de la part laquelle ils auront droit sur le contingent accord par Berne. Les bouchers doivent payer au Gemeindebund une redevance de 10 cts. par kilo de viande import et le montant devra tre adress chaque semaine pour le compte du Gemeindebund la Banque Dreyfuss & Soehne & Co., Ble. En outre, les bouchers verseront chaque semaine une taxe de Fr. 5.- par tte de gros btail et de 3 frs par tte de petit btail (veau et mouton) la Communaut isralite de Lausanne. Au Schochet (= la personne charge de labattage rituel), ils paieront une rmunration de frs. 5.- par tte de gros btail et frs. 3.- par tte de petit btail et pourvoiront ses frais de voyage et dentretien. Dans sa sance du 14 novembre 1927, le comit prcise en outre que la Scherita aura lieu les lundis et mardis, le vtrinaire frontire donnera son visa pour lentre de la viande en Suisse. Les choses ntaient pas simple, car les 2 bouchers ne veulent pas Schchten au mme endroit. Il fallut saccommoder de cette situation. Le dpartement de justice et police refusa par contre de donner une telle autorisation pour le canton de Ble en dcembre 1918. Cette autorisation potentielle fut abroge et l'interdiction totale de la Scherita rtablie le 10 novembre 1919 pour entre en vigueur le 1er janvier 1920. L'interdiction de la Scherita fut finalement dfinitivement rtablie le 15 avril 1920. Il ressort de la thse de Madame Christiane Lauener sur la communaut juive dAvenches que, les Vaudois se montrrent peu sensibles aux arguments prsents par les initiateurs. Seuls 772 signatures furent rcoltes sur tout le territoire du canton. Le Conseil d'Etat ne s'y montra pas plus favorable. Dans son rapport sur les affaires fdrales prsent en mai 1893, il se rallie entirement l'opinion exprime par le Conseil national qui propose de refuser l'initiative voulant interdire l'abattage rituel. La presse vaudoise se montra galement dfavorables cette interdiction. Tous les journaux du cantons, toutes tendances politiques confondues recommandrent de voter contre cette initiative. Les Vaudois, tout comme le Conseil national estimaient en premier lieu qu'il s'agissait l d'une atteinte la libert de culte, puisque la Scherita est un lment religieux essentiel du judasme. A ce sujet, on pouvait lire dans la Gazette de Lausanne du 16 aot 1893 que : "L'interdiction du mode d'abattage isralite serait une atteinte la libert religieuse des Juifs (nda : qu'ils venaient d'acqurir sur le plan fdral), auxquels ce mode est prescrit par la loi mosaque. les Juifs sont des citoyens suisses comme les autres (nda : depuis peu); ils ont droit aux mmes liberts que les autres." En outre, beaucoup se dirent convaincus que, contrairement ce que prtendait la SPA, l'abattage par saigne n'impose pas plus de souffrances l'animal que n'importe quelle autre mthode. Dans son dition du 3 aot 1893, la Revue prcisa ce propos que : "Il y va de l'avenir , car si le procd russissait (nda : si l'initiative passait, ce qui fut le cas) nous ne manquerions pas de voir se produire les tentatives les plus baroques et imposer la Confdration des articles nouveaux dans tous les domaines. Il n'y aurait plus de raison qu'on s'arrte en si beau chemin. le mode d'atteler les boeufs et vaches sans la torture du joug, la muselire des chines, les cages, les transports de poulets, les courses, la chasse pourraient y passer. Il faut gurir les impatients, ramener l'exercice du droit d'initiative un usage plus lev, plus en rapport avec sa signification vritable; autrement la Constitution fdrale deviendra une sorte de bazar dans lequel on trouvera de tout." Par ailleurs, la Revue du 17 aot 1893, relevait entre autre ce qui suit : "Tous (nda : les physiologistes consults) ou presque tous l'affirmrent que le procd isralite n'tait pas plus cruel qu'un autre et qu'il offrait mme, au point de vue hyginique, celui de la qualit de la viande, des avantages srieux." De fait, les Vaudois considrrent que cette initiative n'tait rien d'autre qu'un acte d'antismitisme dissimul. Ils firent valoir que la "lpre de lantismitisme en Europe ne devait pas se rpandre en Suisse. On rappellera que l'antismitisme battait dj son plein en Allemagne o svissait notamment Wilhelm Maar et Houston Chamberlain, mule de Gobineau. A cet gard, la Revue du 26 juillet 1893 constatait que : "Les antismites allemands sont moins hypocrites que ces zoophiles pris d'une subite tendresse pour les btes corne mais qui se rgalent de boudin aux pommes ou aux oignons sans se soucier comment le pachyderme a pass de vie trpas." Comme pour l'ensemble de cette tude, nous reviendrons sur les mesures anti-juive et, le cas chant, leur analyse dans l'ordre chronologique o elles apparatront. Enfin, les Vaudois noncrent d'autres motifs la base de leur conviction, notamment d'ordre commercial et conomique. En effet, les Juifs religieux n'allaient pas renoncer aux commandements sur la nourriture. Partant, ils se fourniraient l'tranger. C'est d'ailleurs ce qui se passe actuellement, puisque, si la question de la Scherita n'est plus dans la Constitution, ce mode d'abattage demeure interdit par la Loi fdrale sur la protection des animaux. Il va sans dire que cela rend la viande trs chre, car elle est importe et les droits de douane sont trs levs. En consquence, les Juifs religieux, qui ne sont pas forcment l'aise financirement, sont loin de manger de la viande tous les jours.  11e rapport du Conseil fdral, du 2 dcembre 1918, sur l'exercice des pleins pouvoirs; FF 1918, V, 174/175  FF 1918, III, 493/494  12 e rapport de gestion du Conseil fdral, du 20 mai 1919, sur l'exercice des pleins pouvoirs,; FF 1919, III, 140/141  FF 1919, V, 422  FF 1919, V, 835; FF 1920, I 579; 14 e rapp. du Conseil fdral, du 25 mai 1920, sur l'exercice des pleins pouvoirs; FF 1920, III, 255  Ch. Lauener. "La communaut juive d'Avenches: organisation et intgration 1826-1900", mmoire de licence prsent la Facult des Lettres de l'Universit de Fribourg , pp. 26 ss Institut d'histoire moderne et contemporaine, Fribourg, Srie "Mmoires de licence", collection publie par R. Ruffieux, professeur l'Universit de Fribourg, No 50, 1993.  A ce sujet, on pouvait lire dans la Gazette de Lausanne du 16 aot 1893 que : "L'interdiction du mode d'abattage isralite serait une atteinte la libert religieuse des Juifs (nda : qu'ils venaient d'acqurir sur le plan fdral), auxquels ce mode est prescrit par la loi mosaque. les Juifs sont des citoyens suisses comme les autres (nda : depuis peu); ils ont droit aux mmes liberts que les autres." En outre, beaucoup se dirent convaincus que, contrairement ce que prtendait la SPA, l'abattage par saigne n'impose pas plus de souffrances l'animal que n'importe quelle autre mthode. Dans son dition du 3 aot 1893, la Revue prcisa ce propos que : "Il y va de l'avenir , car si le procd russissait (nda : si l'initiative passait, ce qui fut le cas) nous ne manquerions pas de voir se produire les tentatives les plus baroques et imposer la Confdration des articles nouveaux dans tous les domaines. Il n'y aurait plus de raison qu'on s'arrte en si beau chemin. le mode d'atteler les boeufs et vaches sans la torture du joug, la muselire des chines, les cages, les transports de poulets, les courses, la chasse pourraient y passer. Il faut gurir les impatients, ramener l'exercice du droit d'initiative un usage plus lev, plus en rapport avec sa signification vritable; autrement la Constitution fdrale deviendra une sorte de bazar dans lequel on trouvera de tout." (nda : cette rflexion ne nous parat sur un plan gnral pas dnue d'intrt) Par ailleurs, la Revue du 17 aot 1893, relevait entre autre ce qui suit : "Tous (nda : les physiologistes consults) ou presque tous l'affirmrent que le procd isralite n'tait pas plus cruel qu'un autre et qu'il offrait mme, au point de vue hyginique, celui de la qualit de la viande, des avantages srieux." De fait, les Vaudois considrrent que cette initiative n'tait rien d'autre qu'un acte d'antismitisme dissimul. Ils firent valoir que la "lpre de lantismitisme, si frquente en Europe ne devait pas se rpandre en Suisse. On rappellera que l'antismitisme battait dj son plein en Allemagne o svissait notamment Wilhelm Maar et Houston Chamberlain, mule de Gobineau. A cet gard, la Revue du 26 juillet 1893 constatait que : "Les antismites allemands sont moins hypocrites que ces zoophiles pris d'une subite tendresse pour les btes corne mais qui se rgalent de boudin aux pommes ou aux oignons sans se soucier comment le pachyderme a pass de vie trpas." Comme pour l'ensemble de cette tude, nous reviendrons sur les mesures anti-juive et, le cas chant, leur analyse dans l'ordre chronologique o elles apparatront. Enfin, les Vaudois noncrent d'autres motifs la base de leur conviction, notamment d'ordre commercial et conomique. En effet, les Juifs religieux n'allaient pas renoncer aux commandements sur la nourriture. Partant, ils se fourniraient l'tranger. C'est d'ailleurs ce qui se passe actuellement, puisque, si la question de la Scherita n'est plus dans la Constitution, ce mode d'abattage demeure interdit par la Loi fdrale sur la protection des animaux. Il va sans dire que cela rend la viande trs chre, car elle est importe et les droits de douane sont trs levs. En consquence, les Juifs religieux, qui ne sont pas forcment l'aise financirement, sont loin de manger de la viande tous les jours. yA [ 78EFTUuv    BCcd~89;=KLlm :;=?YZz{  ,-GHJLmH jU>*CJ`     678HIJx$$d%d&d 'd $     678HIJxyv+ -.@ A Z [ @ A p q 23456G>@M`"A{67 Xxyv+ -.@ A Z [ @ A p q 23$$$d%d&d 'd 3456G>@M`"A $L?@Z[]_mn!CDde !;<>@cd(W(,.-.*6+666:E;E(G\GKJLJJJ`KaKPPY j0JU j0JUCJmH jU[{|####$$(((((W(X(+ +....// 0{|####$$(((((W(X(+ +....// 0 01137 7::;;= =??f@g@5C6C DDKFLF&G~{xu>?]^xyLMRSBC_`. 0 01137 7::;;= =??f@g@5C6C DDKFLF&G'G(G\G]GJJ&G'G(G\G]GJJ8M9MNNPP=T>TTT'V(VYYiZjZ;[<[\\3^4^r^s^__``bbddee(g)gii7k8k~{xu~_`ab)*pqZ[*+abUV.J8M9MNNPP=T>TTT'V(VYYiZjZ;[<[\\3^4^r^s^__``bYY8[9[/^0^aaddPQ$%]^gN T ""++[^`dg,5mzPQؗgtklbc@@AAAABBDDWEkEOOYY^^B_I_z__``566>*5KH j0JU5 j0JUZbbddee(g)gii7k8kmmooqqttwwxxzz{z} }8}9}8kmmooqqttwwxxzz{z} }8}9}}}./ CD qrxy!"~{xu45kl   op01 GHpq@A9:\].9}}}./ CD qrxy!"F"FG{|ijԔՔqrZ[LMcdZ[z{~{xu͝Ν89lm|}ģţjkqۦܦ"#89ͫΫ&'FGST.FG{|ijԔՔqrZ[LMcdZ[z{߯}~;<߯}~;<ԶնƷǷSTZ[ @~{xuLxPxzz}}~~yź΁_`;<=>ԊՊabSTstyzHIAB.<ԶնƷǷSTZ[  @-?@=>&'@-?@=>&'CDGHefklPQ~{xuTVVWWZZ\\E]F]__aadd1f2fVgWgjjbkckmmooqqjrkrctdt"u#utuuuuu vvDwrww.CDGHefklPQUVUV>?%&>?t u     f g   ~{xuu2D4E4)6*6T7U7: :::;<<<==>===J>K>tAuACCEE,F-F(I)IJJKKMMOOPP.Q/QfRgRjSkS T.V>?%&>?t u     f g    _`  BCyzdeM N U V !!""_`  BCyzdeM N U V !!""""""""#6#P#o### ' ''' ) ) , ,,,/.0.$/%/~{xu/0  #####$2$3$y$z$ % %%%%%&&&&(())**..//%1&1t2."""""""#6#P#o### ' ''' ) ) , ,,,/.0.$/%/y3z35%/y3z355;;>>@@AACCPDQDFFHH-J.JLLMMOOPPRRXXZZ[[\\ddggihjh~{xuVWz&Z[yz^_DEFG=>XY{| d e !".55;;>>@@AACCPDQDFFHH-J.JLLMMOOPPRRRXXZZ[[\\ddggihjhii+j,jcmdmooqqrrvvyjhii+j,jcmdmooqqrrvvyyzz{{~~`aނ߂N؈وJōQz{|}~{xuײAc޺OPxyHIJGH23IJ%&\]UV2334GH.yyzz{{~~`aނ߂N؈وJōQz{| $d%d&d'd|}Ɩܖ З֗y^dtzǞAW $d%d&d'dƖܖ З֗y^dtzǞAWXIJKYZªêST}~X~{xu=>ԗ՗45ef'(ΞϞuvݠޠߠТѢlar{|ĭʭ<RX"=Lb.WXIJKYZªêST}~XYs;̹ιXYs;̹ιȺɺ45+,kl BCAB/0  zu  o  o  ooppOsPsuuZx[xyyzz{{}}} ~~/001_`Z\HϐА,ιȺɺ45+,kl BCAB/0  `8D$$$$F #$$$$   (+~ytojfa\  o   o o   o   o  o  oo  o  $o  )o  2o3o  4o  5o  8o  BoCo  Do  Eo  Ho  SoTo  Uo  Vo  Zo  aobo  co  ho  oo  yozo  o"   (+,-.58:@XL<8$$$$F #$$+,-.58:;<CFGHIRUVWX`cdefmqstu{}ytojea\  nn  n  n  n  nn  n  n  n  nn  n  n  n  nn  n  n  n  nn  n  n  n  nn  n  n  n  nn  n  n":;<CFGHIRUVWX`cdefmqstu{4<8<4$$$$F #$$@D(<@$$$$F #$$}xtoje`\>n  ?n  @n  Cn  NnOn  Pn  Qn  Sn  \n]n  ^n  `n  cn  lnmn  nn  pn  tn  {n|n  }n  ~n  n  nn  n  n  n  nn  n  n  n"8D04@$$$$F #$$'-123<@CDELOQR}xsoje`[  m  m  m  mm  m  m  m  mm  m  m  n   n n   n   n  n  nn  n  n  n  $n%n  &n  'n  )n  1n2n  3n  4n  7n  =n"'-123<@CDELOQRSY[\,PH8,$$$$F #$$RSY[\]^dfghi~ytokfa\  Zm  ^m  jmkm  lm  nm  qm  ymzm  {m  ~m  m  mm  m  m  m  mm  m  m  m  mm  m  m  m  mm  m  m  m  mm"\]^dfghi,ވ,d<$$$$F #$$ XY34Lޠl$$$$F #$$ XY34OPRSl_`~{xurol=[>[\\\\d]]d^e^____aaddee6g7gSiTiiijjmmm  m  #m  )m  /m0m  1m  4m  8m  WmXm  Ym*OPRSl_`GHV+,GHV+,-._`]^_FG Z [ X Y }zwtq   mCnC oCCCEGFG I!ILLLEMFMNNN?O\OOnQoQpQqQTTTU6XXXlZmZ,,-._`]^_FG $d%d&d'd Z [ X Y 4 5 VW%%E&F&1'2'o(p()Y 4 5 VW%%E&F&1'2'o(p()) * *e**S+,V-W-6.7.1/2/0091:1021255_7`777h9i9~{xu;<X$45WX9:"#.)) * *e**S+,V-W-6.7.1/2/0091:1021255_7`777h9i9;;i9;;;U=V=??%A&ACCDDEE H HnIoIJJNN Q QQQQRRRSSTUUVV)Y*YIYJYKY^YY~{xu^_IJ 2QRXY&'ֿ׿@A -;;U=V=??%A&ACCDDEE H HnIoIJJNN Q QQQQRRRRSSTUUVV)Y*YIYJYKY^YYYYYYYZZ[[v]w]]] $d!%d!&d!'d!YYYYYYZZ[[v]w]]]]]]]g^h^^^(_)_A_B_J_K___``8a9aaa$bBbCbNbObbbicjccc~{xu(fgGH"#WX&78%&FGIJabcs.]]]]]g^h^^^(_)_A_B_J_K___``8a9aaa$bBbCbNbOb $d!%d!&d!'d!`````a a^aeagaoaqawayaaaabbDdLddddddde e&f7ff gxx{gh`amnEMߊ  .hiC `a j0JUj0J5U5j0JCJUj0JCJUCJ j0JU>*RObbbicjcccddeegggg(h)h9hBhChDhQhRhhhllm $d!%d!&d!'d!cddeegggg(h)h9hBhChDhQhRhhhllmmfpgprrssuuvvwwzz{{T{vqTUYZQRefOP]^ BCN'+mmfpgprrssuuvvwwzz{{TUDETUDE/0FMߊjkÍčDEz{ ^_*+,|yvs01.$%RSde34./*+-/0FMߊjkÍčDEz{ ^__*+,ʢˢ]^qr78­ЮѮ12Z[,ʢˢ]^qr78­ЮѮ12Z[%lm45ѷҷ{|}   ghiƻǻ~{xuU}~۬ܬݬ89:ǯȯɯrsױرst  yz.%lm45ѷҷ{|}   ghiƻǻ8989Vs  IJ[ Dqr)e z56~{xuab|}ʢ;rߣVҤӤ9t-fgLM9:EFcѫ  )*.9Vs  IJ[ Dqr)e z56wx]^wx]^@A+,:; Plm~{xuxxx}z~zz||;<t  [\FHVWPQ'(jkop̞͞.@A+,:; PlmIJ12OPUV34??bbbTbcc̆نB\ΐ$)+uwXMNOMNDEm$%(  45() j0JU>*j0J6U6CJ556 j0JUVm12PQRS@VWrs34+,12PQRS@VWrs34+,y z       noP~{xupq sE[[^^__C`D`aaeeiiiikk)n*noppqqqqqqerssvv&w'wx-y z       noPQ  !! $PQ  !! $ $++--...X00022222V3W3e3}333333464Y4{4444~{xr >d%=Nbz  k l+wx23+ $ $++--...X00022222V3W3e3}333333464Y4{4{4444 5 5+6,6e67788[9\9.:/:<<L=M=#>$>>>??@@@4 5 5+6,6e67788[9\9.:/:<<L=M=#>$>>>??@@@@{B|BCCC;CCCDDEEEFFHH~{xu`OP !TU  &'~UVstFG=vw,@@{B|BCCC;CCCDDEEEFFHH&J'JJJKKM MMMMNH&J'JJJKKM MMMMNUNNN5OOO7PyPPQUQQQRORjRRScSS,TOTTTU{UUVdVtZuZ*_+_``~{xu\is5G:{ YB:z2cd$%_.NUNNN5OOO7PyPPQUQQQRORjRRScSS,TOTTTU{UUVVdVtZuZ*_+_``bbbTbUbbbddeegghhjjSnTn $d!%d!&d!'d! $d!%d!&d!'d!`bbbTbUbbbddeegghhjjSnTnGoHotquqttRwSw{{_`ˆ̆نچvw~{UL]^rs9:ABVW67[/TnGoHotquqttRwSw{{_`ˆ̆نچvw  ABxy͐ΐ#$טؘ*+-AB]{œIJlm ~{xu_`  "#./8Qo%&  ST. 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